Archive pour nablus

Oui, je le veux

Posted in palestine, syrie, Uncategorized with tags , , , , , on 14 février 2010 by vanes

Mon meilleur ami se marie très bientôt. Je suis ses préparatifs et franchement il m’impressionne. Tellement de choses à penser et jusqu’aux petits détails. Le tout est fait sans énervement et sans stress apparent. Ça doit bouillonner en lui, j’en suis certaine. Je lui ai demandé si le tout le stressait et il m’a dit : je suis stressé de tout faire avant la fameuse date puisqu’il y a tant à faire, mais je ne suis pas stressé de me marier. Le geste en tant que tel est facile ou plutôt naturel. En d’autres mots, l’engagement pour la vie ne lui fait pas peur, mais la liste de préparatifs est longue. J’admire encore plus ça. De nos jours, il est plutôt rare que de se marier et à notre âge, encore moins. Au Canada, ce n’est pas une tradition qui a vraiment survécu avec le temps. Les couples se marient plus tardivement et pour les bonnes raisons en général.

Dans la tradition musulmane, les femmes se marient très jeunes et selon les pays, dès leur puberté. Pour un occidental il est outrant qu’une jeune femme de 15 ans soit mariée et encore plus lorsqu’il s’agit d’un mariage arrangé.

Les mariages se font aussi différemment, mais je ne pourrais pas vous en parler puisque je n’ai jamais eu la chance d’être invitée dans un mariage musulman et même pas dans un mariage tout court. Par contre, à deux reprises, durant mes voyages, j’ai assisté à des célébrations entourant le mariage.

La première fut en Palestine, en juillet 2008. J’étais hébergée par Amjad, un des fondateurs du camp de réfugiés Askar à Nablus. Sa première femme était invitée à la réception de l’après mariage d’une jeune femme du camp. Vu que je n’avais jamais été dans un mariage et que l’on me dit toujours que les mariages musulmans sont toujours colorés, Amjad me demanda si j’avais envie d’accompagner sa femme et ses deux filles à cette réception. Quelle question! N’importe quoi pour expérimenter la vraie culture en ayant accès aux maisons des locaux ainsi qu’à leurs célébrations!

Quoi porter? Une fois encore l’éternelle question que je me pose dans ma propre ville quand je sors et encore plus en Palestine. Je ne mettrai pas mon uniforme comme je l’appelle qui consiste en mon jean et ma blouse légère qui couvre mes fesses et mes bras brodée au collet pour une soirée spéciale. J’oublie la jupe puisqu’on verra mes jambes et j’ai un jogging, que j’oublie aussi. Il

Sur le chemin pour la célébration d'après mariage à Nablus, Palestine

Sur le chemin pour la célébration d'après mariage à Nablus, Palestine

reste mon éternel jean. Je l’agence avec un haut noir qui couvre aussi mes fesses que j’ai acheté plus tôt à Istanbul. J’avais aussi acheté une paire de sandales fermées et dorées à Eilat en Israël que j’ai mise. Un peu de fard à paupière, mais pas trop et quelques bijoux puisque ça, au moins, les femmes en portent toujours des dizaines sur elles. Nous marchons jusque la demeure de la famille. Nous tentons de nous frayer un chemin parmi la foule de femmes entassées dans le salon. Il fait si chaud à la base et avec toute cette population, c’est pire. Les femmes vêtues du Hijab doivent suffoquer! À ma grande surprise, les femmes sont bien habillées, moins conservatrice que normalement. Les jeunes filles sont en robes; pas celles qui couvrent les jambes. Bien au contraire, elles ont des robes courtes très serrées avec des décolletés que je ne porte même pas moi même! La femme de Amjad me fait signe que la jeune femme avec la robe verte est la nouvelle mariée. Elle doit avoir à peine 17 ans. Moi à 17 ans, je commençais à sortir dans les clubs, j’étais en secondaire 5 et me préparais pour partir en appartement. Pour sa part, elle devra penser à faire des enfants bientôt et vivre la vie de la femme au foyer.

Je balaie la pièce du regard et ne remarque aucun homme. C’est normal oui, mais en même temps je trouve ça étrange qu’après la cérémonie de mariage, l’homme et la femme célèbrent chacun de leur côté.

Je m’assois aux côtés de la femme d’Amjad et d’une de ses amies pendant que ses deux filles courent d’un côté et de l’autre avec d’autres enfants. La musique est si forte que l’on pouvait l’entendre de la rue. Les haut-parleurs grichent et laissent paraître qu’ils ne sont pas assez puissant pour le volume souhaité. Les jeunes dansent au centre sur la musique arabe. Évidemment la mère de la nouvelle mariée me prend la main et tente de m’entraîner sur la piste de danse, un classique. Je refuse en riant un peu jaune. Voire que moi, une canadienne je vais me lever et danser sur de la musique arabe auprès de ces Palestiniennes. Tous les ingrédients pour me ridiculiser! En même temps, je n’ai pas le choix. C’est insultant pour les hôtes si je ne leur fais pas le plaisir de participer à la célébration. Je me lève et me dandine un peu d’un côté à l’autre maladroitement en riant jaune encore une fois puis me rassois. C’est bon, on m’a vu, on me laissera en paix par la suite. Les femmes font leur célèbre youyou. Ce cri de joie très fort et aigu qui sert à manifester une joie collective dans des célébrations. Il suffit d’une seule qui part le bal et elles suivent toutes. Selon le livre Nadine Picaudou, Territoires palestiniens de mémoire, « Le terme zagharit signifie « youyous », youyous qui peuvent être entendus de très loin en raison du son aigu et clair qui est produit. Ils comportent de nombreuses variations en Palestine, des signes distinctifs qui sont souvent reconnus et mis en avant dans les fêtes. ». J’adore entendre les femmes faire des youyous. Je me surprise à pouvoir le faire un peu lorsque j’ai organisé l’enterrement de vie de garçon de mon ami qui se mariera bientôt alors que voulais en rire.

Vue sur le camp Askarà Nablus, Palestine

Vue sur le camp Askarà Nablus, Palestine

De mon coin, j’observe la mariée qui se changera plus d’une fois. Peut-être est-ce une tradition? Les robes sont aussi kitch les unes que les autres. Les rubans servant à accrocher la robe lui sort des dessous de bras et elle n’est pas bien ajustée. Son maquillage est de mauvais goût. Rien à voir avec la maquilleuse Francine Gagnon de chez LeSalon. Que dire de sa coiffure!? Je prends plaisir à la scruter tellement elle est cliché. Que voulez-vous, ça me fascine.

La deuxième fois fut les fiançailles de la sœur de Hany, mon ami de Palmyra. Je vous en avais déjà parlé dans mon article d’une veille du jour de l’an pas comme les autres. La ségrégation des sexes était aussi de mise alors que hommes et femmes se retrouvaient dans deux salons différents. De temps à autre, les youyous se faisaient entendre à mon plus grand plaisir. Après une longue attente nous avons eu droit à l’annonce des fiançailles par un homme dont j’ignorais le lien avec les fiancés. Je me suis demandée s’il y avait un moment précis où l’affirmation de cette déclaration devait être faite. Puis j’avais aussi trouvé étrange le fait qu’une fois réunies dans le même salon, celui des hommes, la sœur de Hany fit son entrée vêtue d’une autre robe. Toujours avec cette coiffure de mauvais goût qui semble être belle de face, mais terrible de profil. Les gens échangeaient entre eux, préparaient des assiettes de douceurs et de fruits alors que l’échange de bague de fiançailles se faisait. Étais-je la seule à en être témoin? Le père et la mère de Hany semblaient être occupés, lui à parler avec un autre homme, et elle à orchestrer la soirée.

Cela étant dit, j’espère pouvoir être témoin d’un mariage arabe puisque ça semble si différent si je me fie aux célébrations dont j’ai eu la chance de faire parti.

En cette journée de St Valentin , je dédie cet article à cet ami très cher qui se liera par les liens du mariage dans une semaine…même pas! Tous mes vœux de bonheur

فانيسا

vanes

Le Mariage est comme un salon où l’on trouve quatre-vingt-dix-neuf serpents et une anguille. Qui osera y mettre la main ?

Pour bien aimer une vivante, il faut l’aimer comme si elle devait mourir demain. (proverbe arabe)

LeSalon : 5358 St-Laurent, Montréal. 514.564-4990

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Problème d’identité?

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , , , , on 30 août 2009 by vanes

Je suis étudiante à L’université du Québec à Montréal en langue et culture arabes. Vous êtes surpris?! Au grand désespoir de ma grand-mère maternelle roumaine, j’ai mis de coté mon projet d’apprendre le Roumain au profit de l’Arabe. Je vous explique.

Je suis Roumaine. Non, je suis née au Québec, mais je ne suis pas Québécoise. Je suis donc une jeune femme née au Québec d’un père québécois et d’une mère roumaine. Je ne sais pas trop ce que je suis vraiment, mais je m’identifie au peu de la culture que je connais et celle qu’on m’a inculqué. J’ai une famille et c’est les Georgescu. Les parents de mon père étant décédés dès mon jeune âge, je n’ai pratiquement eu aucun contact avec eux.  Mon côté roumain s’est développé beaucoup plus étant en contact direct avec mes grands parents roumains et les traditions roumaines. À Montréal, je me sens plus Roumaine, en Voyage, Canadienne Française, donc Québécoise. Il s’agit d’un sentiment quelque peu étrange puisque j’ai été dans une école secondaire non seulement bilingue mais fréquentée par des enfants d’immigrants en grande partie.  Les Québécois pur laine n’étaient pas la majorité. En conséquence, mon entourage, des Argentines, une Polonaise, une pakistanaise, des Canadiens anglais etc. ont joué un rôle plus important que je ne le croyais. Je vivais au quotidien dans la différence des cultures et je m’y plaisais bien. Probablement que si j’avais fréquenté des institutions totalement québécoises y compris le Cégep et en partie l’Université, probablement que m’indentifierais plus à la culture québécoise.

Canada

Canada

Dès l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne en janvier 2007, j’entamai les procédures pour obtenir la citoyenneté roumaine. Ce n’est que deux ans plus tard et des centaines de dollars investis que je suis officiellement à la fois citoyenne Roumaine et Canadienne! Quelle honte d’avoir la citoyenneté d’un pays sans parler la langue officielle de celui-ci. J’éprouve toujours un pincement au cœur lorsque je réponds aux gens qui me posent la question, que bien que je sois moitié Roumaine, moitié Québécoise, non, je ne parle pas la langue. Ce n’est pas parce que je ne veux pas, au contraire, mais dans le passé, des circonstances que j’ignore encore font que ma mère nous l’a pas enseigné.

Roumanie

Roumanie

Malgré que Montréal soit une ville merveilleuse et multiculturelle, aucun cours de roumain officiel n’est offert. Il faut donc se déplacer en Roumanie, ce qui engendre des coûts et un temps qu’il faut s’allouer pour partir et s’y dédier à temps plein. Un plan que j’ai considéré jusqu’à ce que ce désir d’apprendre l’Arabe, suite à mon voyage au Moyen Orient, entrent en conflit avec l’importance d’apprendre le Roumain. Je me suis inscrite pour le temps d’une session dans un programme bidon pour nier ce souhait d’apprendre l’Arabe. Ce genre de comportement ne dure jamais très longtemps pour moi car je suis passionnée. Quand une passion me frappe, je ne peux faire autrement que de la vivre. À la mi session d’automne 2008 j’ai décidé de cesser de dénier mon envie profonde d’apprendre l’Arabe qui va au delà du Roumain, pour l’instant et de m’inscrire dans le certificat de langue et culture arabe de l’UQAM.

On me disait que cette langue est l’une des plus difficiles à apprendre, mais moi, non, j’y arriverai. Inutile de spécifier que j’ai la tête dure et que je suis déterminée! Ma conclusion après treize cours, interrompus par une grève des professeurs, je dois admettre que ce n’est certes pas une langue qui s’apprend en tâtonnant et en changeant la lettre finale d’un mot par un « o » ou un « a », ce qui la rend encore plus mystique et intéressante. Il s’agit d’une langue des plus complexe par sa calligraphie magnifique et par sa structure totalement différente de la langue française. La calligraphie arabe est un art de l’écriture que seuls ceux qui se donnent le défi de l’apprendre peuvent avoir le privilège de comprendre. Elle est un art à part entière. Un art du trait qui s’écrit de droite à gauche et son alphabet contient 29 lettres dont seulement 19 sont différentes, puisque les autres se différencient par des points. Voici un bon exemple de deux son distincts ayant trois points comme seul différence à l’écriture : lettre « s » elle s’écrit ainsi : س  et le son « sh » : ش . De plus, la majuscule n’existe pas en arabe et la façon d’écrire les lettres est différente selon leur position dans le mot. En arabe, la plupart des mots dérivent d’une racine composée généralement de trois lettes et parfois de quatre. Si on prend par exemple la racine « b,h,r », on obtient le mot « bahr » signifiant mer, « buhayra » se traduisant par lac ou encore « ibhâr » signifiant embarquement. Ces trois mots ont une racine commune et un son commun en arabe, alors qu’en français, il n’y a aucun lien phonétique entre eux. La langue arabe compte plus de vingt mille racines et chacune est à l’origine d’une centaine de mots. Contrairement à l’écriture en Occident où il est possible de couper un mot en deux et d’user du trait d’union afin de ramener la deuxième partie du mot à la ligne suivante, en arabe, on doit reporter le mot entier à la ligne suivante. Cependant, les mots seront étirés de manière à remplir la ligne et donner l’esthétisme recherché. Si je désire écrire mon nom, Vanessa, il s’agit d’une tâche ardue car la lettre V et E n’existe pas en Arabe. Mon nom se prononce Fanissa, Banissa ou Wanissa selon les pays arabes. Lors de mon voyage, j’étais toujours amusé d’entendre les Arabes prononcer mon nom d’une façon différente à chaque fois même si je tentais de les faire répéter doucement comme on fait avec bébé qui commence à parler. Alors que j’étais de passage dans camp de réfugier Askar à Nablus, en Palestine, on me rebaptisa Jamila (جَميل) pour la durée de quelques jours. Il faut savoir que chez les Arabes et les Iraniens, tous les prénoms possèdent une signification. Jamila se traduit par belle, nom très commun dans le monde arabe.

De savoir l’écrire et de pouvoir commencer à lire l’arabe est, selon moi, un privilège que je m’accorde. Seul l’amour de cette langue nous permet de persévérer.

فانيسا

Vaness

Jamila

Toutes choses sont difficiles avant que d’être faciles. (Proverbe arabe)