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L’Expérience du voyageur I / Crac des chevaliers

Posted in syrie, Uncategorized with tags , , , , , , on 15 novembre 2009 by vanes

Avec le recul, je réalise l’ampleur de certains événement et encore plus lorsque je me décide à les écrire. Avec le temps et l’expérience, on acquiert une maturité. C’est aussi vrai quand on voyage, du moins, c’est mon cas. Plus je voyage, plus je comprends des choses; moins j’ai peur de ce qui peut m’arriver; plus j’ai une confiance en moi, mais surtout en les gens. En fait ce n’est pas tant la confiance en les gens, mais en une personne qui saura m’aider. Une sorte d’ange descendu pour moi. Je vous explique.

Troupeau de chèvres avec Crac des chevaliers en arrière plan, Syrie

Troupeau de moutons avec Crac des chevaliers en arrière plan, Syrie

Je prends des cours d’histoire dans le cadre de mon certificat en langue et culture arabe et mon professeur, en faisant ses exposés, parle d’unemultitude d’endroits que j’ai visité. Auparavant, je les visitais sans réellement comprendre l’histoire qui se cachait derrière chaque endroit. Il est donc bizarre, mais intéressant pour moi que de comprendre la signification d’une forteresse, d’une mosquée, d’une ville selon la période étudiée après l’avoir visitée. De plus en plus, nous abordons une ère qui se rapproche de la notre soit la période des croisés et des Seljukides. Ainsi, je reconnais beaucoup d’éléments et je me surprends à me perdre dans mes souvenirs alors que les paroles de mon professeur deviennent secondaires, telle une musique d’ambiance et moi, je revis mes histoires. En voici une parmi tant d’autre.

Syrie fin mai 2008

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Première semaine en Syrie. Après une autre histoire de frontière, une visite de la ville de Aleppo et Lattaquia, je me dirige vers la ville de Homs. La Syrie est un petit pays et la durée des trajets n’est jamais bien longue, sauf vers le Nord-Ouest du pays où je me trouvais. Le trajet est rallongé en raison des montagnes que nous devions contourner. La seule raison pourquoi je désirais aller à Homs avant le désert de Palmyra, était pour visiter Crac des Chevaliers.

Crac des chevaliers, déclaré patrimoine mondial par UNESCO en 2006, est un château des mieux préservés construit par l’ordre Hospitaliers de Saint-Jean à l’époque des croisades de 1142 à 1271. Les croisades furent les pèlerinages des occidentaux  vers la terre Sainte, Jérusalem. L’ordre de Saint-Jean a pour devoir d’accueillir et soigner les pèlerins chrétiens qui désirent accomplir le pèlerinage. Il s’agit d’un des châteaux des croisés les plus prestigieux et je ne pouvais faire autrement que d’aller le visiter.

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

J’arrive à Homs en fin de journée. Je me renseigne sur les autobus qui se rendent sur cette colline de Hosn puisqu’elle se trouve à 10 km au nord de la ville. On me dit qu’il est trop tard, il n’y a plus de microbus à cette heure là. Ce n’est pas dramatique puisque je serai encore là demain. Je demande l’horaire des microbus qui font l’aller-retour pour le lendemain, afin de ne pas me faire prendre une deuxième fois. Le dernier quitte Homs vers les 14h. Je demande aussi l’heure des deux derniers microbus qui feront le retour pour vraiment être certaine de ne pas me trouver au dépourvu. Je rentre à l’hôtel qui est plutôt crade pour maintenir la tendance.

Après une nuit affreuse due aux bruits des employés dans le salon qui se trouve en face de ma chambre, à cette chaleur insupportable puisque je n’ai aucune fenêtre dans ma chambre, sans parler de la propreté des draps qui me donne l’impression que des bibittes y habitent et qu’elles sortiront la nuit pour me faire le bonjour. Je me rends à la station d’autobus d’où les microbus partent pour Crac des chevaliers. Le départ tarde toujours. Pas de presse, je suis familière avec le concept du départ seulement une fois le microbus rempli. J’ai bien planifié mon affaire, en prenant l’avant dernier bus de Homs je pourrai avoir une heure et demi pour la visite du château et ainsi revenir avec le dernier bus de Crac des chevaliers.

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Le château est magnifique. Il n’y a pas beaucoup de touristes et c’est tant mieux. Je prends quelques photos par ci par là. Je m’arrête près des fenêtre pour m’asseoir et regarder la vue qui est splendide. Le château est en si bon état, c’est fascinant. Cependant, je ne réalise pas que je suis dans un endroit historique dont je comprendrai l’impact seulement après mon cours sur l’histoire et civilisation du monde arabe.

Une fois ma visite terminée, je retourne là où on m’a déposé.

J’attends, j’attends et j’attends…pas de minibus en vue. De gros autobus de touristes tantôt français, tantôt anglais déferlent. Je respire profondément et je me dis que mon tour viendra. Rien ne sert de s’impatienter, je suis en vacances![…] Toujours pas de bus.

Un minibus monte la côte, je demande au chauffeur quand est le départ pour Homs. Il me répond que c’est fini, il n’y a plus de bus qui y retourne. J’ai pris la peine de m’informer sur les heures de retour. Je m’énerve après le chauffeur qui me prend surement pour une folle

Inutile d’en dire plus, «No people, no Homs». Arghh encore une arnaque pour que je paye pour tous les sièges afin qu’il me ramène à Homs. Il

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

n’en est pas question, je ne suis pas ce genre de touriste qui achète la paix. Je dis non et me rassois sur une pierre. Je regarde autour de moi. Des collines à pertes de vue, je suis au milieu de nulle part. Je respire et je me dis que rien ne peut m’arriver. Il va bien avoir quelqu’un, quelque part qui m’aidera. J’ai souvent vécu des situations frustrantes, mais il y a toujours eu quelqu’un qui a eu la bonté de m’aider, c’est une question de temps. Seules les tas d’expériences que j’ai acquiss m’ont permis de développer ce que j’appelle une certaine maturité de voyageur. Je dois juste faire confiance en la vie.

Un minibus descend le chemin abrupt, cette fois de couleur rouge et me demande si je suis la Canadienne. Il me dit que l’autre chauffeur l’a avisé qu’une canadienne voulait retourner à Homs. Je lui fais signe que oui et lui explique la situation. Il me dit qu’il doit rentrer à Homs aussi et qu’il peut m’amener. Je refuse de payer le plein prix, mais ce n’est pas son intention. Il me chargera le prix d’un siège, soit deux livres syriennes (même pas deux dollars). J’accepte.

Crac des Chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

Crac des Chevaliers à Hosn près de Homs, Syrie

J’embarque dans le van et il remonte sur la colline où se trouve un restaurant et une vue magnifique du château! J’ignorais que si je continuais à monter le chemin, j’aurais la vue d’ensemble. Je suis ravie. On m’offre le thé, puis un deuxième. Le chauffeur me dit de patienter une demi-heure et nous partirons. Il me montre la photo de ses enfants, un classique. Une demi heure passe, puis une autre. Les gens me parlent et j’ignore pourquoi je ne m’impatiente pas comme à l’habitude. L’homme semble si gentil que je lâche prise et je fais confiance. Quand un arabe vous dit une demi heure, multipliez par trois au moins! C’est interminable, mais en même temps rien ne presse.

Il me dit de le suivre. Je pense que nous sommes sur la route du retour. Erreur, nous nous arrêtons chez des amis à

montagnes autour de Crac des Chevaliers, Syrie

montagnes autour de Crac des Chevaliers, Syrie

lui dont l’homme de la maison a séjourné à Montréal pendant quelques années. C’est étrange de parler de ma ville, mais pas seulement dans son ensemble, mais de rues précises, de parcs etc. Nous prenons le thé sur la terrasse encore avec cette vue incroyable. Ça y est, après une heure,nous partons réellement. Je suis la seule touriste à bord du minibus qui ramène des travailleurs de la construction à Homs. On me pose les questions habituelles, auxquelles je réponds avec les réponses habituelles.

Voilà, nous y sommes, il s’arrête non loin de mon hôtel et me dit comment m’y rendre. Il me dit au revoir et moi je lui remets son dû et je descends du van un peu bouche bée, et le remercie énormément.

Quelle belle fin de journée! Jamais j’aurais pu espérer autant. Au fond, je savais que quelqu’un allait accepter de me ramener. Je déambulais dans les rues en passant à la chance que j’ai. Je suis fière de moi puisque j’ai gardé mon sang froid, je suis heureuse de ce que je suis devenue, et ce, grâce à mes voyages.

فانيسا

vanes

Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien ; si tu possèdes peu, donne de ton coeur.  (proverbe arabe)

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Hommage au Couchsurfing

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 30 septembre 2009 by vanes

Voyager en 2009 et voyager au début des années 2000 est bien différent malgré que ce soit dans la même décennie.

En effet, grâce au couchsurfing, un site d’hébergement gratuit à travers le monde, l’expérience de voyager est totalement autre. Puisqu’au lieu de se promener d’auberge de jeunesse en auberge de jeunesse et visiter le pays d’une façon impersonnelle, on expérimente l’hébergement chez  l’habitant local avec tout ce qui l’entoure.

quelques couchsurfers chouchoux que j'ai hébergés

quelques couchsurfers chouchoux que j'ai hébergés

Couchsurfing est un réseau international à but non lucratif pour les voyageurs qui désirent rencontrer des locaux et ce, dans plus de 231 pays jusqu’à ce jour. Casey Fenton, son créateur est informaticien et webmaster aux États-Unis. C’Est lors de ses voyages qu’il a réalisé que l’intérêt principal des voyages est la relation entre les gens. Il fonde donc le couchsurfing en Janvier 2004. Plus de 1 400 000 membres de plus de 65 000 villes différentes parlant plus de 256 langues différentes sont inscrits. Le Canada est le quatrième pays qui utilisent le plus ce site et Montréal la quatrième villes la plus populeuse en couchsurfers. Ce réseau a pour but de promouvoir l’échange culturel, de créer des amitiés et partager des expériences inoubliables. On peut donc se créer un profil avec nos photos, description de nous et spécifier notre but sur le site. Que ce soit pour prendre un café ou un verre, pour seulement se faire héberger lorsqu’on voyage ou pour héberger des voyageurs chez soi, on y trouve tous notre compte.

quelques couchsurfers chouchoux que j'ai reçus à Montréal

quelques couchsurfers chouchoux que j'ai reçus à Montréal

Alors que je préparais mon premier voyage de longue durée en 2005, une bonne amie à moi  m’avait parlé d’un genre de réseau d’hébergement gratuit dont avait entendue parler sans me nommer lequel. Puisque je travaillais souvent de soir dans une radiologie comme réceptionniste, le temps pouvait parfois être un peu long et en conséquence, je lisais les revues passées dates afin de me désennuyer. C’est à ce moment que j’ai prit une vieille édition du magazine le clin d’œil dans lequel je tombai par hasard sur un article sur le couchsurfing.  Cet article tomba pile au bon moment. À la fin de ma journée de ce mois de février, une fois à la maison, je tapai dans google www.couchsurfing.com et me créa un profil afin de pouvoir explorer le site. Il s’agit un peu du même principe qu’un site de rencontre. Chacun a un profil avec ses activités préférées, des photos, une brève description de qui elle est etc. Je partais à la mi avril de cette même année pour l’Espagne, Portugal et la France selon mes plans. Je commençai mes recherches pour Madrid où très peu de gens étaient inscrits à cette époque. Il y en a maintenant plus de 7000! Le réseau a tellement prit d’expansion dans les deux dernières années que j’ai eu la chance de faire du couchsurfing jusqu’en Iran!

Parfois, les hôtes ont une chambre d’invité dans laquelle ils nous reçoivent. Pas besoin de vous dire à quel point c’est apprécié de temps à autre, lorsqu’on est sur la route depuis un ou deux mois, de se retrouver dans une certaine intimité. D’autre fois c’est dans le salon ou encore dans la même chambre.

1. Sait, Erzurum, Turquie 2. Ben&Anna, Esfahan, Iran 3. Hany, Palmyra, Syrie 4. Shai, Haifa, Israël

1. Sait, Erzurum, Turquie 2. Ben&Anna, Esfahan, Iran 3. Hany, Palmyra, Syrie 4. Shai, Haifa, Israël

Ce site m’a permis de faire des dizaines et des dizaines de belles rencontres et même de créer des amitiés avec certains d’entres eux. Entre autre à Istanbul, en 2007 alors que j’envoyai une demande dernière minute à un Turc nommé Mert., il me reçu chez son ami Basar qui travaille pour la marine turque. Je le taquinais beaucoup sur son travail et surtout sur l’uniforme blanc qu’il devait porter lorsqu’il partait en mission sinon il devait se vêtir d’un uniforme de couleur kaki. J’étais leur première couchsurfeuse et ils m’ont hébergés cinq jours. Mert m’a ccompagné le premier jour afin de me montrer un peu la ville, puis les autres jours, nous nous retrouvions à la fin de ma journée pour diner tous ensemble. Ce fut tellement une belle expérience en plus que j’étais tombée en amour avec la ville qu’en partant, je leur ai dit que je serais de retour l’année suivante, ce que je fis malgré leur « oui oui c’est ça, on verra bien ». Basar me donna en cadeau un chapeau blanc de la marine turque. Je crois que tous mes amis et certains de mes couchsurfers ont tous une photo avec ce fameux chapeau que j’ai toujours en ma possession. L’année suivante, en avril 2008, je terminai mon voyage au Moyen Orient par une visite chez eux. J’ai encore eu une magnifique expérience et encore mieux que la première car je n’étais plus une couchsurfeuse pour eux. À travers ces deux Turcs, j’ai rencontré de leur amis qui sont devenus les miens. Nous sommes tous sortis à plusieurs reprises et nous sommes allés sur une petite île près de Istanbul pour se baigner. Avant de quitter pour prendre mon avion du retour, alors que j’étais triste de non seulement les quitter, mais aussi que ce soit la de la fin de ce voyage si émouvant, Basar me dit : « Ne soit pas triste, on se voit l’an prochain de toute façon! et sache que tu n’es plus une couchsurfers mais une amie ». Voilà que j‘y retourne pour une troisième fois afin de célébrer le nouvel an avec eux.

Basar, Mert, moi, Adil / moi et Digdem mes amis turcs que j'adore

Basar, Mert, moi, Adil / moi et Digdem mes amis turcs que j'adore

Aussi, lors de mon passage dans l’est de la Turquie en Mai 2009, j’avais contacté un couchsurfer dans la ville de Batman et après avoir rencontré un de ses amis Ozan, sachant que j’allais à Diyarbakir par la suite, m’a trouvé un endroit chez un couple d’amis à lui. Ceux-ci, Nese et Mahmut m’ont accueillit comme une reine encore une fois et lors d’un souper avec leurs amis, un d’eux m’a mit en contact avec son ami de Malatya, ma prochaine destination, chez qui je suis restée une nuit vu la barrière linguistique! C’est aussi ça le couchsurfing, l’entraide et la générosité afin de faire vivre à l’étranger une expérience imbattable dans leur pays. Dorénavant, lorsqu’un ou une ami (e) part en voyage je fais le tour de mes connections afin de les mettre en contacte avec des couchsurfers rencontrés dans mes voyages.

Depuis deux ans,  j’héberge beaucoup chez moi. C’Est une façon pour moi de remettre la pareille. On m’a tellement donné que j’ai eu envie de donner aussi. Ce qui est drôle c’est qu’on reçoit de quelqu’un et on redonne à d’autres. Couchsurfing m’a permis de vivre mes voyages d’une façon moins touristique et plus humaine. Ça m’a permit de partager des repas typiques, d’échanger des connaissances, d’apprendre sur la cuture, les traditions des pays visités. J’ai eu la possibilité et la chance de vivre des expériences inoubliables et de faire des rencontres formidables!

فانيسا

vanes

Informe-toi du voisin avant de prendre logis,

Et du compagnon avant de te mettre en route. (proverbe arabe)

Perception du touriste

Posted in jordanie, Uncategorized with tags , , , , , on 27 septembre 2009 by vanes

Je n’avais pas prévu écrire l’article suivant aussi vite. Chaque chose en son temps, mais parfois, c’est bien de réviser ses plans, en fonction des réactions d’autrui. Voilà que j’ai eu mon premier commentaire, en dehors du groupe de mes amis supporters (que je remercie de tout coeur), en réaction à un de mes articles : Frustration jordanienne. Une lectrice m’a fait part de son opinion sur ce pays dans qu’elle habite depuis quelques années et m’a écrit que mon expérience est surement dûe à une malchance ou simplement à un bad day comme on dit si bien en anglais. Alors voilà, j’ai envie de répondre et de réagir à ce commentaire qui m’a fait grand plaisir et qui me permet d’interagir avec vous.

« Bonjour,
Je trouve ton commentaire parfois bien vu mais surtout un peu exagéré… Je vis en Jordanie depuis 4 ans et je suis d’accord avec toi, il est assez surprenant de ne pas avoir de bus direction Pétra… En fait, il y a des minibus qui mettent 4 h 30… Je crois surtout que tu as joué de malchance… Les touristes ici sont plutôt en général bien accueillis et les Jordaniens très gentils avec eux… Donc ne généralise pas trop vite et ne sois pas fâchée avec un si beau pays pour cette mauvaise expérience! »

Mon but d’écrire ce blog est de partager mon expérience de la manière que moi je l’ai vécue. Elle peut différer de celle des autres et je n’ai aucun avantage à exagérer ou falsifier les informations. Je n’écris pas non plus dans le but de salir la réputation d’un peuple, mais plutôt de rapporter des faits sur mon expérience à moi, mes observations, mes anecdotes, mes chocs culturels et mes émotions du moment.

Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

J’ai remarqué à travers toutes mes expériences de voyages que lorsque je me retrouve dans certaines régions, en allant plus vers l’est, les habitants me prennent parfois pour une personne fortunée puisque je suis Canadienne. C’est un peu comme les occidentaux, lorsqu’ils disent des Arabes que se sont des terroristes et eux, à leur tour, nous croient riches puisqu’on peut voyager plus facilement. Pour le besoin de la cause, je dois donc faire une moyenne et généraliser, mais nous savons tous que toute règle a ses exceptions…

En effet, c’est lorsque j’ai commencé à visiter les pays de l’Europe de l’est en direction du Moyen-Orient que j’ai vu la différence. En France, Espagne, Portugal, Belgique, Italie et Grèce, jamais on ne m’a fait sentir comme une occidentale riche. Bien au contraire, avec le taux de change, mon dollar canadien s’avère être bien trop inférieur à l’Euro! Je dois faire attention à mes dépenses et prendre le chemin le moins coûteux. C’est en arrivant en Europe de l’est, que j’ai commencé a avoir certaines réactions de la part des habitants.

Je suis consciente que je fais plus d’argent que les gens des pays du tiers monde, par contre, tout comme eux, je la gagne et la

Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

dépense pour payer mon logement et mes comptes. Je fais beaucoup de sacrifices pour me permettre de découvrir leur pays, pour découvrir le monde. D’un autre côté, au Canada, il n’est pas difficile que de se trouver un boulot temporaire. Les visas sont aussi faciles à obtenir. Ainsi,  je peux partir pour une durée de trois mois sans contraintes majeures. Je ne peux donc aucunement me plaindre mais remercier le ciel d’être née à Montréal.  Ces gens rêvent du moment où ils quitteront leur pays pour un monde soit disant meilleur et voir une jeune femme se promener telle une feuille au gré du vent  leur indique peut être un signe de richesse.

C’est pour cette raison que parfois, je préfère dire que je suis Roumaine plutôt que

Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

Canadienne, pour montrer que je ne suis pas mieux qu’un autre, pas plus riche, pas plus éduquée mais tout simplement égale. De toute façon si j’avais plus d’argent, je partirais juste plus longtemps, pour visiter plus de pays. Je ne l’utiliserais pas dans le but de me loger dans les hôtels chics ou encore pour manger dans les plus grands restaurants.

De plus, selon le pays, j’essaie le plus possible de suivre leur fonctionnement et respecter la religion, la situation de la femme, si c’est conservateur ou libéral, etc. Tout ça dans le but de me fondre à celui-ci et ne pas créer de distraction ou d’attirer l’attention de la part de l’habitant local. C’est important pour moi de me dépayser, de me confronter à l’inconnu et aux opposés de ma culture, car après tout, c’est ça voyager!!

Je reviens à la Jordanie.

ville de Petra la nuit

ville de Petra la nuit

Il s’agit d’un pays qui comporte beaucoup de sites historiques très convoités par le tourisme. Les touristes sont partout, nous sommes partout. Le secteur de l’économie dépend en grande partie de cela et là où il y a des sous à faire, bien évidemment que les gens  y sont attirés. Ce n’est pas uniquement parce qu’il s’agit d’un pays renfermant une certaine pauvreté, puisque ça me fait penser aussi à la Grèce qui est maintenant « pourrie » par le tourisme. J’ai pu le constater à nouveau lors de ma deuxième visite. Je me suis vite rappelé à quel point les locaux sont désagréables envers les touristes. Surtout envers ceux qui portent le chapeau de pêcheur avec la corde au cou, le polo avec les bermudas beiges, les bas blancs montés aux mollets avec les souliers de course. Il est rare de ne pas se sentir stupide de poser une question quant à une direction ou une information sur le pays.

Quant à mon histoire de minibus introuvable de Amman à Petra, il s’agissait de la première fois que ce fût aussi compliqué. En voyage, cette situation m’arrive souvent , mais il y a toujours une bonne étoile qui finit pas me rediriger à la bonne place sans tracas.

C’est un peu le même principe dans les souqs, les genres de marchés où l’on trouve aussi bien des épices que des produits de beauté et des tissus. Même si tu marchandes du mieux que tu peux, tu n’auras jamais le même prix qu’un local peut avoir. C’est comme ça. Ça doit être culturel et c’est correct aussi.

Selon moi, vivre à Montréal qui est une ville multiculturelle, nous apporte énormément en tant que citoyen, pour ce qui est de l’ouverture envers les autres cultures ainsi que pour la tolérance. Ce qui est étrange mais non déplaisant, est le fait que nous ne puissions plus distinguer les locaux des touristes. En partie en raison de l’immigration, mais aussi en raison de cette nouvelle génération d’enfants nés au Canada dont l’un des deux parents est immigrants. Moi j’adore ça, mais dans les pays comme la Jordanie et la Grèce, ils différentient énormément le local du touriste, car ces mélanges sont beaucoup moins fréquents.

Petra le soir

Petra le soir

Bien que j’ai vécu cette situation frustrante en Jordanie, j’ai de très beaux souvenirs reliés à ce pays, notamment lorsque j’ai finalement atteint mon but inch’allah d’arriver à Petra. Dieu l’a voulu même si ce fût le double de la durée normale.  Un homme m’a abordé dans la rue alors que j’étais un peu agressive avec lui en conséquence de mon aventure. Il m’a indiqué l’hôtel d’un de ses amis en négociant un bon prix pour mon séjour. Il m’a aussi accompagné pour le souper et le lendemain s’est proposé pour me faire un tour dans l’immense cité de Petra. J’appris par la suite qu’il était un guide et connaissait très bien l’ancienne cité. Le lendemain, comme promis je descends à la réception de l’hôtel à six heures du matin où il m’attendait afin de me conduire. Pour faire un bon tour de Petra, cela prend au moins une journée et lorsque la chaleur se met de la partie, c’est impossible de rester toute la journée. Voilà pourquoi nous sommes allés très tôt. Nous étions dans les seuls cinq à la visiter aussi tôt et ce fût merveilleux.

فانيسا

vanes

Celui qui est vêtu avec le bien d’autrui, est en réalité nu. (proverbe algérien)