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Problème d’identité?

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , , , , on 30 août 2009 by vanes

Je suis étudiante à L’université du Québec à Montréal en langue et culture arabes. Vous êtes surpris?! Au grand désespoir de ma grand-mère maternelle roumaine, j’ai mis de coté mon projet d’apprendre le Roumain au profit de l’Arabe. Je vous explique.

Je suis Roumaine. Non, je suis née au Québec, mais je ne suis pas Québécoise. Je suis donc une jeune femme née au Québec d’un père québécois et d’une mère roumaine. Je ne sais pas trop ce que je suis vraiment, mais je m’identifie au peu de la culture que je connais et celle qu’on m’a inculqué. J’ai une famille et c’est les Georgescu. Les parents de mon père étant décédés dès mon jeune âge, je n’ai pratiquement eu aucun contact avec eux.  Mon côté roumain s’est développé beaucoup plus étant en contact direct avec mes grands parents roumains et les traditions roumaines. À Montréal, je me sens plus Roumaine, en Voyage, Canadienne Française, donc Québécoise. Il s’agit d’un sentiment quelque peu étrange puisque j’ai été dans une école secondaire non seulement bilingue mais fréquentée par des enfants d’immigrants en grande partie.  Les Québécois pur laine n’étaient pas la majorité. En conséquence, mon entourage, des Argentines, une Polonaise, une pakistanaise, des Canadiens anglais etc. ont joué un rôle plus important que je ne le croyais. Je vivais au quotidien dans la différence des cultures et je m’y plaisais bien. Probablement que si j’avais fréquenté des institutions totalement québécoises y compris le Cégep et en partie l’Université, probablement que m’indentifierais plus à la culture québécoise.

Canada

Canada

Dès l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne en janvier 2007, j’entamai les procédures pour obtenir la citoyenneté roumaine. Ce n’est que deux ans plus tard et des centaines de dollars investis que je suis officiellement à la fois citoyenne Roumaine et Canadienne! Quelle honte d’avoir la citoyenneté d’un pays sans parler la langue officielle de celui-ci. J’éprouve toujours un pincement au cœur lorsque je réponds aux gens qui me posent la question, que bien que je sois moitié Roumaine, moitié Québécoise, non, je ne parle pas la langue. Ce n’est pas parce que je ne veux pas, au contraire, mais dans le passé, des circonstances que j’ignore encore font que ma mère nous l’a pas enseigné.

Roumanie

Roumanie

Malgré que Montréal soit une ville merveilleuse et multiculturelle, aucun cours de roumain officiel n’est offert. Il faut donc se déplacer en Roumanie, ce qui engendre des coûts et un temps qu’il faut s’allouer pour partir et s’y dédier à temps plein. Un plan que j’ai considéré jusqu’à ce que ce désir d’apprendre l’Arabe, suite à mon voyage au Moyen Orient, entrent en conflit avec l’importance d’apprendre le Roumain. Je me suis inscrite pour le temps d’une session dans un programme bidon pour nier ce souhait d’apprendre l’Arabe. Ce genre de comportement ne dure jamais très longtemps pour moi car je suis passionnée. Quand une passion me frappe, je ne peux faire autrement que de la vivre. À la mi session d’automne 2008 j’ai décidé de cesser de dénier mon envie profonde d’apprendre l’Arabe qui va au delà du Roumain, pour l’instant et de m’inscrire dans le certificat de langue et culture arabe de l’UQAM.

On me disait que cette langue est l’une des plus difficiles à apprendre, mais moi, non, j’y arriverai. Inutile de spécifier que j’ai la tête dure et que je suis déterminée! Ma conclusion après treize cours, interrompus par une grève des professeurs, je dois admettre que ce n’est certes pas une langue qui s’apprend en tâtonnant et en changeant la lettre finale d’un mot par un « o » ou un « a », ce qui la rend encore plus mystique et intéressante. Il s’agit d’une langue des plus complexe par sa calligraphie magnifique et par sa structure totalement différente de la langue française. La calligraphie arabe est un art de l’écriture que seuls ceux qui se donnent le défi de l’apprendre peuvent avoir le privilège de comprendre. Elle est un art à part entière. Un art du trait qui s’écrit de droite à gauche et son alphabet contient 29 lettres dont seulement 19 sont différentes, puisque les autres se différencient par des points. Voici un bon exemple de deux son distincts ayant trois points comme seul différence à l’écriture : lettre « s » elle s’écrit ainsi : س  et le son « sh » : ش . De plus, la majuscule n’existe pas en arabe et la façon d’écrire les lettres est différente selon leur position dans le mot. En arabe, la plupart des mots dérivent d’une racine composée généralement de trois lettes et parfois de quatre. Si on prend par exemple la racine « b,h,r », on obtient le mot « bahr » signifiant mer, « buhayra » se traduisant par lac ou encore « ibhâr » signifiant embarquement. Ces trois mots ont une racine commune et un son commun en arabe, alors qu’en français, il n’y a aucun lien phonétique entre eux. La langue arabe compte plus de vingt mille racines et chacune est à l’origine d’une centaine de mots. Contrairement à l’écriture en Occident où il est possible de couper un mot en deux et d’user du trait d’union afin de ramener la deuxième partie du mot à la ligne suivante, en arabe, on doit reporter le mot entier à la ligne suivante. Cependant, les mots seront étirés de manière à remplir la ligne et donner l’esthétisme recherché. Si je désire écrire mon nom, Vanessa, il s’agit d’une tâche ardue car la lettre V et E n’existe pas en Arabe. Mon nom se prononce Fanissa, Banissa ou Wanissa selon les pays arabes. Lors de mon voyage, j’étais toujours amusé d’entendre les Arabes prononcer mon nom d’une façon différente à chaque fois même si je tentais de les faire répéter doucement comme on fait avec bébé qui commence à parler. Alors que j’étais de passage dans camp de réfugier Askar à Nablus, en Palestine, on me rebaptisa Jamila (جَميل) pour la durée de quelques jours. Il faut savoir que chez les Arabes et les Iraniens, tous les prénoms possèdent une signification. Jamila se traduit par belle, nom très commun dans le monde arabe.

De savoir l’écrire et de pouvoir commencer à lire l’arabe est, selon moi, un privilège que je m’accorde. Seul l’amour de cette langue nous permet de persévérer.

فانيسا

Vaness

Jamila

Toutes choses sont difficiles avant que d’être faciles. (Proverbe arabe)

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