Archive pour Maroc

Minimaliste

Posted in Maroc, Uncategorized with tags , , on 5 mai 2010 by vanes

2005, premier grand voyage. Je mets les pieds pour la première fois dans un pays arabe : le Maroc. Je n’ai aucune idée à quoi m’attendre. Je déniche un exemplaire du guide le petit futé édition 2003 dans une petite librairie près du musée Pompidou à Paris. Déjà très désuet, il s’agit de ma seule source d’information sur le pays mise à part quelques histoires de voyageurs.

Autant j’ai trouvé ce séjour en terre arabe difficile, autant il fut enrichissant et m’a fait réfléchir.

J’étais encore une « débutante » en matière de couchsurfing et j’ai opté plutôt pour la chambre d’hôtel. Je ne me promenais pas après la nuit tombée. Je n’acceptais pas les multiples invitations à prendre le thé ou quoi que ce soit en raison de ma grande méfiance. Un jour, à la pension Talal où je logeais à Fès, je passai une fin de journée à jaser avec un employé et son ami dans les marches de la pension. Puis l’heure du souper arriva et je décidai d’aller me chercher quelque chose à manger. Hicham, l’employé a insisté pour me diriger dans le souk vers un boucher. Je refuse, il insiste, j’accepte. Nous allons chez ce boucher où la viande entourée de moustiques est bien étalée au soleil. Il paraît que je ne dois pas craindre quoi que ce soit. Bref. Nous achetons la viande, ou plutôt il achète la viande et continu son chemin vers une autre place où l’on peut faire cuire notre achat. Le cuisinier forme de petits cylindres avec notre viande et y ajoute des épices. Une fois griller, il suffit de prendre place à la table basse avec la nappe grasse et d’apprécier à l’aide de pain, de beaucoup de pain. Puis, il m’invite à prendre le thé chez lui. Je refuse, il insiste. Je refuse à nouveau, il insiste toujours. J’accepte.

Une fois que nous avons frôlé tous les murs de ces ruelles étroites, nous voilà devant une porte qui se trouve à être la sienne. Hicham entre le premier et moi je suis. Il échange quelques mots avec sa sœur et sa mère qui m’aperçoivent après coup et s’exclament de ma visite. Je suis gênée et je ne cesse de sourire. Elles me parlent en arabe avec un enthousiasme incomparable alors que Hicham jouent au traducteur. Sa sœur prépare le thé avec de petits gâteaux et moi j’observe leur demeure. Je suis étonnée. Premièrement en raison du salon qui est à moitié à l’intérieur et à moitié dans la partie à ciel ouvert de la maison qui est la cour intérieur. Les maisons arabes sont bâties autour d’une cour centrale qui est caché par les murs extérieurs. Aussi, ce qui me marque le plus est la simplicité de leur demeure. De grands cousins en guise de sofa à l’extérieur avec une table à café, quelques arbres comme décoration. Puis dans le salon intérieur, je remarque qu’un seul cadre est accroché au mur, une photo de famille. Les murs bordés par des sofas de pleine longueur. J’aurais aimé voir le reste, mais je n’oserais jamais le demander.

Toujours au Maroc alors que je faisais partie d’une excursion pour dormir dans le désert du Sahara, nous nous sommes arrêté dans une ville du sud, Ouarzazate. C’est à cet endroit qu’ils ont tournés le film Gladiator si je ne m’abuse. Nous nous sommes promené dans ce village et sommes rentrés dans la demeure d’un habitant. Encore une fois, je fus choquée par la simplicité de celle-ci. C’était évident que cette fois, le facteur de la pauvreté jouait un peu sur les biens matériels. Cependant, de simple coussins colorés et des couvertures se trouvait dans ce qui faisait office de salon et quelques cadres de photos ornaient les murs.

Lorsque j’ai quitté le Maroc pour revenir en Espagne, j’ai beaucoup songé à cette simplicité. Moi, je garde tout. Je n’arrive pas à jeter. J’accumule inutilement et je ne suis pas la seule. Mon appartement est rempli de meubles qui sont remplis de choses pas toujours d’une grande utilité. Je me souviens être revenu chez moi après ces trois mois passés à l’étranger et avoir fait un ménage pour essayer de diminuer cette abondance de matériel que je possèdais. À l’époque je croyais en avoir enlevé pas mal, mais ce n’est que cette année, que j’ai vraiment appris à le faire. J’ai acquis une ouverture vers cette facilité ne pas tout garder, me débarrasser, mais surtout ne pas tout accepter ce que l’on me donne si je sais que je n’en ferai pas bon usage.

Au Canada, c’est l’abondance, toujours plus, jamais assez. On veut toujours obtenir LA dernière technologie même si la précédente est encore très fonctionnelle. Un Ipod, un cellulaire, un ordinateur, la liste est longue, l’année suivante ils sont désuets. On a tendance à avoir trop de meubles, de vaisselles, de bibelots, trop trop trop. Dans les pays arabo musulmans que j’ai visités, j’ai été choquée par le minimalisme dans les maisons. Souvent, il n’y a même pas de table pour manger. Sur le tapis du salon, on y étale des journaux ou encore une nappe et on s’assoit en cercle pour manger. C’est dans l’est de la Turquie que j’ai vécu cette expérience pour la première fois, puis en Iran et j’y ai pris goût. Aussi, pas besoin nécessairement de sofa, car de simples couvertures et matelas suffis à occuper la fonction de sofa ainsi que de lit dans les familles nombreuses. Évidemment ce n’est dans toutes les maisons que c’est comme ça, sauf que moi, c’était peut-être la première fois que je réalisais à quel point je vivais dans l’abondance, l’inutilité de biens matériels. J’ai eu une prise de conscience. Ça me libère la vue, me clarifie la tête et me permet de mettre mon argent dans d’autres voyages plus enrichissants les uns que les autres.

Cela dit, j’ai encore beaucoup de travaille à faire et j’en suis consciente.

فانيسا

vanes

«Une petite maison en ruine vaut mieux qu’un palais en commun.» (proverbe arabe)

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Deux secondes interminables à Fès

Posted in Maroc, Uncategorized with tags , , on 16 mars 2010 by vanes

Lundi matin je me réveille tôt. Nous avons changé d’heure la nuit d’avant et ça déstabilise toujours un peu. Il est 7h30 du matin et il fait clair dehors. Je me lève plus tôt que prévu puisque j’ai des prises de sang à faire. Je dois être à jeun et je n’ai aucune envie de poiroter dans la salle d’attente. Plus j’attends avant de quitter la maison, pire ce sera.

La dame qui s’occupe de moi porte le hijab, je souri puisque je pense à toutes ces histoires d’accommodements raisonnables.

Moi, ça m’est égale. Je sais ce que les gens pensent et disent, mais comme j’aime la culture, ça va au-delà des symboles religieux.

Alors cette infirmière porte le hijab et porte un tag avec son nom. Je me donne toujours le défi de déceler d’où vient la personne avant de le demander.Le trois-quarts du temps j’y arrive, mais là je me suis trompée sur toute la ligne. Je la croyais du Moyen Orient, de l’Irak, je ne sais trop pourquoi. Elle est marocaine de Casablanca. Nous discutons un peu de son pays, elle me parle de son mari. Les quelques minutes passées en sa compagnie m’ont plongées dans un souvenir lointain.

J’étais dans la ville de Fès et je logeais à la pension Talal dans la vieille médina. Un soir, je décide d’aller au restaurant non loin de cette pension puisque le menu semblait délicieux.

Fès, Maroc

Je prends place sur la terrasse devant le restaurant qui est en fait sur le passage de la rue. Je commande un plat de kefta servie dans un plat de terre cuite avec des petits œufs dessus. Je me régale. À côté, sur la table avoisinante, se trouve un groupe de quelques amis qui parlent anglais. J’attirais l’attention des gens autour dont un client qui est venu me parler. Il ne doit pas être normal d’être une femme mangeant seule dans un restaurant. Mon souvenir est vague quant à comment je me suis faite aborder par la table d’anglophones. Je crois qu’ils parlaient fort et plaisantaient. Cela a due me faire sourire etils ont dut l’apercevoir. Nous avons entamé la conversation. Ce sont quatre jeunes qui habitent Fès pour quelques mois le temps d’apprendre l’arabe. Le gars, un Américain qui semble le leader du groupe m’invite à me joindre à eux plus tard le soir même. À ce moment là, ça me fait du bien de parler avec des gens proches de ma culture, sans penser qu’il y a une intention derrière leur propos. Ils me donnent rendez-vous devant le restaurant quelques heures plus tard. Je rentre à ma chambre jusqu’à l’heure venue.

Le gars dont je ne me souviens plus du nom et une amie sont là avec un peu de retard. Nous allons à la chambre de l’étudiant qui loge sur le toit d’une maison. Il faut

Vue sur Fès, Maroc

passer par un escalier commun où on aperçoit la famille qui y demeure. Il dit bonjour et nous continuons la montée. Sur le toit, il y a une grande terrasse et une porte qui est son logement. Décorée de façon orientale bien sur. Nous sommes que troisfinalement. Il sort la bouteille de vodka sachant très bien que j’allais réagir. Il me dit : «It’s been a long time hun?». Oui en effet, en deux semaines j’ai eu droit qu’à une petite bière dans un hôtel de Marrakesh. Il me tend un vodka-orange et nous parlons un peu du pays  et de tout et de rien. Il dit m’avoir invité sachant très bien ce que c’est que d’être parfois seul, dans un pays si différent. J’en suis reconnaissante.

Il se fait tard et la nuit est tombée. Je dois quitter, mais je ne sais aucunement où je suis. Il dit que c’est proche du restaurant, donc de ma

pension. Je suis hésitante. Il me fait un plan sur un bout de papier avec le petit chemin à prendre. Je me sens d’attaque et je sors. Je marche d’un pas décidé, droit devant, puis arrivée au bout de la petite ruelle je tourne à droite. Il fait noir, très noir. Il y a une gang de marocains non loin qui font beaucoup qui parlent en arabe assez fort. Là, je ne reconnais rien du tout. Je saisque je suis dans la rue du souq, mais là que les magasins sont fermés, je n’ai plus aucun repère. Je ne veux pas m’avouer que je suis sur le bord de la panique. Je continue à marcher droit devant, pour ne pas montrer que je suis perdue. Ce n’est pas le temps à minuit de se perdre dans les souqs au Maroc. C’est un peu l’équivalent d’une promenade nocturne à Brooklyn. Le temps d’avoir la frousse deux interminables secondes et je repère un comptoir qui dans le jour, vendent des poulets vivants. Je sais exactement où je suis. Je tourne à gauche et hop je suis au restaurant du départ, à quelques pas de la pension. J’y rentre soulagée et monte à ma chambre qui est un vrai fourneau puisqu’elle se trouve sur le toit.

Vu du toit de mon hôtel à Fès, Maroc

فانيسا

vanes

Fais peur au lion avant qu’il ne te fasse peur. (proverbe arabe)

Dur à cuire

Posted in Maroc, syrie, Uncategorized with tags , , , , , , on 22 février 2010 by vanes

Quatre pattes, quatre estomacs, deux bosses, le camelus batriatrus communément appelé le chameau est d’origine asiatique. On mélange bien trop souvent le chameau avec le dromadaire et  moi-même je commets l’erreur.

mon dromadaire dans le Sahara

mon dromadaire dans le Sahara

Le chameau est d’origine asiatique et est utilisé plutôt en Asie centrale alors que le dromadaire, celui possédant qu’une seule bosse, se trouve en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Il s’agit d’un animal très étrange, mais au combien intéressant.

Premièrement la question des bosses. Qu’il en ait une ou deux, les bosses représentent des réserves d’énergie puisqu’elles sont des masses de gras. Il peut boire jusqu’à 130 litres d’eau en une dizaine de minutes et ainsi survivre sans boire pendant plusieurs jours. Ses longs cils servent à protéger leurs yeux du sable. Il en est de la même fonction pour ce qui est des poils de leur nez et de leurs oreilles. Le

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

camelus ne possède pas de sabots, mais a plutôt des pattes molles comme des coussins pour faciliter la marche dans le sable. Cet animal peut facilement vivre dans de haute température atteignant les 50 degrés Celsius. Il ne faut pas oublier de mentionner leur grandeur impressionnante. Je les trouve si gracieux avec leur long cou et les pattes si hautes en plus de leur côté coquet puisque parés de décoration que les clameliers font porter à leur bête.

J’ai toujours aimé les animaux et en particulier les gros mammifères. Je préfère le chien au chat. Je trouve donc le chameau tout à fait adorable et rêvait d’en monter un dès que j’en aurais l’occasion.

Cette occasion est arrivée en 2005, au Maroc, pour la première fois. Je passais deux semaines dans

excursion dans le Sahara

excursion dans le Sahara

le pays et je désirais faire un tour dans le très connu désert du Sahara. Je suis à Marrakesh sous les 45 degrés quotidien et décide de me payer une visite dans le désert. Je me rends dans une agence de voyage dans laquelle ils organisent des excursions de deux à quatre jours dans le Sahara. Il s’agit d’un van d’environ huit personnes dont un Mexicain, un couple d’Italiens, un autre Anglais et surement des Américains. L’excursion comprend l’allée jusqu’au bord du Sahara à Zagora avec une heure de chameau dans le but de se rendre à la tente de bédouins, où nous auront un repas et où nous dormirons pour ensuite faire le trajet à l’envers.

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Après avoir souffert à bord du van sur le chemin étroit et en serpentin des heures durant, nous arrivons à Zagora. J’ai l’estomac à l’envers et il fait très chaud. Il doit être dix-sept heure environ et le soleil est moins fort. Chacun se fait assigner un chameau. Les guides réussissent à nous faire tous acheter un foulard et nous l’enfile en turban. On a tous l’air totalement touriste et franchement on a tous mordu à l’hameçon. On nous montre comment monté sur un chameau, ce qui semble si simple, mis s’avère un peu épeurant. Peu importe ce qui arrive, il faut tenir fermement la barre. Le chameau est au sol, je monte sur son dos. Jusque là ça va. Je trouve ça plutôt comique jusqu’à ce que le guide dise un mot arabe en lui donnant un petit coup pour le faire lever. Étape par étape. Le chameau (dromadaire) commence en dépliant ses pattes arrière. Comprenez que c’est une bête de presque deux mètres de hauteur! J’ai l’impression que je vais basculer vers l’avant. Puis étape numéro deux: il déplie les pattes du devant et hop en lançant un petit cri nerveux, je suis dans les airs. Sentiment étrange. Il commence à

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

marcher. Je dois prendre son rythme tout comme à dos de cheval. Je n’ai encore jamais fait de cheval alors j’ai de la difficulté. Je dois porter mes lunettes de soleil et comme la mode est aux grosses lunettes, avec mon turban, j’ai l’air de Francine Grimaldi! On est en rang, un chameau derrière l’autre en avançant doucement. Les chameaux affrontent les dunes de sable qui me procure toujours une petite sensation puisque descendre des petites montagnes de sable à deux mètres de haut est assez impressionnant.

On s’arrête pour la nuit à la tente où un autre groupe est déjà. Le lendemain matin on se réveille à cinq heure du matin par les cris horribles que font ces animaux, en plus de voir leur affreuse dentition.

J’avais bien aimé mon expérience et lorsque j’étais à Palmyra en Syrie, les « camel boy » comme ils se font surnommés étaient après moi pour m’offrir des tours pas cher. Je continue mon chemin dans les ruines alors qu’un jeune homme à dos de chameau m’aborde en m’offrant un tour gratuit puisque je suis l’amie de Hany. Il m’avait surement vu avec la famille de ce dernier. Khalid, le « camel boy » me convainc et je monte sur la bête. Il me promène durant deux heures dans les ruines de l’ancienne cité et me montre aussi la magnifique oasis. Parfois il dirige l’animal, parfois il me laisse le faire. Je prends plaisir à lui dire ou plutôt crier des « yallah » pour le faire avancer. Le temps file et je dois retourner au restaurant familial pour le souper. Je descends de la même manière mais à l’inverse,

préparation à la descente

préparation à la descente

les pattes du devant qui se plient en premier, le derrière encore dans les airs, avant de descendre l’autre moitié du corps. Bien que je connaisse le processus, ça me surprend toujours autant. De nouveau au sol, j’ai l’impression d’être encore sur le chameau. Mes jambes me font mal tout comme après un entrainement si ce n’est pas pire. Je marche un peu tel la démarche d’un cowboy, rien à voir avec les deux jours qui suivirent. J’avais vraiment la démarche parfaite pour jouer dans un film du far west.

Cet hiver, lorsque je suis retournée à Palmyra, Hany me disant toujours de faire attention au camel boy : « Vanessa, please be safe and don’t talk to them ». Pas de danger que ça arrive, je ne veux absolument plus refaire de chameau.  Juste à y penser, j’ai la démarche d’un cowboy!

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

فانيسا

vanes

Si le chameau pouvait voir sa bosse, il tomberait de honte. (proverbe arabe)

Les chameaux ne se moquent pas réciproquement de leurs bosses. (Proverbe touareg)

Marchés aux mille saveurs

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 1 novembre 2009 by vanes
souq de Tel Aviv, Israël

souq de Tel Aviv, Israël

Il n’existe pas énormément d’endroits dans lesquels il est impossible de s’ennuyer. On fini toujours par se blaser avec l’habitude. Un endroit dans lequel j’adore me retrouver est le souq. Telle une enfant dans un magasin rempli à craquer de bonbons, je ne sais plus où mettre les yeux.

Selon mon ami Robert, la définition exacte du mot Souk :

[suk] n.m. 1. Marché couvert des pays d’islam réunissant, dans un dédale de ruelles, des boutiques et ateliersàbazar. 2. Lieu où règne le désordre, le bruit. Grand désordre, tapage.

souq Tripoli, Liban

souq Tripoli, Liban

Ce mot s’écrit comme suit en arabe : سوق en lettres latines c’est SOUQ avec un « q ». Le « qaf » est la 21ème lettre de l’alphabet arabe qui ne se réfère à aucune lettre latine. Il se prononce en mettant le dos de la langue à la luette et ainsi représente un des son particuliers de la langue arabe.

souq de Esfahan, Iran

souq de Esfahan, Iran

La première forme, je la connais. Il s’agit bel et bien d’un concentré de petites boutiques et d’ateliers dans un espace couvert souvent très grand dans les pays d’Islam. Plus il est moderne, plus les boutiques ressemblent à de vraies boutiques avec une porte et des vitrines. À l’opposé ceux que je préfère qui sont les plus anciens. Ils sont présentés sous forme de garages alignés d’un côté comme de l’autre où un certain bordel règne. La deuxième définition, bien que ce soit la première fois que je la lise elle convient très bien à l’atmosphère qui y règne habituellement. Les gens se promènent d’un bord à l’autre, seuls ou en petit groupe, un vrai désorde!

souq Istanbul, Turquie

souq Istanbul, Turquie

En effet, les souq peuvent être couverts, mais également à ciel ouvert. Il s’agit d’un vrai labyrinthe dans lequel nos cinq sens sont interpelés. Un marché aux milles saveurs par des étalages montagneuses de fruits et de noix, de confiseries, telles les turkish delight . Un marché aux milles odeurs, par ces parfums d’épices moyen orientales qui nous donnet envie de cuisiner et des produits de beauté

faits avec des ingrédients locaux ou encore ces parfums « faits sur mesure » qui sentent les parfums qu’on retrouve à la caisse de nos fameux Dollorama. Un marché aux milles couleurs car c’est l’endroit le plus coloré par ses tissus, ses épices, ses bijoux faits avec des pierres semi précieuses et précieuses, ses céramiques peintes à la main, etc. Un marché aux milles objets, un pur plaisir pour le toucher, cuir, métal, tissus, vous y trouverez tous votre compte. Un marché où le désordre sonore domine. Toutes ces conversations entremêlées en arabe ou en toutes autres langues que ces marchands tentent d’utiliser avec les touristes pour le marchandage, le bruit de vaisselle des petits cafés ici et là, le cri du vendeur de thé qui déambule dans les rues étroites ou celui des vendeurs de petits pains au

souq de Tabriz, Iran

souq de Tabriz, Iran

sésame ou encore de ces propriétaires qui tentent de vous attirer dans leur boutique.Le souq est donc un endroit formidable où il m’est impossible de m’ennuyer. Le seul endroit dans lequel je découvre toujours de nouvelles choses, de nouvelles personnes. Souvent, les souq sont divisés par secteurs, du souq aux épices, à celui aux produits de beauté, de tissus en passant par les bijoux, sans oublier, celui du cuir ou du métal, etc. Chaque racoin cache des merveilles qui méritent qu’on s’y attarde. Un délice pour mes yeux qui ne se lassent de voir

Turkish Delight, souq de Istanbul, Turquie

Turkish Delight, souq de Istanbul, Turquie

les mêmes choses, car de toute façon, je les perçois toujours de façon différente. Dans ce bordel, je suis bien, dans ce bordel, je suis heureuse.

souq Istanbul, Turquie

souq Istanbul, Turquie

Mon premier souq visité fut au Maroc en 2005. J’avais un plan des souq de Marrakech, mais impossible de s’y retrouver. Je dus abandonner le plan pour me perdre et me laisser guider par ce qui s’offrait à moi. Ce fut dans la ville de Fès que j’ai vu les plus belles tanneries au beau milieu des souq. Cet endroit curieux et à la fois magnifique où des bassins de béton sont remplis de teinture pour teindre le cuir. Je me souviendrai toujours de cet endroit où un homme vendait des soutiens gorges pas cher. J’observais les modèles et ils voulaient tant m’en vendre plus d’un. Par contre, il n’y avait pas de cabine d’essayage et ainsi il fallait que je l’essaye par dessus mon t-shirt. Imaginez vous dans un pays arabe une jeune femme avec des courbes qui essaie des soutiens gorges au vu et au su de tout passant! Des femmes qui faisaient de même m’ont mise en confiance en souriant et je fini par le faire.

souq Shiraz, Iran

souq Shiraz, Iran

En Turquie, à Istanbul, je fus tout simplement bouche bée. Toutes ces lampes accrochées à différents niveaux de toutes les couleurs, c’était tout simplement splendide. À chaque visite, je vais chercher mon café et mes bijoux que je ramène à Montréal. Je le connais par cœur dorénavant, tellement que lorsque je partage le souvenir de ce souq avec quelqu’un qui a visité le même, je peux indiquer où j’ai acheté mes objets ramenés en souvenir. J’ai dû y aller tous les jours que j’ai visité cette ville, ce qui veux dire à peu près  onze fois sinon plus lorsque je m’offrais une deuxième visite un même jour!

Depuis, dans chaque ville d’un pays musulman que je visite, il est un incontournable que de faire un tour dans les souq. À Esfahan, les souqs se retrouvent tout autour de la place de l’Imam Khomeini, donc une allée en forme de carré à l’extérieur de cette place tant connue. À Damascus en Syrie, ils forment une croix et mènent à la grande mosquée des Umayyades, une dynastie qui a régné de 661 à 750 avant de se faire écraser par la dynastie des Abbasides.

Ils sont tous similaires, mais si différents en même temps.

Le petit hic est qu’il faut s’armer d’un portefeuille bien garni car il est difficile de résister à marchander tout ce l’on trouve intéressant. Le truc? Partir avec un sac léger et revenir avec un sac plein de trésors qui vous rappelleront chaque moment de votre voyage et l’histoire qui se cache derrière vos trouvailles.

فانيسا

vanes

Si vous voulez acheter, traversez le bazar en regardant et achetez en retournant. (proverbe arabe)

Un vide bien rempli

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 4 octobre 2009 by vanes

Tous les jours nous sommes bombardés par le bruit. Il s’agit d’un aspect dans nos vies pratiquement inévitable. Que ce soit avec le bruit des automobiles et autres moyens de transport ou encore avec les bribes de conversations qu’on capte des passants dans la rue, il suffit de mettre le pied hors de chez soi pour y être confronté.

Palmyra, Syrie

Palmyra, Syrie

Nous sommes dans une société très active dans laquelle tout bouge rapidement et dans laquelle beaucoup d’informations circulent et c’est une tâche difficile que de réussir à se déconnecter de tout ça. L’internet, la télévision, le téléphone et la radio ne nous aident certainement pas. Parfois je me surprends à être chez moi pendant de longues heures soit à travailler sur mon blog, à faire du ménage ou à faire mes devoirs et ce, sans aucune musique. Comme si j’étais saturée de cette pollution visuelle et auditive.

Wadi Rum, Jordanie

Wadi Rum, Jordanie

Mon fond d’écran d’ordinateur est une photo de moi dans le désert de la Jordanie. Chaque jour je la regarde et je retrouve une parcelle de ce sentiment que j’ai eu la chance de vivre à trois reprises dans des déserts du monde arabe.

Le désert regroupe un septième de la surface de la terre dont 35% de la surface terrestre. Il s’agit du seul endroit dans lequel l’évaporation excède les précipitations. Recevant très peu de précipitation, les nuits sont plutôt fraîches dû au manque d’humidité dans l’air, alors que le jour la température peu devenir extrêmement chaude, jusqu’à 60 degrés Celsius.

Le désert est devenu pour moi, un endroit rare que je convoite durant mes voyages. Il s’agit d’un genre de cure du silence, d’un endroit dans lequel j’adore errer. C’est un vaste territoire où je me retrouve seule au beau milieu de nulle part, sans artifices. Même en  balayant du regard l’horizon à 360 degrés , je n’y vois que du sable, des dunes ou des structures de roches assez impressionnantes et ce à l’infini.

Sahara, Maroc

Sahara, Maroc

La première fois que j’ai eu la chance d’aller dans le désert fut lors de mon voyage au Maroc. Je m’étais offert ce petit luxe de deux jours d’excursion dont une nuit dans le désert. Un classique quoi! Nous étions un groupe de touristes partant de la ville de Marrakesh  pour  Zagora, à l’entrée du désert, près de la frontière de l’Algérie. Nous avions donc un van et nous devions être à peu près une dizaines de touristes.

Palmyra, Syrie

Palmyra, Syrie

Le Maroc comprends des chaines de montagnes assez importantes et ainsi pour se rendre dans le désert, nous avons dû les contourner par des petits chemins en serpentin. Je dois vous dire que j’ai toujours eu le mal des transports et avec l’âge ça s’atténue. Par contre, encore aujourd’hui de longs trajets de minibus en serpentin au bord de falaises, me donne encore quelques sensations. Ce fut un trajet assez pénible et mon comprimé Gravol fut le bienvenu! Le chauffeur arrêta le van à plusieurs reprises afin que nous puissions prendre des photos en cours de route. Tout comme un troupeau, nous sortions un par un du van pour prendre des clichés et remonter par la suite. Un peu absurde comme situation, mais il faut se mettre dans le contexte d’une excursion touristique et on oublie presque que de quoi nous avons l’air. De plus, aujourd’hui, je suis bien contente d’avoir ces photos en souvenirs.

Palmyra, Syrie

Palmyra, Syrie

À notre arrivée à Zagora, nous avons eu droit au tour de chameau pour nous rendre au campement bédouin. Ceux qui dirigent nos chameaux nous font acheter des foulards pour notre tête afin de se protéger du soleil. Encore un attrape touriste et en revoyant les photos je vous assure que nous avions vraiment l’air niaiseux. Je me sentais comme Francine Grimaldi avec mes grosses lunettes de soleil et ce turban bidon.

Étant donné que c’était un tour organisé, nous avions évidemment droit au repas traditionnel préparé par les bédouins à côté d’une tente dans laquelle nous allions dormir tous ensemble avec un autre groupe de touriste. Après le repas, le thé fut servi et voilà les bédouins qui tentent d’amuser les touristes avec des tamtams et des chants. J’étais la plus jeune, blanche et voyageuse solo alors pas besoin de vous dire que j’attirais l’attention de ces bédouins qui me surnommèrent Fatima! (Fatima fut la fille unique du Prophète Mohammad qui reçu la révélation coranique de l’an 610 à 632).

Wadi Rum, Jordanie

Wadi Rum, Jordanie

La tente était très chaude puisqu’elle renfermait encore la chaleur du jour et nous avons tous décidé de sortir les petits matelas et couvertures et de dormir à la belle étoile. C’est le cas de le dire, la belle étoile, les belles étoiles.

J’étais couchée de mon côté, sur le dos, bien emmitouflée dans ma couverture et j’observais les étoiles qui semblaient si loin et si proches à la fois. Elles étaient radieuses et je les voyais toutes clairement. C’était un moment magique malgré ma fatigue. Malheureusement je n’avais personne avec qui partager mon extase envers cette beauté naturelle et peut-être une bonne chose, car ça fait partie de moi  et uniquement de moi. J’ai vu des tas d’étoiles filantes et je me suis endormie comme ça, avec cette image incroyable en ayant l’esprit tranquille et en paix.

Wadi Rum, Jordanie

Wadi Rum, Jordanie

Après cette expérience, j’étais toujours restée avec ce désir d’y retourner et ce fut à Palmyra, dans le centre de la Syrie que j’ai assouvi mon désir. Ce fut une expérience différente de la première, puisque Palmyra est une ville qui se situe dans un oasis du désert de la Syrie. Je résidais donc chez un couchsurfer qui demeurait au bord du site archéologique de cette ancienne cité des plus impressionnants que j’ai vu. À quelques heures de Damas seulement, on se retrouve dans un tout autre contexte. Mon couchsurfer Hany qui travaille dans le domaine touristique puisqu’il possède un café internet dans le restaurant de son père, m’a amené dans une fête qui était organisée par son ami Obayd dans une tente bédouine. Nous avons mangé, fumé le narguilé et bu l’incontournable arak, boisson de la Syrie du même principe que le Ricard, pendant que des bédouins jouaient des instruments et chantaient. Puis, le lendemain, puisque je voulais visiter l’ancienne cité, mais un léger mal de tête m’empêcha de m’exhiber sous ce soleil tapant de 50 degrés et j’y allai plus tard avant le coucher du soleil. Le fait que j’aie été hébergé chez Hany, les gens me voyaient avec lui dans les rues de Palmyra et j’eu droit à certains privilèges. Alors que je me promenais dans les ruines, un chamelier m’intercepta pour me donner un tour de chameau. Je refusai bien évidemment puisque les attrapes touristes, très peu pour moi. Il insiste en me disant qu’il me fait un tour gratuit car je suis l’invitée de Hany. J’accepte enfin après quelques refus et le chamelier me fit un tour de deux heures. Puis-je vous dire que j’en ai ressenti les effets pendant les deux jours qui suivirent! Ces privilèges qui ont fait de ma visite, des moments inoubliables sont encore une fois grâce à la générosité et le concept du couchsurfing.

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

Je pense que ma meilleure expérience demeure la troisième et la dernière : le désert de Wadi Rum. Situé dans le sud de la Jordanie, à la frontière de l’Arabie saoudite, ce fut un moment magique. Nous étions cinq à descendre de Amman à Wadi Rum en voiture : Soha, la sœur de l’amie de mon frère Libanaise, deux amis expatriés qu’elle s’est fait à Amman ainsi que son amie Elsie du Liban également et moi, bien sûr. Nous partagions le campement avec une petite famille fort sympathique où Suleyman, le chef du campement nous a reçus. À notre arrivée, nous avons troqué la voiture de Soha pour leur jeep afin de faire un tour du désert qui est époustouflant. Les pieds dans le sable chaud d’une couleur rougeâtre rose avec ses rochers verticaux de même couleur avec des reliefs magnifiques et organiques, j’étais au paradis. Nous avions beaucoup de temps avant que le repas soit servi. C’est là que nous nous dispersions de temps à autres pour nous regrouper à deux ou trois en observant l’horizon. La chaleur parfaite sur la peau, l’absence totale de bruit, le vent soufflant et toujours présent, difficile de décrire le tout en un mot. Je suis restée de longs moments à apprécier ce vide si plein, savourer l’absence de son qui possède étrangement un son. Il s’agissait d’un moment intemporel de déconnection avec la réalité et recentré sur moi-même. Je vous le conseille à tous. C’est indescriptible, il faut absolument le vivre.

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

À Montréal, souvent, je pense au désert, un genre d’échappatoire dans ma vie courante si bousculée par tout ce qui passe à 100 miles à l’heure. Dans le désert, aucun événement ne nous dépasse. On savoure le moment présent et je retrouve un peu le sentiment que j’avais en regardant mes photos. Je me console en me disant que dans un an, presque jour pour jour, j’y serai à nouveau.

فانيسا

vanes

Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi. (proverbe arabe)

Plus qu’un simple trou

Posted in turquie, Uncategorized with tags , , , , , on 9 septembre 2009 by vanes

Voyager provoque toujours des chocs culturels. Ces chocs culturels, moi, je les pourchasse. Ce sont par ces inconforts et ces différences que je grandis le plus, ce qui m’amène à me surpasser.  Comme dans toutes règles, il y a des exceptions. Voici une d’entres elles : les fameuses toilettes à la turques.

Je m’excuse en avance auprès des âmes sensibles, mais vous me remercierez si un jour, vous y êtes confrontés.

Toilette Turque

Toilette Turque

Ma première expérience fut en France, étrangement. J’étais dans un bar gai de Paris avec un italo-canadien anglophone rencontré en Espagne plus tôt durant le même voyage. Puisque Paris est une ville très dispendieuse et ce, encore plus avec la conversion des euros,  nous nous retrouvions près des restaurants où nous nous achetions un morceau de fromage, une baguette et une grosse bière Heineken en guise de souper. Un jour sur deux, nous variions avec un pâté de campagne, le tout acheté au dépanneur du coin. Ce repas gastronomique nous permettait ensuite d’aller dans un bar où mon ami voyageur pratiquait son Français. Ainsi, tout amateur de bière sait que la deuxième entame le processus d’évacuation de la première. Je me lève de mon tabouret et mon ami me dit avec un sourire: «ne touche pas aux murs». En effet la toilette est non seulement mixte, mais il s’agit d’une toilette turque, autrement dit, d’un trou. J’en avait déjà entendu parlé, mais je n’avais en aucun cas, expérimenté la chose.

Laissez moi vous décrire la toilette turque et vous aurez droit à quelques faits marquants que j’ai malheureusement en souvenirs de mes voyages.

Contrairement à la toilette occidentale où nous avons un peu plus d’espace, la toilette turque se retrouve dans un espace très restreint ne permettant pas de pouvoir bouger avec aisance afin d’éviter tout contact avec les quatre murs. Le genre de contenant est en faïence, apparentée à la céramique à base d’argile et tout comme notre toilette occidentale, recouverte d’émail. Il s’agit d’une dalle d’une épaisseur d’à peu près un à deux pouces de profondeur, avec de chaque côté, un petit marchepieds strié pour y apposer les pieds de façon à ce que nous puissions nous accroupir. La distance est assez grande pour ne pas malencontreusement, atteindre les jambes. Cette dalle est donc percée à la bonne distance et lorsque nous sommes accroupie, nous arrivons presque directement au dessus. Elle est munie d’un système de chasse d’eau pour évacuer les matières fécales. Personnellement, ce système est pas mal douteux et je doute que beaucoup de gens l’utilisent. Il y a donc un robinet près du sol avec un tuyau de caoutchouc assez long pour que le jet se rende jusqu’à la dalle et ainsi la nettoyer. De plus, la toilette turque ne possède pas de système de canalisation et par conséquence, il faut jeter le papier de toilette utilisé dans le sceau ou la poubelle prévue à cet effet, à côté de la toilette pour ne pas la bloquer. Il y aurait quelques avantages à la toilette turque dûs au positionnement. Par exemple, cela permet l’élimination plus rapidement ce qui prévient du cancer du colon, de l’appendice et de l’inflammation de l’intestin. Cela protège également les nerfs qui contrôlent la prostate, l’utérus et la vessie de s’élargir, ainsi que quelques autres bienfait. Vous le saurez!

Maintenant que vous avez une image assez complète, vous comprendrez peut-être plus le reste de mon article.

Ce fut au Maroc, durant le même voyage que la France, en 2005, que j’ai été confronté à la réalité de la toilette turque. Je devais faire un trajet de bus assez long puisque les transports sont assez lents dans ce pays, du moins à l’époque où j’y suis allée, et comme ma grand mère dit toujours avant de partir, « vaut mieux s’assurer ».  J’entre donc dans les toilettes de la station de bus et en ressors aussi rapidement. Il m’était difficile de voir la couleur initiale des murs!  Comment l’être humain peut-il être insouciant de la présence d’autrui. Il s’agit d’un endroit public, d’un endroit partagé où chacun devrait nettoyer derrière lui pour le prochain. Aussi, je me demandais comment ces femmes vont aux toilettes, comment peuvent-elles être aussi dégoûtantes? Désolée auprès des hommes qui croient que nous les femmes, n’allons pas au toilette ou n’avons pas d’odeur corporelle. Aussitôt sortie, une préposée aux toilettes me tend la main pour récolter son du. Dans certains pays, autant européens que arabes, les toilettes peuvent être payantes et ce, surtout dans les stations de train et d’autobus ou encore dans les arrêts que les moyens de transports font pendant leurs trajets alors qu’il y a une affluence de personnes. Bien évidemment je lui ai répondu sur un air de dégoût que je n’avais même pas osé y aller.

Lors de mon deuxième passage en Turquie, à l’est cette fois, j’étais hébergé chez l’ami d’un Turc à Erzurum, dans le nord-est du pays, dans les montagnes. Tout était super, j’avais ma propre chambre donc de l’intimité. C’est toujours bienvenu quand je voyage et les Turcs était réellement gentils avec moi. Le moment arrive, après quelques thés, d’aller visiter les cabinets. J’ouvre la grande porte et ne laisse paraître en aucun cas mon expression faciale de dégoût et de surprise. Il y avait une toilette turque au milieu de la petite pièce avec un lavabo. L’expression de dégoût était pour l’odeur nauséabonde d’urine. Aucune présence de fenêtre ou bouche d’aération. L’expression faciale de surprise était causée par le fait que les toilettes turques peuvent se retrouver aussi dans les maisons des habitants. J’ignorais totalement ce fait. Moi qui pensait que c’était uniquement dans les endroits publics. De plus, lorsque quelqu’un est un invité, l’hôte remet toujours une paire de sandale fait de caoutchouc normalement afin qu’on ne marche pas en bas ou pieds nus. J’ai remarqué que mon grand-père le fait aussi avec des genres de flip flop. Mon amie polonaise m’appuie sur ce fait puisque c’est coutume également dans sa famille lorsqu’elle est en visite. Bref, le turc m’avait remis une paire de sandale de maison que je devais porter. Par contre, lorsqu’on rentre dans la toilette, il y en a toujours une paire près de la porte afin d’éviter de marcher dans la maison avec les sandales ayant eu un contact avec ce qui peut se retrouver là. Parce qu’à la longue, si la toilette sens aussi fort, je ne vois pas pourquoi ce serait différent pour les sandales!

Je garde la meilleure anecdote pour la fin. Mon expérience la plus troublante fût entre mon trajet de retour à Téhéran à partir de Shiraz, non loin de Persepolis, qui se situe plus au sud. J’avais décidé faire le trajet de dix ou onze heures avec l’autobus de nuit. Donc à mi chemin, je ne saurais vous

Entrée de Persepolis, Iran

Entrée de Persepolis, Iran

dire dans quelle ville, nous arrêtons le temps de pouvoir aller aux toilettes ou fumer une cigarette. Comme je ne fume pas, j’en profite pour aller aux

Téhéran, Iran

Téhéran, Iran

toilettes. Ça fait deux semaines que je suis confrontée aux toilettes turques et je me suis fait à l’idée, donc c’est rendu normal, même que je savais exactement où mettre mes pieds afin d’arriver au dessus du merveilleux trou. Comme à l’habitude j’ai mon papier de toilette dans la sacoche dont je pré coupe toujours les morceaux requis, afin d’éviter la catastrophe à l’intérieur, je respire par la bouche et fait le tout le plus rapidement possible, dans le but de sortir le plus rapidement possible! Je rentre donc dans les toilettes où il y a une foule mais quand je dis une foule, de femmes vêtues de noir qu’on appelle un Tchador (grand bout de tissu couvrant la tête aux pieds). Elles se poussent toutes entres elles, on aurait réellement dis un zoo. Certaines se lavaient les mains jusqu’aux bras et les pieds jusqu’aux cuisses, d’autres faisaient la file pour les toilettes et tout ça en se poussant les unes contre les autres comme si le savoir-vivre était resté à la porte. Ce n’est pas tout! La lumière était manquante et c’était en pleine nuit. À l’intérieur des toilettes ça allait plus ou moins, mais

rue Ferdosi à Téhéran, Iran

rue Ferdosi à Téhéran, Iran

entre les quatre murs de la toilette turque ce n’était pas du tout évident. Il ne fallait pas tarder là dedans sinon les femmes cognaient dans la porte en parlant le Farsi. Une chance que la femme assise à côté de moi dans le bus, la tante de Mahdi dont j’ai parlé dans l’article précédent, m’accompagnait. Évidemment, rendue à mon tour, la porte ne se barre pas. Cette femme se charge de la tenir pendant que moi, les deux pieds dans de l’eau souillée, j’essaie de m’accroupir dans le noir total, afin de viser le bon endroit. Tout ça en tenant dans mes mains le bord de mon manteau islamique, les extrémités de mon foulard en guise de hijab risquant de traîner, avec mon sac et le bout de papier de toilette et m’éviter tout faux pas. Il devait y avoir tellement d’eau stagnante sur le plancher que j’avais peur que la semelle de mes souliers ne soit pas assez épaisse. Ce genre de soulier avec des petits trous, telle une passoire, pour faire respirer les pieds. En sortant de ce trou, c’est le cas de le dire, la femme me prends le bras et me fait sortir très rapidement en me donnant une lingette pour me

Shiraz, Iran

Shiraz, Iran

laver les mains. Elle même trouvait ça surréaliste, enfin c’est ce que j’ai cru comprendre par ses gestes, puisqu’elle parlait que le Farsi. J’ai compris plus tard à l’aide du langage des mimes qui me sert énormément en voyage et que je maîtrise plutôt bien, que les femmes étaient pressées, presque affolées pour faire leur ablutions (se laver les mains et les pieds), pour faire la prière à la mosquée d’à côté.

Alors, plus qu’un simple trou, vrai ou pas?

فانيسا

vaness

Ce que fait la main droite, la main gauche n’a pas à le savoir. (proverbe arabe)

Le Taxi, moyen de transport universel

Posted in Uncategorized with tags , , , , , on 2 septembre 2009 by vanes

On a tous des histoires de taxis autant dans notre propre ville qu’ailleurs dans le monde. Que ce soit des histoires drôles, bizarres ou encore d’arnaques, nous en avons tous au moins une.

Je ne me lasse jamais d’entendre mes amis le lendemain d’une visite à la maison, me raconter leur trajet de taxi. Il faut comprendre que je demeure au centre ville de Montréal au milieu de l’action. C’est souvent chez moi que les amis débarquent, bref, ce le fut à une certaine époque, alors que nous étions quelques amis à travailler ensemble et à finir notre journée en même temps. On se réunissait chez moi pour une partie de la soirée et, évidemment du à nos hivers québécois, deux de ces amis avait l’habitude de partir en taxi. Les jours étaient différents mais se ressemblaient tous. J’avais droit aux aventures de taxi du soir précédent. Tous plus inusitées les une que les autres! Il y avait toujours LA chanson qui jouait au bon moment ou un chauffeur douteux. Je me spécialise dans les fous rire que j’essaie de camoufler malgré le fait que je suis prise dans une intimité quelque fois inconfortable d’un étranger, celle du chauffeur.

Cependant, je n’ai pas trop le réflexe de prendre des taxis. Je dois avouer que c’est un pur plaisir que de se faire conduire du point A au point B sans se casser la tête, avec un minimum d’énergie. Par contre, ce qui me tue le plus est le prix exorbitant qu’ils chargent. J’aime bien épargner mon argent dans le but de voyager, plutôt que d’investir dans ce moyen de transport. Les yeux rivés sur le compteur, on veut toujours qu’ils aillent plus rapidement. C’est déjà bien qu’ils disposent d’un compteur et qu’il soit fonctionnel en plus, puisque dans les pays arabes et du Moyen Orient, il n’est coutume que de marchander son trajet. Cela fait tout simplement parti de leur culture et ne pas le faire c’est d’accepter quatre fois le réel coût de la course. Il y a toujours une première fois où on se fait prendre au piège lorsqu’on débarque dans un pays pour la première fois. On apprend vite ou on s’en rappelle vite! Ma leçon fut le jour où j’ai fait le trajet en bateau de Gibraltar, en Espagne à Tanger, au Maroc. Mon premier grand voyage, mon premier pays musulman. Je mets le pied hors du port et je demande à un taxi où se trouve mon auberge de jeunesse que, pendant que j’y suis, ne vous la recommande en aucun cas.Il s’agit de l’auberge de jeunesse HI la plus sale que j’aie jamais vu, croyez moi que j’en ai vu des auberges frôlant l’insalubre. La toilette à aire ouverte à côté des supposées douches qui étaient de petits compartiments tout aussi à aire ouverte que la toilette, avec un tuyau droit provenant du plafond projetant un jet faiblot aussi droit que le tuyau. Je ne vous parlerai pas des dortoirs puisque je crois vous avoir déjà décrit l’essence de la place. Je continue. Alors voilà que l’homme au volant du taxi me dit que ce n’est pas trop trop loin et que ça me coûtera que vingt dirhams ( 2 euros). Provenenant du Canada, je me dis que ce n’est vraiment pas cher et j’accepte volontiers en souriant en plus! Je monte à bord de son véhicule et je n’ai même pas le temps de m’installer pour le trajet que nous sommes arrivés! Eh oui, il n’a fait que monter une côte à partir du port et me réclame alors les vingt dirhams. Ceux qui me connaissent comprendront comment je n’étais pas du tout contente de la situation. Je me suis dis à voix basse : argh, bienvenue au Maroc, oui! Plus tard, j’ai compris qu’avec dix dirhams je peux aller de l’hôtel à la station de train qui est toujours un peu à l’écart du centre,  alors imaginez avec le double! Depuis ce jour, je vous dis que je suis beaucoup plus alerte dans les autres pays et que je me renseigne un peu plus. Ça m’enrage les habitants locaux essaient d’arnaquer les touristes. Parfois ça les irrite égallement de savoir que le touriste a raison et qu’il connaît son affaire. Je suis déjà restée une demi heure sur un coin de rue de la station de train de Marrakech, car les chauffeurs de taxis me demandaient quarante dirhams alors que je leur en offrais que dix. Ils préféraient escroquer les touristes incrédules que de me prendre. Je les comprends. Pourquoi accepter le quart  quand certains acceptent de payer la totalité? Le pire est qu’un chauffeur, probablement désespéré de faire quelque sous, a finalement accepté mon offre et a même fait rouler le compteur et que, oui, j’avais raison, neuf et quelques centimes de dirhams étaient le coût du trajet. Quelle satisfaction!

Dans certains pays tels que la Syrie et le Liban, le taxi est un moyen de transport abordable pour se promener de ville en ville. Bien évidemment que c’est considéré plus luxueux et les voyageurs qui en font usage sont souvent ceux qui dont le budget est moins restreint. Pour l’avoir expérimenté à quelques reprises dans différentes circonstances, même avec la conversion des monnaies, je rentrais plus que dans mon argent! Souvent, il n’y a pas de bus qui se rendent aux frontières et le taxi est le seul moyen de transport. Le système du shared taxi, un taxi qu’on partage avec d’autres personnes qui se rendent à la même destination, reste un moyen efficace et génial qui réduit les frais de transport à quelques dollars seulement.

Shared taxi en Iran

Shared taxi en Iran

L’Iran détient tout de même la palme d’or en matière de système de taxis dans tous les pays que j’ai visités. Il s’agit d’un système ingénieux quelque peu chaotique mais au combien pratique que nous devrions avoir dans toute grande ville . Ce pays possède, tout comme ici, les taxis privés auxquels nous donnons l’adresse et le taxi nous dépose à l’endroit même. Plus encore, pour une modique sommes marchandée avant le départ, le taxi te conduit dans une autre ville et peut attendre le nombre d’heures désiré le temps de visiter, puis te ramène au point d’origine.

L'Iran

L'Iran

Ainsi j’ai fait un aller-retour de la ville de Kashan jusqu’à Abyaneh avec deux heures d’attente en compagnie d’une Hollandaise pour vingt dollars US. Il existe également les shared taxi (taxis partagés). Ce sont des taxis de couleur différente qui font un trajet particulier, d’un carrefour à l’autre ou d’un grand rond point à un autre. Au début, c’est un peu intimidant, surtout que tu dois prononcer l’endroit où tu vas en Farsi, langue parlée en Iran, alors qu’ils s’arrêtent brièvement devant toi et ne comprennent évidemment pas la façon dont tu prononces, car pour être honnête, tu ignores totalement comment le dire correctement. Si c’est le bon taxi pour ta route, il te fait signe que oui et tu prends un siège. Les autres passagers se tassent pour te faire une place et à chaque fois te dévisagent avec un sourire, car tu es clairement un voyageur. Tout dépendant de la durée du trajet tu peux te promener pour la piètre somme de 10, 20, 30 ou 40 sous. Un taxi privé peut couter de un à deux dollars. Je m’en suis évidemment donnée à cœur joie. Le retour au pays a été plutôt difficile et la bicyclette redevint mon moyen de transport. Puis, durant mon séjour en Iran, alors que j’étais ravie du système de transport, je rencontre une jeune étudiante avec qui j’ai passée une journée à me promener dans la capitale, Téhéran. Elle me fait prendre l’autobus pour la première fois. Vu que c’est écrit en Farsi et que les Iraniens malgré leurs efforts, ont de la difficulté avec l’Anglais, j’évitais ce moyen. Je fut bouche bée. Non seulement la ségrégation des sexes est une réalité, les hommes en avant et les femmes en arrière (ce sujet mérite une page entière et j’en reparlerai) mais je me rends compte que le taxi est un moyen très dispendieux en Iran puisque le bus est seulement deux sous l’aller! Il s’agit de plus de presque 137 fois moins cher qu’à Montréal!

J’ai toujours ça en tête, malgré que nous vivons dans deux réalités complètement différentes. Il serait merveilleux de prendre exemple sur des systèmes différents de ceux des occidentaux, car oui nous innovons, mais nous n’avons pas toutes les meilleures idées et le meilleur fonctionnement.

فانيسا

Vaness

Agis envers autrui comme Dieu agit avec toi. (proverbe arabe)