Archive pour pouvoir

Différence culturelle I

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 18 octobre 2009 by vanes

Je crois qu’à la suite de toutes mes expériences de voyage, j’ai développé une certaine tolérance. C’est-à-dire que je suis difficilement choquable quand il est question de traditions, coutumes ou façons de vivre dans les autres pays.  Je peux ne pas être nécessairement d’accord, par contre, qui suis-je pour juger une culture simplement car elle n’est pas mienne?

L’autre soir, je suis allée souper au restaurant avec mon meilleur ami. C’était dans un restaurant Afghan que j’aime tant non loin de chez moi. Bien que les plats soient délicieux et plein de saveurs parfumées, le service reste assez médiocre. Lors de la prise de notre commende le serveur nous adresse à peine un sourire en nous demandant si nous sommes prêt à commander en insistant sur le mot S’il vous plaît : «Prêt à commander? S’il vous plaît? ». Je ne sais pas pour l’Afghan mais en arabe cela se traduit par l’expression je vous en prie. Moi je sais, mais pas tout le monde. Ainsi ce même Afghan est quelque peu désagréable avec son busboy en prenant son rôle de serveur plus haut placé pour lui déverser son stress. À la fin de notre repas, bien que nous ayons presque englouti notre repas si délicieux il nous demande si on restera encore longtemps car une réservation est en attente d’une table. On sent clairement l’invitation à libérer la table. Un peu trop direct à notre goût, il y a clairement un manque de délicatesse. Cette soirée m’a rappelé une histoire que j’ai vécue en Syrie en 2008.

Ruines de Palmyra, Syrie

Ruines de Palmyra, Syrie

J’étais à Palmyra à deux reprises hébergée par Hany, mon couchsurfer. Le couchsurfing étant un concept un peu bizarre auprès des familles arabes plus conservatrices, Hany ne m’héberge pas chez lui, mais m’offre une chambre dans l’hôtel de son ami. Ainsi, la deuxième fois que je suis allée après avoir visité le Liban, j’étais connue par ses amis et par le restaurant familial à l’arrière duquel Hany possède un café internet. Voilà qu’après avoir fait la fête le soir, le lendemain matin, je traversais la rue pour rejoindre Hany dans son café. Malheureusement, il dort encore chez lui et j’ignore où se trouve sa demeure. Je me mets donc à jour dans les courriels afin de donner un peu de nouvelles. Puisque c’était encore la nuit à Montréal, je n’ai donc pas grand chose à faire puisque personne n’est sur Messenger. Je fais donc quelques recherches pour trouver des endroits où dormir dans les prochaines villes lorsque Iyad, le frère ainé de Hany qui travaille pour le restaurant de son père me demande de venir l’aider. Cela faisait plus de deux mois que je ne travaillais pas et je trouvais ça plutôt comique de le dépanner un instant. Je m’occupe des touristes en prenant leur commande alors que je ne connais aucunement le menu. Cela me fait rire et puisque Hany et sa famille furent très gentil avec moi, ça me faisait plaisir de me rendre utile. Mais voilà que Iyad ambitionne un peu et commence à me donner des ordres comme si j’étais son employée. Des ordres du style d’aller débarrasser telle ou telle table, d’aller porter des plats et servir les breuvages. Tout cela, sans prendre en considération que j’avais accepté de le dépanner un peu comme ça. Il utilisait l’impératif sans aucune délicatesse. Je commençai à trouver ça moins drôle. Je le trouvais désobligeant envers les cuisiniers qui d’ailleurs étaient de jeunes enfants. Encore une fois la hiérarchie de l’entreprise lui permettait de crier sur ceux en dessous de lui alors que lui doit obéir à son père. Je me retrouvais au même niveau que ceux là. Constamment je regardais dehors afin de voir si Hany était dans les parages en serrant les dents de plus belle. Hany arriva après l’heure achalandée du diner et dès que je le vis, je filai à l’arrière échappant à son frère si désagréable. Je n’ai même pas eu le droit à un merci alors que moi, j’étais là en vacances et surtout, comme invitée.

Maison de Hany à Homs, Syrie

Maison de Hany à Homs, Syrie

J’ai remarqué le pouvoir que ce type de personnes s’approprient alors qu’ils ne peuvent aucunement fonctionner sans ces autres qui sont en dessous d’eux. De plus, il est évident que comme je suis une femme, c’était approprié de la part de Iyad que de me suggérer fortement de l’aider. Une femme se doit de servir l’homme. C’est comme ça, c’est culturel, on n’y peut rien. Il est évident qu’un occidental habitué à l’égalité des sexes sera choqué tel que j’ai pu l’être un peu face à cette situation et ce, malgré moi.

فانيسا

vanes

Votre fils sera tel que vous l’aurez élevé; et votre mari, tel que vous l’aurez habitué. (proverbe arabe)

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