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Il y a un monde arabe et il y a l’Iran et la Turquie

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , , , on 13 septembre 2009 by vanes

Premièrement je dois mettre une chose au clair. Probablement une justification de ma part que vous trouverez peut-être anodine, qui selon moi,

Ruines de Palmyra, Syrie

Ruines de Palmyra, Syrie

est très importante. Mon blog est centré autour de moi et mes expériences dans le monde arabe, comme le titre l’indique, « Il y a un monde arabe, et il y a mon monde ». Vous avez dû vous rendre compte que je parle beaucoup de l’Iran, un pays qui m’a énormément marqué auquel se rattachent

Camp de réfugiers Askar à Nablus, Palestine

Camp de réfugiers Askar à Nablus, Palestine

beaucoup d’anecdotes et qui possède une façon de fonctionner très différente de la nôtre. Je ne pensais pas en parler autant, mais parfois ce que notre

Imam khomeini square, Esfahan, Iran

Imam khomeini square, Esfahan, Iran

tête nous dit n’est pas en accord avec notre cœur ou nos sentiments. Lorsque je me mets à écrire, je reviens souvent sur des évènements, phénomènes et anecdotes qui proviennent de la région perse plus qu’arabe. Ayant eu le privilège de voir ce qu’est ce pays, je me fais un plaisir que de partager mon expérience et mes chocs culturels.

De plus, je parlerai souvent de la Turquie, pays également musulman mais pas arabe. Le pays que je

Uçhisar près de Göreme en Capadocce en Turquie

Uçhisar près de Göreme en Capadocce en Turquie

considère comme mon favori alors que je serai à ma troisième visite lors de la prochaine période des fêtes. Pour les besoins de la cause j’englobe ces deux pays non arabes dans « mon monde arabe ». Ne soyez donc pas offusqués chers lecteurs turcs ou iraniens, en espérant en avoir quelques uns. Je fais la différence et je l’ai surtout vécue. Lorsque je parle du Moyen Orient, géographiquement parlant l’Iran et la Turquie s’y rattachent. Pour ce qui est du monde arabe, ils en sont exclus.

Il est parfois difficile de s’y retrouver alors voici une brève description des délimitations des territoires qui pourra surement vous éclairer un peu. La région du Moyen et Proche Orient se trouvent à la jonction de trois continents : l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Il est difficile de délimiter les frontières de celle-ci. Pour l’Europe, qui se considère le centre du monde, l’expression « Proche Orient »

Istanbul, Turquie

Istanbul, Turquie

serait le synonyme de Levant (là où le soleil se lève). Cette région comprendrait l’Égypte, le Liban, les territoires palestiniens, la Syrie, la Jordanie, l’Israël et l’Irak. «On y adjoint parfois la Turquie, l’Azerbaïdjan et Chypre ou

Ramallah

Ramallah

encore les pays du Maghreb pour des raisons historiques ou de proximité culturelle[1]».  Il s’agit du croissant fertile situé à l’est de la Méditerranée. Quant à elle. l’expression « Moyen Orient », employée pour la première fois en 1902, est d’origine anglo-saxonne (Middle East) et désigne la région comprise entre la rive est de la mer Méditerranée et la ligne tracée par la frontière entre l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan.  Elle s’étend donc de l’Égypte à l’Iran. Bien qu’on étende cette région aux pays du Maghreb en raison de fortes associations culturelles et historiques, ceux-ci ne devraient pas en faire partie. Comme on peut le constater, la délimitation du Proche et Moyen Orient est déterminée

Aleppo, Syrie

Aleppo, Syrie

par des facteurs géopolitiques.  De plus, les dénominations sont issues d’intérêts étrangers, ceux des superpuissances, puisqu’il s’agit d’un espace géopolitique surchargé d’histoire presque écrasé par celle-ci et

Jerusalem, Israël

Jerusalem, Israël

influencé grandement par l’extérieur. Bref, le Proche et Moyen Orient n’ont aucune délimitation officielle et leurs frontières demeurent donc plutôt floues.

Il s’agit d’une région très fragile, en raison d’« échecs des arabes au cours des derniers siècles, à retrouver leur identité, à constituer leur unité et leur souveraineté sur des territoires qu’ils peuplent sans discontinuer depuis le VIIe siècle […] s’ils avaient réussi, ils auraient donné à la région des frontières stables et définies[2]». Elle a toujours subi la volonté des autres avant de faire valoir les siennes. Dans la conscience européenne, la région proche orientale n’a pas d’identité affirmée car «ce sont ces changements fréquents de frontière administrative qui sont à l’origine des contentieux historiques territoriaux, avoués ou refoulés peuvent exister entre les états arabes issus du démembrement de l’empire Ottoman[3]».

Tripoli, Liban

Tripoli, Liban

rue d'Aleppo, Syrie

rue d'Aleppo, Syrie

Avant la conversion de la région à l’Islam, il y avait plusieurs Proche-Orient n’ayant aucune relation entre eux. Chacun a tenté de l’organiser en fonction des intérêts de sa dynastie, ce qui crée aujourd’hui un déchirement identitaire. C’est au 7e siècle que cette région a été conquise par les Arabes au nom de l’Islam. C’est ainsi que l’Islam pourrait servir de critère de rapprochement pour unifier la région du Proche-Orient, puisque 90% de la population est musulmane sunnite. Toutefois les trois religions monothéistes en présence sont incapables d’unité : l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme. Par ailleurs, le monde arabe de cette région n’est aucunement homogène dû, entre

Beirut, Liban

Beirut, Liban

autres, aux minorités religieuses tels les coptes, les kurdes, etc. et ainsi divisé ne peut décider de son propre sort. Des différences entre la majorité et les minorités religieuses créent des conflits et ce même à l’intérieur d’un même pays, à la fois au niveau de la culture, de la politique ou de la religion, comme par exemple au Liban entre les maronites et les musulmans. Cela constitue un autre sujet qui mérite un article en entier vu sa complexité.

Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

فانيسا

vaness

Dieu nous donne des mains, mais il ne bâtit pas les ponts. (proverbe arabe)


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Proche_Orient

[2] Corm, Georges. Le Proche-Orient éclaté 1956-2007, Paris, Collection Folio Histoire, édition La Découverte, 2007 p.63

[3] Corm, Georges. Le Proche-Orient éclaté 1956-2007, Paris, Collection Folio Histoire, édition La Découverte, 2007, p.103

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