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Oui, je le veux

Posted in palestine, syrie, Uncategorized with tags , , , , , on 14 février 2010 by vanes

Mon meilleur ami se marie très bientôt. Je suis ses préparatifs et franchement il m’impressionne. Tellement de choses à penser et jusqu’aux petits détails. Le tout est fait sans énervement et sans stress apparent. Ça doit bouillonner en lui, j’en suis certaine. Je lui ai demandé si le tout le stressait et il m’a dit : je suis stressé de tout faire avant la fameuse date puisqu’il y a tant à faire, mais je ne suis pas stressé de me marier. Le geste en tant que tel est facile ou plutôt naturel. En d’autres mots, l’engagement pour la vie ne lui fait pas peur, mais la liste de préparatifs est longue. J’admire encore plus ça. De nos jours, il est plutôt rare que de se marier et à notre âge, encore moins. Au Canada, ce n’est pas une tradition qui a vraiment survécu avec le temps. Les couples se marient plus tardivement et pour les bonnes raisons en général.

Dans la tradition musulmane, les femmes se marient très jeunes et selon les pays, dès leur puberté. Pour un occidental il est outrant qu’une jeune femme de 15 ans soit mariée et encore plus lorsqu’il s’agit d’un mariage arrangé.

Les mariages se font aussi différemment, mais je ne pourrais pas vous en parler puisque je n’ai jamais eu la chance d’être invitée dans un mariage musulman et même pas dans un mariage tout court. Par contre, à deux reprises, durant mes voyages, j’ai assisté à des célébrations entourant le mariage.

La première fut en Palestine, en juillet 2008. J’étais hébergée par Amjad, un des fondateurs du camp de réfugiés Askar à Nablus. Sa première femme était invitée à la réception de l’après mariage d’une jeune femme du camp. Vu que je n’avais jamais été dans un mariage et que l’on me dit toujours que les mariages musulmans sont toujours colorés, Amjad me demanda si j’avais envie d’accompagner sa femme et ses deux filles à cette réception. Quelle question! N’importe quoi pour expérimenter la vraie culture en ayant accès aux maisons des locaux ainsi qu’à leurs célébrations!

Quoi porter? Une fois encore l’éternelle question que je me pose dans ma propre ville quand je sors et encore plus en Palestine. Je ne mettrai pas mon uniforme comme je l’appelle qui consiste en mon jean et ma blouse légère qui couvre mes fesses et mes bras brodée au collet pour une soirée spéciale. J’oublie la jupe puisqu’on verra mes jambes et j’ai un jogging, que j’oublie aussi. Il

Sur le chemin pour la célébration d'après mariage à Nablus, Palestine

Sur le chemin pour la célébration d'après mariage à Nablus, Palestine

reste mon éternel jean. Je l’agence avec un haut noir qui couvre aussi mes fesses que j’ai acheté plus tôt à Istanbul. J’avais aussi acheté une paire de sandales fermées et dorées à Eilat en Israël que j’ai mise. Un peu de fard à paupière, mais pas trop et quelques bijoux puisque ça, au moins, les femmes en portent toujours des dizaines sur elles. Nous marchons jusque la demeure de la famille. Nous tentons de nous frayer un chemin parmi la foule de femmes entassées dans le salon. Il fait si chaud à la base et avec toute cette population, c’est pire. Les femmes vêtues du Hijab doivent suffoquer! À ma grande surprise, les femmes sont bien habillées, moins conservatrice que normalement. Les jeunes filles sont en robes; pas celles qui couvrent les jambes. Bien au contraire, elles ont des robes courtes très serrées avec des décolletés que je ne porte même pas moi même! La femme de Amjad me fait signe que la jeune femme avec la robe verte est la nouvelle mariée. Elle doit avoir à peine 17 ans. Moi à 17 ans, je commençais à sortir dans les clubs, j’étais en secondaire 5 et me préparais pour partir en appartement. Pour sa part, elle devra penser à faire des enfants bientôt et vivre la vie de la femme au foyer.

Je balaie la pièce du regard et ne remarque aucun homme. C’est normal oui, mais en même temps je trouve ça étrange qu’après la cérémonie de mariage, l’homme et la femme célèbrent chacun de leur côté.

Je m’assois aux côtés de la femme d’Amjad et d’une de ses amies pendant que ses deux filles courent d’un côté et de l’autre avec d’autres enfants. La musique est si forte que l’on pouvait l’entendre de la rue. Les haut-parleurs grichent et laissent paraître qu’ils ne sont pas assez puissant pour le volume souhaité. Les jeunes dansent au centre sur la musique arabe. Évidemment la mère de la nouvelle mariée me prend la main et tente de m’entraîner sur la piste de danse, un classique. Je refuse en riant un peu jaune. Voire que moi, une canadienne je vais me lever et danser sur de la musique arabe auprès de ces Palestiniennes. Tous les ingrédients pour me ridiculiser! En même temps, je n’ai pas le choix. C’est insultant pour les hôtes si je ne leur fais pas le plaisir de participer à la célébration. Je me lève et me dandine un peu d’un côté à l’autre maladroitement en riant jaune encore une fois puis me rassois. C’est bon, on m’a vu, on me laissera en paix par la suite. Les femmes font leur célèbre youyou. Ce cri de joie très fort et aigu qui sert à manifester une joie collective dans des célébrations. Il suffit d’une seule qui part le bal et elles suivent toutes. Selon le livre Nadine Picaudou, Territoires palestiniens de mémoire, « Le terme zagharit signifie « youyous », youyous qui peuvent être entendus de très loin en raison du son aigu et clair qui est produit. Ils comportent de nombreuses variations en Palestine, des signes distinctifs qui sont souvent reconnus et mis en avant dans les fêtes. ». J’adore entendre les femmes faire des youyous. Je me surprise à pouvoir le faire un peu lorsque j’ai organisé l’enterrement de vie de garçon de mon ami qui se mariera bientôt alors que voulais en rire.

Vue sur le camp Askarà Nablus, Palestine

Vue sur le camp Askarà Nablus, Palestine

De mon coin, j’observe la mariée qui se changera plus d’une fois. Peut-être est-ce une tradition? Les robes sont aussi kitch les unes que les autres. Les rubans servant à accrocher la robe lui sort des dessous de bras et elle n’est pas bien ajustée. Son maquillage est de mauvais goût. Rien à voir avec la maquilleuse Francine Gagnon de chez LeSalon. Que dire de sa coiffure!? Je prends plaisir à la scruter tellement elle est cliché. Que voulez-vous, ça me fascine.

La deuxième fois fut les fiançailles de la sœur de Hany, mon ami de Palmyra. Je vous en avais déjà parlé dans mon article d’une veille du jour de l’an pas comme les autres. La ségrégation des sexes était aussi de mise alors que hommes et femmes se retrouvaient dans deux salons différents. De temps à autre, les youyous se faisaient entendre à mon plus grand plaisir. Après une longue attente nous avons eu droit à l’annonce des fiançailles par un homme dont j’ignorais le lien avec les fiancés. Je me suis demandée s’il y avait un moment précis où l’affirmation de cette déclaration devait être faite. Puis j’avais aussi trouvé étrange le fait qu’une fois réunies dans le même salon, celui des hommes, la sœur de Hany fit son entrée vêtue d’une autre robe. Toujours avec cette coiffure de mauvais goût qui semble être belle de face, mais terrible de profil. Les gens échangeaient entre eux, préparaient des assiettes de douceurs et de fruits alors que l’échange de bague de fiançailles se faisait. Étais-je la seule à en être témoin? Le père et la mère de Hany semblaient être occupés, lui à parler avec un autre homme, et elle à orchestrer la soirée.

Cela étant dit, j’espère pouvoir être témoin d’un mariage arabe puisque ça semble si différent si je me fie aux célébrations dont j’ai eu la chance de faire parti.

En cette journée de St Valentin , je dédie cet article à cet ami très cher qui se liera par les liens du mariage dans une semaine…même pas! Tous mes vœux de bonheur

فانيسا

vanes

Le Mariage est comme un salon où l’on trouve quatre-vingt-dix-neuf serpents et une anguille. Qui osera y mettre la main ?

Pour bien aimer une vivante, il faut l’aimer comme si elle devait mourir demain. (proverbe arabe)

LeSalon : 5358 St-Laurent, Montréal. 514.564-4990

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Une veille du jour de l’an bien différente

Posted in syrie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 21 janvier 2010 by vanes

Chaque année la même question revient : Que faire pour fêter le nouvel an en grand. Cette année j’ai trouvé réponse à cette question. Je le fêterai d’une façon peu commune dans un environnement dépaysant. Je passerai le 31 décembre dans le désert de la Syrie, à Palmyra dans une tente de bédouin.  Cette année, tous se réuniront à Palmyra en provenance de Homs,

Ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Aleppo et Damascus pour fêter en grand. L’an passé le jour de l’an est passé inaperçu en raison des événements de Gaza en Palestine.

Palmyra est une petite ville au centre de la Syrie et une rue principale qui se rend aux ruines de l’ancienne cité de Palmyra la traverse. Il s’agit du centre ville. Tout le monde se connaît puisque tous possèdent une boutique de bijoux ou de souvenirs, un restaurant ou un café. Les enfants des propriétaires travaillent tous pour l’entreprise familiale et quelques uns d’entres eux ont tissé des liens d’amitié. Ainsi mon ami Hany a un ami Odi qui possède un restaurant dans une tente typique de bédouin où des soirées sont organisées. La dernière fois, j’ai eu droit à une expérience inoubliable qui sera détrônée par la plus récente.

Revenons au début de cette longue journée dans laquelle je m’étais arrêtée dans mon dernier article.

Nous arrivons à deux voitures de la ville de Homs à Palmyra et Hany me dit que sa sœur se fiance le soir même et qu’il

Moi devant les ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Moi devant les ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

devra passer du temps avec sa famille. Parfait pour moi, j’aurai quelques heures de solitude pour faire une sieste, défaire un peu ma valise et me préparer tranquillement pour la soirée. En me déposant à l’hôtel où je séjournerai, on convient que je le rejoindrai pour 19h30 au restaurant familial.

Il est 17h lorsque je me réveille de ma sieste et m’apprête à prendre une douche alors que ça cogne à ma porte. J’enfile une serviette autour de mon corps et demande qui est là. Mohammad, le propriétaire me dit que Hany est au téléphone et il me passe son mobile à travers la mince ouverture que je fais avec la porte. Hany me dit que quelqu’un passera me chercher pour le rejoindre. Je lui demande de me donner vingt minutes pour me préparer. Je me presse et je ne sais pas où donner de la tête. Dois-je me préparer pour la soirée ou juste pour le souper. Connaissant Hany et ses tendances imprévisibles je me prépare pour la veillée du jour de l’an. Je n’ai pas apporté beaucoup de vêtement pour les sorties. J’hésite entre un haut noir un peu échancré que je mets pour sortir à Montréal et un nouveau t-shirt à manches longues et col bateau acheté à Istanbul quelques jours plus tôt. Malgré que Hany me dit que je peux porter ce que je veux, je me dis que je suis en Syrie, que j’ai des courbes et que Palmyra est un peu plus conservateur que Damas et opte pour le haut avec le plus de tissu. Je me maquille, mais pas trop. J’enfile un pantalon noir et de petites bottes plates. Rien à voir avec les autres jours de l’an. Quarante minutes plus tard j’appelle Hany qui m’envoie un chauffeur (Je suis l’heure arabe en prenant le double du temps convenu). J’arrive au restaurant et aperçois Hany assis à une grande table à laquelle toute sa famille est réunie. Je me félicite mentalement pour ma tenue en voyant les femmes voilées dont sa mère à côté de qui on m’assigne une place. Je suis ultra gênée puisque je ne m’attendais aucunement à cela. Merci Hany pour les infos! C’est le souper des fiançailles de sa sœur avec un Syrien qui demeure au Canada. Il me parle de l’autre bout de la table et je comprends qu’il demeure à Pierrefond. Il m’est étrange de parler de Montréal avec des étrangers mais de parler de quartiers, c’est encore plus étrange. Hany me sert mon premier whisky-coka de la soirée, assez fort pour me mettre à l’aise. Une fois gavée d’agneau de riz et d’un mélange fait avec de l’orge au goût exquis, nous nous rendons tous chez Hany où les hommes se trouvent dans le salon des invités et les femmes dans un autre salon plus petit. Là commence l’attente de je ne sais quoi. Une femme me parle de temps à autre d’un anglais assez bon. Elle est surement professeur d’anglais. Je suis assise dans un fauteuil qui prendra surement ma forme au cours de la soirée et je me contente de sourire. Puis, la tête d’un homme surgit de la porte et il déclare quelque chose en arabe que je ne saisie aucunement. La sœur de Hany se lève et fait le tour des invitées pour leur serrer la main et en embrasser quelques unes. Les unes après les autres lui disent quelques mots en finissant avec mabrouk (félicitation). Vient mon tour. Je me contente d’un simple mabrouk et elle sourit avec un air fraternel. Elle m’aime bien et me parle toujours en arabe. Hany me fais signe de changer de salon. Je repère un petit fauteuil. On attend toujours mais cette fois, devant une énorme table à café sur laquelle se trouvent des montagnes de douceurs telles des baklavas, des noix et des fruits. La professeure d’anglais me sert une assiette avec un baklava de chaque sorte soit environ cinq gros et trois petits puis, une assiette avec une clémentine, une pomme, une banane et une orange. Elle fait de même pour chaque invité. Pense-t-elle vraiment que je puisse manger le tout et ce, après une montagne de riz avec de l’agneau? Je me force à manger deux baklava et un morceau de pomme très lentement par politesse. Subitement, la musique arabe surgit de quelque part dans la pièce d’un son mauvais et extrêmement fort. Les jeunes se mettent à danser et Hany, évidemment, vient faire son spectacle.  Les futurs mariés prennent aussi part à la danse. Évidemment, ils essayent de me faire danser. Je déteste ce moment où je ne voudrais d’aucune façon mettre en valeur mon pays d’origine par mes mouvements de canadienne coincée dans un bloc de glace alors que les arabes sont gracieux. Je sais que je n’ai pas le choix. J’essaie de faire de la visualisation. Ça y est je ne peux plus résister, Iyad, son frère me tire le bras et je me lève. Quelle honte! La chanson termine juste quand je me dandine d’un côté à l’autre en faisant à semblant d’être très à l’aise. J’en profite pour me rassoir.

Il est 21h30 lorsque Hany et moi filons en douce après l’échange des anneaux.

Je suis contente de m’être préparée pour la soirée puisque Hany nous conduit à la tente de bédouin. C’est là que je vivrai un jour de l’an bien différent.

La tente est immense en forme de L. Nous prenons place à une table en face du Dj et du bar, car oui, ils boivent! Amer et un autre ami Wafi y sont déjà. S’en suit des deux Ahmed et de leur conquête ainsi que Naim et la sienne. Un troisième Ahmed se joint également à nous. Les gars prennent des bouteilles de vodka et de whisky et ça y est c’est parti.

Un groupe de bédouin se promènent d’un bout à l’autre de la tente en chantant, jouant de la musique et dansant. Ils s’arrêtent devant nous, Hany leur donne un billet et ils restent devant nous pour quelques instants, puis reviennent en chantant quelque chose en nommant Naim pour l’inciter à donner un autre billet, ce qu’il fit. Nous avons droit à un autre

Ahmed au Party du nouvel an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

Ahmed au Party du nouvel an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

moment de musique digne des mariachis, mais tellement plus agréable. Une troisième visite cette fois pour soutirer un billet de Ahmed. Le plateau avec l’agneau entouré de légumes et d’un mélange de riz est servi. Moi je n’arrive plus à prendre ne serait-ce qu’une bouchée.

Le Dj embarque et fait jouer de la musique arabe. Hany se lève pour danser devant notre table et je me lève subitement. J’adore la musique arabe. Tous mes amis vous le diront, je leur casse les oreilles avec ma musique. Je me lève j’en écoute, dans mon ipod, au travail parfois, sur le retour chez moi et chez moi jusqu’au coucher et je ne me tanne juste jamais. On se met à danser entre amis et ce n’est pas long qu’on se retrouve entourés de plein de touristes et plus tard, d’autres amis. Je ne me suis plus rassise jusqu’à la fin. Les flashs de photos se font voir de partout, des gens filment aussi. Un après l’autre m fait danser et c’est

Mohammad et moi au party du jour de l'an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

Mohammad et moi au party du jour de l'an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

grâce à tous ces flashs que j’ai pu retracer ma soirée. Une grosse caméra est souvent autour de moi, mais je n’y porte pas trop attention jusqu’à ce que le monsieur me demande une entrevue. euh c’est que c’est pas le bon moment là. Je ne peux pas vraiment refuser quand je vois que Hany ne le revire pas de bord. Il est deux heure trente du matin, je suis dans le désert avec quelques verres de Whisky dans le corps et la télévision syrienne, dans un pays musulman et une ville plus conservatrice me demande une entrevue? Je prie Hany de me suivre et de gérer le tout. Il en rit et me dit qu’il va me traduire les questions. Au début je réponds en arabe, un peu tout croche. Puis on reprend et cette fois j’abandonne et je réponds en anglais. Il me demande mon nom, ma nationalité, la raison de ma visite et surtout la raison d’être venu à Palmyra plus que dans une autre ville. Je lui sors la première réponse qu’il me vient en tête, mais c’est pénible. Non. C’est simplement absurde.

Le lendemain, sur la rue principale, chaque personne sur le cadre de porte de leur boutique me salue. Tout se sait dans cette petite ville. Ma réputation est faite. Party girl canadienne  qui adore la musique arabe. Le summum est les bédouins qui me reconnaissent de loin et me font signe de danser en m’offrant le hospitality tea. Si j’avais accepté tous les thés proposés, j’aurais bu mes 2 litres d’eau par jour pour les quatre prochains jours. Ceci étant dit, j’ai passé la plus merveilleuse des veilles du jour de l’an. L’expérience culturelle la plus amusante et je me dis que ce qui ce passe à Palmyra, reste à Palmyra!

فانيسا

vanes

La jeunesse, est une fraction de folie. (proverbe arabe)

Les retrouvailles

Posted in syrie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , on 17 janvier 2010 by vanes

Un an et demi s’est écoulé avant mon retour en Turquie et en Syrie.  Après ce faux départ grâce à la compagnie aérienne KLM, j’arrive une journée plus tard à Istanbul. Je suis accueillie par une turque avec qui j’avais passé une fin de semaine à faire la fête chez mes amis turcs avant mon retour à Montréal après trois mois de voyage au Moyen Orient. Nous avions gardé contact par l’Internet depuis juillet 2008. Ainsi nous avons développé des affinités durant ce laps de temps et elle m’a offert de rester chez elle durant mon séjour puisqu’avec mes amis, il semblait bien compliqué de s’organiser.

Digdem et moi dans un bar de Istanbul, Turquie

Digdem et moi dans un bar de Istanbul, Turquie

Il est dimanche et c’est le 27 Décembre 2009. Je suis devant l’hôtel Marmara qui se trouve à Taksim, l’endroit tendance pour les sorties et le magasinage. J’y suis enfin! Digdem arrive, c’est comme si je ne l’avais jamais quitté. On se sert dans les bras et prenons le chemin de la maison.

Sa mère m’accueille d’une façon digne de l’hospitalité turque. On prend le thé en se contant brièvement les dernières nouvelles. Sa mère, Tulay, ne parle pas du tout l’anglais, mais Digdem fait l’interprète. Elles décident de m’amener ainsi que l’ami de Digdem, Tylan au marché de poisson où se trouvent de petits restaurants. Je déguste mon poisson avec les petites entrées

Petit restaurant où nous avons mangé dehors, Yedikule, Istanbul

Petit restaurant où nous avons mangé dehors, Yedikule, Istanbul

style humus et aubergines à la tomate. Nous mangeons dehors sur la terrasse au mois de décembre et ce, en chandail et en souliers. Je suis tout simplement comblée.

Quelques jours s’écoulent et je quitte Digdem que je reverrai à la fin de mon voyage, puisque je pars pour la Syrie.

Après mon histoire de frontières et les quatre heures trente de trajet pour me rendre à Homs, je revois mon ami Hany. Cet arabe qui parle si fort avec qui j’ai passé à peu près une semaine avec à Palmyra ainsi que dans sa famille à Homs et également chez son ami Amer à Damascus, lors de ma visite précédente. Je

Hany et moi sur la colline de la citadelle de Palmyra en Juin 2008

Hany et moi sur la colline de la citadelle de Palmyra en Juin 2008

monte les marches de l’immeuble et son homme à tout faire monte mon bagage et me dirige à l’appartement. Je passe le cadre de porte et j’aperçois Hany dans le salon. Il est pareil sauf quelques livres en trop. On se serre dans les bras et commençons à délirer comme auparavant. On ne dirait pas à première vu que ça

Naim et moi au jour de l'an, Palmyra Syrie

Naim et moi au jour de l'an, Palmyra Syrie

fait un an et demi qu’on s’est vu, car rien n’a changé. Il est presque cinq heures de l’après midi et je suis épuisée de mon parcours qui dure depuis minuit. Hany me demande de deviner qui viendra ce soir. Je l’ignore, je suis sérieusement ultra fatiguée et je suis nulle aux devinettes! Il m’annonce que lorsqu’il a parlé avec ses amis que je connais et que lorsqu’ils ont su que j’arrivais le soir même ils ont décider de quitter Palmyra pour venir à Homs afin de souper tous ensemble.

Une heure plus tard, Naim et sa copine font leur entrée suivie de Amer avec qui j’ai une plus grande complicité. Hany, Naim et

Amer and I at the new year's eve party in Palmyra, Syria

Amer et moi au party du jour de l'an à Palmyra, Syrie

Amer sont trois gamins dans la mi- vingtaine avec qui je riais constamment et partais sur des délires. Ils m’accueillent avec nos blagues habituelles. C’est bon de les revoir. Encore une fois ils n’ont pas changé sauf qu’ils ont tous pris du poids. Amer était celui qui faisait tant attention à son apparence et passait plus de temps devant le miroir que moi. À l’opposé, ils me font la remarque que j’ai maigri. C’est surement du aux trois derniers mois de ma vie dans lesquels je courrais d’un bord à l’autre tous les jours.

L’homme à tout faire de Hany nous prépare un festin, un vrai! De l’agneau, du poulet frit, de la salade fatouch, des légumes avec des fines herbes, de la soupe et du pain. Les desserts suivent avec les incontournables cafés arabe et thés. Nous restons un moment dans la pièce centrale entourée de cousins dans laquelle se trouve le poêle. Plus tard, nous allons visiter Homs by night comme Hany ne cesse de dire. On se rend dans un resto-café où nous prenons une bière et fumons le narguilé.

Le lendemain, le 31 décembre nous partons à deux voitures vers Palmyra où nous fêterons le jour de l’an. Évidemment c’est la folie. La musique arabe à tue tête, les gars chantent et tappent des mains. Moi je regarde le paysage désertique et je suis si contente de retourner à Palmyra et passer quelques jours près des ruines, dans le désert. Un son retentit de temps à autre, puis pendant plus de trente minutes. Le genre de son que fait nos voitures ici lorsque la ceinture du conducteur n’est pas attachée. Je demande à Hany qu’est-ce que ce bruit. Il me répond tout bonnement que c’est le son que qui indique que la limite de vitesse est dépassée. Je regarde le cadran, il roule à 120 jusqu’à 130. Au cours de ce voyage on me répètera souvent cette phrase : « here nobody respects the rules », « no rules here ». Quel bordel que ces pays!

Hany me dépose à l’hôtel, puisque je ne peux être hébergée chez lui étant donné qu’il s’agit d’une ville très conservatrice et que bon il possède des connexions avec le milieu hôtelier. Je revois Mohammad, cet homme gras avec qui nous avions pris toute une cuite dans la tente de bédouin la

Mohammad, the own of Afares Hotel in Palmyra in June 2008

Mohammad le propriétaire de l'hôtel Afares à Palmyra en Syrie, Juin 2008

dernière fois. Puis plus tard, je revois la famille de Hany, sa sœur qui se fiancera le soir du 31, sa mère, son père et son frère. Tous se souviennent de moi et nous échangeons les politesses et cette fois, en arabe! Son frère comme je l’avais prédit à Hany, me parle en roumain alors que je lui répète à chaque fois que je ne parle pas la langue. Voyez vous il a épousé une roumaine qui vit maintenant à Palmyra avec qui il a eu deux enfants qui sont je dois dire très mal élevés. Depuis, il adore parler le roumain et même étant séparé de sa femme, continue à chatter sur l’Internet avec des femmes roumaines en Roumanie. Hany me regarde et rit lorsque je lui fais remarquer que son frère Iyad me parle toujours en roumain. Son père qui est intimidant et plutôt âgé me parle d’un arabe incompréhensible et lorsque les autres me font la traduction, ils rient toujours du fait qu’il me parle en langage très familier typique de Palmyra alors c’est normal que je ne comprenne rien.

Odi and I at the new years eve party in Palmyra, Syrie

Odi et moi au party du jour de l'an à Palmyra en Syrie

La dernière personne que je revois est Odi. Odi dont le père possède la tente de bédouins où les fêtes les plus folles se déroulent. Lui, il y travaille et gère les soirées. Odi se prononse Odaye et moi j’étais convaincu que son nom était Obayd. Ce fut un de nos running gag durant le reste de mon séjour.

C’est en revoyant tous ces gens que je réalise à quel point les choses peuvent rester telles quelles et stagner. Pour ma part, je suis contente d’évoluer, de changer et de me défaire des situations dans lesquelles je suis moins bien. Un an et demi plus tard, je vois la différence, je vois ma différence. J’ai grandi.

فانيسا

vanes

Quelque soit l’ami que vous preniez, il faudra vous en séparer un jour. (proverbe arabe)

Histoire de frontière III (Turquie-Syrie 2009)

Posted in Histoires de frontières, syrie, turquie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 13 janvier 2010 by vanes

Mon choix de passer une semaine en Syrie s’est décidé plutôt à la dernière minute. Un ami de couchsurfing rencontré en juin 2008 me lança l’invitation au début du mois de décembre. Je ne pouvais faire autrement que de l’accepter. Normalement, tout citoyen de quelque soit le pays se doit d’obtenir un visa et ce par l’entremise de l’ambassade du pays dans lequel on vit. Puisque par manque de temps je n’ai pas pu appliquer la norme, je me suis renseignée quand à la possibilité d’avoir le visa à la frontière. C’est possible, par contre pour ce qui est du temps d’attente à la frontière pour le visa il varie selon l’expérience de chacun. Certains ont passé une dizaine d’heures à la frontière. Pour ma part, je ne peux me permettre d’attendre puisque Hany m’envoi un chauffeur me chercher du côté syrien afin de me conduire dans sa ville d’origine, Homs.

Je prends un avion d’Istanbul à Gaziantep, une ville de transition les voyageurs puisqu’elle se trouve à une heure de la frontière de la Syrie. C’est là que mon histoire de frontière débutera.

Il est 7h30 du matin lorsque mon avion atterrit à l’aéroport de Gaziantep. De là je prends la navette qui se rend au centre ville. Personne ne parle anglais sauf cet homme qui demeure à Killis où je dois me rendre. Je me considère chanceuse puisqu’il m’indiquera le chemin pour m’y rendre. Au centre ville de Gaziantep, nous prenons un taxi pour nous rendre à l’otogar. Il règle la note en refusant mon argent. Nous montons à bord du Dolmus, un mini bus pour en direction de KiFrontière de Kilislis. Pour que le dolmus démarre, il doit être plein. Je me dis ça y est nous sommes ici pour un bon moment. Eh bien quinze minutes plus tard, le dolmus est plein. Une fois à Kilis, je dois trouver un moyen de me rendre de l’autre côté de la frontière et contrairement à celle que j’ai franchie la fois précédente, je dois absolument être dans un véhicule. Un Turc veut également aller en Syrie alors il me fait signe de le suivre. Un taxi syrien nous aborde. Je n’arrive pas à expliquer que je veux seulement qu’il me conduise de l’autre côté et non dans une autre ville telle que Aleppo. Je clique que son taxi a une écriture arabe. Et voilà enfin que je pourrai vérifier mon niveau de connaissance de la langue. Je lui bredouille en arabe saccadé ce que je veux. Je lui explique qu’un ami m’attendra. Il désire lui parler. Il prend le numéro et parle avec Hany pour discuter du prix de la course. Il s’agit toujours de l’endroit où on se fait le plus avoir car nous n’avons juste pas le choix d’accepter. On s’en tient à 10 US qui est une grande somme pour le trajet. Je monte à bord et un couple de syrien s’y trouve déjà. On échange les politesses et arrivons même à plaisanter en arabe avec le langage des signes et quelques mots d’anglais, bien sûr. Je suis prise en sandwich au milieu écrasée sur la femme qui sent la ferme.

Nous arrivons à la frontière. Du côté turc, tout se passe bien. Je suis la seule femme avec la dame avec qui je fais le trajet et j’attire beaucoup l’attention parmi ces hommes arabes et turcs.

Nous arrivons du côté syrien. Les choses se corsent. Je fais la queue pour présenter mon passeport. Les hommes me regardent comme si j’étais une extra terrestre. L’officier me pose des questions et moi je tente de répondre en arabe le plus possible puisque ça jouera en ma faveur. Il me dit de le suivre dans une autre pièce à l’arrière où un homme téléphonera à Damas, la capitale au bureau d’immigration. Encore une fois il me pose les questions habituelles : « what’s your job », « why you come to Syria », etc. Quand je réponds « arabic studies » je vois qu’ils aiment beaucoup. Il me dit de patienter. J’ignore qu’est-ce que j’attends. On me dit qu’on attend le téléphone de Damas pour le ok pour mon visa et ça, ça peut durer. Je retourne voir les officiers à l’avant et leur dit que j’ai un contact, un ami qui vient me chercher à la frontière et chez qui je serai hébergée. Bingo. Il appelle Hany, puis le chauffeur et discute avec eux. Tous deux travaillent dans le tourisme et ainsi les choses seront accélérées. J’utilise leurs expressions habituelles quand je leur

Frontière de la Syrie

Frontière de la Syrie

parle en usant de leur gestuelle. C’est une situation absurde. Je suis devant des officiers  de la frontière syrienne à plaisanter et bredouiller l’arabe. C’est un vrai bordel. Ils me font attendre, le chauffeur du taxi, Ibrahim continue à leur parler pour que je puisse avoir le visa. Tout le monde parle fort et moi je souris. Quel plaisir que de me retrouver dans cette culture que j’aime tant. Vive la bureaucratie arabe! Ils nous font encore attendre et sérieusement là ça n’a plus rapport. Nous faire attendre pour nous faire attendre, c’est tout. Finalement les agents me font signe que tout est beau. Ils m’octroient le visa pour quinze jours. Un d’entre eux étampe monpasseport en récoltant le coût du fameux visa et me dit : Ahlan wa Sahlan (Bienvenue) et moi : shukran jazilan, Ma’a assalama (merci beaucoup et que la paix soit sur vous).

Nous nous précipitons à la voiture où le couple nous attendait. De loin je lève les bras au ciel en criant wallah! Une de leur expression dont ils abusent pour dire je te jure ou pour mettre l’emphase sur une situation. Il nous reste 5 km à parcourir jusqu’à la voiture du chauffeur. Vient le temps de payer Ibrahim, le chauffeur du taxi. Je lui remets 10 euro pour son aide soit 15US. Il me demande encore plus pour avoir fait les téléphones et m’avoir aidé. Là nous nous énervons puisque je tente de lui faire comprendre que je lui ai déjà donné un extra sur le prix convenu au départ et que je n’accepterai pas de revenir sur le prix décidé, puisque dans la situation inverse un arabe ne revient jamais sur le prix négocié.

La traversée de la frontière a duré seulement 45 minutes. Il est maintenant midi et j’ai encore quatre heures de trajet à faire avant d’arriver à Homs et rejoindre mon ami.

فانيسا

vanes

L’attente est plus dure à supporter que le feu. (proverbe arabe)

Bon pour l’égo

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on 6 décembre 2009 by vanes

Voyager dans le monde arabe est toujours bon pour l’égo. Autant pour la femme que pour l’homme. Cependant, pour la femme c’est toujours plus explicite que pour les hommes.

Je me souviens d’un voyageur que j’ai rencontré en Iran, plus précisément à Yazd. Si ma

Dick et moi dans une mosquée de Yazd, Iran

Dick et moi dans une mosquée de Yazd, Iran

mémoire est bonne, il était d’origine hollandaise. On avait passé une journée ensemble à visiter la ville puisque nous étions étrangement dans le même dortoir. Je dis étrangement car en Iran, il est impératif de ne pas mixer les sexes dans une même chambre à moins d’avoir un certificat de mariage. Alors nous nous promenons sous cette chaleur accablante et nous échangeons sur notre expérience en Iran. Nous parlons de la séduction dans ce pays et il me dit à quel point il se fait courtiser. Il est très grand, même trop, peau blanche occidentale et est plutôt bâti. Il est donc évident qu’il attire le regard de ces Iraniennes. Il me raconte que quelques jours auparavant, alors qu’il visitait une des mosquées connues à Ispahan, que trois

Dick et moi devant notre auberge à Yazd, Iran

Dick et moi devant notre auberge à Yazd, Iran

jeunes Iraniennes sont venues lui parler. Une des questions inévitable était quel était son nom. Il répond Dick, puisque c’est bel et bien son nom. Elles se présentent également en donnant la traduction de leur nom. Il faut dire que dans les pays arabes et du Moyen-Orient, tous les noms ont une signification. Elles lui demandent ce que le sien veut dire… «rien» a-t-il répondu en se voyant menotté dans une prison iranienne pour avoir dit des obscénités à des demoiselles.

Un autre ami rencontré sur mon chemin à Téhéran fut un Islandais. Cet Islandais que je reverrai à Beyrouth quelques semaines plus tard me dit qu’il a un « date » avec une iranienne alors que je serai déjà parti pour la Syrie. Il me raconta tout lorsque nous nous revire. En Iran les parcs sont très populaires. En absences de lieux de divertissement autre que le restaurant où les familles se regroupent pour les repas, les seuls établissements sont des tavernes à thé où les hommes se retrouvent pour boire des litres de thé en fumant le narguilé. Aucun endroit n’est donc approprié pour la femme. Encore moins une femme iranienne accompagné d’un touriste occidental. C’est très mal vu. Il reste donc les parcs, où les familles se regroupent pour faire des pique-nique ainsi que les couples pour se promener et ne pas attirer les regards. Leurs parcs sont magnifiques, souvent avec des fontaines et des palais s’y trouvent parfois. C’est bien là qu’ils se rencontrent pour parler et passer un après midi.

Pour ma part, j’avais mes histoires ordinaires telles qu’au Maroc, on me suivait pour me parler. Les hommes m’appelaient comme on appelle un écureuil et j’avais un nouveau nom : la gazelle ou plutôt, hé la gazelle.

Tout au long de mon voyage au Moyen-Orient, j’ai toujours fait attention à mon habillement selon les villes pour ne pas choquer et dans le but de me fondre aux autres. Je suis en Syrie, à Lattakia où se trouvent des plages. C’est le mois de mai et je ne me suis pas baigné dans la mer depuis près d’un an, depuis mon voyage en Europe de l’est. Je me fais dire qu’il vaut mieux mettre un t-shirt par dessus mon bikini afin de me couvrir un peu. Ma sœur y avait été dans sa début vingtaine et m’avait confirmé cette affirmation. Je me rends donc à cette plage qui semble déserte et qui est plutôt sale. Venant du Montréal où nous n’avons pas de plage à proximité, en fait de vraie plage, je ne peux pas me plaindre. Je marche le long de la plage, les pieds dans l’eau, à la recherche d’une petite place pour m’installer. Non loin d’une petite maison je laisse mes choses et vais me baigner. C’est là que je vois un homme sortir de sa maison, roder un peu autour et lorsque je me suis assise pour lire, du coin de l’œil, je l’ai vu sortir deux chaises et les installer non loin de moi. Puis il retourne chez lui et reviens avec une table. Ce n’est pas tout, le Syrien refait un aller-retour et cette fois, je n’en crois pas mes yeux, il a un parasol en main et le plante dans le sable. Il s’assoit et m’observe. À travers mes lunettes de soleil, je regarde du coin de l’œil. Je fini par tournée ma tête et il me fait signe de venir le rejoindre! Tranquillement je me suis levée et j’ai continué à marcher plus loin. Lui, a resserré tout son bardas. Pensait-il vraiment que je lui fasse signe que oui et d’aller le rejoindre à sa terrasse provisoire? N’importe quoi!

Quoi qu’il en soit, il est toujours plaisant que de se faire courtiser, mais ça peut commencer par être comique et devenir lourd par la suite!

فانيسا

vanes

La beauté est une demi-faveur du ciel, l’intelligence est un don. (proverbe arabe)

L’Expérience du voyageur I / Crac des chevaliers

Posted in syrie, Uncategorized with tags , , , , , , on 15 novembre 2009 by vanes

Avec le recul, je réalise l’ampleur de certains événement et encore plus lorsque je me décide à les écrire. Avec le temps et l’expérience, on acquiert une maturité. C’est aussi vrai quand on voyage, du moins, c’est mon cas. Plus je voyage, plus je comprends des choses; moins j’ai peur de ce qui peut m’arriver; plus j’ai une confiance en moi, mais surtout en les gens. En fait ce n’est pas tant la confiance en les gens, mais en une personne qui saura m’aider. Une sorte d’ange descendu pour moi. Je vous explique.

Troupeau de chèvres avec Crac des chevaliers en arrière plan, Syrie

Troupeau de moutons avec Crac des chevaliers en arrière plan, Syrie

Je prends des cours d’histoire dans le cadre de mon certificat en langue et culture arabe et mon professeur, en faisant ses exposés, parle d’unemultitude d’endroits que j’ai visité. Auparavant, je les visitais sans réellement comprendre l’histoire qui se cachait derrière chaque endroit. Il est donc bizarre, mais intéressant pour moi que de comprendre la signification d’une forteresse, d’une mosquée, d’une ville selon la période étudiée après l’avoir visitée. De plus en plus, nous abordons une ère qui se rapproche de la notre soit la période des croisés et des Seljukides. Ainsi, je reconnais beaucoup d’éléments et je me surprends à me perdre dans mes souvenirs alors que les paroles de mon professeur deviennent secondaires, telle une musique d’ambiance et moi, je revis mes histoires. En voici une parmi tant d’autre.

Syrie fin mai 2008

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Première semaine en Syrie. Après une autre histoire de frontière, une visite de la ville de Aleppo et Lattaquia, je me dirige vers la ville de Homs. La Syrie est un petit pays et la durée des trajets n’est jamais bien longue, sauf vers le Nord-Ouest du pays où je me trouvais. Le trajet est rallongé en raison des montagnes que nous devions contourner. La seule raison pourquoi je désirais aller à Homs avant le désert de Palmyra, était pour visiter Crac des Chevaliers.

Crac des chevaliers, déclaré patrimoine mondial par UNESCO en 2006, est un château des mieux préservés construit par l’ordre Hospitaliers de Saint-Jean à l’époque des croisades de 1142 à 1271. Les croisades furent les pèlerinages des occidentaux  vers la terre Sainte, Jérusalem. L’ordre de Saint-Jean a pour devoir d’accueillir et soigner les pèlerins chrétiens qui désirent accomplir le pèlerinage. Il s’agit d’un des châteaux des croisés les plus prestigieux et je ne pouvais faire autrement que d’aller le visiter.

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

J’arrive à Homs en fin de journée. Je me renseigne sur les autobus qui se rendent sur cette colline de Hosn puisqu’elle se trouve à 10 km au nord de la ville. On me dit qu’il est trop tard, il n’y a plus de microbus à cette heure là. Ce n’est pas dramatique puisque je serai encore là demain. Je demande l’horaire des microbus qui font l’aller-retour pour le lendemain, afin de ne pas me faire prendre une deuxième fois. Le dernier quitte Homs vers les 14h. Je demande aussi l’heure des deux derniers microbus qui feront le retour pour vraiment être certaine de ne pas me trouver au dépourvu. Je rentre à l’hôtel qui est plutôt crade pour maintenir la tendance.

Après une nuit affreuse due aux bruits des employés dans le salon qui se trouve en face de ma chambre, à cette chaleur insupportable puisque je n’ai aucune fenêtre dans ma chambre, sans parler de la propreté des draps qui me donne l’impression que des bibittes y habitent et qu’elles sortiront la nuit pour me faire le bonjour. Je me rends à la station d’autobus d’où les microbus partent pour Crac des chevaliers. Le départ tarde toujours. Pas de presse, je suis familière avec le concept du départ seulement une fois le microbus rempli. J’ai bien planifié mon affaire, en prenant l’avant dernier bus de Homs je pourrai avoir une heure et demi pour la visite du château et ainsi revenir avec le dernier bus de Crac des chevaliers.

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Le château est magnifique. Il n’y a pas beaucoup de touristes et c’est tant mieux. Je prends quelques photos par ci par là. Je m’arrête près des fenêtre pour m’asseoir et regarder la vue qui est splendide. Le château est en si bon état, c’est fascinant. Cependant, je ne réalise pas que je suis dans un endroit historique dont je comprendrai l’impact seulement après mon cours sur l’histoire et civilisation du monde arabe.

Une fois ma visite terminée, je retourne là où on m’a déposé.

J’attends, j’attends et j’attends…pas de minibus en vue. De gros autobus de touristes tantôt français, tantôt anglais déferlent. Je respire profondément et je me dis que mon tour viendra. Rien ne sert de s’impatienter, je suis en vacances![…] Toujours pas de bus.

Un minibus monte la côte, je demande au chauffeur quand est le départ pour Homs. Il me répond que c’est fini, il n’y a plus de bus qui y retourne. J’ai pris la peine de m’informer sur les heures de retour. Je m’énerve après le chauffeur qui me prend surement pour une folle

Inutile d’en dire plus, «No people, no Homs». Arghh encore une arnaque pour que je paye pour tous les sièges afin qu’il me ramène à Homs. Il

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

n’en est pas question, je ne suis pas ce genre de touriste qui achète la paix. Je dis non et me rassois sur une pierre. Je regarde autour de moi. Des collines à pertes de vue, je suis au milieu de nulle part. Je respire et je me dis que rien ne peut m’arriver. Il va bien avoir quelqu’un, quelque part qui m’aidera. J’ai souvent vécu des situations frustrantes, mais il y a toujours eu quelqu’un qui a eu la bonté de m’aider, c’est une question de temps. Seules les tas d’expériences que j’ai acquiss m’ont permis de développer ce que j’appelle une certaine maturité de voyageur. Je dois juste faire confiance en la vie.

Un minibus descend le chemin abrupt, cette fois de couleur rouge et me demande si je suis la Canadienne. Il me dit que l’autre chauffeur l’a avisé qu’une canadienne voulait retourner à Homs. Je lui fais signe que oui et lui explique la situation. Il me dit qu’il doit rentrer à Homs aussi et qu’il peut m’amener. Je refuse de payer le plein prix, mais ce n’est pas son intention. Il me chargera le prix d’un siège, soit deux livres syriennes (même pas deux dollars). J’accepte.

Crac des Chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des Chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

J’embarque dans le van et il remonte sur la colline où se trouve un restaurant et une vue magnifique du château! J’ignorais que si je continuais à monter le chemin, j’aurais la vue d’ensemble. Je suis ravie. On m’offre le thé, puis un deuxième. Le chauffeur me dit de patienter une demi-heure et nous partirons. Il me montre la photo de ses enfants, un classique. Une demi heure passe, puis une autre. Les gens me parlent et j’ignore pourquoi je ne m’impatiente pas comme à l’habitude. L’homme semble si gentil que je lâche prise et je fais confiance. Quand un arabe vous dit une demi heure, multipliez par trois au moins! C’est interminable, mais en même temps rien ne presse.

Il me dit de le suivre. Je pense que nous sommes sur la route du retour. Erreur, nous nous arrêtons chez des amis à

montagnes autour de Crac des Chevaliers, Syrie

montagnes autour de Crac des Chevaliers, Syrie

lui dont l’homme de la maison a séjourné à Montréal pendant quelques années. C’est étrange de parler de ma ville, mais pas seulement dans son ensemble, mais de rues précises, de parcs etc. Nous prenons le thé sur la terrasse encore avec cette vue incroyable. Ça y est, après une heure,nous partons réellement. Je suis la seule touriste à bord du minibus qui ramène des travailleurs de la construction à Homs. On me pose les questions habituelles, auxquelles je réponds avec les réponses habituelles.

Voilà, nous y sommes, il s’arrête non loin de mon hôtel et me dit comment m’y rendre. Il me dit au revoir et moi je lui remets son dû et je descends du van un peu bouche bée, et le remercie énormément.

Quelle belle fin de journée! Jamais j’aurais pu espérer autant. Au fond, je savais que quelqu’un allait accepter de me ramener. Je déambulais dans les rues en passant à la chance que j’ai. Je suis fière de moi puisque j’ai gardé mon sang froid, je suis heureuse de ce que je suis devenue, et ce, grâce à mes voyages.

فانيسا

vanes

Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien ; si tu possèdes peu, donne de ton coeur.  (proverbe arabe)

Différence culturelle I

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 18 octobre 2009 by vanes

Je crois qu’à la suite de toutes mes expériences de voyage, j’ai développé une certaine tolérance. C’est-à-dire que je suis difficilement choquable quand il est question de traditions, coutumes ou façons de vivre dans les autres pays.  Je peux ne pas être nécessairement d’accord, par contre, qui suis-je pour juger une culture simplement car elle n’est pas mienne?

L’autre soir, je suis allée souper au restaurant avec mon meilleur ami. C’était dans un restaurant Afghan que j’aime tant non loin de chez moi. Bien que les plats soient délicieux et plein de saveurs parfumées, le service reste assez médiocre. Lors de la prise de notre commende le serveur nous adresse à peine un sourire en nous demandant si nous sommes prêt à commander en insistant sur le mot S’il vous plaît : «Prêt à commander? S’il vous plaît? ». Je ne sais pas pour l’Afghan mais en arabe cela se traduit par l’expression je vous en prie. Moi je sais, mais pas tout le monde. Ainsi ce même Afghan est quelque peu désagréable avec son busboy en prenant son rôle de serveur plus haut placé pour lui déverser son stress. À la fin de notre repas, bien que nous ayons presque englouti notre repas si délicieux il nous demande si on restera encore longtemps car une réservation est en attente d’une table. On sent clairement l’invitation à libérer la table. Un peu trop direct à notre goût, il y a clairement un manque de délicatesse. Cette soirée m’a rappelé une histoire que j’ai vécue en Syrie en 2008.

Ruines de Palmyra, Syrie

Ruines de Palmyra, Syrie

J’étais à Palmyra à deux reprises hébergée par Hany, mon couchsurfer. Le couchsurfing étant un concept un peu bizarre auprès des familles arabes plus conservatrices, Hany ne m’héberge pas chez lui, mais m’offre une chambre dans l’hôtel de son ami. Ainsi, la deuxième fois que je suis allée après avoir visité le Liban, j’étais connue par ses amis et par le restaurant familial à l’arrière duquel Hany possède un café internet. Voilà qu’après avoir fait la fête le soir, le lendemain matin, je traversais la rue pour rejoindre Hany dans son café. Malheureusement, il dort encore chez lui et j’ignore où se trouve sa demeure. Je me mets donc à jour dans les courriels afin de donner un peu de nouvelles. Puisque c’était encore la nuit à Montréal, je n’ai donc pas grand chose à faire puisque personne n’est sur Messenger. Je fais donc quelques recherches pour trouver des endroits où dormir dans les prochaines villes lorsque Iyad, le frère ainé de Hany qui travaille pour le restaurant de son père me demande de venir l’aider. Cela faisait plus de deux mois que je ne travaillais pas et je trouvais ça plutôt comique de le dépanner un instant. Je m’occupe des touristes en prenant leur commande alors que je ne connais aucunement le menu. Cela me fait rire et puisque Hany et sa famille furent très gentil avec moi, ça me faisait plaisir de me rendre utile. Mais voilà que Iyad ambitionne un peu et commence à me donner des ordres comme si j’étais son employée. Des ordres du style d’aller débarrasser telle ou telle table, d’aller porter des plats et servir les breuvages. Tout cela, sans prendre en considération que j’avais accepté de le dépanner un peu comme ça. Il utilisait l’impératif sans aucune délicatesse. Je commençai à trouver ça moins drôle. Je le trouvais désobligeant envers les cuisiniers qui d’ailleurs étaient de jeunes enfants. Encore une fois la hiérarchie de l’entreprise lui permettait de crier sur ceux en dessous de lui alors que lui doit obéir à son père. Je me retrouvais au même niveau que ceux là. Constamment je regardais dehors afin de voir si Hany était dans les parages en serrant les dents de plus belle. Hany arriva après l’heure achalandée du diner et dès que je le vis, je filai à l’arrière échappant à son frère si désagréable. Je n’ai même pas eu le droit à un merci alors que moi, j’étais là en vacances et surtout, comme invitée.

Maison de Hany à Homs, Syrie

Maison de Hany à Homs, Syrie

J’ai remarqué le pouvoir que ce type de personnes s’approprient alors qu’ils ne peuvent aucunement fonctionner sans ces autres qui sont en dessous d’eux. De plus, il est évident que comme je suis une femme, c’était approprié de la part de Iyad que de me suggérer fortement de l’aider. Une femme se doit de servir l’homme. C’est comme ça, c’est culturel, on n’y peut rien. Il est évident qu’un occidental habitué à l’égalité des sexes sera choqué tel que j’ai pu l’être un peu face à cette situation et ce, malgré moi.

فانيسا

vanes

Votre fils sera tel que vous l’aurez élevé; et votre mari, tel que vous l’aurez habitué. (proverbe arabe)