Archive pour palmyra

Dur à cuire

Posted in Maroc, syrie, Uncategorized with tags , , , , , , on 22 février 2010 by vanes

Quatre pattes, quatre estomacs, deux bosses, le camelus batriatrus communément appelé le chameau est d’origine asiatique. On mélange bien trop souvent le chameau avec le dromadaire et  moi-même je commets l’erreur.

mon dromadaire dans le Sahara

mon dromadaire dans le Sahara

Le chameau est d’origine asiatique et est utilisé plutôt en Asie centrale alors que le dromadaire, celui possédant qu’une seule bosse, se trouve en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Il s’agit d’un animal très étrange, mais au combien intéressant.

Premièrement la question des bosses. Qu’il en ait une ou deux, les bosses représentent des réserves d’énergie puisqu’elles sont des masses de gras. Il peut boire jusqu’à 130 litres d’eau en une dizaine de minutes et ainsi survivre sans boire pendant plusieurs jours. Ses longs cils servent à protéger leurs yeux du sable. Il en est de la même fonction pour ce qui est des poils de leur nez et de leurs oreilles. Le

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

camelus ne possède pas de sabots, mais a plutôt des pattes molles comme des coussins pour faciliter la marche dans le sable. Cet animal peut facilement vivre dans de haute température atteignant les 50 degrés Celsius. Il ne faut pas oublier de mentionner leur grandeur impressionnante. Je les trouve si gracieux avec leur long cou et les pattes si hautes en plus de leur côté coquet puisque parés de décoration que les clameliers font porter à leur bête.

J’ai toujours aimé les animaux et en particulier les gros mammifères. Je préfère le chien au chat. Je trouve donc le chameau tout à fait adorable et rêvait d’en monter un dès que j’en aurais l’occasion.

Cette occasion est arrivée en 2005, au Maroc, pour la première fois. Je passais deux semaines dans

excursion dans le Sahara

excursion dans le Sahara

le pays et je désirais faire un tour dans le très connu désert du Sahara. Je suis à Marrakesh sous les 45 degrés quotidien et décide de me payer une visite dans le désert. Je me rends dans une agence de voyage dans laquelle ils organisent des excursions de deux à quatre jours dans le Sahara. Il s’agit d’un van d’environ huit personnes dont un Mexicain, un couple d’Italiens, un autre Anglais et surement des Américains. L’excursion comprend l’allée jusqu’au bord du Sahara à Zagora avec une heure de chameau dans le but de se rendre à la tente de bédouins, où nous auront un repas et où nous dormirons pour ensuite faire le trajet à l’envers.

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Après avoir souffert à bord du van sur le chemin étroit et en serpentin des heures durant, nous arrivons à Zagora. J’ai l’estomac à l’envers et il fait très chaud. Il doit être dix-sept heure environ et le soleil est moins fort. Chacun se fait assigner un chameau. Les guides réussissent à nous faire tous acheter un foulard et nous l’enfile en turban. On a tous l’air totalement touriste et franchement on a tous mordu à l’hameçon. On nous montre comment monté sur un chameau, ce qui semble si simple, mis s’avère un peu épeurant. Peu importe ce qui arrive, il faut tenir fermement la barre. Le chameau est au sol, je monte sur son dos. Jusque là ça va. Je trouve ça plutôt comique jusqu’à ce que le guide dise un mot arabe en lui donnant un petit coup pour le faire lever. Étape par étape. Le chameau (dromadaire) commence en dépliant ses pattes arrière. Comprenez que c’est une bête de presque deux mètres de hauteur! J’ai l’impression que je vais basculer vers l’avant. Puis étape numéro deux: il déplie les pattes du devant et hop en lançant un petit cri nerveux, je suis dans les airs. Sentiment étrange. Il commence à

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

marcher. Je dois prendre son rythme tout comme à dos de cheval. Je n’ai encore jamais fait de cheval alors j’ai de la difficulté. Je dois porter mes lunettes de soleil et comme la mode est aux grosses lunettes, avec mon turban, j’ai l’air de Francine Grimaldi! On est en rang, un chameau derrière l’autre en avançant doucement. Les chameaux affrontent les dunes de sable qui me procure toujours une petite sensation puisque descendre des petites montagnes de sable à deux mètres de haut est assez impressionnant.

On s’arrête pour la nuit à la tente où un autre groupe est déjà. Le lendemain matin on se réveille à cinq heure du matin par les cris horribles que font ces animaux, en plus de voir leur affreuse dentition.

J’avais bien aimé mon expérience et lorsque j’étais à Palmyra en Syrie, les « camel boy » comme ils se font surnommés étaient après moi pour m’offrir des tours pas cher. Je continue mon chemin dans les ruines alors qu’un jeune homme à dos de chameau m’aborde en m’offrant un tour gratuit puisque je suis l’amie de Hany. Il m’avait surement vu avec la famille de ce dernier. Khalid, le « camel boy » me convainc et je monte sur la bête. Il me promène durant deux heures dans les ruines de l’ancienne cité et me montre aussi la magnifique oasis. Parfois il dirige l’animal, parfois il me laisse le faire. Je prends plaisir à lui dire ou plutôt crier des « yallah » pour le faire avancer. Le temps file et je dois retourner au restaurant familial pour le souper. Je descends de la même manière mais à l’inverse,

préparation à la descente

préparation à la descente

les pattes du devant qui se plient en premier, le derrière encore dans les airs, avant de descendre l’autre moitié du corps. Bien que je connaisse le processus, ça me surprend toujours autant. De nouveau au sol, j’ai l’impression d’être encore sur le chameau. Mes jambes me font mal tout comme après un entrainement si ce n’est pas pire. Je marche un peu tel la démarche d’un cowboy, rien à voir avec les deux jours qui suivirent. J’avais vraiment la démarche parfaite pour jouer dans un film du far west.

Cet hiver, lorsque je suis retournée à Palmyra, Hany me disant toujours de faire attention au camel boy : « Vanessa, please be safe and don’t talk to them ». Pas de danger que ça arrive, je ne veux absolument plus refaire de chameau.  Juste à y penser, j’ai la démarche d’un cowboy!

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

فانيسا

vanes

Si le chameau pouvait voir sa bosse, il tomberait de honte. (proverbe arabe)

Les chameaux ne se moquent pas réciproquement de leurs bosses. (Proverbe touareg)

Publicités

Une veille du jour de l’an bien différente

Posted in syrie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 21 janvier 2010 by vanes

Chaque année la même question revient : Que faire pour fêter le nouvel an en grand. Cette année j’ai trouvé réponse à cette question. Je le fêterai d’une façon peu commune dans un environnement dépaysant. Je passerai le 31 décembre dans le désert de la Syrie, à Palmyra dans une tente de bédouin.  Cette année, tous se réuniront à Palmyra en provenance de Homs,

Ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Aleppo et Damascus pour fêter en grand. L’an passé le jour de l’an est passé inaperçu en raison des événements de Gaza en Palestine.

Palmyra est une petite ville au centre de la Syrie et une rue principale qui se rend aux ruines de l’ancienne cité de Palmyra la traverse. Il s’agit du centre ville. Tout le monde se connaît puisque tous possèdent une boutique de bijoux ou de souvenirs, un restaurant ou un café. Les enfants des propriétaires travaillent tous pour l’entreprise familiale et quelques uns d’entres eux ont tissé des liens d’amitié. Ainsi mon ami Hany a un ami Odi qui possède un restaurant dans une tente typique de bédouin où des soirées sont organisées. La dernière fois, j’ai eu droit à une expérience inoubliable qui sera détrônée par la plus récente.

Revenons au début de cette longue journée dans laquelle je m’étais arrêtée dans mon dernier article.

Nous arrivons à deux voitures de la ville de Homs à Palmyra et Hany me dit que sa sœur se fiance le soir même et qu’il

Moi devant les ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Moi devant les ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

devra passer du temps avec sa famille. Parfait pour moi, j’aurai quelques heures de solitude pour faire une sieste, défaire un peu ma valise et me préparer tranquillement pour la soirée. En me déposant à l’hôtel où je séjournerai, on convient que je le rejoindrai pour 19h30 au restaurant familial.

Il est 17h lorsque je me réveille de ma sieste et m’apprête à prendre une douche alors que ça cogne à ma porte. J’enfile une serviette autour de mon corps et demande qui est là. Mohammad, le propriétaire me dit que Hany est au téléphone et il me passe son mobile à travers la mince ouverture que je fais avec la porte. Hany me dit que quelqu’un passera me chercher pour le rejoindre. Je lui demande de me donner vingt minutes pour me préparer. Je me presse et je ne sais pas où donner de la tête. Dois-je me préparer pour la soirée ou juste pour le souper. Connaissant Hany et ses tendances imprévisibles je me prépare pour la veillée du jour de l’an. Je n’ai pas apporté beaucoup de vêtement pour les sorties. J’hésite entre un haut noir un peu échancré que je mets pour sortir à Montréal et un nouveau t-shirt à manches longues et col bateau acheté à Istanbul quelques jours plus tôt. Malgré que Hany me dit que je peux porter ce que je veux, je me dis que je suis en Syrie, que j’ai des courbes et que Palmyra est un peu plus conservateur que Damas et opte pour le haut avec le plus de tissu. Je me maquille, mais pas trop. J’enfile un pantalon noir et de petites bottes plates. Rien à voir avec les autres jours de l’an. Quarante minutes plus tard j’appelle Hany qui m’envoie un chauffeur (Je suis l’heure arabe en prenant le double du temps convenu). J’arrive au restaurant et aperçois Hany assis à une grande table à laquelle toute sa famille est réunie. Je me félicite mentalement pour ma tenue en voyant les femmes voilées dont sa mère à côté de qui on m’assigne une place. Je suis ultra gênée puisque je ne m’attendais aucunement à cela. Merci Hany pour les infos! C’est le souper des fiançailles de sa sœur avec un Syrien qui demeure au Canada. Il me parle de l’autre bout de la table et je comprends qu’il demeure à Pierrefond. Il m’est étrange de parler de Montréal avec des étrangers mais de parler de quartiers, c’est encore plus étrange. Hany me sert mon premier whisky-coka de la soirée, assez fort pour me mettre à l’aise. Une fois gavée d’agneau de riz et d’un mélange fait avec de l’orge au goût exquis, nous nous rendons tous chez Hany où les hommes se trouvent dans le salon des invités et les femmes dans un autre salon plus petit. Là commence l’attente de je ne sais quoi. Une femme me parle de temps à autre d’un anglais assez bon. Elle est surement professeur d’anglais. Je suis assise dans un fauteuil qui prendra surement ma forme au cours de la soirée et je me contente de sourire. Puis, la tête d’un homme surgit de la porte et il déclare quelque chose en arabe que je ne saisie aucunement. La sœur de Hany se lève et fait le tour des invitées pour leur serrer la main et en embrasser quelques unes. Les unes après les autres lui disent quelques mots en finissant avec mabrouk (félicitation). Vient mon tour. Je me contente d’un simple mabrouk et elle sourit avec un air fraternel. Elle m’aime bien et me parle toujours en arabe. Hany me fais signe de changer de salon. Je repère un petit fauteuil. On attend toujours mais cette fois, devant une énorme table à café sur laquelle se trouvent des montagnes de douceurs telles des baklavas, des noix et des fruits. La professeure d’anglais me sert une assiette avec un baklava de chaque sorte soit environ cinq gros et trois petits puis, une assiette avec une clémentine, une pomme, une banane et une orange. Elle fait de même pour chaque invité. Pense-t-elle vraiment que je puisse manger le tout et ce, après une montagne de riz avec de l’agneau? Je me force à manger deux baklava et un morceau de pomme très lentement par politesse. Subitement, la musique arabe surgit de quelque part dans la pièce d’un son mauvais et extrêmement fort. Les jeunes se mettent à danser et Hany, évidemment, vient faire son spectacle.  Les futurs mariés prennent aussi part à la danse. Évidemment, ils essayent de me faire danser. Je déteste ce moment où je ne voudrais d’aucune façon mettre en valeur mon pays d’origine par mes mouvements de canadienne coincée dans un bloc de glace alors que les arabes sont gracieux. Je sais que je n’ai pas le choix. J’essaie de faire de la visualisation. Ça y est je ne peux plus résister, Iyad, son frère me tire le bras et je me lève. Quelle honte! La chanson termine juste quand je me dandine d’un côté à l’autre en faisant à semblant d’être très à l’aise. J’en profite pour me rassoir.

Il est 21h30 lorsque Hany et moi filons en douce après l’échange des anneaux.

Je suis contente de m’être préparée pour la soirée puisque Hany nous conduit à la tente de bédouin. C’est là que je vivrai un jour de l’an bien différent.

La tente est immense en forme de L. Nous prenons place à une table en face du Dj et du bar, car oui, ils boivent! Amer et un autre ami Wafi y sont déjà. S’en suit des deux Ahmed et de leur conquête ainsi que Naim et la sienne. Un troisième Ahmed se joint également à nous. Les gars prennent des bouteilles de vodka et de whisky et ça y est c’est parti.

Un groupe de bédouin se promènent d’un bout à l’autre de la tente en chantant, jouant de la musique et dansant. Ils s’arrêtent devant nous, Hany leur donne un billet et ils restent devant nous pour quelques instants, puis reviennent en chantant quelque chose en nommant Naim pour l’inciter à donner un autre billet, ce qu’il fit. Nous avons droit à un autre

Ahmed au Party du nouvel an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

Ahmed au Party du nouvel an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

moment de musique digne des mariachis, mais tellement plus agréable. Une troisième visite cette fois pour soutirer un billet de Ahmed. Le plateau avec l’agneau entouré de légumes et d’un mélange de riz est servi. Moi je n’arrive plus à prendre ne serait-ce qu’une bouchée.

Le Dj embarque et fait jouer de la musique arabe. Hany se lève pour danser devant notre table et je me lève subitement. J’adore la musique arabe. Tous mes amis vous le diront, je leur casse les oreilles avec ma musique. Je me lève j’en écoute, dans mon ipod, au travail parfois, sur le retour chez moi et chez moi jusqu’au coucher et je ne me tanne juste jamais. On se met à danser entre amis et ce n’est pas long qu’on se retrouve entourés de plein de touristes et plus tard, d’autres amis. Je ne me suis plus rassise jusqu’à la fin. Les flashs de photos se font voir de partout, des gens filment aussi. Un après l’autre m fait danser et c’est

Mohammad et moi au party du jour de l'an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

Mohammad et moi au party du jour de l'an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

grâce à tous ces flashs que j’ai pu retracer ma soirée. Une grosse caméra est souvent autour de moi, mais je n’y porte pas trop attention jusqu’à ce que le monsieur me demande une entrevue. euh c’est que c’est pas le bon moment là. Je ne peux pas vraiment refuser quand je vois que Hany ne le revire pas de bord. Il est deux heure trente du matin, je suis dans le désert avec quelques verres de Whisky dans le corps et la télévision syrienne, dans un pays musulman et une ville plus conservatrice me demande une entrevue? Je prie Hany de me suivre et de gérer le tout. Il en rit et me dit qu’il va me traduire les questions. Au début je réponds en arabe, un peu tout croche. Puis on reprend et cette fois j’abandonne et je réponds en anglais. Il me demande mon nom, ma nationalité, la raison de ma visite et surtout la raison d’être venu à Palmyra plus que dans une autre ville. Je lui sors la première réponse qu’il me vient en tête, mais c’est pénible. Non. C’est simplement absurde.

Le lendemain, sur la rue principale, chaque personne sur le cadre de porte de leur boutique me salue. Tout se sait dans cette petite ville. Ma réputation est faite. Party girl canadienne  qui adore la musique arabe. Le summum est les bédouins qui me reconnaissent de loin et me font signe de danser en m’offrant le hospitality tea. Si j’avais accepté tous les thés proposés, j’aurais bu mes 2 litres d’eau par jour pour les quatre prochains jours. Ceci étant dit, j’ai passé la plus merveilleuse des veilles du jour de l’an. L’expérience culturelle la plus amusante et je me dis que ce qui ce passe à Palmyra, reste à Palmyra!

فانيسا

vanes

La jeunesse, est une fraction de folie. (proverbe arabe)

Les retrouvailles

Posted in syrie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , on 17 janvier 2010 by vanes

Un an et demi s’est écoulé avant mon retour en Turquie et en Syrie.  Après ce faux départ grâce à la compagnie aérienne KLM, j’arrive une journée plus tard à Istanbul. Je suis accueillie par une turque avec qui j’avais passé une fin de semaine à faire la fête chez mes amis turcs avant mon retour à Montréal après trois mois de voyage au Moyen Orient. Nous avions gardé contact par l’Internet depuis juillet 2008. Ainsi nous avons développé des affinités durant ce laps de temps et elle m’a offert de rester chez elle durant mon séjour puisqu’avec mes amis, il semblait bien compliqué de s’organiser.

Digdem et moi dans un bar de Istanbul, Turquie

Digdem et moi dans un bar de Istanbul, Turquie

Il est dimanche et c’est le 27 Décembre 2009. Je suis devant l’hôtel Marmara qui se trouve à Taksim, l’endroit tendance pour les sorties et le magasinage. J’y suis enfin! Digdem arrive, c’est comme si je ne l’avais jamais quitté. On se sert dans les bras et prenons le chemin de la maison.

Sa mère m’accueille d’une façon digne de l’hospitalité turque. On prend le thé en se contant brièvement les dernières nouvelles. Sa mère, Tulay, ne parle pas du tout l’anglais, mais Digdem fait l’interprète. Elles décident de m’amener ainsi que l’ami de Digdem, Tylan au marché de poisson où se trouvent de petits restaurants. Je déguste mon poisson avec les petites entrées

Petit restaurant où nous avons mangé dehors, Yedikule, Istanbul

Petit restaurant où nous avons mangé dehors, Yedikule, Istanbul

style humus et aubergines à la tomate. Nous mangeons dehors sur la terrasse au mois de décembre et ce, en chandail et en souliers. Je suis tout simplement comblée.

Quelques jours s’écoulent et je quitte Digdem que je reverrai à la fin de mon voyage, puisque je pars pour la Syrie.

Après mon histoire de frontières et les quatre heures trente de trajet pour me rendre à Homs, je revois mon ami Hany. Cet arabe qui parle si fort avec qui j’ai passé à peu près une semaine avec à Palmyra ainsi que dans sa famille à Homs et également chez son ami Amer à Damascus, lors de ma visite précédente. Je

Hany et moi sur la colline de la citadelle de Palmyra en Juin 2008

Hany et moi sur la colline de la citadelle de Palmyra en Juin 2008

monte les marches de l’immeuble et son homme à tout faire monte mon bagage et me dirige à l’appartement. Je passe le cadre de porte et j’aperçois Hany dans le salon. Il est pareil sauf quelques livres en trop. On se serre dans les bras et commençons à délirer comme auparavant. On ne dirait pas à première vu que ça

Naim et moi au jour de l'an, Palmyra Syrie

Naim et moi au jour de l'an, Palmyra Syrie

fait un an et demi qu’on s’est vu, car rien n’a changé. Il est presque cinq heures de l’après midi et je suis épuisée de mon parcours qui dure depuis minuit. Hany me demande de deviner qui viendra ce soir. Je l’ignore, je suis sérieusement ultra fatiguée et je suis nulle aux devinettes! Il m’annonce que lorsqu’il a parlé avec ses amis que je connais et que lorsqu’ils ont su que j’arrivais le soir même ils ont décider de quitter Palmyra pour venir à Homs afin de souper tous ensemble.

Une heure plus tard, Naim et sa copine font leur entrée suivie de Amer avec qui j’ai une plus grande complicité. Hany, Naim et

Amer and I at the new year's eve party in Palmyra, Syria

Amer et moi au party du jour de l'an à Palmyra, Syrie

Amer sont trois gamins dans la mi- vingtaine avec qui je riais constamment et partais sur des délires. Ils m’accueillent avec nos blagues habituelles. C’est bon de les revoir. Encore une fois ils n’ont pas changé sauf qu’ils ont tous pris du poids. Amer était celui qui faisait tant attention à son apparence et passait plus de temps devant le miroir que moi. À l’opposé, ils me font la remarque que j’ai maigri. C’est surement du aux trois derniers mois de ma vie dans lesquels je courrais d’un bord à l’autre tous les jours.

L’homme à tout faire de Hany nous prépare un festin, un vrai! De l’agneau, du poulet frit, de la salade fatouch, des légumes avec des fines herbes, de la soupe et du pain. Les desserts suivent avec les incontournables cafés arabe et thés. Nous restons un moment dans la pièce centrale entourée de cousins dans laquelle se trouve le poêle. Plus tard, nous allons visiter Homs by night comme Hany ne cesse de dire. On se rend dans un resto-café où nous prenons une bière et fumons le narguilé.

Le lendemain, le 31 décembre nous partons à deux voitures vers Palmyra où nous fêterons le jour de l’an. Évidemment c’est la folie. La musique arabe à tue tête, les gars chantent et tappent des mains. Moi je regarde le paysage désertique et je suis si contente de retourner à Palmyra et passer quelques jours près des ruines, dans le désert. Un son retentit de temps à autre, puis pendant plus de trente minutes. Le genre de son que fait nos voitures ici lorsque la ceinture du conducteur n’est pas attachée. Je demande à Hany qu’est-ce que ce bruit. Il me répond tout bonnement que c’est le son que qui indique que la limite de vitesse est dépassée. Je regarde le cadran, il roule à 120 jusqu’à 130. Au cours de ce voyage on me répètera souvent cette phrase : « here nobody respects the rules », « no rules here ». Quel bordel que ces pays!

Hany me dépose à l’hôtel, puisque je ne peux être hébergée chez lui étant donné qu’il s’agit d’une ville très conservatrice et que bon il possède des connexions avec le milieu hôtelier. Je revois Mohammad, cet homme gras avec qui nous avions pris toute une cuite dans la tente de bédouin la

Mohammad, the own of Afares Hotel in Palmyra in June 2008

Mohammad le propriétaire de l'hôtel Afares à Palmyra en Syrie, Juin 2008

dernière fois. Puis plus tard, je revois la famille de Hany, sa sœur qui se fiancera le soir du 31, sa mère, son père et son frère. Tous se souviennent de moi et nous échangeons les politesses et cette fois, en arabe! Son frère comme je l’avais prédit à Hany, me parle en roumain alors que je lui répète à chaque fois que je ne parle pas la langue. Voyez vous il a épousé une roumaine qui vit maintenant à Palmyra avec qui il a eu deux enfants qui sont je dois dire très mal élevés. Depuis, il adore parler le roumain et même étant séparé de sa femme, continue à chatter sur l’Internet avec des femmes roumaines en Roumanie. Hany me regarde et rit lorsque je lui fais remarquer que son frère Iyad me parle toujours en roumain. Son père qui est intimidant et plutôt âgé me parle d’un arabe incompréhensible et lorsque les autres me font la traduction, ils rient toujours du fait qu’il me parle en langage très familier typique de Palmyra alors c’est normal que je ne comprenne rien.

Odi and I at the new years eve party in Palmyra, Syrie

Odi et moi au party du jour de l'an à Palmyra en Syrie

La dernière personne que je revois est Odi. Odi dont le père possède la tente de bédouins où les fêtes les plus folles se déroulent. Lui, il y travaille et gère les soirées. Odi se prononse Odaye et moi j’étais convaincu que son nom était Obayd. Ce fut un de nos running gag durant le reste de mon séjour.

C’est en revoyant tous ces gens que je réalise à quel point les choses peuvent rester telles quelles et stagner. Pour ma part, je suis contente d’évoluer, de changer et de me défaire des situations dans lesquelles je suis moins bien. Un an et demi plus tard, je vois la différence, je vois ma différence. J’ai grandi.

فانيسا

vanes

Quelque soit l’ami que vous preniez, il faudra vous en séparer un jour. (proverbe arabe)

Différence culturelle I

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 18 octobre 2009 by vanes

Je crois qu’à la suite de toutes mes expériences de voyage, j’ai développé une certaine tolérance. C’est-à-dire que je suis difficilement choquable quand il est question de traditions, coutumes ou façons de vivre dans les autres pays.  Je peux ne pas être nécessairement d’accord, par contre, qui suis-je pour juger une culture simplement car elle n’est pas mienne?

L’autre soir, je suis allée souper au restaurant avec mon meilleur ami. C’était dans un restaurant Afghan que j’aime tant non loin de chez moi. Bien que les plats soient délicieux et plein de saveurs parfumées, le service reste assez médiocre. Lors de la prise de notre commende le serveur nous adresse à peine un sourire en nous demandant si nous sommes prêt à commander en insistant sur le mot S’il vous plaît : «Prêt à commander? S’il vous plaît? ». Je ne sais pas pour l’Afghan mais en arabe cela se traduit par l’expression je vous en prie. Moi je sais, mais pas tout le monde. Ainsi ce même Afghan est quelque peu désagréable avec son busboy en prenant son rôle de serveur plus haut placé pour lui déverser son stress. À la fin de notre repas, bien que nous ayons presque englouti notre repas si délicieux il nous demande si on restera encore longtemps car une réservation est en attente d’une table. On sent clairement l’invitation à libérer la table. Un peu trop direct à notre goût, il y a clairement un manque de délicatesse. Cette soirée m’a rappelé une histoire que j’ai vécue en Syrie en 2008.

Ruines de Palmyra, Syrie

Ruines de Palmyra, Syrie

J’étais à Palmyra à deux reprises hébergée par Hany, mon couchsurfer. Le couchsurfing étant un concept un peu bizarre auprès des familles arabes plus conservatrices, Hany ne m’héberge pas chez lui, mais m’offre une chambre dans l’hôtel de son ami. Ainsi, la deuxième fois que je suis allée après avoir visité le Liban, j’étais connue par ses amis et par le restaurant familial à l’arrière duquel Hany possède un café internet. Voilà qu’après avoir fait la fête le soir, le lendemain matin, je traversais la rue pour rejoindre Hany dans son café. Malheureusement, il dort encore chez lui et j’ignore où se trouve sa demeure. Je me mets donc à jour dans les courriels afin de donner un peu de nouvelles. Puisque c’était encore la nuit à Montréal, je n’ai donc pas grand chose à faire puisque personne n’est sur Messenger. Je fais donc quelques recherches pour trouver des endroits où dormir dans les prochaines villes lorsque Iyad, le frère ainé de Hany qui travaille pour le restaurant de son père me demande de venir l’aider. Cela faisait plus de deux mois que je ne travaillais pas et je trouvais ça plutôt comique de le dépanner un instant. Je m’occupe des touristes en prenant leur commande alors que je ne connais aucunement le menu. Cela me fait rire et puisque Hany et sa famille furent très gentil avec moi, ça me faisait plaisir de me rendre utile. Mais voilà que Iyad ambitionne un peu et commence à me donner des ordres comme si j’étais son employée. Des ordres du style d’aller débarrasser telle ou telle table, d’aller porter des plats et servir les breuvages. Tout cela, sans prendre en considération que j’avais accepté de le dépanner un peu comme ça. Il utilisait l’impératif sans aucune délicatesse. Je commençai à trouver ça moins drôle. Je le trouvais désobligeant envers les cuisiniers qui d’ailleurs étaient de jeunes enfants. Encore une fois la hiérarchie de l’entreprise lui permettait de crier sur ceux en dessous de lui alors que lui doit obéir à son père. Je me retrouvais au même niveau que ceux là. Constamment je regardais dehors afin de voir si Hany était dans les parages en serrant les dents de plus belle. Hany arriva après l’heure achalandée du diner et dès que je le vis, je filai à l’arrière échappant à son frère si désagréable. Je n’ai même pas eu le droit à un merci alors que moi, j’étais là en vacances et surtout, comme invitée.

Maison de Hany à Homs, Syrie

Maison de Hany à Homs, Syrie

J’ai remarqué le pouvoir que ce type de personnes s’approprient alors qu’ils ne peuvent aucunement fonctionner sans ces autres qui sont en dessous d’eux. De plus, il est évident que comme je suis une femme, c’était approprié de la part de Iyad que de me suggérer fortement de l’aider. Une femme se doit de servir l’homme. C’est comme ça, c’est culturel, on n’y peut rien. Il est évident qu’un occidental habitué à l’égalité des sexes sera choqué tel que j’ai pu l’être un peu face à cette situation et ce, malgré moi.

فانيسا

vanes

Votre fils sera tel que vous l’aurez élevé; et votre mari, tel que vous l’aurez habitué. (proverbe arabe)