Archive pour homme

Bon pour l’égo

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , on 6 décembre 2009 by vanes

Voyager dans le monde arabe est toujours bon pour l’égo. Autant pour la femme que pour l’homme. Cependant, pour la femme c’est toujours plus explicite que pour les hommes.

Je me souviens d’un voyageur que j’ai rencontré en Iran, plus précisément à Yazd. Si ma

Dick et moi dans une mosquée de Yazd, Iran

Dick et moi dans une mosquée de Yazd, Iran

mémoire est bonne, il était d’origine hollandaise. On avait passé une journée ensemble à visiter la ville puisque nous étions étrangement dans le même dortoir. Je dis étrangement car en Iran, il est impératif de ne pas mixer les sexes dans une même chambre à moins d’avoir un certificat de mariage. Alors nous nous promenons sous cette chaleur accablante et nous échangeons sur notre expérience en Iran. Nous parlons de la séduction dans ce pays et il me dit à quel point il se fait courtiser. Il est très grand, même trop, peau blanche occidentale et est plutôt bâti. Il est donc évident qu’il attire le regard de ces Iraniennes. Il me raconte que quelques jours auparavant, alors qu’il visitait une des mosquées connues à Ispahan, que trois

Dick et moi devant notre auberge à Yazd, Iran

Dick et moi devant notre auberge à Yazd, Iran

jeunes Iraniennes sont venues lui parler. Une des questions inévitable était quel était son nom. Il répond Dick, puisque c’est bel et bien son nom. Elles se présentent également en donnant la traduction de leur nom. Il faut dire que dans les pays arabes et du Moyen-Orient, tous les noms ont une signification. Elles lui demandent ce que le sien veut dire… «rien» a-t-il répondu en se voyant menotté dans une prison iranienne pour avoir dit des obscénités à des demoiselles.

Un autre ami rencontré sur mon chemin à Téhéran fut un Islandais. Cet Islandais que je reverrai à Beyrouth quelques semaines plus tard me dit qu’il a un « date » avec une iranienne alors que je serai déjà parti pour la Syrie. Il me raconta tout lorsque nous nous revire. En Iran les parcs sont très populaires. En absences de lieux de divertissement autre que le restaurant où les familles se regroupent pour les repas, les seuls établissements sont des tavernes à thé où les hommes se retrouvent pour boire des litres de thé en fumant le narguilé. Aucun endroit n’est donc approprié pour la femme. Encore moins une femme iranienne accompagné d’un touriste occidental. C’est très mal vu. Il reste donc les parcs, où les familles se regroupent pour faire des pique-nique ainsi que les couples pour se promener et ne pas attirer les regards. Leurs parcs sont magnifiques, souvent avec des fontaines et des palais s’y trouvent parfois. C’est bien là qu’ils se rencontrent pour parler et passer un après midi.

Pour ma part, j’avais mes histoires ordinaires telles qu’au Maroc, on me suivait pour me parler. Les hommes m’appelaient comme on appelle un écureuil et j’avais un nouveau nom : la gazelle ou plutôt, hé la gazelle.

Tout au long de mon voyage au Moyen-Orient, j’ai toujours fait attention à mon habillement selon les villes pour ne pas choquer et dans le but de me fondre aux autres. Je suis en Syrie, à Lattakia où se trouvent des plages. C’est le mois de mai et je ne me suis pas baigné dans la mer depuis près d’un an, depuis mon voyage en Europe de l’est. Je me fais dire qu’il vaut mieux mettre un t-shirt par dessus mon bikini afin de me couvrir un peu. Ma sœur y avait été dans sa début vingtaine et m’avait confirmé cette affirmation. Je me rends donc à cette plage qui semble déserte et qui est plutôt sale. Venant du Montréal où nous n’avons pas de plage à proximité, en fait de vraie plage, je ne peux pas me plaindre. Je marche le long de la plage, les pieds dans l’eau, à la recherche d’une petite place pour m’installer. Non loin d’une petite maison je laisse mes choses et vais me baigner. C’est là que je vois un homme sortir de sa maison, roder un peu autour et lorsque je me suis assise pour lire, du coin de l’œil, je l’ai vu sortir deux chaises et les installer non loin de moi. Puis il retourne chez lui et reviens avec une table. Ce n’est pas tout, le Syrien refait un aller-retour et cette fois, je n’en crois pas mes yeux, il a un parasol en main et le plante dans le sable. Il s’assoit et m’observe. À travers mes lunettes de soleil, je regarde du coin de l’œil. Je fini par tournée ma tête et il me fait signe de venir le rejoindre! Tranquillement je me suis levée et j’ai continué à marcher plus loin. Lui, a resserré tout son bardas. Pensait-il vraiment que je lui fasse signe que oui et d’aller le rejoindre à sa terrasse provisoire? N’importe quoi!

Quoi qu’il en soit, il est toujours plaisant que de se faire courtiser, mais ça peut commencer par être comique et devenir lourd par la suite!

فانيسا

vanes

La beauté est une demi-faveur du ciel, l’intelligence est un don. (proverbe arabe)

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Histoire de Frontières II (Iran-Turquie)

Posted in Histoires de frontières, Uncategorized with tags , , , , , , on 9 novembre 2009 by vanes

On m’a toujours dit que chaque bonne chose à une fin. Cependant, il arrive parfois que je ne sois pas attristée que ce soit ainsi.

Lorsque j’étais en Iran, bien que j’aimais beaucoup mon expérience, après deux semaines intensives dans une situation culturelle si dépaysante, ces deux semaines paraissaient plus longues.

Après avoir fait le tour soit disant touristique, je me trouvais dans le sud du pays à Shiraz. J’essayai d’établir un chemin pour retourner en Turquie par la voie terrestre. Il faut savoir qu’en Iran, les autobus sont très lents et le pays étant assez grand, les distances sont longues à parcourir. Ainsi pour m’éviter de prendre trois bus au lieu de deux et gagner du temps, je décide de franchir la deuxième frontière qui se trouve au Sud de Bazargan, la première. Bazargan est considérée comme la frontière pour les touristes, alors que l’autre semble avoir une réputation plutôt dangereuse puisqu’elle se trouve dans le kurdistan. Je prends donc le bus de nuit pour me rendre à Téhéran, puis un autre bus de nuit pour me rendre à la frontière de Sero dans le Kurdistan. Cette deuxième frontière était jadis déconseillée pour les touristes, cependant les choses ayant changées un peu depuis quelques années, je décide de m’y aventurer afin de gagner du temps et préserver mon énergie.

Alors voilà ce que cette décision m’a apporté, un beau sujet d’article qui vous tiendra en haleine du début à la fin.

À la suite de deux autobus de nuit consécutifs d’une durée approximative de dix heures chaque dans un confort évidemment douteux, j’arrive à la station d’autobus Orumiye près de la frontière de Sero. Un autobus se rend supposément en cinq heures à Van, la prochaine ville que je visiterai dans l’est de la Turquie.

J’embarque à bord de l’autobus. Il y a cinq autres hommes à bord en plus du chauffeur et d’un autre homme sur le siège à côté de ce dernier, dont la fonction est toujours un peu vague, et moi, bien sur. Inutile de vous dire que tous parlent le farsi entre eux et je suis la seule touriste, bien entendu. Dès que nous quittons la station de bus, un des cinq Iraniens se lève et commence à distribuer des cartons de cigarettes dans l’espace réservé aux bagages au dessus de chaque siège. Je trouve ça plutôt louche sans vraiment y accorder une grande importance. Puis, le même Iranien ouvre une boîte et j’y aperçois un couteau qui brille à chaque mouvement léger de son propriétaire. Il parle très fort avec ses amis avec qui il semble faire des blagues et dégage une énergie comme d’un enfant en déficit d’attention. Là, je trouve ça encore plus bizarre, mais je tente d’en faire abstraction. Les hommes rient, bougent d’un siège à l’autre et interagissent avec le chauffeur et son aide. Moi dans mon coin, je ne comprends rien et je suis déjà assez fatiguée de mon trajet que je décide d’écouter mon ipod. Les Iraniens tentent de me parler un peu mais aucun d’entre eux ne parlent l’anglais.

Arrivée à Sero, nous débarquons de l’autobus afin de passer les douanes. Le douanier me pose une question que je ne comprends pas très bien, je souris maladroitement et prends la sortie. Ça devait avoir rapport avec son pays, du genre si j’avais aimé ou pas. Les hommes suivent un à un. Nous sommes dehors en attente du bus qui doit aussi passer la douane. Il arrive enfin et nous remontons à bord.

C’est à ce moment que mon calvaire débute.

Nous sommes à la frontière de l’Iran et attendons je ne sais quoi pendant plus de deux heures sans explication. Entre temps, je commence à m’impatienter et demande au chauffeur pourquoi nous sommes arrêtés depuis si longtemps. Il n’arrive pas à me répondre mais semble me dire de me calmer. Je vois des hommes partout dehors qui vérifie le bus, parlent entre eux et la seule chose qui me vient en tête est évidemment le pire. Je me dis que ça y est, ils vont découvrir les cartons de cigarettes partout dans le bus ainsi que les couteaux. Là je panique réellement et le facteur de la faim embarque en plus de la fatigue. Personne n’est en mesure de m’expliquer quoi que ce soit. C’est à ce moment que je me comprends pourquoi le lonely planet disant que Bazargan est préférable, je m’en souviendrai! Il y a bien juste moi pour me retrouver dans une telle situation! Je m’impatiente de plus belle. J’ai réellement envie de pleurer et je sens mes yeux se remplir d’eau. Je respire.

Un homme monte à bord et discute avec les autres comme s’il n’y avait rien de spécial. Il tente de me parler puisque je suis la seule femme et touriste en plus. Il parle quelques mots d’anglais mais n’arrive pas à répondre à mes questions. Je m’énerve et ça l’amuse, en fait ça les amuse tous, sans exception. Pourquoi nous tardons à partir? Il me fait comprendre de me calmer. Ok rendu là, toutes personnes tentant de me faire comprendre de me calmer m’énerve encore plus, je suis sur le bord de la crise de nerf. Je perds encore plus patience. Déjà que j’en possède très peu, en deux heures, j’étais dans le moins et rendu là, ça ne faisait plus parti de mon vocabulaire! Je suis à fleur de peau, mes yeux se remplissent une fois de plus d’eau. Je me retiens, car il ne faudrait vraiment pas que j’éclate devant eux. Ce serait la honte quoi! J’ai ma dignité quand même. L’homme, peut-être par pitié fini par me dire que c’est normal tout ça, que ce sont les procédures normales que de tout vérifier. Là, je comprends que les couteaux et cigarettes ne sont pas la cause de l’attente mais bien que je suis à bord d’un bus qui transporte de la marchandise de l’Iran à la Turquie. La compagnie d’autobus ne fait que profiter de l’occasion pour faire plus de sous en prenant des gens à bord.

Le chauffeur sort un grand sac plein de nourriture sur une banquette et m’invite à me servir. Je suis gênée puisque je me suis énervée plus tôt avec lui, mais affamée. Il me fait signe que c’est sa femme qui lui prépare ses lunchs, bien évidemment. Je me régale et je retrouve une certaine tranquillité.

Le bus démarre, je soupir, c’est enfin fini. Hélas j’ai parlé trop vite!

Nous franchissons la frontière et les hommes se mettent à hurler comme des imbéciles. Ils se tournent vers moi en criant freedom et mimant qu’ils enlèvent leur t-shirt. Nous sommes « libéré » d’un pays où la religion règne. Je peux enfin enlever mon hijab et mon manteau islamique. Je dis enfin, mais en fait, j’ai une réticence. Je suis la seule femme à bord et je sens les regards sur moi. Je trouve ça absurde d’avoir du me couvrir durant tant de temps et devant ces Iraniens et d’un coup, me dévoiler. Je l’enlève maladroitement et les hommes me sourient gentiment sans arrière pensé, du moins c’est ce que je pense. L’atmosphère se détend et en usant du mime nous arrivons à nous parler un peu et à rigoler.

L’est de la Turquie est très montagneuse et puisque c’est la région kurde, il y a des check point à chaque 30 kilomètres on dirait. Chaque fois, les soldats vérifient la soute à bagages, vérifient nos papiers et juste à la vue de mon carnet bleu marin, on me fait signe que c’est correct. Merci d’être né en terre canadienne! Ces soldats prennent même le temps de tenter de me parler et rigoler avec les autres. Tour à tour, ils me posent des questions, la plus récurrente est si je suis mariée. Dès que la drague embarquait, je disais au chauffeur Yallah! et tous rions en partant, même le soldat. Parfois, les Iraniens ont offert un carton de cigarettes à ces derniers. Une petite corruption et hop le champs est libre.

Le trajet est long et pénible, il se met à pleuvoir de plus en plus et il fait très humide dans l’autobus. Le chauffage autant que l’air climatisé ne fonctionne que très rarement à bord d’un bus au moyen orient. J’ai même vu neigé dans les hautes montagnes, je pensais halluciner en plein mot de mai. C’est là que je regardai les passagers en disant Canada pointant la neige à travers la fenêtre.

La nuit tombait et nous n’étions pas encore arrivé. En fait, j’ignorais totalement à quelle heure nous atteindrons la ville de Van.

Une fois arrivé, il pleut encore et il fait très noir. Des hommes déchargent le bus pendant que le conducteur et son adjoint tentent de me faire comprendre quelque chose. J’ouvre le lonely planet à la dernière section où un petit lexique se trouve toujours. Ça n’aura jamais été aussi utile. Je leur dit : « hôtel » en me pointant. Là c’est la confusion! Ils semblent me dire de venir chez lui pour dormir et manger et que demain je prendrai le bus pour Van et eux, retournerons en Iran. J’insiste pour qu’ils m’amènent à l’hôtel. Ils insistent pour me dire que c’est correct qu’ils sont mariés. Je suis consciente qu’en Iran, il n’y aurait aucun problème, car c’est un pays tellement rigoureux que de toucher une touriste leur causerait de grands problèmes. Nous échangeons comme ça durant une vingtaine de minute avant que j’accepte. Qui dans la vie aurait accepté d’aller manger et dormir chez deux hommes gras iraniens dans une ville kurde? oui, moi! Je me permet de vous faire une courte description de ces messieurs. Deux hommes d’au moins une quarantaine d’années avancés, assez gras avec des dents croches, habillés un peu n’importe comment et parlant que le farsi. Maintenat que je vous ai mis en contexte je poursuis.

On se dirige au Marché, on se prend tous les trois une bière. Ma première goutte d’alcool en trois semaines! On arrive à la maison des hommes. C’est très sale et humide. On se regroupe dans une seule pièce qui semble être un salon dans le quel se trouve des couvertures et des matelas. Nous mangeons un Dizzi, un plat typique iranien que la femme du conducteur a préparé. Un pur régal. Nous échangeons avec des gestes et quelques mots que j’ai appris au cour de mon séjour.

Je suis crevée et il se fait tard. Toutes ces émotions et ces transports me sont rentrés dans le corps. L’homme prépare mon lit, puis le sien et celui de son ami. Je comprends que nous dormons tous dans la même pièce. Je n’ai pas peur, mais en même temps je suis un peu nerveuse. Je dors quasiment avec mes souliers. Je garde mes jeans, mes bas, un chandail zippé jusqu’au coup avec ma pochette dans le pantalon contenant passeport et argent, avec ma sacoche sous la tête. Je m’endors d’un coup malgré la situation un peu troublante.

On se réveil tous tôt puisque les hommes doivent repartir en Iran et refaire le trajet chaque deux jours. Nous sortons de la maison et le chauffeur m’indique où est la station de bus en me disant khoda fez, au revoir. Je suis là, à les regarder d’un air ébahi, à leur montrant la main en guise d’un au revoir en leur disant motashakkeram, merci en farsi. C’est tout? C’était de la gentillesse à son état pur? Aucune arrière pensée? Ils voulaient vraiment m’aider? Je suis bouche bée. Je tourne les talons en souriant.

Quelle histoire!

فانيسا

vanes

Le Diable n’apparaît qu’à celui qui le craint. (proverbe arabe)

Tous des super héros

Posted in Uncategorized with tags , , , , , on 16 septembre 2009 by vanes

On sous estime toujours les personne âgés. Je ne devrais pas dire « on », puisque j’entends déjà des gens dire :  « boff, non, parle pour toi, c’est pas vrai ». Je parlerai donc de moi, de ce que je pensais, de ce que je pense à présent. Je vais tenter d’être le plus honnête possible envers vous, mais surtout, envers moi-même.

La famille, on ne la choisi pas, la mienne n’échappe pas à l’exception. Tout comme beaucoup de gens de mon entourage, j’ai des différents avec ma famille, autant que des moments très forts et unis. En ce moment, c’est fort et ça fait du bien en même temps que c’est déchirant, la situation est plutôt difficile.

Je reprends.

Je crois avoir sous estimé souvent la présence des personnes âgées en l’occurrence, celle de mes grands-parents. J’étais consciente que j’allais le réaliser au moment opportun. De plusieurs situations, j’ai souvent dit qu’un jour, il suffira d’un déclic pour que je fasse mon apprentissage. Un genre de leçon qui servira à mon évolution, tel un accident de bicyclette me fera surement porter le casque ou encore un risque pris en voyage me fera peut-être prendre des mesures plus sécuritaires la fois d’après et ainsi de suite.

Photo de mariage de mes grands-parents en Roumanie

Photo de mariage de mes grands-parents en Roumanie

Ce jour est arrivé. J’ai toujours su que j’avais des grands-parents ultra brillant avec une histoire incroyable laissée derrière eux en Roumanie, mais surtout avec une force surnaturelle pour vivre et ne pas se laisser abattre par la vieillesse. Là, je le réalise plus que jamais. Ce sont de vrais super héros et je suis chanceuse, car moi, j’en ai deux. Ça va plus loin que ça, ces deux super héros se sont mariés , il y a plus de 60ans! À leur plus grand bonheur,“la reine” leur a même envoyé des félicitations pour les noces de diamants!

Mon grand-père, 87 ans, s’occupe de ma grand-mère d’une façon exemplaire et jusqu’à ce jour, nous reçoit pour le repas dominical de temps à autre avec une tablée extraordinaire à vous en faire baver, wallah, je vous jure! Architecte de métier, son premier voyage hors de la Roumanie fut l’Iran où un de ses projets fut réalisé, une usine pétrochimique que j’ai pu voir de très loin vue la protection militaire, près de la ville de Shiraz. J’ai d’ailleurs passé pour moitié folle de

Usine pétrochimiqueà Shiraz, Iran désigné en 1959 par mon grand-père

Usine pétrochimiqueà Shiraz, Iran désigné en 1959 par mon grand-père

vouloir aller la visiter et un seul chauffeur de taxi, après de lourdes négociations de prix, m’a conduit pour que je puisse voir le projet de mon grand-père. Vous n’avez même pas idée de comment j’ai pu être impressionnée! Mon grand-père ne se débarrasse de rien, voilà de qui je retiens! Il peut raccommoder, démonter et remonter n’importe quoi, mais ces tâches sont devenues plutôt ardues, car de nos jour, avec notre société de consommation jetable, plus rien ne se répare, ou presque.

Ma grand-mère, ma yaya, qui veut dire grand-mère en Grec, est une femmes des plus forte et déterminée. Pour faire une histoire courte, elle ne marche pas très bien et récemment a subit un accident, lors de leur voyage annuel en Grèce dans une île plutôt agitée, et fut alitée pour l’été. Revenue à Montréal, elle est hospitalisée depuis quelques jours.  Je vous dit, une vraie super héros. Elle a un moral ahurissant et une tolérance à la douleur et à la multitude d’examens qu’elle subit sans aucune explication de la part du personnel de l’hôpital. Pour ma part, ça ferait longtemps que j’aurais fait une crise de nerf pour qu’on me donne le minimum d’informations sur ma condition. Elle continue à me raconter des histoires et à rire comme si rien n’était. J’avais peur qu’elle ne remarche plus jamais, mais non, elle remarchera vous verrez. Elle est si forte et si déterminée qu’elle n’aura aucunement besoin d’un miracle pour la remettre sur pied! Il suffit de sa volonté inépuisable.

Malgré l’âge et les difficultés, mes deux grands-parents sont des exemples incroyables et les observer remet les choses en perspectives.

L’image des petits vieux portant un chapeau conduisant leur voiture à la vitesse minimale et celle des petites vieilles qui se plaignent constamment de leur petits bobos, pour moi ,n’a plus raison d’être.

Van, Turquie

Van, Turquie

Ça me fait penser aux personnes âgées du Moyen Orient. Ces vieilles dames qui continuent à maintenir une maison propre, faire la lessive à la main et l’étendre à l’extérieur. Elles se rendent souvent au souq, chez les marchants de fruits, de légumes ou d’épices pour faire les commissions et revenir à la maison les mains plus que pleines de sacs lourdement chargés.  Elles s’installent souvent devant leur porte à équeuter les haricots ou peler les patates. Puis, la tête dans les fourneaux, cuisinent des plats à longueur de journée pour l’homme, les enfants et les petits enfants ainsi que les

Souq de Esfahan, Iran

Souq de Esfahan, Iran

visiteurs. C’est dans leur culture aussi. Lorsque tu arrives chez quelqu’un on t’offre à manger et tu ne peux évidemment pas refuser, car de toute façon, ces merveilleuses cuisinières ne semblent pas comprendre le refus puisque tu te retrouves avec une assiette pleine devant toi. De plus, ces femmes éduquent parfois les enfants de leurs enfants, pendant que les hommes, eux, s’occupent dans leur version de ce que nous appelons  une taverne Il s’agit d’un endroit où ils prennent des thés appelés çay (prononcer tchay) entre hommes en jouant au backgammon, aux cartes ou fumant des quantités de cigarettes.

Diyarbakir, Turquie

Diyarbakir, Turquie

Bref, ces personnes âgées du Moyen Orient sont souvent très actives et puisque qu’ils n’ont personne sur qui s’apitoyer sur leur sort,  puisqu’ellse vivent dans une autre réalité, toutes y mettent du sien. Du moins, ceux que j’ai rencontrées de la classe dite ouvrière. La vie est dure et elles ne peuvent se permettre d’être à la retraite. Ainsi les hommes se retrouvent souvent comme marchants de toutes sortes de produits et les femmes maîtresses de maisons

Ça aussi c’est être un super héros!

فانيسا

vanes

Vous avez droit à deux proverbes arabes cette semaine:

Le temps sera le maître de celui qui n’a pas de maître.

La fatigue est la ruine du corps et l’inquiétude la faucille de l’âme.

Ségrégation des sexes, réalité qui persiste

Posted in Iran, Uncategorized with tags , , , , , on 6 septembre 2009 by vanes

Lors du dernier article, je vous ai volontairement laissé en suspens. Alors que je parlais des taxis partagés en Iran, je vous ai lancé tout bonnement que je fus bouche bée à la vue de la ségrégation des sexes à bord des autobus, les hommes en avant, les femmes en arrière. La ségrégation des sexes est bel et bien une réalité qui persiste malgré que nous entrions dans l’année 2010.

L’Iran est un pays plutôt méconnu des occidentaux et surtout mal médiatisé. Lorsque j’ai pris la décision d’y aller, j’ai voulu me renseigner sur le pays afin d’éviter de faire un faux pas qui me coûterait cher. Je me suis mise à lire beaucoup de livres sur l’Iran dont un récit de voyage Passeport pour l’Iran[1] d’une jeune auteure, Marie-Ève Martel, qui raconte son expérience alors qu’elle avait le même âge que moi, 23 ans. Je me suis identifiée à ce qu’elle a écrit et surtout de la façon qu’elle a vécu son périple, ce qui m’a mise en confiance pour « affronter » ce pays ignoré. J’ai également visionné des quantités de films non seulement iraniens mais arabes aussi. Je tentai de suivre les journaux en ligne, section internationale, profil Moyen Orient pour vraiment être au courant de tout mais je restai quelque peu confuse quant à la compréhension de leurs problèmes politiques. Bien que j’avais une petite idée de l’endroit puisque à l’école secondaire j’avais une bonne amie Iranienne, ce que j’ai appris m’a tout simplement renversé. Non seulement j’ai été saisie par les règlements reliés au port de la tenue islamique, que je devrai absolument aborder prochainement vue la quantité d’informations et anecdotes que j’aimerais vous transmettre, mais ce qui m’a le plus ébahie est la manière d’agir en société avec les hommes.

En effet, selon les bouquins, la femme ne peut regarder l’homme droit dans les yeux, alors que moi, alors que pour moi c’est très important de regarder dans les yeux la personne avec laquelle j’interagis, homme ou femme. Il ne faut en aucun cas serrer la main à un homme lors d’une nouvelle rencontre ou encore ne jamais se défaire de son hijab devant des hommes étrangers et ne jamais laisser paraître les cheveux hors du foulard. J’avais même lu qu’une femme ne peut s’asseoir directement à côté d’un homme à moins qu’elle ne possède un lien familial ou être liée par le mariage. En conséquence, dans les taxis partagés, c’est un jeu de chaise musicale et  le passager de devant est assurément de sexe masculin.

Mahdi et moi à Téhéran

Mahdi et moi à Téhéran

Alors que je revenais à Téhéran après un trajet de nuit de dix heures d’autobus, le neveu de la femme assise à côté de moi, Mahdi, m’aida à trouver un moyen de sortir du pays, puisque les billets de train traversant la frontière, étaient tous vendus. Il m’a dirigé dans plusieurs agences de voyages, pour finir à la station d’autobus afin que j’achète mon billet pour me rendre à la frontière de l’Iran avec la Turquie. Une fois le billet acheté, il m’a conduit à mon auberge en disant revenir en fin de journée pour aller marcher un peu. Il m’a ainsi présenté un ami avec qui nous avons fait un petit tour de la ville. Puis, à la tombée de la nuit, tous deux m’ont raccompagnée à l’auberge. Mahdi me donne rendez-vous le lendemain afin de de me tenir compagnie jusqu’à la station de bus. Ce genre de comportement n’est nullement unique à Mahdi, mais un exemple de la générosité des Iraniens. Même après lui avoir dit au moins quinze fois que ce n’est pas nécessaire, que je suis déjà bouche bée de sa gentillesse, il se présenta, comme prévu, au rendez-vous. À la station, il me remet un sac pleins de petites prunes vertes pour le trajet et s’assure auprès du chauffeur que je sois bien guidée vers la bonne compagnie à mon arrivée à la frontière, dans le but de prendre un second bus qui se rend à la ville Turc désirée. Encore aujourd’hui, je suis émue de cette rencontre que j’ai voulu immortaliser avec un cliché de Mahdi et moi. Sur cette photo, on voit très bien l’espace entre nous, les bras de Mahdi croisés et les miens maladroitement placés sur le long de mon corps. Aucun contact entre l’homme et la femme, même après avoir passé de bons moments ensemble. Au Canada, on se serait pris par la taille avec un sourire complice, comme on fait avec nos amis, losqu’on passe un bon moment en Iran, on demeure côte à côte avec un léger sourire et un espace physique entre les corps.

À mon arrivée en Iran, bien qu’ayant le sentiment d’être totalement étrangère à leur façon de vivre, j’observais et suivais toutes les règles de conduite que j’avais apprises avant mon départ. Je me suis vite rendue compte que j’avais un comportement extrémiste, que même les iraniens n’obéissaient pas à la lettre aux codes.  Un iranien qui m’a hébergé m’a même dit que je prenais ça trop au sérieux! Je ne crois pas qu’il savait quelle image est projetée de son pays en Occident et qu’il avait lu ce qui s’écrit par les auteures iraniennes.

J’étais tellement prête à affronter tous les tabous à l’exception de cette ségrégation des sexes à bord des transports en commun que je n’avais pas envisagée vraiment. Dans le métro, il y a des wagons uniquement à l’usage des femmes, et d’autres, pour les deux. La même chose se produit avec les taxis et dans les autobus. Certaines femmes préfèrent se retrouver parmi les siennes et ainsi certains taxis sont conçus pour les femmes et sont conduis par celles-ci. Par contre, l’inverse n’existe pas. Ainsi, lorsque je prenais un autobus pour me déplacer entre deux villes, il était normal de partir une dizaines de minutes en retard, le temps de réorganiser le bus afin qu’une femme seule ne soit assise à côté d’un homme si les deux ne possédaient aucun lien marital ou familial. En effet, l’Islam n’encourage pas l’interaction entre inconnus des deux sexes lorsqu’ils sont seuls et ce avant le mariage. Il s’agit d’un pays islamique dans lequel la ségrégation des sexes est plus importante qu’ailleurs.

coté des femmes à la grande mosquée des Omeyyades à Damascus en Syrie

coté des femmes à la grande mosquée des Omeyyades à Damascus en Syrie

Beaucoup savent déjà que les hommes et les femmes sont séparés à la mosquée. Il s’agit d’un lieu culte où femmes et hommes possèdent chacun une partie de la mosquée selon le sexe. Il y a aussi des mosquées dans lesquelles les hommes entrent par la porte principale et les femmes possèdent leur porte d’entrée, souvent située sur le côté ou à l’arrière de la bâtisse. Comme ils se retrouvent souvent à l’opposé de la mosquée, cela crée une division réelle entre les deux groupes. Apparemment, les barrières ou les divisions ont été crées plus pour les hommes que pour les femmes. En effet, la femme représenterait une distraction lors de la prière et alors que celle-ci doit être faite avec un cœur pur. Auparavant, les femmes priaient derrières les hommes, puis un rideau à été érigé pour que les femmes prient derrière et soit cachées. Certaines femmes ne respectèrent pas le règlement en priant devant en guise de protestation. Étant donné le nombre d’hommes priant à la mosquée, la place aux femmes reste minime et cela rend la tâche plus difficile aux femmes voulant prier dans un lieu de culte plutôt qu’à la maison. Selon le film Une femme dans la mosquée[2] réalisé par Zarka Nawaz, cela engendre un découragement chez la femme et une d’entre elle prend parole en disant que Dieu a crée la femme pour une raison, pas uniquement pour l’enfermer dans les maisons à élever les enfants. Certaines femmes défendent cette ségrégation dans les mosquées en disant

côté des hommes à la grande mosquée des Omeyyades à Damascus en Syrie

côté des hommes à la grande mosquée des Omeyyades à Damascus en Syrie

qu’elles disposent d’autres occasions pour parler aux hommes et que la prière est une pratique sérieuse qui requiert une concentration totale. D’autres répondent en se demandant si les hommes sont faibles au point de se faire laisser distraire par un regard de la gente féminine? Lors de la réalisation du film, en 2005, il existait 140 mosquées au Canada. En 1994, 52% d’entres elles avaient une barrière ou une division et en 2000, plus de 66%. Il s’agit donc  d’une démarcation entre les deux sexes, mais ne l’avons nous pas déjà avec le hijab et la tenue islamique? Umar Farruq Abd-Allah, président de la fondation Nawawi[3] déclare que c’est une pratique culturelle d’une culture dysfonctionnelle qui n’est pas saine, ni équilibrée, ce n’est pas moi qui le dis.

Ce n’est cependant pas uniquement dans la religion musulmane qu’il existe une ségrégation des sexes, mais c’est bien une réalité que nous expérimentons sur une base quotidienne, par contre il s’agit là de comportements que nous exécutons sans nous en rendre compte. Par exemple, les vestiaires dans un gym sont divisés en deux, soit un pour les femmes et l’autre pour les hommes. Les toilettes publiques sont également un bon exemple d’une ségrégation dans tous les pays et même dans ceux occidentaux. Dans certaines auberges, les dortoirs peuvent aussi diviser les sexes opposés comme dans les prisons. Il existe aussi des écoles réservées aux femmes et d’autres pour les hommes.

Hommes priant dans leur division de la grande mosquée des Omeyyades à Damascus en Syrie

Hommes priant dans leur division de la grande mosquée des Omeyyades à Damascus en Syrie

La ségrégation des sexes est donc répandue partout à travers le monde, quoiqu’à différents niveaux selon les pays. Dans les pays occidentaux, on la pratique afin de préserver l’intimité des sexes dans certains lieux publics, alsors que dans d’autres pays, elle a une connotation religieuse.

فانيسا

vaness

Là où la diplomatie a échoué, il reste la femme. (proverbe arabe)

La mosquée de la femme, c’est la maison. (proverbe arabe)


[1]http://www.amazon.ca/Passeport-pour-lIran-Marie-Eve-Martel/dp/2894853378

[2] http://www.onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=54494

[3]http://www.nawawi.org/