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Talal Hotel à Beyrouth

Posted in liban, Uncategorized with tags , , , on 22 mars 2010 by vanes

Je quitte Damascus pour me rendre à Beyrouth. Un bus voyageur fait le trajet entre les deux capitales qui s’avèrera très lent, mais prendra que quatre heures. Je n’aurai pas besoin de ma casser la tête avec les taxis, le visa etc. Évidemment, je suis la seule touriste parmi tous ces arabes libanais retournant dans leur pays ou encore ces Syriens désirant faire un tour au Liban pour X raison. Un homme décide de me prendre sous son aile. J’ai l’habitude. Ce n’est pas le chauffeur de l’autobus qui aidera, ça je le sais. L’homme m’aide à la frontière pour obtenir mon visa de séjour. Cela n’a rien à voir avec les autres expériences de frontières et de visas d’entrée des pays que j’avais visité. Je prends celui de quinze jours. Il faut payer en lire libanaise. Je me rends au bureau de change. On m’offre l’éternel thé de bienvenu. Il est extrêmement sucré et je prends deux trois mini gorgées devant les officiers pour leur montrer mon appréciation. Mon accompagnateur aussi le trouve sucré et nous le mettons aux vidanges dès que nous avons l’occasion.

Arrivée au terminus d’autobus, mon hôtel se trouve non loin de là. Je tourne tout de même en rond à sa recherche pour me rendre compte qu’il était devant mes yeux au troisième étage.

Je monte les trois étages et je suis accueillie par Zaher le propriétaire et son frère Wissam. Je suis toujours un peu énervée et fatiguée lorsque j’arrive d’un trajet de bus, ils me disent de me poser et de prendre ça cool. On règle les formalités de passeport et réservation des prochains jours et ils me pose les questions habituelles : D’où je viens, quels pays ai-je visité avant, etc. Évidemment, ça dégénère en plaisanterie et Zaher m’offre un « Welcome drink ». Le frigidaire est pleins de bières, bouteilles d’eau et boissons gazeuses. Je prends une bière locale, une 500ml. Tranquille nous discutons. Tous deux sont très sympathiques.

Zaher me montre mon lit dans la chambre d’à côté. Je prends la douche qui fait le plus de bien après avoir transporté un sac d’une quinzaine de kilos sous la chaleur accablante du Proche Orient en juin. Je me prépare et m’apprête à sortir lorsque les deux frères sont en plein lunch. Wissam a préparé quelques shish-taouk et Zaher m’en offre un. Je ne peux refuser à la vue de mon premier shish-taouk fait maison. Rien à voir avec ceux vendu chez les libanais à Montréal. J’ai rendez vous avec mon ami rencontré en Iran un mois plus tôt. Zaher m’avait avisé qu’il donne un double des clés pour ceux qui rentrent plus tard que 23h. Je lui demande donc cette clé au cas. Il sourit et se demande ce que je ferai étant donné que je suis seule.

Le Liban étant un tout petit pays, le plus facile est de s’établir une base et de faire des excursions d’une journée de là. Bien entendu Beyrouth est donc un point central et donc je m’installais à l’hôtel Talal quelques jours, puis j’allais au nord m’établir quelques jours dans une autre villes, pour revenir quelques jours plus tard à l’hôtel Talal. Chaque fois, c’était un plaisir de revoir les frères. Chaque fois, je réclamais mon « welcome drink! ».

Wissam et Jullian sur le balcon, Beyrouth

Wissam et Jullian sur le balcon, Beyrouth

Le soir, à l’hôtel, les voyageurs se regroupent dans l’espace commun de la réception pour échanger, prendre un coup et donner des nouvelles sur l’ordinateur mit à notre disposition.  Il y avait un Japonais assez bizarre qui semblait se faire un plaisir de jouer le rôle d’un weirdo; un Américain assez âgé qui voyage depuis beaucoup d’années et qui devient déplaisant avec quelques bières en trop; un autre Américain assez jeune qui croit tout connaître sur les conflits politique du Moyen Orient et avec qui il est impossible d’avoir raison; ainsi quelques personnages secondaires. J’y rencontrai Jullian, un français ou plutôt un Breton. Il se payait le trip d’une vie : voyager presque deux ans du Proche Orient jusqu’en Asie du Sud est. Il n’était pas comme les autres. Un gars sympatique avec qui j’ai pu avoir des conversations intéressantes autant que plaisanter et sortir. Le soir, on faisait les commissions et je faisais à manger pour lui et un autre touriste. Puis, les bières se vidaient du frigidaire en échange d’une barre à côté de notre nom sur une feuille. Un genre de « Boit maintenant et paye plus

Wissam, Jullian et moi sur le balcon de l'hôtel, Beyrouth

tard ». Équivalent à deux ou trois dollars la bière, nous devons régler à la fin en même temps que pour les nuits.

Tous les jours Wissam fume son narguilé et tous les soirs il le fait sur le mini balcon. Zaher le rejoins parfois lorsque les discussions entre touristes touchent le sujet délicat de l’Israël et le Liban ou sur les religions. Jullian et moi sommes privilégiés, on a accès au balcon et ils partagent leur narguilé avec nous. Nous avons d’autres sujets de conversations et tous sommes tannées des conversations de touristes alors que nous déconnons un peu.

Devant le dépanneur pour immortaliser le moment!

Jullian et moi voulons aller danser. On se ramasse deux autres touristes avec qui nous sortons sur la rue Milot qui est la rue des clubs, non loin de l’hôtel. Le red carpet est toute une expérience! Nous prenons une bière au bar. Tout est dix dollars. La musique c’est un peu n’importe quoi et les gens se croient beaucoup. Nous observons la scène qui s’offre à nous. Jullian et moi s’entendons bien et les deux autres nous délaisse pour retourner à l’hôtel. Nous décidons de bouger un peu, et puisque nous sommes un peu sur un budget, nous allons acheter une bière dans un dépanneur pour finir par jaser avec le commerçant avant de voir une bataille éclater devant nous. Des Libanais un peu soul en sortie de club, rien que je n’ai jamais vu à Montréal. Puis, nous décidons de continuer la tournée. On se fait payer des verres si on rentre dans les clubs, on joue le jeu.

Le lendemain, je me promène dans Beyrouth et je vais un peu à la plage avec mon ami islandais. Puis, le soir, le même

sur la fin de la soirée, Jounieh

scénario. Bonne bouffe entre nous, quelques bières et cette fois, Wissam nous propose de nous sortir. Nous allons à Jounieh, une autre ville à quelques kilomètres de Beyrouth pour festoyer. On rentre dans un club. Nous sommes les seuls touristes évidemment. Bien souvent, leur clubs sont des restaurant qui se transforment en clubs. Personne ne danse. Jullian et moi, avec l’encouragement de Wissam, partons le bail. Les autres suivent un peu et hop, la soirée démarre. Une chanson déclenche la frénésie chez les Libanais. Ils se mettent tous en rond en se tenant la main pour danser la danse traditionnelle. Je suis heureuse d’avoir eu une prestation dequelques amis un mois plus tôt à Diyarbakir.

Danse traditionnelle, Liban

Je sais donc un peu comment suivre. Jullian s’y met aussi et de toute façon nous n’avions pas le choix, on se fait prendre la main par les locaux pendant que moi je ris.

Nous ne tardons pas trop par la suite, il se fait tard et Wissam travaille très tôt, dans quelques heures seulement.

Cet hôtel me rappelle beaucoup de souvenir. C’est toujours agréable de se sentir bienvenue dans un endroit et de pouvoir faire parti de leur projet, car ces deux frères là, ne sont pas juste là pour faire de l’argent, mais ils choisissent de se mêler aux voyageurs. Ainsi, ils m’ont fait gouter à plusieurs plats qu’ils ont fait, m’ont offert à boire et on été très accommodant avec les différentes devises, autres hôtel dans le pays ou tous renseignements liés au transport. Ce genre d’hôtel est très commun en Europe, mais au Proche Orient, il est rare d’avoir autant de convivialité. Je les remercie d’avoir fait de mon séjour, un souvenir encore plus agréable. Je souhaite de tout cœur pouvoir avoir la chance d’y retourner!

فانيسا

vanes

«Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien ; si tu possèdes peu, donne de ton coeur». (proverbe arabe)

Tala’s New Hotel

Avenue Chales Helou

+961 01 562567

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Baalbeck, short and sweet

Posted in liban, Uncategorized with tags , , on 13 mars 2010 by vanes

Il y a environ deux semaines, alors que je rentrais du travail dans mon appartement, le manteau encore sur le dos et le foulard à moitié enlevé, j’allume déjà mon ordinateur. Ok j’ai cette fâcheuse habitude d’allumer l’objet avant même d’allumer la lumière du salon. Cette fois c’est avec raison puisque je suis en mi session et que je dois absolument avancer dans mes travaux. Évidemment, je ne débute pas la rédaction de mon travail tout de suite. Je dois aller faire un tour sur mon facebook, vérifier mon solde de banque et vérifier mes courriels et ce, sur mes deux adresses électroniques. Je reste surprise. J’ai un message très bref d’un Libanais rencontré à Baalbeck en juin 2008.

Le message du genre «te souviens tu de moi, le gars du château à Baalbeck. Voici mon courriel et je voulais savoir si tu te souvenais bien de moi». C’est tout.

Bien sur que je me souviens de lui et d’ailleurs de toutes ces personnes rencontrées durant ce merveilleux voyage au Moyen-Orient. Je lui réponds de façon brève aussi. Puis, je reçois un commentaire sur mon blogue de ce même garçon qui me demande pourquoi je n’ai pas d’article sur le Liban et si je n’y avais pas eu de bons souvenirs.

Il est vrai que je n’ai jamais dédié un article sur ce pays. Je ne sais trop pourquoi. Peut-être le choc ne fut pas aussi marquant que dans les pays autours. Alors aujourd’hui, je me lance et je raconterai ce séjour à Baalbeck.

Baalbeck, Liban

Le Liban est un tout petit pays et je crois que de faire le trajet vertical d’un bout à l’autre prend seulement quatre heures. De villes en villes, je me promène en minibus. De la vallée de Bcharré, je me rends à Baalbeck. Il s’agit d’une petite ville où l’ancienne cité de Baalbeck est la mieux conservée que j’ai vu de ma vie. Elle date de 3 millénaires avant Jésus Christ et a subi des transformations au gré des périodes. Lors de la conquête arabe entre le règne de la dynastie des Umayyade et des Abbasides vers les 748, les arabes construisent une fortification autours des temples changés en citadelle.

J’arrive dans la ville sous le soleil plombant d’après midi, je trouve un hôtel bon marché dans lequel je fais la sieste avant d’aller explorer les ruines. Il fait trop chaud de toute façon pour être au beau milieu de ce lieu historique.

Baalbeck, Liban

Le temps passe et la température est bien, le soleil est moins fort et je pourrai prendre de plus belles photos qui ne seront pas «brûlées» par la lumière. Je marche à travers ces vestiges impressionnants et monte un escalier qui mène à un genre de musée. En entrant, j’aperçois un garde en habit militaire noir et blanc. Je monte et fais le tour du musé. Je le vois rôder autour et parler avec un autre des siens. En redescendant, les deux hommes me font la conversation. Je réponds à leurs questions sans trop en dire. Puis je continue ma visite. Près de la sortie, le jeune homme me retrouve et continue à me poser des questions dans un anglais douteux. Il est sympa et pas agressant. Je sors du site historique et commence à jaser avec le garde qui se trouve à la sortir avec sa carabine. C’est impressionnant de voir de jeunes hommes manier cette arme comme

Baalbeck, Liban

s’il s’agissait d’une branche d’arbre. Je décide de mettre fin à tout ça, mais le premier garde m’invite à prendre un café lorsqu’il finira son quart de travail. Je refuse, bien évidemment. Il insiste, je refuse et ce fut cela pendant plus de quinze minutes. Dans le fond, je n’ai absolument rien à faire et je passerai la nuit ici. Finalement j’accepte et je lui dis que je reviendrai plus tard, ce que je fis. Il m’invite pour manger un shawarma accompagné d’une boisson gazeuse. Je me sens toujours stupide de me promener au côté d’un local dans un pays arabe. Comme si j’étais son trophée occidental avec lequel est fier de se pavaner avec. J’essaie de passer par dessus cette image que je n’aime pas puisqu’il est vraiment sympathique. La nuit tombe et nous marchons dans les rues de cette belle ville. Nous rentrons dans un genre de bar où il y a des tables de billards. Il me présente à un de ces amis, Khaled, qui est franchement comique et qui se trouve à être le fils du propriétaire de l’hôtel où je loge. On convient de le rejoindre plus tard pour prendre un verre.

Khaled prend son auto et veux que je l’accompagne pour aller acheter une bouteille de vodka. Telle un trophée, je m’efforce d’y aller. On arrive devant une épicerie louche dans laquelle un ami à lui peut lui fournir l’alcool. Ce

Khaled et Mohammed ou Mahmoud à l'hôtel Suleyman à Baalbeck, Liban

dernier regarde dans l’auto et m’aperçoit puis parle en arabe avec Khaled. Je regrette de ne pas savoir le parler encore. Baalbeck est une ville plutôt conservatrice ainsi l’alcool n’est pas aussi bien vu qu’à Beyrouth. Puis il continue le chemin en s’arrêtant devant un kiosque à jus d’oranges fraichement pressés. Il demande un litre de jus sans sortir de son auto tel un service à l’auto chez McDonald. Le marchand lui remet un sac pour le jus et lui rajoute un paquet de carottes coupées. J’observe la scène en lâchant un commentaire sur la raison d’être des carottes. Khaled hausse les épaules et rit aussi.

De retour à l’hôtel Suleyman, nous allons sur le balcon d’où une belle vue nocturne s’offre à nous. Le policier du château arrive après toujours vêtu de son habit militaire. Je comprends qu’il est supposé travailler, mais qu’un de ses collègues le couvre le temps qu’il est à l’hôtel.

Khaled et moi...et les carottes

Je bois donc pour la première fois de ma vie un vodka jus d’oranges pressés ou plutôt quelques uns. Après quelques verres, quoi de mieux que…des carottes lorsque la faim nous prend. Eh voilà l’utilité des carottes! Celui que je croyais nommé Mohammed, le policier doit partir car son collègue l’appelle pour qu’il vienne monter la garde au château. Khaled et moi continuons à jaser sur les sujets habituels telles les différences entre le Canada et le Liban, ce que je fais dans la vie et comment est ma vie dans un pays si libre. Pour sa part, il travaille dans un salon de coiffure. Il est coiffeur dans son propre salon qui doit s’appeler quelque chose comme chez Khaled.

Tout d’un coup, les lumières de la ville au complet s’éteignent.  Je me demande pourquoi il en est ainsi. Mon nouvel ami me dit qu’à minuit, les lumières s’éteignent. Je suis prise d’un fou rire à l’idée de ce couvre feu.

Baalbeck, Liban

Je décide d’aller dormir en lui faisant rappeler sa promesse de me raidir les cheveux le lendemain avant mon départ.

Je me lève super excitée à l’idée d’avoir une tête qui a de l’allure. Je me présente à son salon. Son assistant me lave lescheveux et ne fait qu’un shampoing et aucun conditionner. Laisser moi juste vous spécifier que j’ai une permanente qui a abimée mes cheveux et qu’ils sont très secs à cause du soleil. Khaled commence à me sécher les cheveux. J’ai une tête en triangle. Ça tire. Il me passe le fer plat et là, ça tire pour vrai. On dirait de la laine d’acier, mais droite. Tout ça me fait beaucoup rire et je regrette presque de lui avoir fait promettre cette mise en plis. Le policier

Baalbeck, Liban

m’accompagne tout le long et veut me présenter ses collègues de son deuxième travail : vendeur de jeans dans une petite boutique du souq. Je passe un bon moment avec ses collègues avant de lui donner mon courriel puisque je devais quitter pour Zahlé, une ville non loin de Baalbeck.

Malgré mes cheveux de paille, lorsque j’ai quitté cette ville, j’ai eu un mini pincement au cœur. J’ai vécu deux belles journées en compagnie de deux jeunes hommes simples avec qui je n’ai eu aucune ambigüité et avec qui j’ai passé de bons moments. Si j’avais été comme à l’habitude plus sur mes gardes et avait refusé l’invitation du premier, j’aurais passé la soirée à l’hôtel, dans ma chambre, à lire ou écrire, ce qui n’est pas mal, mais c’est plus intéressant de vivre une expérience avec les locaux. Ce fut bref, mais au combien agréable. Baalbeck, short and sweet!

فانيسا

vanes

L’homme porte son destin attaché à son cou. (proverbe arabe)

Bon pour l’égo

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on 6 décembre 2009 by vanes

Voyager dans le monde arabe est toujours bon pour l’égo. Autant pour la femme que pour l’homme. Cependant, pour la femme c’est toujours plus explicite que pour les hommes.

Je me souviens d’un voyageur que j’ai rencontré en Iran, plus précisément à Yazd. Si ma

Dick et moi dans une mosquée de Yazd, Iran

Dick et moi dans une mosquée de Yazd, Iran

mémoire est bonne, il était d’origine hollandaise. On avait passé une journée ensemble à visiter la ville puisque nous étions étrangement dans le même dortoir. Je dis étrangement car en Iran, il est impératif de ne pas mixer les sexes dans une même chambre à moins d’avoir un certificat de mariage. Alors nous nous promenons sous cette chaleur accablante et nous échangeons sur notre expérience en Iran. Nous parlons de la séduction dans ce pays et il me dit à quel point il se fait courtiser. Il est très grand, même trop, peau blanche occidentale et est plutôt bâti. Il est donc évident qu’il attire le regard de ces Iraniennes. Il me raconte que quelques jours auparavant, alors qu’il visitait une des mosquées connues à Ispahan, que trois

Dick et moi devant notre auberge à Yazd, Iran

Dick et moi devant notre auberge à Yazd, Iran

jeunes Iraniennes sont venues lui parler. Une des questions inévitable était quel était son nom. Il répond Dick, puisque c’est bel et bien son nom. Elles se présentent également en donnant la traduction de leur nom. Il faut dire que dans les pays arabes et du Moyen-Orient, tous les noms ont une signification. Elles lui demandent ce que le sien veut dire… «rien» a-t-il répondu en se voyant menotté dans une prison iranienne pour avoir dit des obscénités à des demoiselles.

Un autre ami rencontré sur mon chemin à Téhéran fut un Islandais. Cet Islandais que je reverrai à Beyrouth quelques semaines plus tard me dit qu’il a un « date » avec une iranienne alors que je serai déjà parti pour la Syrie. Il me raconta tout lorsque nous nous revire. En Iran les parcs sont très populaires. En absences de lieux de divertissement autre que le restaurant où les familles se regroupent pour les repas, les seuls établissements sont des tavernes à thé où les hommes se retrouvent pour boire des litres de thé en fumant le narguilé. Aucun endroit n’est donc approprié pour la femme. Encore moins une femme iranienne accompagné d’un touriste occidental. C’est très mal vu. Il reste donc les parcs, où les familles se regroupent pour faire des pique-nique ainsi que les couples pour se promener et ne pas attirer les regards. Leurs parcs sont magnifiques, souvent avec des fontaines et des palais s’y trouvent parfois. C’est bien là qu’ils se rencontrent pour parler et passer un après midi.

Pour ma part, j’avais mes histoires ordinaires telles qu’au Maroc, on me suivait pour me parler. Les hommes m’appelaient comme on appelle un écureuil et j’avais un nouveau nom : la gazelle ou plutôt, hé la gazelle.

Tout au long de mon voyage au Moyen-Orient, j’ai toujours fait attention à mon habillement selon les villes pour ne pas choquer et dans le but de me fondre aux autres. Je suis en Syrie, à Lattakia où se trouvent des plages. C’est le mois de mai et je ne me suis pas baigné dans la mer depuis près d’un an, depuis mon voyage en Europe de l’est. Je me fais dire qu’il vaut mieux mettre un t-shirt par dessus mon bikini afin de me couvrir un peu. Ma sœur y avait été dans sa début vingtaine et m’avait confirmé cette affirmation. Je me rends donc à cette plage qui semble déserte et qui est plutôt sale. Venant du Montréal où nous n’avons pas de plage à proximité, en fait de vraie plage, je ne peux pas me plaindre. Je marche le long de la plage, les pieds dans l’eau, à la recherche d’une petite place pour m’installer. Non loin d’une petite maison je laisse mes choses et vais me baigner. C’est là que je vois un homme sortir de sa maison, roder un peu autour et lorsque je me suis assise pour lire, du coin de l’œil, je l’ai vu sortir deux chaises et les installer non loin de moi. Puis il retourne chez lui et reviens avec une table. Ce n’est pas tout, le Syrien refait un aller-retour et cette fois, je n’en crois pas mes yeux, il a un parasol en main et le plante dans le sable. Il s’assoit et m’observe. À travers mes lunettes de soleil, je regarde du coin de l’œil. Je fini par tournée ma tête et il me fait signe de venir le rejoindre! Tranquillement je me suis levée et j’ai continué à marcher plus loin. Lui, a resserré tout son bardas. Pensait-il vraiment que je lui fasse signe que oui et d’aller le rejoindre à sa terrasse provisoire? N’importe quoi!

Quoi qu’il en soit, il est toujours plaisant que de se faire courtiser, mais ça peut commencer par être comique et devenir lourd par la suite!

فانيسا

vanes

La beauté est une demi-faveur du ciel, l’intelligence est un don. (proverbe arabe)

Le Danger?

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 29 novembre 2009 by vanes

Lorsque je cause voyage avec qui que ce soit, le sujet tourne souvent autour du Moyen Orient. Surpris êtes-vous? Certains commentaires et questions reviennent souvent et cela  surtout en rapport avec la sécurité. On me demande si ce ne sont pas des pays dangereux pour y voyager seule. Ça me fâche toujours puisque cette perception que les gens ont face au Moyen Orient découle directement de l’image que les médias ont portée et portent toujours sur cette région du monde. Cela me fâche tellement que j’ai envie que les gens modifient leur opinion et réalisent que oui, il y a beaucoup de problèmes au Moyen Orient, mais que des problèmes, il y en a partout. Tout au long de ce blog, je vous démontre une minime partie de ce que j’ai vécu comme superbes expériences par la gentillesse de ces peuples et de leur accueil si chaleureux. Je ne me suis jamais sentie autant en sécurité que dans ce grand voyage.

Une des mosquée de Shiraz, Iran

Une des mosquée de Shiraz, Iran

C’est le 12 Avril 2009, je pars dans trois jours, soit le 15 avril pour mon voyage qui commencera en Turquie pour quatre jours, puis l’Iran. J’entends aux nouvelles qu’une bombe a explosé dans une mosquée de Shiraz. Même si je n’avais pas écouté les nouvelles cette journée là, j’avais quelques personnes pour m’en aviser. Cette bombe a explosée dans une ville que je visiterai dans les prochaines deux semaines. Cela ne fait que me rappeler et peut être me faire prendre conscience que je vais en Iran.

Puis, mon frère ayant étudié avec une Libanaise en Italie, il m’avait mis en contacte avec celle-ci. Je la rencontrerai donc au Liban où elle m’accueillera à bras grands ouverts, comme une de ses

Intérieur d'une mosquée de Shiraz, Iran

Intérieur d'une mosquée de Shiraz, Iran

amies proche. Tout au long du mois de mai on craignait qu’une nouvelle guerre civile éclate. Le centre de la ville autour de la place des martyrs était fermée et l’aéroport également. Ma mère me priait d’oublier le projet d’y aller, que ce ne sera pas la dernière fois que je serai là. Pour ça, ma mère avait raison plus que jamais! La Libanaise me tenait au courant des évènements par

Centre de Beirut, Liban

Centre de Beirut, Liban

courriel en me disant que le Liban est accessible, mais pas au point de satisfaire les touristes. Puisque je m’y rendrais par autobus, c’est tout de même possible de rentrer dans le pays. Je veux y aller et j’irai, du moins c’est ce que je me dis. À ce moment là, le Hezbollah chiite protestait contre le gouvernement. Le Liban traverse alors sa plus importante crise au niveau politique depuis la fin de la guerre civile en 1990. En plus de se trouver sans chef d’Etat depuis le mois de novembre 2007, voilà que deux jours avant que je passe la frontière, l’élection d’un nouveau président mit fin aux hostilités et seuls quelques

Centre de Beirut la nuit, Liban

Centre de Beirut la nuit, Liban

gardes autour du centre ville restèrent par mesure de sécurité.

Ensuite, le 2 Juillet 2008, un palestinien conduisant un bulldozer décide de rouler sur les automobiles et un autobus sur Jaffa Road tuant trois personnes et en blessant douze autres. Une semaine auparavant, j’étais sur Jaffa road. En fait un couchsurfer m’hébergeait dans son appartement de Jérusalem donnant sur cette rue. Ce jour là, je me trouvais plus au nord ouest du pays dans la ville de Haifa chez une autre couchsurfeuse. J’ouvre son ordinateur pour écrire quelques emails et j’en profite pour lire les nouvelles. J’apprends pour le bulldozer et je me rends compte que ce n’est pas très loin de moi. Je demande à ma couchsurfeuse si elle a entendu parler de l’événement. Elle me répond tout bonnement que Jérusalem est à une heure d’ici et que c’est assez loin de nous. Elle finit en disant que tout citoyen en terre d’Israël connaît de proche quelqu’un qui est mort. Je suis bouche bée.

Jenin, Palestine

Jenin, Palestine

Pour finir, mon dernier exemple est le suivant : c’est le 30 juin 2008. Je dois « retourner » en Israël après quelques jours passés sur le territoire occupé. Rien de particulier ne se produit à cette date. Je passe à travers le check point de la ville de Jenine pour me rendre à Haifa par la suite. Je me sens dans une prison avec tous ces buzers, ces voix dans les hauts parleurs sans vraiment savoir qui m’adresse la parole. Après un long processus pour franchir la « frontière » il reste qu’une dernière étape. Je fais la queue pour la dernière vérification avant de franchir les tourniquets. La dame au guichet me demande de m’écarter de la file et de patienter. Mes visas Jenin, Palestinedes pays ennemis ont suscités l’attention. Un homme arrive pour me poser des questions et l’une d’elle fut : Why you went to Iran? It’s dangerous. Je lui ai répondu que le

mes visas Iran, Syrie, Liban, Jordanie, 2008

mes visas Iran, Syrie, Liban, Jordanie, 2008

danger eh bien il est partout et ici en même temps; que même dans mon pays qui est supposé être le

plus pacifique, il se passe des fusillades dans les écoles et des crimes. Il me laisse passer, bouche bée.

Le 13 Septembre 2006à Montréal, il est près d’une heure et je reçois le coup de téléphone de mon frère. Il me dit d’allumer la télévision et d’écouter les nouvelles. Un jeune homme armé entre au collège Dawson et ouvre

Fusillade à Dawson, 2006, aile G

Fusillade à Dawson, 2006, aile G

le feu sur les étudiants. J’ai les yeux rivés à l’écran, les larmes aux yeux. L’homme est rentré par la porte située sur Maisonneuve donnant accès à l’aile G, celle destinée aux Beaux-Arts. Tous les studios à dessin, à imprimerie et à peinture y sont ainsi que les ateliers de sculpture à l’étage plus bas. J’y ai passé deux années à temps complet à faire des aller/retour dans ces mêmes couloir, près de la cafétéria et la galerie d’art. Ce fut ma deuxième maison, sinon la première. Question de timing.

Les médias ont ce pouvoir d’imposer une vison d’un pays aux gens puisque ces mêmes gens n’ont pas toujours la chance de se faire une opinion eux-mêmes en voyageant dans ces pays du Moyen Orient.

Alors moi j’ai le goût de dire que le danger, il est partout.

فانيسا

vanes

Tais toi et tu éviteras le danger; écoute, et tu apprendras. (proverbe arabe)