Archive pour religion

Niqab ou pas niqab

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , , on 7 mars 2010 by vanes

Le 2 mars 2010, on lit dans les journaux qu’une étudiante se fait expulser de son cours de français car elle porte le niqab. Tout le monde en parle, en reparle et m’en parle. Moi qui suis très tolérante face au culte musulman en plus d’avoir été dans des pays arabes et d’en étudier profondément l’histoire et sa langue, on me demande mon avis sur cet incident.

Il est délicat pour moi de pouvoir répondre sur mon blog et d’en faire un sujet complet. Je ne veux pas créer de conflit ou choquer qui que ce soit. Chacun a son opinion il suffit de la transmettre de façon délicate et sans attaque.

Tout d’abord, il faut faire une distinction entre le hijab , le tchador, le niqab, et la burqa. Je ne cesse de vouloir faire comprendre aux gens la différence, car il est difficile pour un non initié de distinguer les différents voiles. Cette distinction est importante.

Premièrement, le hijab est le foulard qui couvre les cheveux ainsi que le cou. Il s’agit du voile le plus courant dans les pays arabes que j’ai visité ainsi qu’à Montréal.  Il date d’avant même la naissance de l’Islam. Il y a ensuite le tchador, qui est un tissu normalement noir qui couvre la tête jusqu’aux pieds, mais laisse le visage dévoilé. Les bras peuvent sortir de chaque côté puisque ce tissus est fait comme une tente. Puis, il y a le niqab qui est comme un tchador en plus de couvrir le visage laissant seulement entrevoir les yeux. Ce dernier est le voile intégral porté par choix dans beaucoup de pays malgré que le hijab suffirait. Pour finir, le plus extrémiste, porté en Afghanistan, est la burqa qui est un genre de tente qui couvre la totalité du corps de la femme avec un grillage lui permettant de voir.

Personnellement, je n’ai jamais vu de femme en niqab dans ma propre ville alors qu’une d’elles se fait expulser de son cours du cégep Saint-Laurent. Évidemment cet incident re-soulève la question des accommodements raisonnables encore une fois.

Je me pose alors encore beaucoup de questions.

Pourquoi devrions nous tolérer cet accoutrement alors qu’il s’agit d’un pays laïc? Moi j’aime bien la philosophie de vivre et laisser vivre. Qu’une femme porte un voile ou pas, ça ne me dérange pas tant qu’elle ne me l’impose pas. Je suis bien placée pour les comprendre ces femmes voilées, car je me suis

Persepolis, Iran

moi même voilée en Iran. Il s’agit d’un symbole religieux qui est tout aussi légitime que les perruques des femmes juives, que ces juifs qui se font pousser les boudins de chaque côté de leur visage et qui porte la kippa, cette petite « capine » ou encore l’habit noir des juifs hassidique. De même que les indiens qui porte le turban ou le chrétien qui porte la chaine au cou avec le crucifix. Nous sommes supposé être un pays libre qui accueille les immigrants, c’est en partie ça le Canada. Des immigrants il y en t-il trop? Je ne crois pas. Le Canada est un pays si jeune qu’il ne peut suffire de le peupler uniquement de Canadiens. Nous sommes nous même des conquérants qui nous sommes installés sur le territoire il n’y a pas plus de quatre cent ans. En même temps, pourquoi vouloir immigrer au Canada si ce n’est pour de meilleures conditions ainsi qu’une certaine liberté? Notre culture est si loin de celle des musulmans que je ne saisie pas ce que certains recherchent ici et pourquoi ils revendiquent autant le droit de démontrer des symbole religieux. Selon moi, il s’agit d’une contradiction que j’ai difficulté à comprendre. Se couvrir les cheveux est une chose que ce soit dans un pays musulman ou dans une terre d’accueil, mais de porter le voile intégrale dans notre société, il y a immanquablement un clash.

Ce n’est tout de même pas une raison pour insulter ces femmes voilées et de les regarder de travers dans la vie quotidienne.

Une journaliste du journal de La Presse s’est prêtée au jeu et a vêtit le niqab durant deux jours à Montréal et a pu vivre le mépris des gens. Un passant lui lance un « ouach » assez fort pour qu’elle l’entende, un autre : « retourne dans ton pays ».

Sommes nous, les Québécois si ignorants au point de juger les autres et de les insulter à la simple vu d’une pratique si différente et opposée à la notre? Se font-ils insulter lorsqu’ils portent chiquement le fameux bas blanc de sport dans des sandales birkenstock? Je ne crois pas. Qu’est-ce que cela peut bien changer dans la vie de ces gens? À ce que je sache, ce ne sont pas eux qui enfilent le voile.

Je suis une enfant d’immigrante, je voyage beaucoup, j’ai vu un peu du monde, d’autres religion et d’autres cultures. Je suis donc apte à les comprendre et ainsi qu’à les défendre. Ces différences font de notre monde, un monde différent et intéressant, il faut vivre avec, en être conscient.

Esfahan, Iran

Ma mère vit à Montréal depuis ses dix neuf ans, elle a fuit un pays en plein communisme et ce ne fut pas nécessairement par choix mais plutôt par nécessité. La situation du pays ne permettant pas de se développer tel que nous avons la chance au Canada ou encore d’avoir un avenir certain. Les immigrants sont nombreux à vivre cette situation. J’ai l’impression que les gens parlent sans comprendre le discours qu’ils tiennent. Ils parlent, sans réfléchir, sans connaissance de cause, sans s’intéresser à ce qui se passe à l’extérieur du pays. Une chance que ce n’est pas tout le monde qui est comme ça, mais par certains commentaires que je suscite au travail lorsque je fais mes lectures sur l’Islam me permette de me choquer. Juste cette semaine, un homme à peine plus vieux que moi me dit tout bonnement  quelque chose du genre « ouin  ben je les comprends pas eux autres là; tu savais que dans le Coran ça dit de battre leur femmes ». N’a t-il rien compris de ce qu’est la tolérance, l’ouverture d’esprit et surtout la curiosité de lire réellement sur le sujet, pour après pouvoir en juger? En 2010, ce genre de comportement et de paroles vides de sens me découragent.

J’écoutais un reportage plus tôt cette semaine. Un musulman revendiquait le droit d’obtenir qu’un lieu de prière et ce, à Milan.  Il ne demandait non pas un minaret ou l’appel à la prière mais bien qu’un lieu public au lieu de le faire illégalement dans un sous-sol d’immeuble comme il est courant. Selon ce même musulman, il s’agit d’un droit à la démocratie, droit à pratiquer son culte librement tel la constitution l’indique. Une propagande qui circule dit: « l’islam attaque nous devons nous défendre ». L’islam attaque quoi au juste? Ces pays sont0-ils tant en crise d’identité pour se sentir

Abyaneh, Iran

menacé par l’immigration? Alors que nous essayons d’être tolérant, il y a en France une peur face aux immigrants où la communauté musulmane se trouve à être la plus grande de tous les pays non musulman et ils entament des campagnes contre eux.

Imaginez quelqu’un qui est déraciné de son pays. Parfois, la religion est le seul point de repère qu’il possède. Certains immigrants peuvent même devenir plus religieux. La raison est peut-être du à une de perte d’identité et se rattachent à ce qui leur est de plus près, la religion. Je me suis moimême surprise à vouloir croire en quelque chose lorsque ma grand-mère fut hospitalisée. Je voulais sentir cette force surnaturelle. On dit que Allah est grand, je voulais y croire. Moi je pense que dans la misère, on se repli vers la religion. Certains immigrants sont de grands intellectuels et exercent des métiers hauts placés en société dans leur pays. Cela pourrait nous être bénéfique, mais les équivalences ne sont pas pareilles et ça ne leur permet pas de les exercer et ainsi se trouvent à occuper des postes dégradant et sous payés.

l'habit d'un juif hassidique à Tel aviv, Israël

En Italie, un immigrant sur quatre est un immigrant clandestin. Peut-être est-ce pour cette raison que la tolérance est rendue très basse? Au Canada, 20 % de la population sont des immigrants et en France que 8%. Il s’agit de nombres considérables.

Qu’une femme cache ses cheveux ou pas. Qu’elle porte n’importe quel vêtement, ça lui regarde et elle seule. Un ami à moi me disait que son habillement reflétait ce qu’il était, sa personnalité et bien pourquoi ne serait-il pas de même pour les voiles? Peut-être devrions nous encadrer mieux ces immigrants à leur arrivée, afin d’éviter de susciter des réactions déplacées et les éduquer sur notre culture comme je le fais avant de voyager, pour ne pas choquer. En contre partie, il faudrait absolument instaurer un programme qui consisterait à éduquer les jeunes canadiens dès le primaire sous forme de cours de religion non seulement chrétien, mais d’y incorporer les autres grandes religions du monde. Ainsi, nos futurs adultes acteurs de lasociété auront une tolérance et une connaissance des  différents cultes. Pourrions nous alors éviter des scandales et des débats sur les accommodements raisonnables? Par contre, la question du port du voile en milieu d’institution est une question à se poser à laquelle je ne répondrai pas. Enfin il s’agit d’un sujet qui sera toujours sur la table et qui ne se règlera pas de sitôt.

فانيسا

vanes

Il n’y aurait plus de calomniateurs s’il ne se trouvait plus personne pour les écouter avec intérêt. (Proverbe arabe)

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Histoire de porc!

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 12 décembre 2009 by vanes

C’est fou ce que de petites choses qui semblent si anodines peuvent prendre bien de l’importance en temps réel.

Cette fois, je reculerai un peu plus en arrière. En juillet 2007 plus précisément. Je suis en Bulgarie et mon voyage tire à sa fin. Plus qu’une seule destination que j’attends depuis le début : la Turquie. Cette attente est due surtout depuis mon mini avant goût à Sarajevo en Bosnie Ayant été sous l’emprise de l’empire ottoman au 15e siècle, c’est-à-dire les anciens Turcs, la vieille ville témoigne son histoire par sa culture turque.

Je quitte Plovdiv, la seconde ville après Sofia qui est la capital. Le trajet en autobus est d’une dizaine d’heures. Je prends mon mal en patience et j’écoute Jack Johnson en boucle. Deux couchsurfers m’accueilleront à la station de bus d’Istanbul. L’un possède une compagnie d’électronique ou quelque chose du genre et l’autre, est commandant dans la marine turque ce qui sera un des sujets de plaisanteries.

Plovdiv, Bulgarie

Plovdiv, Bulgarie

C’est là que nous arrivons à la frontière de la Turquie. Une dame s’énerve dans le bus. Moitié stressée moitié amusée. Je ne comprends pas trop car son débit de voix est rapide et son accent anglais un peu difficile. Elle semble dire qu’elle ramène de la Bulgarie des saucissons, salamis et saucisses pleins son sac. Les gardent nous demandent de sortir du bus et de mettre nos bagages sur une table. Je comprends à ce moment que chacun sera fouillé. C’est ma première fois et moi, je voyage avec un sac à dos. Il contient que 80L et je sais pas pour vous messieurs, mais nous les dames, 80L est uniquement le poids pour le kit de survie. Tout est cordé et bien placé stratégiquement pour mon arrivé à Istanbul, dont le nécessaire pour prendre une douche. Nous sommes en ranger, chacun derrière son bagage qui eux sont sur des tables surélevées. La dame distribue subtilement ses produits fait de porc dans les sacs de tout le monde qui ont accepté d’être sa complice. Elle les cache en dessous de ses vêtements et en met même

La mosquée bleu de Istanbul, Turquie

La mosquée bleu de Istanbul, Turquie

dans sa sacoche! Moi j’ai seulement de l’alcool. Une bouteille de tuica prononcé tsouïka, d’alcool de prune, une spécialité de la Roumanie. Cette eau de vie qui vous racle la gorge et qui tue le méchant! Le garde ouvre mon sac et met la main jusqu’au fond. Franchement je suis impressionnée et je ne comprends même pas comment il a fait pour y entrer un bras au complet tant j’avais le sac plein! Il le retire et continu sa fouille chez le voisin. La dame commence à avoir de plus en plus chaud. Il fouille le tout encore une fois très rapidement, puis la laisse tranquille. Je vois son sourire s’afficher, elle se trouve ridicule. En même temps, les gardent ne sont pas très sérieux dans leur fouille. Ils misent plus sur la peur que l’action selon moi.

À l’entrée de la frontière un panneau indiquant les interdits est affiché. Le porc y est. Nous entrons dans un pays où la possession de porc est contre la loi. Cette dame est donc hors la loi pour transporter du cochon!! Après le passage aux douanes, le bus repart. Tous font des blagues de la situation et la dame déclare que ses amis seront ravis de récupérer leur denrée tant attendue.

Le Porc. Parmi plusieurs définitions, en voici deux : 1. Mammifère domestique omnivore dont le museau se termine par un groin. Il est élevé pour sa chair et son cuir. 2. Homme grossier, sale, vulgaire.

Mais le porc, c’est plus que ça.

Coran, Sourate II, verset 173 : « Dieu vous a seulement interdit la bête morte, le sang, la viande de porc et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que celui de Dieu. »

Coran, Sourate VI, verset 145 : «Dis : «Je ne trouve pas d’interdictions au sujet de la nourriture, dans ce qui m’a été révélé, à part la bête morte, le sang répandu et la viande de porc -car c’est une souillure- et ce qui, par perversité, a été sacrifié à un autre que Dieu.»

Le porc est considéré comme impur puisque se nourrit de déchets. De plus les musulmans peuvent manger les animaux qui peuvent être égorgés et ainsi le porc ne possèdent pas de cou et ne peut donc pas être égorgé. En conséquence, si Dieu aurait voulu que les musulmans puissent s’alimenter par cet animal, il lui aurait donné un cou.

En fait, non seulement le Coran interdit la consommation de porc mais la Bible aussi l’interdit. Dans le Lévitique, chapitre 11, verset 7-8 : «Vous ne mangerez pas le porc, …Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts : vous les regarderez comme impurs».

En voyageant en terre d’Islam, j’oublie souvent cette restriction et m’étonne à chaque fois que le bacon ne soit jamais au menu dans les déjeuners et le fast food. Tout s’explique, lorsqu’on comprend le pourquoi de la chose!

فانيسا

vanes
Sans la variété des goûts, la mauvaise marchandise resterait. (proverbe arabe)

Qu’est ce qu’un bon Musulman?

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on 22 novembre 2009 by vanes

Depuis mon voyage au Moyen-Orient, et même lors de ma préparation à cette grande aventure qui changera ma vie, j’ai développé un genre de radar pour tout ce qui touche au monde arabe. Je repère tous les arabes sur mon chemin essayant de deviner de quel pays ils proviennent, puisque de pays en pays, ils ont une physionomie différente. Je repère tous les marchés arabes, les produits arabes et les livres qui touchent de près ou de loin à ce sujet. C’est intégré dans mon mode de vie en plus de suivre des cours à l’université sur ce peuple.

À la fin de l’été, en réaction à une situation je me suis posée la question suivante : Qu’est-ce qu’un bon musulman? Voilà une question à laquelle j’ai réfléchie, puis discuté avec plusieurs arabes.

Une journée où la pluie tombera d’un coup, je vais prendre un verre avec un Arabe. Nous allons tout de même sur une terrasse malgré le ciel couvert. Je commande une bière et lui, un pina colada…Virgin! Oups. J’ignore pourquoi, mais je n’aime pas prendre de l’alcool quand la personne avec qui je suis n’en prend pas. La serveuse dépose les verres et on lui rend chacun notre dû. Je suis étonné qu’il ne commande rien d’alcoolisé et qu’il soit catégorique là dessus. Mon ami arabe m’explique que les musulmans ne doivent pas boire puisque ça embrouille la pensée, il s’agit d’un péché et d’une impureté, ce que je savais déjà mais pas à ce point là.

Sourate V verset 90 :

Ô vous qui croyez!

Le vin, le jeu du hasard, les pierres dressées

et les flèches divinatoires

sont une abomination et une œuvre du Démon.

Évitez-les…

-Peut-être serez-vous heureux-[1]

Avant de sortir, mes amis turcs musulmans à Istanbul

Avant de sortir, mes amis turcs musulmans à Istanbul

Il ne s’agit que d’un passage du Coran parmi tant d’autres qui suggère fortement de ne pas user de l’alcool.  Non seulement les musulmans ne doivent pas boire, mais ne doivent pas encourager ce comportement en payant ou en vendant des produits alcoolisés. Je ne peux donc rien rajouter à ça, c’est un bon musulman et il fait les cinq prières et ce, chaque jour. Il se met à pleuvoir des cordes sur la terrasse et nous sommes complètement mouillés. Situation cocasse, au diable la mise en plis, on va chez lui pour continuer à jaser. En parlant, je me rends compte qu’il a une faille dans sa pratique de l’Islam. Je suis un peu confuse. Il dit être un bon musulman et suivre le coran, mais enfreint une règle. Selon la sourate XXIII, verset 1-11 du Coran:

Heureux les croyants

qui sont humbles dans leurs prières,

qui évitent les propos vains,

qui font l’aumône,

qui se contentent de leurs rapports avec leurs épouses et leurs captives

-on ne peut donc les blâmer;

tandis que ceux qui convoitent d’autres femmes que celle-là sont

transgresseurs-

qui respectent les dépôts confiés ainsi que leur engagements

et qui s’acquittent de leurs prières.

Ceux-là sont les héritiers;

ils hériteront du Paradis où ils demeureront immortels.[2]

Je suis sortie de cette soirée un peu confuse. Je me pose et vous pose la question suivante : Qu’est-ce qu’un bon musulman?

Je n’ai pas encore suivi mon cours sur l’Islam, mais je commence à connaître les bases de cette religion dans mes cours

Homme qui fait ses ablutions avant la prière. Mosquée des Umayyades à Aleppo, Syrie

Homme qui fait ses ablutions avant la prière. Mosquée des Umayyades à Aleppo, Syrie

d’histoire. Un bon musulman doit suivre les cinq piliers de l’Islam soit la déclaration de foi, la prière, l’aumône, le jeûne du ramadan, le pèlerinage à la Mecque; puis les cinq piliers de la foi : Allah, malaikas (anges), les livres sacrés, les prophètes, le jugement dernier et le destin. Pour ce qui est de la fornication et de l’usage de l’alcool, ces deux éléments sont venus plus tard dans l’Islam.

Je ne veux pas prétendre de connaître très bien l’Islam mais être musulman signifie la soumission à Allah, leur Dieu.  Il faut donc bien le représenter puisqu’il donne le droit chemin et veut que le musulman soit bon. Il faut donc lui donner cette reconnaissance qui lui est dûe.

J’ai posé la question à plusieurs musulmans et ils m’ont tous fait part de leurs failles, donc, qu’ils ne sont pas de « bon » musulman malgré leur souhait de l’être. Un ami Palestinien du camp de réfugiés avec qui j’ai gardé contact m’a tout de suite répondu que non, il ne se considérait pas comme un bon musulman. Ses raisons furent qu’il a eu des relations sexuelles avant le mariage, qu’il boit de temps à autre et qu’il ne fait pas toujours ses cinq prières.

Jordanien, cigarette et verre de Wiskey-Coca à Petra

Jordanien, cigarette et verre de Wiskey-Coca à Petra

Il pratique le ramadan, mais triche de temps à autre. Je le remercie pour son honnêteté. Puis un autre Palestinien et le seul avec qui j’ai parlé, m’a avoué être un très bon musulman, même à 26 ans. Il n’est pas encore marié et préserve sa virginité sans jamais avoir bu une goutte. Puis j’échange sur cette question avec un arabe qui vit à Montréal depuis quelques années. J’ai trouvé cet échange plutôt intéressant. Sachant très bien ses failles, je lui pose la question. Il me répond qu’il se considère comme un bon. Et l’alcool? et bien il ne prie pas lorsqu’il a bu. Et le sexe? « «Allah est grand, il pardonne». Moi je trouve que Allah a le dos large. Il se défend en disant qu’il a un bon cœur. Il dit que lorsqu’il fait le « mal » c’est envers lui et que lorsqu’il prie, il demande le pardon à Allah. Allah lui donne puisqu’il est humain. Moi je me dis que le pardon est fait pour nous apprendre une leçon. Il est là pour pardonner une faute commise qu’une seule fois et il ne faut pas la répéter. Ce même arabe me répond que Allah pardonne toujours. Il te montre le droit chemin et te dicte le bien. Il dit que même Adam a commis une faute grave alors d’imaginer, ce que nous pouvons commettre. Selon lui, Allah ne se tanne jamais de pardonner. Mais moi je me questionne toujours. Au fond, tu peux faire ce qui t’enchante, car tu sais que Allah pardonnera. Son point? Tu te tanneras de faire la «mal» avant  qu’Allah se tanne. On finit notre conversation alors qu’il me déclare que sans les erreurs, comment Allah peut-il montrer le droit chemin et nous distinguer le bien du mal?

La dernière personne avec qui j’en parle, est cet ami arabe du début. Je lui pose la question. Il ne me répond pas tout de suite, mais plutôt par courriel, quelques jours plus tard. Je suis très curieuse de sa réponse. Sa réponse fut très intéressante. « Tout d’abord, pour être musulman il faut prononcer, croire et attester Achahada qui est :« j’atteste qu’il

Homme turc prient dans la mosquée de Diyarbakir, Turquie

Homme turc prient dans la mosquée de Diyarbakir, Turquie

n’est de Dieu que Dieu et que Mohammed est son envoyé». Cette attestation est le fondement de l’islam et d’un «bon musulman ». Puis il y a ce qu’on appelle Ahkam: lois, valeurs, prescription, ordonnance, jugement, etc. C’est là qu’on distingue les bons des moins bons; car selon lui, la vie temporelle et la vie spirituelle d’un musulman sont étroitement liées. La distinction ne peut donc pas être faite uniquement sur le plan physique de la pratique. Agréablement surprise, il prend un détour pour finalement avouer qu’il possède une faille trop grande. Il me dit plus tard que c’est ce n’est pas une fierté et qu’en fait il souhaite tellement être bon musulman que de l’avouer alors que je savais déjà était difficile.

Bien que l’explication du dernier soit intéressante et exprimée avec logique, je suis presque toujours aussi confuse à savoir si un bon musulman existe vraiment.

Kashan, Iran

Kashan, Iran

Est-il possible pour un immigrant arabe croyant dans un pays sans interdictions et qualifié de pays libre tel le Canada, de pouvoir être un vrai bon musulman comme le Coran le suggère? Un bon musulman peut-il se considérer ainsi en ayant

même qu’une seule faille à sa pratique? Parce que permettez moi de vous dire que autant dans mes voyages dans les pays musulmans, que dans ma propre ville où l’immigration arabe est assez importante, je ne crois pas avoir rencontré un seul bonmusulman tel que décrit dans les textes. J’ai cette idée de l’Islam comme étant une religion qui est une pratique à part entière. Il s’agit d’une religion si stricte et complexe. Je me pose toujours cette question et vous la pose par la même occasion: Qu’est-ce qu’un bon musulman?

فانيسا

vanes

Si Dieu ne pardonnait pas, son paradis serait vide. (proverbe arabe)


[1] Le Coran, traduction par D. Masson, Gallimard, 1967 p.143

 

[2] Idem p.419

Il y a un monde arabe et il y a l’Iran et la Turquie

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , , , on 13 septembre 2009 by vanes

Premièrement je dois mettre une chose au clair. Probablement une justification de ma part que vous trouverez peut-être anodine, qui selon moi,

Ruines de Palmyra, Syrie

Ruines de Palmyra, Syrie

est très importante. Mon blog est centré autour de moi et mes expériences dans le monde arabe, comme le titre l’indique, « Il y a un monde arabe, et il y a mon monde ». Vous avez dû vous rendre compte que je parle beaucoup de l’Iran, un pays qui m’a énormément marqué auquel se rattachent

Camp de réfugiers Askar à Nablus, Palestine

Camp de réfugiers Askar à Nablus, Palestine

beaucoup d’anecdotes et qui possède une façon de fonctionner très différente de la nôtre. Je ne pensais pas en parler autant, mais parfois ce que notre

Imam khomeini square, Esfahan, Iran

Imam khomeini square, Esfahan, Iran

tête nous dit n’est pas en accord avec notre cœur ou nos sentiments. Lorsque je me mets à écrire, je reviens souvent sur des évènements, phénomènes et anecdotes qui proviennent de la région perse plus qu’arabe. Ayant eu le privilège de voir ce qu’est ce pays, je me fais un plaisir que de partager mon expérience et mes chocs culturels.

De plus, je parlerai souvent de la Turquie, pays également musulman mais pas arabe. Le pays que je

Uçhisar près de Göreme en Capadocce en Turquie

Uçhisar près de Göreme en Capadocce en Turquie

considère comme mon favori alors que je serai à ma troisième visite lors de la prochaine période des fêtes. Pour les besoins de la cause j’englobe ces deux pays non arabes dans « mon monde arabe ». Ne soyez donc pas offusqués chers lecteurs turcs ou iraniens, en espérant en avoir quelques uns. Je fais la différence et je l’ai surtout vécue. Lorsque je parle du Moyen Orient, géographiquement parlant l’Iran et la Turquie s’y rattachent. Pour ce qui est du monde arabe, ils en sont exclus.

Il est parfois difficile de s’y retrouver alors voici une brève description des délimitations des territoires qui pourra surement vous éclairer un peu. La région du Moyen et Proche Orient se trouvent à la jonction de trois continents : l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Il est difficile de délimiter les frontières de celle-ci. Pour l’Europe, qui se considère le centre du monde, l’expression « Proche Orient »

Istanbul, Turquie

Istanbul, Turquie

serait le synonyme de Levant (là où le soleil se lève). Cette région comprendrait l’Égypte, le Liban, les territoires palestiniens, la Syrie, la Jordanie, l’Israël et l’Irak. «On y adjoint parfois la Turquie, l’Azerbaïdjan et Chypre ou

Ramallah

Ramallah

encore les pays du Maghreb pour des raisons historiques ou de proximité culturelle[1]».  Il s’agit du croissant fertile situé à l’est de la Méditerranée. Quant à elle. l’expression « Moyen Orient », employée pour la première fois en 1902, est d’origine anglo-saxonne (Middle East) et désigne la région comprise entre la rive est de la mer Méditerranée et la ligne tracée par la frontière entre l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan.  Elle s’étend donc de l’Égypte à l’Iran. Bien qu’on étende cette région aux pays du Maghreb en raison de fortes associations culturelles et historiques, ceux-ci ne devraient pas en faire partie. Comme on peut le constater, la délimitation du Proche et Moyen Orient est déterminée

Aleppo, Syrie

Aleppo, Syrie

par des facteurs géopolitiques.  De plus, les dénominations sont issues d’intérêts étrangers, ceux des superpuissances, puisqu’il s’agit d’un espace géopolitique surchargé d’histoire presque écrasé par celle-ci et

Jerusalem, Israël

Jerusalem, Israël

influencé grandement par l’extérieur. Bref, le Proche et Moyen Orient n’ont aucune délimitation officielle et leurs frontières demeurent donc plutôt floues.

Il s’agit d’une région très fragile, en raison d’« échecs des arabes au cours des derniers siècles, à retrouver leur identité, à constituer leur unité et leur souveraineté sur des territoires qu’ils peuplent sans discontinuer depuis le VIIe siècle […] s’ils avaient réussi, ils auraient donné à la région des frontières stables et définies[2]». Elle a toujours subi la volonté des autres avant de faire valoir les siennes. Dans la conscience européenne, la région proche orientale n’a pas d’identité affirmée car «ce sont ces changements fréquents de frontière administrative qui sont à l’origine des contentieux historiques territoriaux, avoués ou refoulés peuvent exister entre les états arabes issus du démembrement de l’empire Ottoman[3]».

Tripoli, Liban

Tripoli, Liban

rue d'Aleppo, Syrie

rue d'Aleppo, Syrie

Avant la conversion de la région à l’Islam, il y avait plusieurs Proche-Orient n’ayant aucune relation entre eux. Chacun a tenté de l’organiser en fonction des intérêts de sa dynastie, ce qui crée aujourd’hui un déchirement identitaire. C’est au 7e siècle que cette région a été conquise par les Arabes au nom de l’Islam. C’est ainsi que l’Islam pourrait servir de critère de rapprochement pour unifier la région du Proche-Orient, puisque 90% de la population est musulmane sunnite. Toutefois les trois religions monothéistes en présence sont incapables d’unité : l’Islam, le Judaïsme et le Christianisme. Par ailleurs, le monde arabe de cette région n’est aucunement homogène dû, entre

Beirut, Liban

Beirut, Liban

autres, aux minorités religieuses tels les coptes, les kurdes, etc. et ainsi divisé ne peut décider de son propre sort. Des différences entre la majorité et les minorités religieuses créent des conflits et ce même à l’intérieur d’un même pays, à la fois au niveau de la culture, de la politique ou de la religion, comme par exemple au Liban entre les maronites et les musulmans. Cela constitue un autre sujet qui mérite un article en entier vu sa complexité.

Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

فانيسا

vaness

Dieu nous donne des mains, mais il ne bâtit pas les ponts. (proverbe arabe)


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Proche_Orient

[2] Corm, Georges. Le Proche-Orient éclaté 1956-2007, Paris, Collection Folio Histoire, édition La Découverte, 2007 p.63

[3] Corm, Georges. Le Proche-Orient éclaté 1956-2007, Paris, Collection Folio Histoire, édition La Découverte, 2007, p.103