Archive pour shared taxi

Histoire de frontière III (Turquie-Syrie 2009)

Posted in Histoires de frontières, syrie, turquie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 13 janvier 2010 by vanes

Mon choix de passer une semaine en Syrie s’est décidé plutôt à la dernière minute. Un ami de couchsurfing rencontré en juin 2008 me lança l’invitation au début du mois de décembre. Je ne pouvais faire autrement que de l’accepter. Normalement, tout citoyen de quelque soit le pays se doit d’obtenir un visa et ce par l’entremise de l’ambassade du pays dans lequel on vit. Puisque par manque de temps je n’ai pas pu appliquer la norme, je me suis renseignée quand à la possibilité d’avoir le visa à la frontière. C’est possible, par contre pour ce qui est du temps d’attente à la frontière pour le visa il varie selon l’expérience de chacun. Certains ont passé une dizaine d’heures à la frontière. Pour ma part, je ne peux me permettre d’attendre puisque Hany m’envoi un chauffeur me chercher du côté syrien afin de me conduire dans sa ville d’origine, Homs.

Je prends un avion d’Istanbul à Gaziantep, une ville de transition les voyageurs puisqu’elle se trouve à une heure de la frontière de la Syrie. C’est là que mon histoire de frontière débutera.

Il est 7h30 du matin lorsque mon avion atterrit à l’aéroport de Gaziantep. De là je prends la navette qui se rend au centre ville. Personne ne parle anglais sauf cet homme qui demeure à Killis où je dois me rendre. Je me considère chanceuse puisqu’il m’indiquera le chemin pour m’y rendre. Au centre ville de Gaziantep, nous prenons un taxi pour nous rendre à l’otogar. Il règle la note en refusant mon argent. Nous montons à bord du Dolmus, un mini bus pour en direction de KiFrontière de Kilislis. Pour que le dolmus démarre, il doit être plein. Je me dis ça y est nous sommes ici pour un bon moment. Eh bien quinze minutes plus tard, le dolmus est plein. Une fois à Kilis, je dois trouver un moyen de me rendre de l’autre côté de la frontière et contrairement à celle que j’ai franchie la fois précédente, je dois absolument être dans un véhicule. Un Turc veut également aller en Syrie alors il me fait signe de le suivre. Un taxi syrien nous aborde. Je n’arrive pas à expliquer que je veux seulement qu’il me conduise de l’autre côté et non dans une autre ville telle que Aleppo. Je clique que son taxi a une écriture arabe. Et voilà enfin que je pourrai vérifier mon niveau de connaissance de la langue. Je lui bredouille en arabe saccadé ce que je veux. Je lui explique qu’un ami m’attendra. Il désire lui parler. Il prend le numéro et parle avec Hany pour discuter du prix de la course. Il s’agit toujours de l’endroit où on se fait le plus avoir car nous n’avons juste pas le choix d’accepter. On s’en tient à 10 US qui est une grande somme pour le trajet. Je monte à bord et un couple de syrien s’y trouve déjà. On échange les politesses et arrivons même à plaisanter en arabe avec le langage des signes et quelques mots d’anglais, bien sûr. Je suis prise en sandwich au milieu écrasée sur la femme qui sent la ferme.

Nous arrivons à la frontière. Du côté turc, tout se passe bien. Je suis la seule femme avec la dame avec qui je fais le trajet et j’attire beaucoup l’attention parmi ces hommes arabes et turcs.

Nous arrivons du côté syrien. Les choses se corsent. Je fais la queue pour présenter mon passeport. Les hommes me regardent comme si j’étais une extra terrestre. L’officier me pose des questions et moi je tente de répondre en arabe le plus possible puisque ça jouera en ma faveur. Il me dit de le suivre dans une autre pièce à l’arrière où un homme téléphonera à Damas, la capitale au bureau d’immigration. Encore une fois il me pose les questions habituelles : « what’s your job », « why you come to Syria », etc. Quand je réponds « arabic studies » je vois qu’ils aiment beaucoup. Il me dit de patienter. J’ignore qu’est-ce que j’attends. On me dit qu’on attend le téléphone de Damas pour le ok pour mon visa et ça, ça peut durer. Je retourne voir les officiers à l’avant et leur dit que j’ai un contact, un ami qui vient me chercher à la frontière et chez qui je serai hébergée. Bingo. Il appelle Hany, puis le chauffeur et discute avec eux. Tous deux travaillent dans le tourisme et ainsi les choses seront accélérées. J’utilise leurs expressions habituelles quand je leur

Frontière de la Syrie

Frontière de la Syrie

parle en usant de leur gestuelle. C’est une situation absurde. Je suis devant des officiers  de la frontière syrienne à plaisanter et bredouiller l’arabe. C’est un vrai bordel. Ils me font attendre, le chauffeur du taxi, Ibrahim continue à leur parler pour que je puisse avoir le visa. Tout le monde parle fort et moi je souris. Quel plaisir que de me retrouver dans cette culture que j’aime tant. Vive la bureaucratie arabe! Ils nous font encore attendre et sérieusement là ça n’a plus rapport. Nous faire attendre pour nous faire attendre, c’est tout. Finalement les agents me font signe que tout est beau. Ils m’octroient le visa pour quinze jours. Un d’entre eux étampe monpasseport en récoltant le coût du fameux visa et me dit : Ahlan wa Sahlan (Bienvenue) et moi : shukran jazilan, Ma’a assalama (merci beaucoup et que la paix soit sur vous).

Nous nous précipitons à la voiture où le couple nous attendait. De loin je lève les bras au ciel en criant wallah! Une de leur expression dont ils abusent pour dire je te jure ou pour mettre l’emphase sur une situation. Il nous reste 5 km à parcourir jusqu’à la voiture du chauffeur. Vient le temps de payer Ibrahim, le chauffeur du taxi. Je lui remets 10 euro pour son aide soit 15US. Il me demande encore plus pour avoir fait les téléphones et m’avoir aidé. Là nous nous énervons puisque je tente de lui faire comprendre que je lui ai déjà donné un extra sur le prix convenu au départ et que je n’accepterai pas de revenir sur le prix décidé, puisque dans la situation inverse un arabe ne revient jamais sur le prix négocié.

La traversée de la frontière a duré seulement 45 minutes. Il est maintenant midi et j’ai encore quatre heures de trajet à faire avant d’arriver à Homs et rejoindre mon ami.

فانيسا

vanes

L’attente est plus dure à supporter que le feu. (proverbe arabe)

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Le Taxi, moyen de transport universel

Posted in Uncategorized with tags , , , , , on 2 septembre 2009 by vanes

On a tous des histoires de taxis autant dans notre propre ville qu’ailleurs dans le monde. Que ce soit des histoires drôles, bizarres ou encore d’arnaques, nous en avons tous au moins une.

Je ne me lasse jamais d’entendre mes amis le lendemain d’une visite à la maison, me raconter leur trajet de taxi. Il faut comprendre que je demeure au centre ville de Montréal au milieu de l’action. C’est souvent chez moi que les amis débarquent, bref, ce le fut à une certaine époque, alors que nous étions quelques amis à travailler ensemble et à finir notre journée en même temps. On se réunissait chez moi pour une partie de la soirée et, évidemment du à nos hivers québécois, deux de ces amis avait l’habitude de partir en taxi. Les jours étaient différents mais se ressemblaient tous. J’avais droit aux aventures de taxi du soir précédent. Tous plus inusitées les une que les autres! Il y avait toujours LA chanson qui jouait au bon moment ou un chauffeur douteux. Je me spécialise dans les fous rire que j’essaie de camoufler malgré le fait que je suis prise dans une intimité quelque fois inconfortable d’un étranger, celle du chauffeur.

Cependant, je n’ai pas trop le réflexe de prendre des taxis. Je dois avouer que c’est un pur plaisir que de se faire conduire du point A au point B sans se casser la tête, avec un minimum d’énergie. Par contre, ce qui me tue le plus est le prix exorbitant qu’ils chargent. J’aime bien épargner mon argent dans le but de voyager, plutôt que d’investir dans ce moyen de transport. Les yeux rivés sur le compteur, on veut toujours qu’ils aillent plus rapidement. C’est déjà bien qu’ils disposent d’un compteur et qu’il soit fonctionnel en plus, puisque dans les pays arabes et du Moyen Orient, il n’est coutume que de marchander son trajet. Cela fait tout simplement parti de leur culture et ne pas le faire c’est d’accepter quatre fois le réel coût de la course. Il y a toujours une première fois où on se fait prendre au piège lorsqu’on débarque dans un pays pour la première fois. On apprend vite ou on s’en rappelle vite! Ma leçon fut le jour où j’ai fait le trajet en bateau de Gibraltar, en Espagne à Tanger, au Maroc. Mon premier grand voyage, mon premier pays musulman. Je mets le pied hors du port et je demande à un taxi où se trouve mon auberge de jeunesse que, pendant que j’y suis, ne vous la recommande en aucun cas.Il s’agit de l’auberge de jeunesse HI la plus sale que j’aie jamais vu, croyez moi que j’en ai vu des auberges frôlant l’insalubre. La toilette à aire ouverte à côté des supposées douches qui étaient de petits compartiments tout aussi à aire ouverte que la toilette, avec un tuyau droit provenant du plafond projetant un jet faiblot aussi droit que le tuyau. Je ne vous parlerai pas des dortoirs puisque je crois vous avoir déjà décrit l’essence de la place. Je continue. Alors voilà que l’homme au volant du taxi me dit que ce n’est pas trop trop loin et que ça me coûtera que vingt dirhams ( 2 euros). Provenenant du Canada, je me dis que ce n’est vraiment pas cher et j’accepte volontiers en souriant en plus! Je monte à bord de son véhicule et je n’ai même pas le temps de m’installer pour le trajet que nous sommes arrivés! Eh oui, il n’a fait que monter une côte à partir du port et me réclame alors les vingt dirhams. Ceux qui me connaissent comprendront comment je n’étais pas du tout contente de la situation. Je me suis dis à voix basse : argh, bienvenue au Maroc, oui! Plus tard, j’ai compris qu’avec dix dirhams je peux aller de l’hôtel à la station de train qui est toujours un peu à l’écart du centre,  alors imaginez avec le double! Depuis ce jour, je vous dis que je suis beaucoup plus alerte dans les autres pays et que je me renseigne un peu plus. Ça m’enrage les habitants locaux essaient d’arnaquer les touristes. Parfois ça les irrite égallement de savoir que le touriste a raison et qu’il connaît son affaire. Je suis déjà restée une demi heure sur un coin de rue de la station de train de Marrakech, car les chauffeurs de taxis me demandaient quarante dirhams alors que je leur en offrais que dix. Ils préféraient escroquer les touristes incrédules que de me prendre. Je les comprends. Pourquoi accepter le quart  quand certains acceptent de payer la totalité? Le pire est qu’un chauffeur, probablement désespéré de faire quelque sous, a finalement accepté mon offre et a même fait rouler le compteur et que, oui, j’avais raison, neuf et quelques centimes de dirhams étaient le coût du trajet. Quelle satisfaction!

Dans certains pays tels que la Syrie et le Liban, le taxi est un moyen de transport abordable pour se promener de ville en ville. Bien évidemment que c’est considéré plus luxueux et les voyageurs qui en font usage sont souvent ceux qui dont le budget est moins restreint. Pour l’avoir expérimenté à quelques reprises dans différentes circonstances, même avec la conversion des monnaies, je rentrais plus que dans mon argent! Souvent, il n’y a pas de bus qui se rendent aux frontières et le taxi est le seul moyen de transport. Le système du shared taxi, un taxi qu’on partage avec d’autres personnes qui se rendent à la même destination, reste un moyen efficace et génial qui réduit les frais de transport à quelques dollars seulement.

Shared taxi en Iran

Shared taxi en Iran

L’Iran détient tout de même la palme d’or en matière de système de taxis dans tous les pays que j’ai visités. Il s’agit d’un système ingénieux quelque peu chaotique mais au combien pratique que nous devrions avoir dans toute grande ville . Ce pays possède, tout comme ici, les taxis privés auxquels nous donnons l’adresse et le taxi nous dépose à l’endroit même. Plus encore, pour une modique sommes marchandée avant le départ, le taxi te conduit dans une autre ville et peut attendre le nombre d’heures désiré le temps de visiter, puis te ramène au point d’origine.

L'Iran

L'Iran

Ainsi j’ai fait un aller-retour de la ville de Kashan jusqu’à Abyaneh avec deux heures d’attente en compagnie d’une Hollandaise pour vingt dollars US. Il existe également les shared taxi (taxis partagés). Ce sont des taxis de couleur différente qui font un trajet particulier, d’un carrefour à l’autre ou d’un grand rond point à un autre. Au début, c’est un peu intimidant, surtout que tu dois prononcer l’endroit où tu vas en Farsi, langue parlée en Iran, alors qu’ils s’arrêtent brièvement devant toi et ne comprennent évidemment pas la façon dont tu prononces, car pour être honnête, tu ignores totalement comment le dire correctement. Si c’est le bon taxi pour ta route, il te fait signe que oui et tu prends un siège. Les autres passagers se tassent pour te faire une place et à chaque fois te dévisagent avec un sourire, car tu es clairement un voyageur. Tout dépendant de la durée du trajet tu peux te promener pour la piètre somme de 10, 20, 30 ou 40 sous. Un taxi privé peut couter de un à deux dollars. Je m’en suis évidemment donnée à cœur joie. Le retour au pays a été plutôt difficile et la bicyclette redevint mon moyen de transport. Puis, durant mon séjour en Iran, alors que j’étais ravie du système de transport, je rencontre une jeune étudiante avec qui j’ai passée une journée à me promener dans la capitale, Téhéran. Elle me fait prendre l’autobus pour la première fois. Vu que c’est écrit en Farsi et que les Iraniens malgré leurs efforts, ont de la difficulté avec l’Anglais, j’évitais ce moyen. Je fut bouche bée. Non seulement la ségrégation des sexes est une réalité, les hommes en avant et les femmes en arrière (ce sujet mérite une page entière et j’en reparlerai) mais je me rends compte que le taxi est un moyen très dispendieux en Iran puisque le bus est seulement deux sous l’aller! Il s’agit de plus de presque 137 fois moins cher qu’à Montréal!

J’ai toujours ça en tête, malgré que nous vivons dans deux réalités complètement différentes. Il serait merveilleux de prendre exemple sur des systèmes différents de ceux des occidentaux, car oui nous innovons, mais nous n’avons pas toutes les meilleures idées et le meilleur fonctionnement.

فانيسا

Vaness

Agis envers autrui comme Dieu agit avec toi. (proverbe arabe)