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Phénomènes naturels

Posted in turquie, Uncategorized with tags , , , , , , on 21 juin 2010 by vanes

Le déluge du Saguenay en 1996, la crise du verglas au Québec en 1998, le tsunami  dans l’océan indien en 2004 et récemment le tremblement de terre qui toucha Haïti en 2010sont des phénomènes naturels qui sont passés certes à l’histoire. Des phénomènes naturels ne sont pas nécessairement transformés en catastrophe naturelles comme celles mentionnées plus haut, mais peuvent être également des phénomènes qui mènent à des merveilles.

En effet, si je pense à la Turquie, elle qui regorge de phénomènes naturels magnifiques desquels j’en ai sélectioné que trois.

Premièrement, lors de ma première visite en 2007, mon circuit fut celui que je qualifie comme celui du parfait touriste, ou presque. Un genre de trajet circulaire dans la partie occidentale dont le point de départ et d’arrivée est bien évidemment, Istanbul.  Donc de cette ville qui est bien trop souvent confondu pour la capitale, je prends le bus qui me mènera à la ville de Denizli qui est la correspondance pour ma destination : Pamukkale.

pamukkale, Turquie

J’arrive en fin de journée, épuisée et sollicitée par tous ces propriétaires de pension qui désire me soudoyer pour que je choisisse la leur. Tous déçus de savoir que j’ai déjà un endroit, le propriétaire de ma pension me conduit à cette dernière. Le temps est moche, il pleut. Je prends un repas copieux que sa femme prépare et ne tarde pas à me coucher.

Ce n’est que le lendemain que je vois au travers de cette ville peu intéressante, une montagne

Pamukkale, Turquie

blanche brillant sous les rayons du soleil. Bien évidemment, au lieu de prendre le chemin emprunté par les touristes, je décide de prendre le chemin qui contourne la structure rocheuse, donc un détour. Le soleil plombe sur moi, les voitures me klaxonnent et moi, je marche droit devant moi admirant le

paysage sans leur prêter une attention particulière. Arrivée au sommet, je suis bouche bée. Cette structure intéressante est formée de bassins de différentes grandeurs avec de l’eau qui y coule

Pamukkale, Turquie

tout le long de sa descente. Pieds nus, le simili courant se heurte à mes chevilles, se faufile entre mes orteils pour continuer son chemin. Les enfants jouent dans les bassins, moi comme tout

adulte, ne fait que marcher à travers ces bassins puisque l’eau atteint le niveau de mes genoux.

Cette splendeur naturelle est du au fait que des eaux chaudes provenant de plus d’une quinzaines de sources s’écoulantde l’intérieur de la montagne sont saturées de sels minéraux combinées de gaz carbonique. Cela provoque une réaction chimique formant une pâte qui en durcissant donne naissance à ces formes, ces bassins donnant une allure de chute d’eau glacée.

passerelle de la gorge du Seklikent, Turquie

En poursuivant mon chemin dans ce pays que j’affectionne particulièrement, je m’arrête à Fethiye. À Ferah pension, on offre différentes activités de groupe. Moi qui ne suis pas fervente d’activités organisées je décide de me rendre dans les gorges du Saklikent seule et une Taïwanaise avec qui je partage une chambre désire se joint à moi.

À l'entrée de la gorge du Seklikent

À l’entrée, nous devons troquer nos flip-flop pour des chaussures en caoutchouc. Nous commençons notre excursion, parfois les pieds dans l’eau, parfois les jambes au complet puis nous rencontrons sur notre chemin deux jeunes garçons qui nous aideront à grimper les rochers pour se rendre aux

petites chutes que nous aurons le plaisir de découvrir plus tard. Plus nous montons, plus le courant est fort et nous sommes complètement trempées et essayons de sauver nos sacs qui contiennent nos caméras. Nous marchons dans l’eau, les doigts

excursion dans le Seklikent, Turquie

complètement ratatinés en longeant les paroisrocheuses. En levant les yeux, on entrevoit le ciel de temps à autre puisque les structures rocheuses se touchent pratiquement au sommet ce qui nous donne une fraîcheur inespérée par cette journée

Seklikent, terminus: les petites chutes, impossible de monter plus haut!, Turquie

chaude d’été. Il s’agit d’un paysage surréaliste dans lequel je me promène durant une demi-journée. C’est peut-être anodin pour certain, mais cette journée restera gravée à jamais dans ma mémoire. Après quelques mois de voyage, rien de mieux qu’une activité physique agréable comme celle-ci.

De Fethiye, je prends le bus pour Olympos, reconnut pour ses habitations en bois perchées dans les arbres. Ces habitations se retrouvent un peu à l’écart de la ville et c’est ainsi que le concept de campement prend tout son sens. Le déjeuné et le souper sont fournit. On se croirait en camp de vacances lorsque des centaines de jeunes de tous âges font la file pour manger au buffet. Il y a des tables à pique-nique sur une grande surface et le camp est bordé par des

Cabanes d'Olympos, Turquie

compartiments à ciel ouvert où des cousins sont placés tout le tour et où il est bon de se reposer.

Encore une fois, j’ai droit à une petite passe droite. Pour le prix d’un lit dans ces cabanes dans les arbres, j’ai droit à un lit double avec ventilateur dans ma propre habitation qu’ils appellent bungalow. Je quitte le campement pour me rendre à la plage et apercevoir, à mon retour, ce jeune couple d’Australien rencontré à la pension de Fethiye. Nous décidons de partager le repas ensemble pour enchaîner avec des buck de bière locale la Efes. Ce couple aperçoit deux Américains rencontrés dans une autre ville. Ils se joignent à notre table pour échanger sur nos expériences en Turquie. Ils nous font part de leur curiosité pour le site Chimaera. Je saisi mal ce que nous nous apprêtons à faire, mais sur un coup de tête nous voilà en route sur le chemin du mont Olympos avec la

Chimaera, mont Olympos

voiture de location des deux Américains, à minuit le soir pour aller observer un phénomène étrange que nous avons peine à croire. Il paraît que des émanations de gaz naturel s’échappent des crevasses de la montagne et ainsi des flammes y brûle et ce, depuis l’antiquité. On s’est dit que ce sera plus impressionnant la nuit que le jour.

Une fois arrivé, il fait si noir qu’une seule lampe de poche suffit pour éclairer devant le groupe. Nous

Chimaera, mont Olympos

montons tranquillement la montagne, moi ayant la charge de la lampe de poche. Je dois avouer que ça faisait bien mon affaire! Puis, on entrevoit au loin des petites taches jaunes orange. Plus on s’en approche plus on estimpressionné. Certaines flammes sont imposantes, d’autres moins. Tous les cinq avons les yeux rivés sur ces flammes sortant du sol, l’air perplexe. C’est donc vrai, ce phénomène existe vraiment.  L’Australien fait son comique et crache

tentative pour rallumer la flamme

sur une petite crevasse et sa flamme s’éteint aussi rapidement. Surpris, il regrette son geste et se taille une branche afin d’y allumer l’extrémité. Il avance le bâton vers la crevasse et soulagement instantané. La flamme reprend vite le dessus.

La nature peut être féroce et s’abattre sur l’être humain et se qu’il bâtit, mais elle peut également créer de magnifiques et étrange phénomènes naturels. La nature nous surprendra toujours et ce, pas seulement négativement.

فانيسا

vanes

« Le monde est du côté de celui qui est debout ». (proverbe arabe)

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Au delà d’une peur

Posted in turquie, Uncategorized with tags , , , on 7 février 2010 by vanes

Tout le monde possède au moins une peur. Elles peuvent varier d’intensité selon les personnes. Moi j’ai le vertige. Un vertige que je peux heureusement contrôler.

Dès mon enfance et ce jusqu’à mes 18 ans, le simple fait de prendre l’avion me donnait ce genre de sensation tel un manège de parc d’attractions. Que ce soit au décollage ou à l’atterrissage, je ne pouvais absolument pas regarder par le hublot afin d’éviter de voir les villes de si haut. Sans parler du moment en plein vol où les signes de boucler notre ceinture s’illuminent en présence de turbulences. Avec le temps et surement avec la pratique, mon vertige en avion est disparu.

Église Sagrada familia à Barcelone, Espagne

Église Sagrada familia à Barcelone, Espagne

Je me souviens de mes deux visites à Barcelone à une dizaine d’années d’intervalle où j’ai visité l’église de la Sagrada Familia haute de 115 mètres. Lors de la montée des multiples escaliers, des trous en guise de fenêtres dans les murs laissent entrevoir la vue sur la ville et ce, à chaque étage. Afin de se rendre au sommet, on doit emprunter l’étroit escalier en colimaçon.  Une fois au sommet, l’espace est plutôt restreinte et il est possible de faire un 360 degré autour de soi-même à cette hauteur. C’est là que mon cœur me procure toujours des sensations comme s’il restait en haut alors que mon cœur descend.

En Grèce, cet été, mon meilleur ami et moi nous sommes retrouvés au bord d’une falaise qui entoure un

Épave de bateau à Zakynthos, Grèce

Épave de bateau à Zakynthos, Grèce

magnifique endroit où se trouve une plage d’eau turquoise pâle où se trouve une épave de bateau. Aucune clôture pour protéger les gens du bord de cette falaise n’était en place. Disons que j’ai du m’approchertranquillement de la limite et de m’accroupir doucement sans regarder en bas pour pouvoir prendre quelques clichés du magnifique paysage qui s’offrait à nous.

J’ai décidé d’affronter cette peur des hauteurs ou plutôt ce vertige mêlé à une sensation de descende rapide comme l’atterrissage en avion, en Turquie en 2007. J’étais dans les Balkans quand j’allais bientôt me rendre en Turquie par voie terrestre par la Bulgarie. Dans mon guide, on parlait d’une activité très populaireà Olüdeniz située dans le sud-ouest du pays. Il s’agit du parapente au dessus de la lagune impressionnante et reconnue de la plage de cette ville.

Avant le saut de parapente à Olüdeniz, Turquie

Avant le saut de parapente à Olüdeniz, Turquie

J’arrive à Fethiye dans une pension bien mignonne avec une propriétaire avec une joie de vivre et un sens de l’humour bien développé. La pension nous propose des activités qu’ils organisent tel le parapente. Sur un coup de tête, je décide de me rajouter à la liste du lendemain. Je paye mon activité la veille pour ne pas changer d’idée. Je passe la nuit à penser à ce qui m’attendra vu mon vertige. Le matin même, mon visage laisse paraitre la nuit mouvementée que j’ai passée à m’imaginer cette nouvelle expérience.

Un «pick-up» plutôt douteux doit nous conduire au sommet de la montagne. Le chemin est très étroit

 parapente à Olüdeniz, Turquie

parapente à Olüdeniz, Turquie

et j’ai l’impression que nous pourrions tomber dans le vide avec un petit faux mouvement. Les conducteurs de ces véhicules sont d’ailleur très habiles pour la conduite sur des chemins de terre étroits. Déjà là, je me demande vraiment ce que je m’apprête à faire. Les instructeurs parlent en turc entre eux et me regardent d’un air amusé. Ils voient bien mon inconfort et surtout que je le verbalise puisque c’est impressionnant.

Olüdeniz, Turquie

Olüdeniz, Turquie

L’estomac un peu à l’envers, nous arrivons au sommet où les instructeurs préparent les parapentes.Nous enfilons des habits plus pratiques que coquets. Je balaye du regard l’horizon, la mer, les montagnes et là c’est vrai, je ne peux absolument plus reculer par défi envers moi-même, mais également par orgueil de revenir avec le conducteur à la ville. Je plains mon instructeur qui s’envolera en tandem avec moi. Je refuse qu’il fasse des manœuvres spéciales et demande de suivre le vent naturellement. L’instructeur est derrière et moi devant, assise dans un genre de chaise attachée au premier. Pour s’envoler en parapente, il suffit de courir au décompte de notre instructeur et de s’asseoir sur la chaise afin de s’envoler dans un coup de vent. Sarkan me demande si je suis prête. Je réponds d’un oui moyennement assumé suivi de multiples «Oh my God». Je

Sarkan et moi en parapente à Olüdeniz, Turquie

Sarkan et moi en parapente à Olüdeniz, Turquie

n’ai pas le temps de penser que je suis dans les airs, à 900 mètre d’altitude au dessus des montagnes. L’instructeur contrôle le parapente pour me diriger au dessus de la mer. Je ne cesse de lâcher des «oh my God» et lui, me demande toujours si ça va croyant que c’était pour exprimer un malaise. Je ne peux pas croire que je suis si haut. Je prends des photos en tenant mon appareil si fort avec le cordon serré au poignet. Les pieds dans le vide, j’affronte une peur. Non seulement j’ai vécu une expérience hors du commun, mais ce jour là j’ai décidé de me surpasser. J’ai su pousser ma limite aux dépends d’une peur que j’ai depuis si longtemps.

Aujourd’hui encore, je peux ressentir le même sentiment de la descente légère dans l’air ou plutôt dans le vide, du haut de la montagne à l’atterrissage sur la plage d’Olüdeniz. Les jambes pendant dans le vide, l’unique bruit que j’entends est celui du vent doux dans mes oreilles et sur ma combinaison. Ce fut une descente paisible et lente ralentie par le parachute avec un contact direct avec l’air, tel un oiseau. Une sensation forte que je n’oublierai pas de sitôt et qui marquera un moment fort de mon voyage de l’année 2007.

فانيسا

vaness

«Qui tue le lion en mange, qui ne le tue pas est mangé». (proverbe arabe)

Istanbul, mon amour

Posted in turquie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 27 janvier 2010 by vanes

Ahh Istanbul, ma chère Istanbul! Mon premier amour du Moyen-Orient. Celle qui a fait chavirer mon cœur dès les premiers pas en terre musulmane. Depuis, elle est restée particulière à mes yeux. J’ai eu plus ou moins la même expérience les deux années passées pendant lesquelles j’ai fait quatre séjours en comptant les allers-retours. Par contre, le dernier séjour fut plutôt différent.

Au lendemain de mon arrivée, le 28 décembre, j’ai eu l’impression qu’elle avait changé, ou peut-être était-ce moi qui avait changé? J’avais l’impression d’avoir perdu mes quelques repères. Peut-être que c’était dû au fait que je n’habitais pas dans le même quartier que lorsque j’étais hébergée par mon ami Basar sur le côté anatolien d’Istanbul donc sur le continent de l’Asie. Par conséquent, pour me rendre sur le côté dit « européen » je prenais le traversier et j’arrivais sur la rive du Bosphore soit à Kabatas ou encore à Eminönü près du quadrilatère touristique. Cette habitude, je l’avais soit à l’aller ou au retour de mon voyage puisque Istanbul fut souvent ma plaque tournante.

Ainsi, mon chemin s’est tracé différemment dans cette immense ville qu’est Istanbul. Cette fois j’étais dans le quartier historique chez une amie que Basar m’avait présentée lors de ma dernière visite, Digdem. Elle fait aussi partie du réseau du couchsurfing, mais elle n’héberge pas. Elle ne fait que participer aux rencontres et événements organisés de temps à autre dans sa ville, comme j’ai également fait à une certaine époque dans la mienne. Je me retrouvai à Yedikule.

rue de Yedikule, Istanbul

rue de Yedikule, Istanbul

Il s’agit d’un super beau quartier comme je les aime. Un quartier délabré, avec des maisons aux façades magnifiques et marquées par le temps, quelques fois abandonnées, avec des rues étroites qui semblent sans fin et sans aucune logique. Il faut savoir où on va, c’est tout. C’est là que je prends plaisir à arpenter les rues et me perdre en me laissant guider par l’architecture et les belles mosquées que j’aperçois. Il y a beaucoup d’églises qui sont demeurées en place depuis que les chrétiens ont été défaits. C’est toujours intéressant de voir le christianisme, le judaïsme et et l’islam cohabiter dans une même ville dans ce coin du monde.

L’appartement de mon amie Digdem et sa mère est situé près du mur de la ville qui entourait la cité gréco-romaine initialement construit au VIIème siècle pour être détruit, puis reconstruit par Mehmed II, le 7ème sultan de l’Empire Ottoman en 1497. Alors que cet empire s’emparait de Constantinople en 1453, la chute de cette ville mit fin à l’empire Byzantin qui régna durant 1000 ans. Constantinople fut la capitale de cet l’empire et fut rebaptisée Istanbul en 1930. On ignore la signification réelle du nom Istanbul.

C’est le mois de décembre, c’est l’hiver ici aussi. Au lieu de la neige, c’est de la pluie, mais rien à voir avec nos précipitations habituelles de Montréal. La température est généralement autour de 15 degrés le jour. Les Turcs  se promènent en gros manteau d’hiver, chapeau, foulard avec un air replié comme nous avons vers la mi janvier à moins 30 degrés. Moi je suis en chandail et petits souliers avec le pashmina dans le sac au cas où j’aurais un frisson. On me regarde bizarrement. Je passe pour une folle c’est certain. Je me sens comme lorsqu’on est jeune et que l’on fait une connerie et que l’on risque de se faire prendre. Je suis vraiment mélangée dans le temps puisque je quitte toujours au mois d’avril et ce, pour deux trois mois et là c’est l’hiver et je me déconnecte enfin de ma session de fou.

Après les deux premiers jours à Istanbul, les choses se plaçaient peu à peu et je me retrouvais quand même très bien dans la ville. C’est normal d’être déstabilisé au début puisque le décalage horaire joue pour beaucoup et parce que la pression du quotidien redescend en plus d’un changement de température. Je compris plus tard que ce que j’attendais le plus, était mon séjour en Syrie, pour parler arabe et être entourée de cette culture. Par conséquent, je n’arrivais pas à apprécier la ville à sa juste valeur. Puisqu’en revenant à Istanbul quelques jour avant le grand retour à Montréal, j’ai retrouvé ce sentiment que j’avais depuis la première visite. Cet espèce de sentiment d’être invincible, de respirer, de bonheur de marcher dans une ville si riche en histoire, si magnifique où il y a tout, comme un Montréal oriental. Je me suis donné comme but de découvrir d’autres endroits que je n’ai jamais visités. C’est ainsi que je rentrai enfin dans le palais Dolmabahce. Je suis passée devant à mainte et maintes reprises. Je l’ai même pris en photos plusieurs fois sans jamais y mettre les pieds. Les attractions touristiques sont très chères soit une quinzaines de dollars chacune et elles sont nombreuses. Jouer les touristes à longueur de journée n’est pas mon fort et j’ai privilégié certaines lors de mes visites antérieures.

Palais Dolmabahce Juillet 2008

Palais Dolmabahce Juillet 2008

Palais Dolmabahce, Janvier 2010

Palais Dolmabahce, Janvier 2010

Le Dolmabahce est un des deux  palais les plus splendides que j’ai vu dans ma vie avec le palais présidentiel du dictateur de la Roumanie Ceaucescu. Commencé en 1842, la construction s’acheva en 1853, soit treize ans après. Il fut utilisé comme centre administratif de l’empire Ottoman de 1853 à 1922 pour par la suite, être utilisé comme palais présidentiel et résidence d’été par le fondateur de la république moderne, Moustafa Kemal Attatük. Le palais comporte plus de 285 pièces, 44 salles, 6 hammams et 68 toilettes. Sa décoration est magnifique. Des lustres impressionnants s’y retrouve dont un de quatre tonnes qui est le plus grand au monde. On y trouve aussi un escalier de cristal que j’ai pu monter. La visite est d’une durée d’une heure et on ne nous montre que quelques pièces du palais. Il est interdit de prendre des photos de l’intérieur et mes descriptions ne rendent aucunement justice à la beauté de ce palais. Comment ais-je pu ignorer aussi longtemps ce palais au détriment de Taksim où sont tous les magasins?

Hall de cérémonie du palais Dolmabahçe

Hall de cérémonie du palais Dolmabahçe

Pour ma dernière journée, je me suis payée la traite : magasinage intensif dans Takism y compris cet entrepôt de vêtements qu’un Turc m’a fait découvrir où on trouve des trésors vraiment pas cher. Puis, je suis retournée dans Sultanahmet où tous les touristes sont condensés pour revoir sa mosquée surnommée la mosquée bleue. Elle est décorée de fond en comble. Je m’assoie sur le tapis avec mes sacs et mes souliers en mains. J’observe les musulmans prier. Il s’agit

d’un moment précieux de silence intemporel. Il se fait tard et le grand bazar ferme assez tôt. J’abandonne cet endroit culte pour une dernière visite aux souq pour acheter du tabac arabe à shisha, des petits cadeaux et une lampe magnifique en verre que je désirais depuis 2007. Les sacs pleins et les bras tirant vers le bas, la nuit tombe peu à peu, je balaye du regard la ville en faisant un 360 degrés sur moi même. Je me dis à ce moment que je l’ai retrouvé mon premier amour oriental, il n’était pas si loin. Il fallait simplement le faire ressurgir. J’ai le coeur gros et ma gorge se noue.

Mosquée Sultanahmet, Istanbul

Mosquée Sultanahmet, Istanbul

Je dois partir dans la nuit pour Montréal et je sais à ce moment, que je ne reviendrai peut-être pas de sitôt.

J’ai fait le tour de cette ville et de ce pays. J’y ai visité une vingtaines de villes autant à l’est que l’ouest. J’y ai vécue une panoplie d’aventures plus folles les unes que les autres. J’y ai fait de merveilleuses rencontres qui ont duré depuis trois ans, d’autres un moment, pour s’éteindre ensuite. Mes souvenirs sont gravés à jamais dans ma mémoire.

Il est temps de passer à autre chose pour mieux y revenir. Peut-être dans le but de m’y installer un moment ou encore pour un projet. Qui sait?

فانيسا

vanes

Crois, si tu veux, que des montagnes ont changés de place ; mais ne crois pas que des hommes puissent changer de caractère

(proverbe arabe)

Et c’est reparti…faux départ!

Posted in Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 28 décembre 2009 by vanes

25 Décembre, jour de noël, je réalise enfin un souhait que je chéri depuis si longtemps: fuir le temps des fêtes et partir dans un autre pays pour cette période.

Noël pour moi est synonyme d’épuisement. Premièrement puisqu’il s’agit de la fin de session universitaire et cela marque aussi le début de l’hiver au calendrier. De plus, j’ai toujours travaillé au service à la clientèle. Que ce soit dans une boutique, à la prise de rendez-vous pour une compagnie de produits de beauté ou encore dans un salon de coiffure, la période de noël est toujours la période la plus achalandée. C’est donc seulement le 24 décembre à 17h que toute la pression redescend normalement.

Alors voilà. Cette année, je m’offre ce petit rêve que de passer les fêtes ailleur soit en Turquie et en Syrie, des pays que je connais bien.

Mon billet est acheté depuis le mois d’août et j’ai attendu ce moment avec impatience. Noël est arrivé très vite cette année et s’est fait dans une atmosphère saine sans le drama habituel et sans cette folie qui règne normalement.

25 Décembre, je suis tellement fatiguée que je ne réalise aucunement que je pars le soir même. Après une longue file de plus d’une heure de temps, je suis de l’autre coté, celui dans lequel j’aime bien me retrouver. L’avion décolle à 18h55 selon mon billet. Il est 19h05 lorsque le commendant nous avise d’un problème technique et nous prit d’évacuer l’avion ainsi que de récupérer nos bagages. L’avion ne décolle pas ce soir. Ça y est, c’est mon karma depuis trois mois. Rien de fonctionne comme je le souhaite et tout m’arrive en meme temps. Je n’en reviens pas. Nous n’avons aucune autre information. J’ai envie de pleurer en petite boule dans un coin. Un de ces moments dans lequel on aimerait bien se faire serrer pas notre maman.

Je récupère ma valise et me dirige vers le Marriot hotel où la compagnie KLM nous a tous réservé une chambre pour la nuit. On ne sait pas plus ce qui ce passera le lendemain puisque tous les passagers ont un différent vol en correspondance. Le mien est pour Istanbul, qui, évidemment sera plus difficile à recéduler. Je passe la sécurité et le garde prends ma carte de déclaration et lit le mot pax, ce qui signifit surement le code en cas d’annulation d’un vol. Il me dit: Bonne chance. Oh merci c’est hyper rassurant. Cette chance j’en avais besoin et elle semble m’avoir oublié jusqu’à la dernire minute.

Je reçois un message téléphonique à ma chambre disant que le même vol partira le lendemain sans me dire si ma correspondance est également plannifée. C’était trop espérer. Les bureaux de la compagnie ouvrent seulement à 13h30. Je me mets en file dès 12h10 à la vue des gens qui s’accumulent déjà. Vers 14h, j’atteinds la tête de la file pour m’appercevoir qu’il y a une autre file. Waw! J’ai attendu en file pour une autre file, celle de l’enregistrement des bagages. N’importe quoi. Ce n’est pas tout! Alors voilà ce que je craignais qui arrive. Il n’y a pas de vol en direction d’Istanbul avant le prochain jour. On me transfert de compagnie avec Swiss air. J’en suis ravie puisque c’est une excellente compagnie. Je me rends au comptoir de Swiss Air pour me faire dire que non, je n’ai pas de siège. Mon papier est seulement une réservation et non pas un billet d’avion. KLM vend des sièges qui n’existent pas. Ils doivent relocaliser environ quatre cents passagers sur les différentes compagnies d’avion. On me renvoit à KLM qui me dit de faire la queue pour changer mon billet. Je m’énerve royalement. On me dit que la situation exige, je n’ai pas le choix. Pendant tout ce temps je crainds que les sièges se vendent tous et que je serai prise à l’aéroport une seconde nuit. Aprè trente minutes, ça va faire ce bordel. J’aborde avec désespoir un superviseur qui semble être en contrôl. Ibrahim, un Égyptien, mon karma aussi. Il me suggèra d’aller manger quelque chose en voyant mon air assomé. J’ai un de ces maux de tête et plus une once de patience. Je le regarde sans répondre et il me tend un vouch de 15$ valide dans n’importe quel restaurant de l’aéroport. Il décide de me prendre sous son aile et court d’un bord à l’autre pour me trouver un vol. J’ai une place assurée avec Royal Air Maroc mais le temps d’attente entre les deux avions est beaucoup trop long. Il continu à parler avec des gens de différentes compagnies et c’est à 16h que finalement j’ai une place sur le vol de 17h avec Swiss Air! La dame réouvre le comptoir pour enregistrer ma valise et m’escorte jusqu’à la sécurité pour éviter que je perde du temps. Je me sens comme dans un film!

À bord de l’avion je refuse de crier victoire puisque l’avion tarde d’une heure à décoller pour cause de givre. Nous partons finalement et j’arriverai à Istanbul le 27 décembre complètement épuisée mais si heureuse d’y être.

فانيسا

vanes

Patience est un arbre; amères sont les racines mais les fruits sont très doux. Au bout de la patience, il y a le ciel… (Proverbe saharien)

Funny stories

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on 17 décembre 2009 by vanes

Je l’ai déjà dit, voyager est synonyme de différences culturelles. Ce qui a de beau là dedans c’est que nous pouvons toujours être surprit, même avec l’expérience. Ces surprises, moi je les adores et je les accumule.

Istanbul, Turquie

Istanbul, Turquie

Je trouve toujours ça comique que de faire des activités dites ordinaires lorsque je suis dans un autre pays. La normale des choses est de visiter le plus possible avec le peu de temps qu’on a. Lorsqu’on part pour quelques mois, il est presque impossible de ne pas s’arrêter un peu et « perdre » des journées à faire autre chose que la conquête de la ville du moment. Une chose aussi banale que d’aller au cinéma fait le plus grand bien et est même réconfortant. Il m’arrive donc de temps à autres d’aller au cinéma et une des premières fois que je l’ai fait, fut à Istanbul, en Turquie. Le film taxi 3 était sorti et j’ai du briser la tradition que j’avais avec une amie de le voir ensemble. Un soir, moi et mon hôte de couchsurfing allons au cinéma non loin de la maison où le film est présenté en Français avec des sous-titres turcs. La salle un peu boboche me faisais penser à l’ancien cinéma (…) que nous fréquentions au début du secondaire. Rien à voir avec les nouveaux cinéma où l’écran est gigantesque et que nous pouvons manger des poutines et des crèmes glacées sans oubliers les beigne de tim hortons. Bref, le film est excellent et je suis en plein dedans. Le Taxi en question est en course et au moment le plus intense, l’écran devient noir. Je regarde mon ami d’un air troublée du genre wow juste au moment où l’action bat son plein pouf il y a un problème technique. Il ne comprend pas trop mon commentaire et me lance tout bonnement «don’t you have breaks during movies in Canada?». J’éclate de rire, chose qu’on faisait beaucoup entre nous, plaisanter. Il comprend encore moins.  Oh. Il est sérieux. Il m’explique qu’ils font des pauses durant les présentations de film pour que les gens puissent aller aux toilettes, s’acheter des friandises ou encore aller fumer une cigarette. Je suis tout simplement bouche-bée. Puis, le film reprend. Le générique défile et les lumières s’allument. Le film est terminé et nous sortons de la salle. Ce n’est pas tout, nous devons sortir par la porte de derrière qui se trouve à donner sur la ruelle, puisque c’est la dernière représentation de la soirée. Je suis tout simplement crampée et me précipite sur l’internet pour faire part de cette curieuse expérience. Mon ami ne comprend toujours pas ma réaction et ignore que trois ans plus tard, ce sera un sujet de blog!

Je suis en Palestine. Tiraillée d’une famille à l’autre, puisque tous veulent m’héberger et  me démontrer l’hospitalité palestinienne. Je débute dans la famille de Raed, un jeune garçon de 19 ans qui joue de la contrebasse dans un mini orchestre du camp de

Nablus, Palestine

Nablus, Palestine

réfugiers. Je dors dans le lit d’une des deux sœurs de Raed qui se partagent la chambre. Elle est dans une autre ville de la Palestine pour quelques jours. Sa famille est adorable et malgré que sa mère

Nablus, Palestine

Nablus, Palestine

parle très peu l’anglais, elle arrive tout de même à me dire de manger, de manger toujours plus. Elle voit que j’adore la nourriture arabe et je dévore toujours avec appétit ses repas. Le pire, c’est qu’elle aime voir l’invité se régaler et en redonne toujours plus. J’arrive à refuser à la troisième portion et elle m’écoute enfin en riant. Le matin, nous nous réveillons assez tôt, puisque c’est ma première journée au camp de réfugiers et Raed m’amènera faire le tour de Nablus avec d’autres jeunes. Il n’est même pas neuf heure quand je prends ma douche et

me prépare pour la journée. Je me rends à la table qui se trouve entre la cuisine et le salon qui est une ère ouverte. La table est mise et je prends place. Je fais le saut, discrètement bien sur, en voyant le « petit » déjeuner. Il s’agit de humus, un incontournable avec du poulet pané que nous appelons schnitzel en roumain avec des patates et des tomates, le tout avec du pain, beaucoup de pain! Je regarde l’horloge du salon, oui oui, il est bel et bien 9 heure du matin. Peu conventionnel, le pire que j’ai fait est de manger un reste de pizza froide le lendemain matin avec la gueule de bois. Je me régale tout de même, mais je suis plutôt amusée de la situation dans laquelle je me trouve. Disons que cette journée là, lorsque nous avons diner beaucoup plus tard, je n’avais aucun problème à patienter!

Tout comme en Roumanie, il y a un phénomène qui existe. Je ne sais pas si c’est propre à l’Europe de l’est et le Moyen-Orient,

En attendant l'autobus à Abyaneh en Iran

En attendant l'autobus à Abyaneh en Iran

mais il semble que tous s’arment d’un sac de graine de tournesol ou encore des graines de pastèque qui sont en fait beaucoup plus savoureuses que les premières. Avec ce sac, tu t’assois, bière ou pas à la main et tu commence. Poignée par poignée, tu casse l’écaille avec tes dents d’en avant dans un sens bien précis qui fait une scission presque parfaite sur la verticale de la graine. Ensuite, avec la langue, sans toucher à la coquille qui pourrait se ramollir, tu viens chercher la graine qui se cache.  Les vrais de vrais crachent aussitôt l’écaille se qui est très plaisant à regarder. Il s’agit d’une activité qui peut durer des heures et des heures. Ainsi quand tu te promènes dans les rues, il y a des tas d’écaille partout et précisément autour des bancs de parc, près des cafés à l’extérieur, etc. C’est tellement rependue que oui, je me suis surprise à pratiquer cette activité pour me faire patienter aux arrêts de bus, à l’attente de trains, ou tout simplement dans le milieu d’un après-midi plus paresseux.

Peu importe ces petites choses me font bien sourire sur le coup, mais encore plus par la suite.

فانيسا

vanes

La sagesse n’habite pas là où séjournent la bonne chère et le rire. (proverbe arabe)

Histoire de porc!

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 12 décembre 2009 by vanes

C’est fou ce que de petites choses qui semblent si anodines peuvent prendre bien de l’importance en temps réel.

Cette fois, je reculerai un peu plus en arrière. En juillet 2007 plus précisément. Je suis en Bulgarie et mon voyage tire à sa fin. Plus qu’une seule destination que j’attends depuis le début : la Turquie. Cette attente est due surtout depuis mon mini avant goût à Sarajevo en Bosnie Ayant été sous l’emprise de l’empire ottoman au 15e siècle, c’est-à-dire les anciens Turcs, la vieille ville témoigne son histoire par sa culture turque.

Je quitte Plovdiv, la seconde ville après Sofia qui est la capital. Le trajet en autobus est d’une dizaine d’heures. Je prends mon mal en patience et j’écoute Jack Johnson en boucle. Deux couchsurfers m’accueilleront à la station de bus d’Istanbul. L’un possède une compagnie d’électronique ou quelque chose du genre et l’autre, est commandant dans la marine turque ce qui sera un des sujets de plaisanteries.

Plovdiv, Bulgarie

Plovdiv, Bulgarie

C’est là que nous arrivons à la frontière de la Turquie. Une dame s’énerve dans le bus. Moitié stressée moitié amusée. Je ne comprends pas trop car son débit de voix est rapide et son accent anglais un peu difficile. Elle semble dire qu’elle ramène de la Bulgarie des saucissons, salamis et saucisses pleins son sac. Les gardent nous demandent de sortir du bus et de mettre nos bagages sur une table. Je comprends à ce moment que chacun sera fouillé. C’est ma première fois et moi, je voyage avec un sac à dos. Il contient que 80L et je sais pas pour vous messieurs, mais nous les dames, 80L est uniquement le poids pour le kit de survie. Tout est cordé et bien placé stratégiquement pour mon arrivé à Istanbul, dont le nécessaire pour prendre une douche. Nous sommes en ranger, chacun derrière son bagage qui eux sont sur des tables surélevées. La dame distribue subtilement ses produits fait de porc dans les sacs de tout le monde qui ont accepté d’être sa complice. Elle les cache en dessous de ses vêtements et en met même

La mosquée bleu de Istanbul, Turquie

La mosquée bleu de Istanbul, Turquie

dans sa sacoche! Moi j’ai seulement de l’alcool. Une bouteille de tuica prononcé tsouïka, d’alcool de prune, une spécialité de la Roumanie. Cette eau de vie qui vous racle la gorge et qui tue le méchant! Le garde ouvre mon sac et met la main jusqu’au fond. Franchement je suis impressionnée et je ne comprends même pas comment il a fait pour y entrer un bras au complet tant j’avais le sac plein! Il le retire et continu sa fouille chez le voisin. La dame commence à avoir de plus en plus chaud. Il fouille le tout encore une fois très rapidement, puis la laisse tranquille. Je vois son sourire s’afficher, elle se trouve ridicule. En même temps, les gardent ne sont pas très sérieux dans leur fouille. Ils misent plus sur la peur que l’action selon moi.

À l’entrée de la frontière un panneau indiquant les interdits est affiché. Le porc y est. Nous entrons dans un pays où la possession de porc est contre la loi. Cette dame est donc hors la loi pour transporter du cochon!! Après le passage aux douanes, le bus repart. Tous font des blagues de la situation et la dame déclare que ses amis seront ravis de récupérer leur denrée tant attendue.

Le Porc. Parmi plusieurs définitions, en voici deux : 1. Mammifère domestique omnivore dont le museau se termine par un groin. Il est élevé pour sa chair et son cuir. 2. Homme grossier, sale, vulgaire.

Mais le porc, c’est plus que ça.

Coran, Sourate II, verset 173 : « Dieu vous a seulement interdit la bête morte, le sang, la viande de porc et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que celui de Dieu. »

Coran, Sourate VI, verset 145 : «Dis : «Je ne trouve pas d’interdictions au sujet de la nourriture, dans ce qui m’a été révélé, à part la bête morte, le sang répandu et la viande de porc -car c’est une souillure- et ce qui, par perversité, a été sacrifié à un autre que Dieu.»

Le porc est considéré comme impur puisque se nourrit de déchets. De plus les musulmans peuvent manger les animaux qui peuvent être égorgés et ainsi le porc ne possèdent pas de cou et ne peut donc pas être égorgé. En conséquence, si Dieu aurait voulu que les musulmans puissent s’alimenter par cet animal, il lui aurait donné un cou.

En fait, non seulement le Coran interdit la consommation de porc mais la Bible aussi l’interdit. Dans le Lévitique, chapitre 11, verset 7-8 : «Vous ne mangerez pas le porc, …Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts : vous les regarderez comme impurs».

En voyageant en terre d’Islam, j’oublie souvent cette restriction et m’étonne à chaque fois que le bacon ne soit jamais au menu dans les déjeuners et le fast food. Tout s’explique, lorsqu’on comprend le pourquoi de la chose!

فانيسا

vanes
Sans la variété des goûts, la mauvaise marchandise resterait. (proverbe arabe)

Histoire de Frontières II (Iran-Turquie)

Posted in Histoires de frontières, Uncategorized with tags , , , , , , on 9 novembre 2009 by vanes

On m’a toujours dit que chaque bonne chose à une fin. Cependant, il arrive parfois que je ne sois pas attristée que ce soit ainsi.

Lorsque j’étais en Iran, bien que j’aimais beaucoup mon expérience, après deux semaines intensives dans une situation culturelle si dépaysante, ces deux semaines paraissaient plus longues.

Après avoir fait le tour soit disant touristique, je me trouvais dans le sud du pays à Shiraz. J’essayai d’établir un chemin pour retourner en Turquie par la voie terrestre. Il faut savoir qu’en Iran, les autobus sont très lents et le pays étant assez grand, les distances sont longues à parcourir. Ainsi pour m’éviter de prendre trois bus au lieu de deux et gagner du temps, je décide de franchir la deuxième frontière qui se trouve au Sud de Bazargan, la première. Bazargan est considérée comme la frontière pour les touristes, alors que l’autre semble avoir une réputation plutôt dangereuse puisqu’elle se trouve dans le kurdistan. Je prends donc le bus de nuit pour me rendre à Téhéran, puis un autre bus de nuit pour me rendre à la frontière de Sero dans le Kurdistan. Cette deuxième frontière était jadis déconseillée pour les touristes, cependant les choses ayant changées un peu depuis quelques années, je décide de m’y aventurer afin de gagner du temps et préserver mon énergie.

Alors voilà ce que cette décision m’a apporté, un beau sujet d’article qui vous tiendra en haleine du début à la fin.

À la suite de deux autobus de nuit consécutifs d’une durée approximative de dix heures chaque dans un confort évidemment douteux, j’arrive à la station d’autobus Orumiye près de la frontière de Sero. Un autobus se rend supposément en cinq heures à Van, la prochaine ville que je visiterai dans l’est de la Turquie.

J’embarque à bord de l’autobus. Il y a cinq autres hommes à bord en plus du chauffeur et d’un autre homme sur le siège à côté de ce dernier, dont la fonction est toujours un peu vague, et moi, bien sur. Inutile de vous dire que tous parlent le farsi entre eux et je suis la seule touriste, bien entendu. Dès que nous quittons la station de bus, un des cinq Iraniens se lève et commence à distribuer des cartons de cigarettes dans l’espace réservé aux bagages au dessus de chaque siège. Je trouve ça plutôt louche sans vraiment y accorder une grande importance. Puis, le même Iranien ouvre une boîte et j’y aperçois un couteau qui brille à chaque mouvement léger de son propriétaire. Il parle très fort avec ses amis avec qui il semble faire des blagues et dégage une énergie comme d’un enfant en déficit d’attention. Là, je trouve ça encore plus bizarre, mais je tente d’en faire abstraction. Les hommes rient, bougent d’un siège à l’autre et interagissent avec le chauffeur et son aide. Moi dans mon coin, je ne comprends rien et je suis déjà assez fatiguée de mon trajet que je décide d’écouter mon ipod. Les Iraniens tentent de me parler un peu mais aucun d’entre eux ne parlent l’anglais.

Arrivée à Sero, nous débarquons de l’autobus afin de passer les douanes. Le douanier me pose une question que je ne comprends pas très bien, je souris maladroitement et prends la sortie. Ça devait avoir rapport avec son pays, du genre si j’avais aimé ou pas. Les hommes suivent un à un. Nous sommes dehors en attente du bus qui doit aussi passer la douane. Il arrive enfin et nous remontons à bord.

C’est à ce moment que mon calvaire débute.

Nous sommes à la frontière de l’Iran et attendons je ne sais quoi pendant plus de deux heures sans explication. Entre temps, je commence à m’impatienter et demande au chauffeur pourquoi nous sommes arrêtés depuis si longtemps. Il n’arrive pas à me répondre mais semble me dire de me calmer. Je vois des hommes partout dehors qui vérifie le bus, parlent entre eux et la seule chose qui me vient en tête est évidemment le pire. Je me dis que ça y est, ils vont découvrir les cartons de cigarettes partout dans le bus ainsi que les couteaux. Là je panique réellement et le facteur de la faim embarque en plus de la fatigue. Personne n’est en mesure de m’expliquer quoi que ce soit. C’est à ce moment que je me comprends pourquoi le lonely planet disant que Bazargan est préférable, je m’en souviendrai! Il y a bien juste moi pour me retrouver dans une telle situation! Je m’impatiente de plus belle. J’ai réellement envie de pleurer et je sens mes yeux se remplir d’eau. Je respire.

Un homme monte à bord et discute avec les autres comme s’il n’y avait rien de spécial. Il tente de me parler puisque je suis la seule femme et touriste en plus. Il parle quelques mots d’anglais mais n’arrive pas à répondre à mes questions. Je m’énerve et ça l’amuse, en fait ça les amuse tous, sans exception. Pourquoi nous tardons à partir? Il me fait comprendre de me calmer. Ok rendu là, toutes personnes tentant de me faire comprendre de me calmer m’énerve encore plus, je suis sur le bord de la crise de nerf. Je perds encore plus patience. Déjà que j’en possède très peu, en deux heures, j’étais dans le moins et rendu là, ça ne faisait plus parti de mon vocabulaire! Je suis à fleur de peau, mes yeux se remplissent une fois de plus d’eau. Je me retiens, car il ne faudrait vraiment pas que j’éclate devant eux. Ce serait la honte quoi! J’ai ma dignité quand même. L’homme, peut-être par pitié fini par me dire que c’est normal tout ça, que ce sont les procédures normales que de tout vérifier. Là, je comprends que les couteaux et cigarettes ne sont pas la cause de l’attente mais bien que je suis à bord d’un bus qui transporte de la marchandise de l’Iran à la Turquie. La compagnie d’autobus ne fait que profiter de l’occasion pour faire plus de sous en prenant des gens à bord.

Le chauffeur sort un grand sac plein de nourriture sur une banquette et m’invite à me servir. Je suis gênée puisque je me suis énervée plus tôt avec lui, mais affamée. Il me fait signe que c’est sa femme qui lui prépare ses lunchs, bien évidemment. Je me régale et je retrouve une certaine tranquillité.

Le bus démarre, je soupir, c’est enfin fini. Hélas j’ai parlé trop vite!

Nous franchissons la frontière et les hommes se mettent à hurler comme des imbéciles. Ils se tournent vers moi en criant freedom et mimant qu’ils enlèvent leur t-shirt. Nous sommes « libéré » d’un pays où la religion règne. Je peux enfin enlever mon hijab et mon manteau islamique. Je dis enfin, mais en fait, j’ai une réticence. Je suis la seule femme à bord et je sens les regards sur moi. Je trouve ça absurde d’avoir du me couvrir durant tant de temps et devant ces Iraniens et d’un coup, me dévoiler. Je l’enlève maladroitement et les hommes me sourient gentiment sans arrière pensé, du moins c’est ce que je pense. L’atmosphère se détend et en usant du mime nous arrivons à nous parler un peu et à rigoler.

L’est de la Turquie est très montagneuse et puisque c’est la région kurde, il y a des check point à chaque 30 kilomètres on dirait. Chaque fois, les soldats vérifient la soute à bagages, vérifient nos papiers et juste à la vue de mon carnet bleu marin, on me fait signe que c’est correct. Merci d’être né en terre canadienne! Ces soldats prennent même le temps de tenter de me parler et rigoler avec les autres. Tour à tour, ils me posent des questions, la plus récurrente est si je suis mariée. Dès que la drague embarquait, je disais au chauffeur Yallah! et tous rions en partant, même le soldat. Parfois, les Iraniens ont offert un carton de cigarettes à ces derniers. Une petite corruption et hop le champs est libre.

Le trajet est long et pénible, il se met à pleuvoir de plus en plus et il fait très humide dans l’autobus. Le chauffage autant que l’air climatisé ne fonctionne que très rarement à bord d’un bus au moyen orient. J’ai même vu neigé dans les hautes montagnes, je pensais halluciner en plein mot de mai. C’est là que je regardai les passagers en disant Canada pointant la neige à travers la fenêtre.

La nuit tombait et nous n’étions pas encore arrivé. En fait, j’ignorais totalement à quelle heure nous atteindrons la ville de Van.

Une fois arrivé, il pleut encore et il fait très noir. Des hommes déchargent le bus pendant que le conducteur et son adjoint tentent de me faire comprendre quelque chose. J’ouvre le lonely planet à la dernière section où un petit lexique se trouve toujours. Ça n’aura jamais été aussi utile. Je leur dit : « hôtel » en me pointant. Là c’est la confusion! Ils semblent me dire de venir chez lui pour dormir et manger et que demain je prendrai le bus pour Van et eux, retournerons en Iran. J’insiste pour qu’ils m’amènent à l’hôtel. Ils insistent pour me dire que c’est correct qu’ils sont mariés. Je suis consciente qu’en Iran, il n’y aurait aucun problème, car c’est un pays tellement rigoureux que de toucher une touriste leur causerait de grands problèmes. Nous échangeons comme ça durant une vingtaine de minute avant que j’accepte. Qui dans la vie aurait accepté d’aller manger et dormir chez deux hommes gras iraniens dans une ville kurde? oui, moi! Je me permet de vous faire une courte description de ces messieurs. Deux hommes d’au moins une quarantaine d’années avancés, assez gras avec des dents croches, habillés un peu n’importe comment et parlant que le farsi. Maintenat que je vous ai mis en contexte je poursuis.

On se dirige au Marché, on se prend tous les trois une bière. Ma première goutte d’alcool en trois semaines! On arrive à la maison des hommes. C’est très sale et humide. On se regroupe dans une seule pièce qui semble être un salon dans le quel se trouve des couvertures et des matelas. Nous mangeons un Dizzi, un plat typique iranien que la femme du conducteur a préparé. Un pur régal. Nous échangeons avec des gestes et quelques mots que j’ai appris au cour de mon séjour.

Je suis crevée et il se fait tard. Toutes ces émotions et ces transports me sont rentrés dans le corps. L’homme prépare mon lit, puis le sien et celui de son ami. Je comprends que nous dormons tous dans la même pièce. Je n’ai pas peur, mais en même temps je suis un peu nerveuse. Je dors quasiment avec mes souliers. Je garde mes jeans, mes bas, un chandail zippé jusqu’au coup avec ma pochette dans le pantalon contenant passeport et argent, avec ma sacoche sous la tête. Je m’endors d’un coup malgré la situation un peu troublante.

On se réveil tous tôt puisque les hommes doivent repartir en Iran et refaire le trajet chaque deux jours. Nous sortons de la maison et le chauffeur m’indique où est la station de bus en me disant khoda fez, au revoir. Je suis là, à les regarder d’un air ébahi, à leur montrant la main en guise d’un au revoir en leur disant motashakkeram, merci en farsi. C’est tout? C’était de la gentillesse à son état pur? Aucune arrière pensée? Ils voulaient vraiment m’aider? Je suis bouche bée. Je tourne les talons en souriant.

Quelle histoire!

فانيسا

vanes

Le Diable n’apparaît qu’à celui qui le craint. (proverbe arabe)