Archive pour musulman

De grands Hommes

Posted in Uncategorized with tags , , , , , on 20 avril 2010 by vanes

Alors voilà, jeudi soir, Tariq Ramadan est en ville pour deux jours le temps de nous offrir deux conférences sur l’Islam et l’Occident. Omar Aktouf, professeur aux HEC sera de la partie le premier soir. Un ami tunisien m’avait parlé de Mr Aktouf, son professeur de management.  Pour ce qui est de Tariq Ramadan, ce même ami m’avait fait son éloge lorsqu’il avait déjà assisté à une conférence précédente. Le combo de deux hommes incroyables ne pouvait être qu’une soirée instructive.

Cependant, Il n’y a plus de billet depuis la semaine précédente. Je fais des pieds et des mains pour m’en procurer un. Ça devient même absurde. Je rejoins tous les musulmans que je connais pour en obtenir un. Le jour même alors que j’avais faible espoir, un ami des HEC m’en trouve un. Là je me dis, j’espère que ça vaudra le coup, c’est quand même juste une conférence et non un show du groupe de l’heure.

Assise en première rangée aux côtés de mon nouvel ami Djiboutien, j’attends impatiemment la première intervention. Mr Omar Aktouf veut défendre sa thèse sur les raisons de la peur des sociétés occidentales. Comme mentionné dans le contenu du billet précédent, il dénonce cette nouvelle mode du «ism» avec le terrorisme. Cette association faite avec les musulmans qui semble n’avoir rien d’autre à faire de leur journée que de fabriquer des bombes et se faire sauter. Ce qui est absurde est que durant la guerre du Liban, 48 des 50 kamikazes furent identifiés comme Chrétiens alors que deux seulement étaient de confession musulmane.

Pourquoi accuser ces musulmans à être la source du terrorisme? Je l’entends souvent celle là : N’as tu pas peur des terroristes lorsque tu voyages? ou encore «ahhh tu t’intéresse aux terroristes toi!» Ce n’est que quelques commentaires que je considère stupides que je reçois. Selon Mr Aktouf , le Canada n’a rien à craindre du terrorisme international. Il soutient son point en démontrant que notre pays est une terre d’accueil et que sa réputation au sein des autres pays entre autres arabo-musulmans, en est une pacifique où il fait bien d’immigrer. Il n’y a aucune raison pour une quelconque attaque. Il appelle cette crainte du terrorisme international face au Canada une psychose. J’adore!! «À travers mon Afrique du Nord natale, de Rabat au Caire, le Canada est vu comme un pays «ami de tous», ni colonialiste ni impérialiste, juste et neutre, sans velléités guerrières, sans alignement sur les seuls intérêts du capital multinational… Et, aussi comme un pays qui «pèse» sur la scène mondiale par son influence apaisante… avec intégrité, éthique, bon sens et droiture.» déclare Mr Aktouf et dans sa conférence et dans le journal Le Devoir dans l’édition du 20 juillet 2005. Alors voilà en réponse à cette peur du supposé terrorisme il dit une chose intéressante. Des pays comme l’Irak qui se font bombarder sous prétexte d’une libération du régime dictatorial de Saddam Hussein pour en fait avoir la main sur le pétrole. D’autres bombardements sur l’Afghanistan sous prétexte de combattre pour la libération de la femme de la burka alors que c’est en Arabie Saoudite que la femme est le moins bien traitée et qui n’a pratiquement aucun droit, mais ça on n’y touche pas à l’Arabie Saoudite! C’est normal qu’après ces interventions extérieurs, les pays arabo-musulmans répliquent en attaquant leurs attaquants, c’est un réflexede défense tout à fait humain. Aussi, il qualifie, avec raison, de terroristes les actes de la guerre d’Algérie par les colonisateurs français, dont il a été témoin durant les dix ans de guerre. Cela démontre qu’en fait, il n’y a pas un terrorisme «ennemi de l’Occident» en soi comme le dit si bien Omar Aktouf. On pourrait continuer longtemps avec des exemples plus choquants les uns que les autres.

Le discours de Mr Aktouf est simple et s’adresse à tous. Il joint l’humour à ses thèses sérieuses et sa façon de s’exprimer est très accessible et peut être comprise de tous, même les non initiés.

Pour ce qui est de Tariq Ramadan son discours se trouve à être un peu plus difficile à comprendre si vous n’avez pas une certaine base sur l’Islam ou les conflits interconfessionnels, bien qu’il dise le contraire. À son arrivée, il a repris quelques points que Mr Aktouf avait abordés pour les expliquer d’une autre façon, sa façon. Il parle évidemment de la question du terrorisme qu’il relie au contrôle souhaité du pétrole par les puissances américaines. Dans le fond, pour faire une histoire courte, tant et aussi longtemps que le pétrole sera sous le sol arabo-musulmans, ces territoires et ces peuples seront victimes d’invasions injustifiées et d’une couverture médiatique falsifiée.

Auparavant, la culture orientale subissait le regard envieux et représentait le fantasme des Occidentaux face aux sociétés arabo-musulmanes dans laquelle le harem était présent. Ce fantasme de cette ouverture sur la sexualité s’opposait à la fermeture de ces sociétés occidentale. Puis, peu à peu, les choses ont basculé et les positions ont changé le harem en moins. Alors que la société musulmane se replie sur elle même, l’occidentale lui reproche à celle musulmane d’être extrêmiste et refoulée. Par le passé, ils furent les plus développés en matière de science naturelles et de technologie avant que l’Europe ne les rattrape provoquant ainsi la nécessité de se réformer pour ne pas perdre le fil.

De plus, Tariq Ramadan est le petit fils de celui qui fonda le mouvement extrémiste des Frères musulmans, Hassan Al-Banna, dont il ne cesse de justifier le fait qu’il n’est aucunement associé à ce mouvement en raison des attaques trop faciles de ceux qui s’opposent à son discours. Les Frères musulmans proviennent de l’Égypte tout comme les origines de Mr Ramadan qui vit en Suisse. Ils sont pour une renaissance islamique en voulant instaurer la Shari’a et lutter contre l’influence occidentale. C’est pas parce qu’on est parent avec quelqu’un qu’on supporte ses idées, mais ça, ce n’est pas tout le monde qui le comprend.

Tariq Ramadan se prononce entre autres sur le port du voile intégral, la jeunessse, la famille, Gaza, l’Islam et la politique et la société, sur l’histoire des minarets et j’en passe. Il est juste dommage que son passage fut ignoré par les grandes tribunes qui auraient permis la diffusion d’un discours honnête telle qu’à l’émission de Tout le monde en parle qui possède plus de 1.2 million de cotes d’écoutes par diffusion. Au lieu de cela, on présente des promoteurs d’un Islam erroné et je comprends ces citoyens d’avoir l’image qu’ils ont.

À tous ceux qui parlent trop vite lorsqu’ils parlent des arabo-musulmans, je vous invite à lire ou écouter les discours de ces grands hommes. Nous sommes privilégiés d’avoir accès à ces sources incroyables, de savoir qu’elles sont  à notre disposition. Profitez en donc pour en user et vous renseigner sur ce monde mal médiatisé,ce monde  mal aimé.

Cette conférence du 15 avril fut à la hauteur de mes attentes et même plus. Ailleurs, le temps d’une soirée, je fus nourris intellectuellement ou plutôt gavée, alors que je travaille dans un milieu plutôt superficiel où les grands débats n’ont pas le choix de se font rares. Ça m’a fait du bien.

Je vous laisse avec un proverbe que Tariq Ramadan nous a donné durant sa conférence :

«On attaque l’arbre, que lorsqu’il porte ses fruits» (proverbe africain)

فانيسا

vanes

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Ailleurs, le temps d’une soirée

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on 17 avril 2010 by vanes

Jeudi soir, il est 18h30 quand je marche sur la rue Notre-Dame en direction du théâtre Corona à Montréal. Un homme m’aborde pour savoir où est le théâtre. Je lui fais signe que c’est tout droit sachant très bien que nous allons au même endroit. On se suit un peu jusqu’à ce qu’il m’aborde de nouveau. Il me demande si je vais aux Hec, je réponds que non. Il me demande si je connais les personnes en question. Je réponds encore une fois négativement en disant que j’ai cependant beaucoup entendu parlé mais qu’en fait, j’étudie en langue et culture arabe. Aucune réaction. Normalement, j’ai droit à au moins un air surpris. L’homme a clairement les traits d’un arabe, mais plus foncé et je lui demande sa nationalité, comme j’aime bien le faire. Il vient du Djibouti, un pays de l’Afrique de l’Est au sud de l’Égypte. Il me demande si je connais. Fièrement, je suis une des très rare qui sait où se situe son pays et quelle langue ils parlent.

De loin, j’aperçois une file d’attente qui fait le coin de la rue. Moi qui croyais prendre un peu d’avance car le rendez-vous est pour les 19h. Plus j’approche, plus je vois que la file semble interminable. Le djiboutien a une passe droite pour passer devant la file, moi je vais me poster à la fin. C’est pas un show de rock star, ce qui importe est d’écouter les paroles de ces messieurs et non de me précipiter pour avoir une place aux premières loge. J’entends parler arabe partout. J’ai le sourire aux lèvres en entendant tous ces accents arabo-français ainsi que les expressions. J’observe autour de moi et je remarque que les traits de chacun sont différents. Je suis habituée de voir majoritairement des maghrébins à Montréal, mais je remarque des Libanais, des Palestiniens et surement plus des moyen orientaux que ce que je suis moins habituée de voir ici mais que je distingue très bien vu mes voyages au Moyen Orient. Ce grand rassemblement de musulmans me fait plaisir et ce regroupement ne fait qu’affirmer quelque chose: Tariq Ramadan est en ville. Il offrira une conférence intitulée «Pourquoi les sociétés occidentales ont-elles peur de l’Islam?».

Le Djiboutien revient me chercher pour me faire passer devant tout le monde. J’ai donc droit au même traitement que lorsque je suis en voyage. Il me prend en charge comme j’appelle. Ça fait du bien et cela me met dans l’ambiance. Il reste deux places en avant que nous allons occuper. Mr Ramadan se fera attendre puisqu’il sera en retard de trois heures étant donné qu’il enseigne à l’université de Oxford et que du à l’éruption d’un volcan en Islande, il est donc impossible de voler au-dessus. Je décide de rester après tous ces efforts pour trouver un billet si convoité.

En attendant, je lis un livre que j’ai enfin le temps de lire, puisqu’avant l’étude de mon examen sur l’empire Ottoman me tenait trop occupée. Le Djiboutien qui en fait s’appelle Amr (prononcé Amer) lit la page couverture : L’homme d’Asmara. Il me demande qui l’a écrit et moi je réponds fièrement « ma mère » Là, je le surprends. La ville d’Asmara est en Érythrée, une frontière du Djibouti. La quatrième couverture offre un résumé du roman à lequel il identifie beaucoup sa jeunesse. On cause pays arabo-musulmans en attendant l’intervention d’Omar Aktouf, professeur aux Hec assure la première partie de la conférence et qui saura remplir avec brio les deux heures avant l’arrivée de Mr Ramadan. Personne n’a quitté la salle sachant que le grand intellectuel sera là vers 22h seulement. Cela démontre l’importance de cet homme face aux musulmans, pour la cause musulmane s’il y a.

Alors voilà que mr Aktouf est aussi drôle que pertinent dans ses propos. Il parle de cette mode du « isme ». Après le communisme, le terrorisme. Il démontre très bien les facteurs géopolitiques et géoéconomiques qui ont amenés les musulmans à subir une mauvaise presse. J’en reparlerai dans un autre temps. Les gens applaudissent pour illustrer leur accord avec les propos de mr Aktouf. Ça parle arabe autour et moi. Je me crois ailleurs le temps d’une soirée. Comme si j’étais dans une vie parallèle à la mienne. Je suis bel et bien à Montréal, car je ne suis certes en voyage, mais je ne suis pas dans mon élément, c’est-à-dire que je ne semble pas être dans ma vie quotidienne que je mène. J’ai un regard extérieur sur moi-même. Mon physique est séparé de mon psychologique. En même temps, oui jesuis dans mon élément, car je me retrouve avec des centaines de gens qui partagent cet intérêt pour la culture musulmane bien que ce soit à différent niveau. C’est comme si je faisais parti des leurs. Étrange et fascinant en même temps. Je me retrouve dans cette position de minorité dans ma propre ville puisque très peu de Québécois étaient présent à cette conférence.

En fait, c’est ce qui m’a le plus choquée. Sachant très bien que j’allais voir beaucoup de musulmans, cette conférence s’adresse plutôt aux Occidentaux selon moi. Les musulmans eux, le savent et la ressentent cette peur, mais c’est à nous, les Occidentaux qu’il faut l’expliquer et faire changer des mentalités. Il aurait du y avoir plus de publicités dans les milieux francophones tels les universités mais ne pas s’arrêter uniquement à la promotion de la conférence dans un cours sur l’Islam ou un milieu musulman. La solidarité est incroyable entre eux, mais nous avons eu la chance de recevoir un grand homme pour nous expliquer des faits totalement logiques, et ce n’est même pas notre société québécoise qui en bénéficie. Les choses ne changeront donc pas de sitôt de cette façon.

Le but n’est pas de convertir les gens ou encore qu’ils soient d’accord avec tous ce que l’islam comporte, mais c’est de comprendre ce qu’elle est vraiment et sans mauvaise interprétation de la part de tous ces médias quelle que soit leur forme. Je souhaite à tous de pouvoir assister à une conférence de Tariq Ramadan et Omar Aktouf ou du moins d’avoir la curiosité d’aller sur youtube pour écouter leur discours et démystifier ce que l’Islam, les Arabes, les musulmans représentent réellement.

فانيسا

vanes

«Rire sans raison, éducation à refaire». (proverbe algérien)

Niqab ou pas niqab

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , , on 7 mars 2010 by vanes

Le 2 mars 2010, on lit dans les journaux qu’une étudiante se fait expulser de son cours de français car elle porte le niqab. Tout le monde en parle, en reparle et m’en parle. Moi qui suis très tolérante face au culte musulman en plus d’avoir été dans des pays arabes et d’en étudier profondément l’histoire et sa langue, on me demande mon avis sur cet incident.

Il est délicat pour moi de pouvoir répondre sur mon blog et d’en faire un sujet complet. Je ne veux pas créer de conflit ou choquer qui que ce soit. Chacun a son opinion il suffit de la transmettre de façon délicate et sans attaque.

Tout d’abord, il faut faire une distinction entre le hijab , le tchador, le niqab, et la burqa. Je ne cesse de vouloir faire comprendre aux gens la différence, car il est difficile pour un non initié de distinguer les différents voiles. Cette distinction est importante.

Premièrement, le hijab est le foulard qui couvre les cheveux ainsi que le cou. Il s’agit du voile le plus courant dans les pays arabes que j’ai visité ainsi qu’à Montréal.  Il date d’avant même la naissance de l’Islam. Il y a ensuite le tchador, qui est un tissu normalement noir qui couvre la tête jusqu’aux pieds, mais laisse le visage dévoilé. Les bras peuvent sortir de chaque côté puisque ce tissus est fait comme une tente. Puis, il y a le niqab qui est comme un tchador en plus de couvrir le visage laissant seulement entrevoir les yeux. Ce dernier est le voile intégral porté par choix dans beaucoup de pays malgré que le hijab suffirait. Pour finir, le plus extrémiste, porté en Afghanistan, est la burqa qui est un genre de tente qui couvre la totalité du corps de la femme avec un grillage lui permettant de voir.

Personnellement, je n’ai jamais vu de femme en niqab dans ma propre ville alors qu’une d’elles se fait expulser de son cours du cégep Saint-Laurent. Évidemment cet incident re-soulève la question des accommodements raisonnables encore une fois.

Je me pose alors encore beaucoup de questions.

Pourquoi devrions nous tolérer cet accoutrement alors qu’il s’agit d’un pays laïc? Moi j’aime bien la philosophie de vivre et laisser vivre. Qu’une femme porte un voile ou pas, ça ne me dérange pas tant qu’elle ne me l’impose pas. Je suis bien placée pour les comprendre ces femmes voilées, car je me suis

Persepolis, Iran

moi même voilée en Iran. Il s’agit d’un symbole religieux qui est tout aussi légitime que les perruques des femmes juives, que ces juifs qui se font pousser les boudins de chaque côté de leur visage et qui porte la kippa, cette petite « capine » ou encore l’habit noir des juifs hassidique. De même que les indiens qui porte le turban ou le chrétien qui porte la chaine au cou avec le crucifix. Nous sommes supposé être un pays libre qui accueille les immigrants, c’est en partie ça le Canada. Des immigrants il y en t-il trop? Je ne crois pas. Le Canada est un pays si jeune qu’il ne peut suffire de le peupler uniquement de Canadiens. Nous sommes nous même des conquérants qui nous sommes installés sur le territoire il n’y a pas plus de quatre cent ans. En même temps, pourquoi vouloir immigrer au Canada si ce n’est pour de meilleures conditions ainsi qu’une certaine liberté? Notre culture est si loin de celle des musulmans que je ne saisie pas ce que certains recherchent ici et pourquoi ils revendiquent autant le droit de démontrer des symbole religieux. Selon moi, il s’agit d’une contradiction que j’ai difficulté à comprendre. Se couvrir les cheveux est une chose que ce soit dans un pays musulman ou dans une terre d’accueil, mais de porter le voile intégrale dans notre société, il y a immanquablement un clash.

Ce n’est tout de même pas une raison pour insulter ces femmes voilées et de les regarder de travers dans la vie quotidienne.

Une journaliste du journal de La Presse s’est prêtée au jeu et a vêtit le niqab durant deux jours à Montréal et a pu vivre le mépris des gens. Un passant lui lance un « ouach » assez fort pour qu’elle l’entende, un autre : « retourne dans ton pays ».

Sommes nous, les Québécois si ignorants au point de juger les autres et de les insulter à la simple vu d’une pratique si différente et opposée à la notre? Se font-ils insulter lorsqu’ils portent chiquement le fameux bas blanc de sport dans des sandales birkenstock? Je ne crois pas. Qu’est-ce que cela peut bien changer dans la vie de ces gens? À ce que je sache, ce ne sont pas eux qui enfilent le voile.

Je suis une enfant d’immigrante, je voyage beaucoup, j’ai vu un peu du monde, d’autres religion et d’autres cultures. Je suis donc apte à les comprendre et ainsi qu’à les défendre. Ces différences font de notre monde, un monde différent et intéressant, il faut vivre avec, en être conscient.

Esfahan, Iran

Ma mère vit à Montréal depuis ses dix neuf ans, elle a fuit un pays en plein communisme et ce ne fut pas nécessairement par choix mais plutôt par nécessité. La situation du pays ne permettant pas de se développer tel que nous avons la chance au Canada ou encore d’avoir un avenir certain. Les immigrants sont nombreux à vivre cette situation. J’ai l’impression que les gens parlent sans comprendre le discours qu’ils tiennent. Ils parlent, sans réfléchir, sans connaissance de cause, sans s’intéresser à ce qui se passe à l’extérieur du pays. Une chance que ce n’est pas tout le monde qui est comme ça, mais par certains commentaires que je suscite au travail lorsque je fais mes lectures sur l’Islam me permette de me choquer. Juste cette semaine, un homme à peine plus vieux que moi me dit tout bonnement  quelque chose du genre « ouin  ben je les comprends pas eux autres là; tu savais que dans le Coran ça dit de battre leur femmes ». N’a t-il rien compris de ce qu’est la tolérance, l’ouverture d’esprit et surtout la curiosité de lire réellement sur le sujet, pour après pouvoir en juger? En 2010, ce genre de comportement et de paroles vides de sens me découragent.

J’écoutais un reportage plus tôt cette semaine. Un musulman revendiquait le droit d’obtenir qu’un lieu de prière et ce, à Milan.  Il ne demandait non pas un minaret ou l’appel à la prière mais bien qu’un lieu public au lieu de le faire illégalement dans un sous-sol d’immeuble comme il est courant. Selon ce même musulman, il s’agit d’un droit à la démocratie, droit à pratiquer son culte librement tel la constitution l’indique. Une propagande qui circule dit: « l’islam attaque nous devons nous défendre ». L’islam attaque quoi au juste? Ces pays sont0-ils tant en crise d’identité pour se sentir

Abyaneh, Iran

menacé par l’immigration? Alors que nous essayons d’être tolérant, il y a en France une peur face aux immigrants où la communauté musulmane se trouve à être la plus grande de tous les pays non musulman et ils entament des campagnes contre eux.

Imaginez quelqu’un qui est déraciné de son pays. Parfois, la religion est le seul point de repère qu’il possède. Certains immigrants peuvent même devenir plus religieux. La raison est peut-être du à une de perte d’identité et se rattachent à ce qui leur est de plus près, la religion. Je me suis moimême surprise à vouloir croire en quelque chose lorsque ma grand-mère fut hospitalisée. Je voulais sentir cette force surnaturelle. On dit que Allah est grand, je voulais y croire. Moi je pense que dans la misère, on se repli vers la religion. Certains immigrants sont de grands intellectuels et exercent des métiers hauts placés en société dans leur pays. Cela pourrait nous être bénéfique, mais les équivalences ne sont pas pareilles et ça ne leur permet pas de les exercer et ainsi se trouvent à occuper des postes dégradant et sous payés.

l'habit d'un juif hassidique à Tel aviv, Israël

En Italie, un immigrant sur quatre est un immigrant clandestin. Peut-être est-ce pour cette raison que la tolérance est rendue très basse? Au Canada, 20 % de la population sont des immigrants et en France que 8%. Il s’agit de nombres considérables.

Qu’une femme cache ses cheveux ou pas. Qu’elle porte n’importe quel vêtement, ça lui regarde et elle seule. Un ami à moi me disait que son habillement reflétait ce qu’il était, sa personnalité et bien pourquoi ne serait-il pas de même pour les voiles? Peut-être devrions nous encadrer mieux ces immigrants à leur arrivée, afin d’éviter de susciter des réactions déplacées et les éduquer sur notre culture comme je le fais avant de voyager, pour ne pas choquer. En contre partie, il faudrait absolument instaurer un programme qui consisterait à éduquer les jeunes canadiens dès le primaire sous forme de cours de religion non seulement chrétien, mais d’y incorporer les autres grandes religions du monde. Ainsi, nos futurs adultes acteurs de lasociété auront une tolérance et une connaissance des  différents cultes. Pourrions nous alors éviter des scandales et des débats sur les accommodements raisonnables? Par contre, la question du port du voile en milieu d’institution est une question à se poser à laquelle je ne répondrai pas. Enfin il s’agit d’un sujet qui sera toujours sur la table et qui ne se règlera pas de sitôt.

فانيسا

vanes

Il n’y aurait plus de calomniateurs s’il ne se trouvait plus personne pour les écouter avec intérêt. (Proverbe arabe)

Histoire de porc!

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 12 décembre 2009 by vanes

C’est fou ce que de petites choses qui semblent si anodines peuvent prendre bien de l’importance en temps réel.

Cette fois, je reculerai un peu plus en arrière. En juillet 2007 plus précisément. Je suis en Bulgarie et mon voyage tire à sa fin. Plus qu’une seule destination que j’attends depuis le début : la Turquie. Cette attente est due surtout depuis mon mini avant goût à Sarajevo en Bosnie Ayant été sous l’emprise de l’empire ottoman au 15e siècle, c’est-à-dire les anciens Turcs, la vieille ville témoigne son histoire par sa culture turque.

Je quitte Plovdiv, la seconde ville après Sofia qui est la capital. Le trajet en autobus est d’une dizaine d’heures. Je prends mon mal en patience et j’écoute Jack Johnson en boucle. Deux couchsurfers m’accueilleront à la station de bus d’Istanbul. L’un possède une compagnie d’électronique ou quelque chose du genre et l’autre, est commandant dans la marine turque ce qui sera un des sujets de plaisanteries.

Plovdiv, Bulgarie

Plovdiv, Bulgarie

C’est là que nous arrivons à la frontière de la Turquie. Une dame s’énerve dans le bus. Moitié stressée moitié amusée. Je ne comprends pas trop car son débit de voix est rapide et son accent anglais un peu difficile. Elle semble dire qu’elle ramène de la Bulgarie des saucissons, salamis et saucisses pleins son sac. Les gardent nous demandent de sortir du bus et de mettre nos bagages sur une table. Je comprends à ce moment que chacun sera fouillé. C’est ma première fois et moi, je voyage avec un sac à dos. Il contient que 80L et je sais pas pour vous messieurs, mais nous les dames, 80L est uniquement le poids pour le kit de survie. Tout est cordé et bien placé stratégiquement pour mon arrivé à Istanbul, dont le nécessaire pour prendre une douche. Nous sommes en ranger, chacun derrière son bagage qui eux sont sur des tables surélevées. La dame distribue subtilement ses produits fait de porc dans les sacs de tout le monde qui ont accepté d’être sa complice. Elle les cache en dessous de ses vêtements et en met même

La mosquée bleu de Istanbul, Turquie

La mosquée bleu de Istanbul, Turquie

dans sa sacoche! Moi j’ai seulement de l’alcool. Une bouteille de tuica prononcé tsouïka, d’alcool de prune, une spécialité de la Roumanie. Cette eau de vie qui vous racle la gorge et qui tue le méchant! Le garde ouvre mon sac et met la main jusqu’au fond. Franchement je suis impressionnée et je ne comprends même pas comment il a fait pour y entrer un bras au complet tant j’avais le sac plein! Il le retire et continu sa fouille chez le voisin. La dame commence à avoir de plus en plus chaud. Il fouille le tout encore une fois très rapidement, puis la laisse tranquille. Je vois son sourire s’afficher, elle se trouve ridicule. En même temps, les gardent ne sont pas très sérieux dans leur fouille. Ils misent plus sur la peur que l’action selon moi.

À l’entrée de la frontière un panneau indiquant les interdits est affiché. Le porc y est. Nous entrons dans un pays où la possession de porc est contre la loi. Cette dame est donc hors la loi pour transporter du cochon!! Après le passage aux douanes, le bus repart. Tous font des blagues de la situation et la dame déclare que ses amis seront ravis de récupérer leur denrée tant attendue.

Le Porc. Parmi plusieurs définitions, en voici deux : 1. Mammifère domestique omnivore dont le museau se termine par un groin. Il est élevé pour sa chair et son cuir. 2. Homme grossier, sale, vulgaire.

Mais le porc, c’est plus que ça.

Coran, Sourate II, verset 173 : « Dieu vous a seulement interdit la bête morte, le sang, la viande de porc et tout animal sur lequel on aura invoqué un autre nom que celui de Dieu. »

Coran, Sourate VI, verset 145 : «Dis : «Je ne trouve pas d’interdictions au sujet de la nourriture, dans ce qui m’a été révélé, à part la bête morte, le sang répandu et la viande de porc -car c’est une souillure- et ce qui, par perversité, a été sacrifié à un autre que Dieu.»

Le porc est considéré comme impur puisque se nourrit de déchets. De plus les musulmans peuvent manger les animaux qui peuvent être égorgés et ainsi le porc ne possèdent pas de cou et ne peut donc pas être égorgé. En conséquence, si Dieu aurait voulu que les musulmans puissent s’alimenter par cet animal, il lui aurait donné un cou.

En fait, non seulement le Coran interdit la consommation de porc mais la Bible aussi l’interdit. Dans le Lévitique, chapitre 11, verset 7-8 : «Vous ne mangerez pas le porc, …Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts : vous les regarderez comme impurs».

En voyageant en terre d’Islam, j’oublie souvent cette restriction et m’étonne à chaque fois que le bacon ne soit jamais au menu dans les déjeuners et le fast food. Tout s’explique, lorsqu’on comprend le pourquoi de la chose!

فانيسا

vanes
Sans la variété des goûts, la mauvaise marchandise resterait. (proverbe arabe)

Qu’est ce qu’un bon Musulman?

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on 22 novembre 2009 by vanes

Depuis mon voyage au Moyen-Orient, et même lors de ma préparation à cette grande aventure qui changera ma vie, j’ai développé un genre de radar pour tout ce qui touche au monde arabe. Je repère tous les arabes sur mon chemin essayant de deviner de quel pays ils proviennent, puisque de pays en pays, ils ont une physionomie différente. Je repère tous les marchés arabes, les produits arabes et les livres qui touchent de près ou de loin à ce sujet. C’est intégré dans mon mode de vie en plus de suivre des cours à l’université sur ce peuple.

À la fin de l’été, en réaction à une situation je me suis posée la question suivante : Qu’est-ce qu’un bon musulman? Voilà une question à laquelle j’ai réfléchie, puis discuté avec plusieurs arabes.

Une journée où la pluie tombera d’un coup, je vais prendre un verre avec un Arabe. Nous allons tout de même sur une terrasse malgré le ciel couvert. Je commande une bière et lui, un pina colada…Virgin! Oups. J’ignore pourquoi, mais je n’aime pas prendre de l’alcool quand la personne avec qui je suis n’en prend pas. La serveuse dépose les verres et on lui rend chacun notre dû. Je suis étonné qu’il ne commande rien d’alcoolisé et qu’il soit catégorique là dessus. Mon ami arabe m’explique que les musulmans ne doivent pas boire puisque ça embrouille la pensée, il s’agit d’un péché et d’une impureté, ce que je savais déjà mais pas à ce point là.

Sourate V verset 90 :

Ô vous qui croyez!

Le vin, le jeu du hasard, les pierres dressées

et les flèches divinatoires

sont une abomination et une œuvre du Démon.

Évitez-les…

-Peut-être serez-vous heureux-[1]

Avant de sortir, mes amis turcs musulmans à Istanbul

Avant de sortir, mes amis turcs musulmans à Istanbul

Il ne s’agit que d’un passage du Coran parmi tant d’autres qui suggère fortement de ne pas user de l’alcool.  Non seulement les musulmans ne doivent pas boire, mais ne doivent pas encourager ce comportement en payant ou en vendant des produits alcoolisés. Je ne peux donc rien rajouter à ça, c’est un bon musulman et il fait les cinq prières et ce, chaque jour. Il se met à pleuvoir des cordes sur la terrasse et nous sommes complètement mouillés. Situation cocasse, au diable la mise en plis, on va chez lui pour continuer à jaser. En parlant, je me rends compte qu’il a une faille dans sa pratique de l’Islam. Je suis un peu confuse. Il dit être un bon musulman et suivre le coran, mais enfreint une règle. Selon la sourate XXIII, verset 1-11 du Coran:

Heureux les croyants

qui sont humbles dans leurs prières,

qui évitent les propos vains,

qui font l’aumône,

qui se contentent de leurs rapports avec leurs épouses et leurs captives

-on ne peut donc les blâmer;

tandis que ceux qui convoitent d’autres femmes que celle-là sont

transgresseurs-

qui respectent les dépôts confiés ainsi que leur engagements

et qui s’acquittent de leurs prières.

Ceux-là sont les héritiers;

ils hériteront du Paradis où ils demeureront immortels.[2]

Je suis sortie de cette soirée un peu confuse. Je me pose et vous pose la question suivante : Qu’est-ce qu’un bon musulman?

Je n’ai pas encore suivi mon cours sur l’Islam, mais je commence à connaître les bases de cette religion dans mes cours

Homme qui fait ses ablutions avant la prière. Mosquée des Umayyades à Aleppo, Syrie

Homme qui fait ses ablutions avant la prière. Mosquée des Umayyades à Aleppo, Syrie

d’histoire. Un bon musulman doit suivre les cinq piliers de l’Islam soit la déclaration de foi, la prière, l’aumône, le jeûne du ramadan, le pèlerinage à la Mecque; puis les cinq piliers de la foi : Allah, malaikas (anges), les livres sacrés, les prophètes, le jugement dernier et le destin. Pour ce qui est de la fornication et de l’usage de l’alcool, ces deux éléments sont venus plus tard dans l’Islam.

Je ne veux pas prétendre de connaître très bien l’Islam mais être musulman signifie la soumission à Allah, leur Dieu.  Il faut donc bien le représenter puisqu’il donne le droit chemin et veut que le musulman soit bon. Il faut donc lui donner cette reconnaissance qui lui est dûe.

J’ai posé la question à plusieurs musulmans et ils m’ont tous fait part de leurs failles, donc, qu’ils ne sont pas de « bon » musulman malgré leur souhait de l’être. Un ami Palestinien du camp de réfugiés avec qui j’ai gardé contact m’a tout de suite répondu que non, il ne se considérait pas comme un bon musulman. Ses raisons furent qu’il a eu des relations sexuelles avant le mariage, qu’il boit de temps à autre et qu’il ne fait pas toujours ses cinq prières.

Jordanien, cigarette et verre de Wiskey-Coca à Petra

Jordanien, cigarette et verre de Wiskey-Coca à Petra

Il pratique le ramadan, mais triche de temps à autre. Je le remercie pour son honnêteté. Puis un autre Palestinien et le seul avec qui j’ai parlé, m’a avoué être un très bon musulman, même à 26 ans. Il n’est pas encore marié et préserve sa virginité sans jamais avoir bu une goutte. Puis j’échange sur cette question avec un arabe qui vit à Montréal depuis quelques années. J’ai trouvé cet échange plutôt intéressant. Sachant très bien ses failles, je lui pose la question. Il me répond qu’il se considère comme un bon. Et l’alcool? et bien il ne prie pas lorsqu’il a bu. Et le sexe? « «Allah est grand, il pardonne». Moi je trouve que Allah a le dos large. Il se défend en disant qu’il a un bon cœur. Il dit que lorsqu’il fait le « mal » c’est envers lui et que lorsqu’il prie, il demande le pardon à Allah. Allah lui donne puisqu’il est humain. Moi je me dis que le pardon est fait pour nous apprendre une leçon. Il est là pour pardonner une faute commise qu’une seule fois et il ne faut pas la répéter. Ce même arabe me répond que Allah pardonne toujours. Il te montre le droit chemin et te dicte le bien. Il dit que même Adam a commis une faute grave alors d’imaginer, ce que nous pouvons commettre. Selon lui, Allah ne se tanne jamais de pardonner. Mais moi je me questionne toujours. Au fond, tu peux faire ce qui t’enchante, car tu sais que Allah pardonnera. Son point? Tu te tanneras de faire la «mal» avant  qu’Allah se tanne. On finit notre conversation alors qu’il me déclare que sans les erreurs, comment Allah peut-il montrer le droit chemin et nous distinguer le bien du mal?

La dernière personne avec qui j’en parle, est cet ami arabe du début. Je lui pose la question. Il ne me répond pas tout de suite, mais plutôt par courriel, quelques jours plus tard. Je suis très curieuse de sa réponse. Sa réponse fut très intéressante. « Tout d’abord, pour être musulman il faut prononcer, croire et attester Achahada qui est :« j’atteste qu’il

Homme turc prient dans la mosquée de Diyarbakir, Turquie

Homme turc prient dans la mosquée de Diyarbakir, Turquie

n’est de Dieu que Dieu et que Mohammed est son envoyé». Cette attestation est le fondement de l’islam et d’un «bon musulman ». Puis il y a ce qu’on appelle Ahkam: lois, valeurs, prescription, ordonnance, jugement, etc. C’est là qu’on distingue les bons des moins bons; car selon lui, la vie temporelle et la vie spirituelle d’un musulman sont étroitement liées. La distinction ne peut donc pas être faite uniquement sur le plan physique de la pratique. Agréablement surprise, il prend un détour pour finalement avouer qu’il possède une faille trop grande. Il me dit plus tard que c’est ce n’est pas une fierté et qu’en fait il souhaite tellement être bon musulman que de l’avouer alors que je savais déjà était difficile.

Bien que l’explication du dernier soit intéressante et exprimée avec logique, je suis presque toujours aussi confuse à savoir si un bon musulman existe vraiment.

Kashan, Iran

Kashan, Iran

Est-il possible pour un immigrant arabe croyant dans un pays sans interdictions et qualifié de pays libre tel le Canada, de pouvoir être un vrai bon musulman comme le Coran le suggère? Un bon musulman peut-il se considérer ainsi en ayant

même qu’une seule faille à sa pratique? Parce que permettez moi de vous dire que autant dans mes voyages dans les pays musulmans, que dans ma propre ville où l’immigration arabe est assez importante, je ne crois pas avoir rencontré un seul bonmusulman tel que décrit dans les textes. J’ai cette idée de l’Islam comme étant une religion qui est une pratique à part entière. Il s’agit d’une religion si stricte et complexe. Je me pose toujours cette question et vous la pose par la même occasion: Qu’est-ce qu’un bon musulman?

فانيسا

vanes

Si Dieu ne pardonnait pas, son paradis serait vide. (proverbe arabe)


[1] Le Coran, traduction par D. Masson, Gallimard, 1967 p.143

 

[2] Idem p.419

Un fichu de fichu

Posted in Iran, Uncategorized with tags , , , , , on 25 octobre 2009 by vanes

Une chose étrange lorsqu’on voyage est de se fondre aux coutumes, traditions et lois du pays. Tout dépendant du pays, certains demandent plus d’adaptation que d’autres. Selon moi, l’ultime pays qui demande une grande adaptation dans ceux que j’ai eu la chance de visiter est l’Iran. Bien évidemment, l’adaptation s’adresse aux femmes puisqu’elles doivent porter obligatoirement le hijab.

Massouleh, Iran

Massouleh, Iran

Lorsque j’ai pris la décision de partir en Iran et d’entamer les procédures de demande de visa, je n’étais pas trop consciente de ce que je m’apprêtais à faire. Ça prends un mois après l’envoi de la demande pour avoir une réponse et lorsque celle-ci est délivrée, on a droit à un maximum d’un mois dans le pays utilisable dans les trois mois suivant l’obtention du visa.

Alors voilà que le mois passe et je suis de plus en plus stressée, car je n’ai pas encore reçu ma réponse. J’appelle donc à l’ambassade de l’Iran à Ottawa et je demande ce qui en est. L’homme me répond que j’ai le visa. Je raccroche et je me surprends à être debout sur mon lit, les genoux légèrement fléchis. J’ai un coup de chaleur et je saute hors du lit en poussant un cri dont je ne comprends pas trop la signification. Je réalise que je vais en Iran et je me dis à haute voix que je suis folle. J’allais porter obligatoirement un foulard sur la tête ainsi qu’un manteau islamique. Pourquoi!?

Le « Hidjab », mot provenant de hajaba, qui signifie cacher, et, plus précisément, dérober du regard, est un bout de tissu servant à voiler la femme musulmane.

Kashan, Iran

Kashan, Iran

Le port de vêtements couvrant le corps et le visage des femmes est présent bien avant l’arrivée de l’Islam mais est accentué par le message prophétique. Bien que le voile fût connu en premier lieu comme signe de prestige ou de coquetterie ou encore pour la protection contre la haute température, son usage est devenu plus répandu et est ainsi devenu un symbole religieux. Ce n’est cependant pas uniquement dans la religion musulmane que le hijab est porté. Également, dans le judaïsme, on voile tête et front ou on a recours à la perruque.

Je mets les pieds dans le pays avec cette tenue islamique qui s’est avérée beaucoup trop chaude pour ce mois d’avril et je me suis ainsi procuré un genre de blouse légère pour compenser. C’est étrange le sentiment de dissimulation dans une société qui n’est pas mienne. Les gens m’abordent en Farsi, pensant que je suis iranienne. Je n’ai donc pas l’air folle avec la tenue et je me fonds très bien aux locaux.

À toutes les futurs voyageurs de la gente féminine, lorsque vous prenez une chambre dans un hôtel, assurez vous d’avoir une salle de bain dans laquelle une douche est intégrée. Puis je vous dire la difficulté que j’ai eue à toujours me vêtir pour sortir de ma chambre et aller me doucher ou user des toilettes et ce, en pleine nuit? Ainsi en sortant de la douche, je devais enfiler mes vêtements sur ma peau encore humide. Cela n’est absolument pas le grand confort.

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de me faire arrêter par des femmes dans la rue qui tentaient de me dire qu’un bout de

Isfahan, Iran

Isfahan, Iran

ma peau était découvert alors que ma ganse de sac à main tirait le tissus vers l’épaule. Puis je répondais que je ne parle pas

Yazd, Iran

Yazd, Iran

farsi. Ainsi elle s’excuse et continuent leur chemin. Une touriste bénéficie de plus de tolérance que la femme iranienne. Une autre difficulté que je vivais était le moment où j’arrivais enfin à m’endormir dans les autobus de nuit bruyants et inconfortables. Mon foulard glissait souvent pour laisser apparaître ma chevelure. La dame qui siégeait à côté de moi, me réveillait à chaque fois pour me signifier mon infraction. Aussi, dans certaine mosquée, le tchador est requis. Il s’agit d’un grand tissu qui fait le contour du visage pour couvrir tout le corps jusqu’aux pieds. J’étais à Shiraz lorsque je visitais une des multiples mosquées où on prête le tchador aux touristes. Je fais mon petit tour, le tchador par dessus mon habit et mon fichu. En le remettant au préposé, mon fichu a suivi et je me suis retrouvée la tête nue. L’homme me regarda d’un air ébahi et me fais un grand sourire en me faisant un signe avec sa main signifiant que je suis jolie. Je l’enfilai rapidement et quittai aussi vite que je pu, gênée de ma faute commise. J’avais enfin réussi à assimiler cette barrière matérielle et cela faisait parti de moi.

Je suis contente de l’avoir porté, de l’avoir vécue, de l’avoir compris. Cela m’a surement aidé à le tolérer au point de ne pas faire la différence entre une femme qui porte le hijab et une autre qui ne le porte pas.

Ce n’est pas parce qu’une culture n’est pas d’accord avec une autre que cette dernière n’est pas valable. Qui sommes nous,

Yazd, Iran

Yazd, Iran

les occidentaux, pour définir le port du voile comme néfaste et surtout comme signe de soumission ? Qui sommes nous pour juger une religion qui n’est pas la nôtre. La différence ne fait pas des autres des êtres inférieurs. À quand la libre pratique des cultures sans jugement ? Pourquoi nous attardons nous à des symboles tels que le voile ainsi qu’à des valeurs fondamentales qui font de l’islam, ce qu’est l’islam. Si l’Homme arrêtait de critiquer autrui, il constaterait que finalement, nous sommes tous égaux et que nous avons tous droit à nos convictions religieuses et de s’identifier à une culture et que ce n’est pas mal pour autant si nous ne sommes pas tous pareil. S’il y a des femmes qui

Kashan, Iran

Kashan, Iran

combattent pour le port volontaire du voile, c’est qu’il ne doit pas être à l’image que les occidentaux ont sur celui ci. Pourquoi l’islam serait mal et que d’être chrétien occidental, bien ? Toutes ces questions planent dans ma tête et je ne crois pas que ce débat fera un jour l’unanimité. L’Islam ne se résume pas à un bout de tissu couvrant les cheveux, le corps et même le visage de la femme. Cette culture ne peut être réduite à quelques clichés non représentatifs. De plus, l’Occident propage une image primitive de l’islam, n’allant pas chercher plus loin que la façade.

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« Qui est content de son état, est riche » (proverbe arabe)