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Dur à cuire

Posted in Maroc, syrie, Uncategorized with tags , , , , , , on 22 février 2010 by vanes

Quatre pattes, quatre estomacs, deux bosses, le camelus batriatrus communément appelé le chameau est d’origine asiatique. On mélange bien trop souvent le chameau avec le dromadaire et  moi-même je commets l’erreur.

mon dromadaire dans le Sahara

mon dromadaire dans le Sahara

Le chameau est d’origine asiatique et est utilisé plutôt en Asie centrale alors que le dromadaire, celui possédant qu’une seule bosse, se trouve en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Il s’agit d’un animal très étrange, mais au combien intéressant.

Premièrement la question des bosses. Qu’il en ait une ou deux, les bosses représentent des réserves d’énergie puisqu’elles sont des masses de gras. Il peut boire jusqu’à 130 litres d’eau en une dizaine de minutes et ainsi survivre sans boire pendant plusieurs jours. Ses longs cils servent à protéger leurs yeux du sable. Il en est de la même fonction pour ce qui est des poils de leur nez et de leurs oreilles. Le

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

camelus ne possède pas de sabots, mais a plutôt des pattes molles comme des coussins pour faciliter la marche dans le sable. Cet animal peut facilement vivre dans de haute température atteignant les 50 degrés Celsius. Il ne faut pas oublier de mentionner leur grandeur impressionnante. Je les trouve si gracieux avec leur long cou et les pattes si hautes en plus de leur côté coquet puisque parés de décoration que les clameliers font porter à leur bête.

J’ai toujours aimé les animaux et en particulier les gros mammifères. Je préfère le chien au chat. Je trouve donc le chameau tout à fait adorable et rêvait d’en monter un dès que j’en aurais l’occasion.

Cette occasion est arrivée en 2005, au Maroc, pour la première fois. Je passais deux semaines dans

excursion dans le Sahara

excursion dans le Sahara

le pays et je désirais faire un tour dans le très connu désert du Sahara. Je suis à Marrakesh sous les 45 degrés quotidien et décide de me payer une visite dans le désert. Je me rends dans une agence de voyage dans laquelle ils organisent des excursions de deux à quatre jours dans le Sahara. Il s’agit d’un van d’environ huit personnes dont un Mexicain, un couple d’Italiens, un autre Anglais et surement des Américains. L’excursion comprend l’allée jusqu’au bord du Sahara à Zagora avec une heure de chameau dans le but de se rendre à la tente de bédouins, où nous auront un repas et où nous dormirons pour ensuite faire le trajet à l’envers.

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Après avoir souffert à bord du van sur le chemin étroit et en serpentin des heures durant, nous arrivons à Zagora. J’ai l’estomac à l’envers et il fait très chaud. Il doit être dix-sept heure environ et le soleil est moins fort. Chacun se fait assigner un chameau. Les guides réussissent à nous faire tous acheter un foulard et nous l’enfile en turban. On a tous l’air totalement touriste et franchement on a tous mordu à l’hameçon. On nous montre comment monté sur un chameau, ce qui semble si simple, mis s’avère un peu épeurant. Peu importe ce qui arrive, il faut tenir fermement la barre. Le chameau est au sol, je monte sur son dos. Jusque là ça va. Je trouve ça plutôt comique jusqu’à ce que le guide dise un mot arabe en lui donnant un petit coup pour le faire lever. Étape par étape. Le chameau (dromadaire) commence en dépliant ses pattes arrière. Comprenez que c’est une bête de presque deux mètres de hauteur! J’ai l’impression que je vais basculer vers l’avant. Puis étape numéro deux: il déplie les pattes du devant et hop en lançant un petit cri nerveux, je suis dans les airs. Sentiment étrange. Il commence à

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

marcher. Je dois prendre son rythme tout comme à dos de cheval. Je n’ai encore jamais fait de cheval alors j’ai de la difficulté. Je dois porter mes lunettes de soleil et comme la mode est aux grosses lunettes, avec mon turban, j’ai l’air de Francine Grimaldi! On est en rang, un chameau derrière l’autre en avançant doucement. Les chameaux affrontent les dunes de sable qui me procure toujours une petite sensation puisque descendre des petites montagnes de sable à deux mètres de haut est assez impressionnant.

On s’arrête pour la nuit à la tente où un autre groupe est déjà. Le lendemain matin on se réveille à cinq heure du matin par les cris horribles que font ces animaux, en plus de voir leur affreuse dentition.

J’avais bien aimé mon expérience et lorsque j’étais à Palmyra en Syrie, les « camel boy » comme ils se font surnommés étaient après moi pour m’offrir des tours pas cher. Je continue mon chemin dans les ruines alors qu’un jeune homme à dos de chameau m’aborde en m’offrant un tour gratuit puisque je suis l’amie de Hany. Il m’avait surement vu avec la famille de ce dernier. Khalid, le « camel boy » me convainc et je monte sur la bête. Il me promène durant deux heures dans les ruines de l’ancienne cité et me montre aussi la magnifique oasis. Parfois il dirige l’animal, parfois il me laisse le faire. Je prends plaisir à lui dire ou plutôt crier des « yallah » pour le faire avancer. Le temps file et je dois retourner au restaurant familial pour le souper. Je descends de la même manière mais à l’inverse,

préparation à la descente

préparation à la descente

les pattes du devant qui se plient en premier, le derrière encore dans les airs, avant de descendre l’autre moitié du corps. Bien que je connaisse le processus, ça me surprend toujours autant. De nouveau au sol, j’ai l’impression d’être encore sur le chameau. Mes jambes me font mal tout comme après un entrainement si ce n’est pas pire. Je marche un peu tel la démarche d’un cowboy, rien à voir avec les deux jours qui suivirent. J’avais vraiment la démarche parfaite pour jouer dans un film du far west.

Cet hiver, lorsque je suis retournée à Palmyra, Hany me disant toujours de faire attention au camel boy : « Vanessa, please be safe and don’t talk to them ». Pas de danger que ça arrive, je ne veux absolument plus refaire de chameau.  Juste à y penser, j’ai la démarche d’un cowboy!

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

فانيسا

vanes

Si le chameau pouvait voir sa bosse, il tomberait de honte. (proverbe arabe)

Les chameaux ne se moquent pas réciproquement de leurs bosses. (Proverbe touareg)

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Merveilles jordaniennes

Posted in jordanie, Uncategorized with tags , , , on 30 janvier 2010 by vanes

Alors que j’étais chez mon grand père pour le diner dominical entre grand père et petite fille, il me fait part d’un documentaire sur la Jordanie qu’il a visionné quelques jours auparavant. S’il y a bien deux points en commun entre nous ce sont les voyages et la cuisine. Il ne comprend peut-être pas pourquoi j’étudie en langue et culture arabe ni pourquoi je suis fascinée par le Moyen Orient. Néanmoins, il trouve ça intéressant que j’aie une telle passion et se prête au jeu. Il me parle souvent de son expérience en Iran, le premier pays qu’il a pu visiter à partir de la Roumania alors qu’il était architecte. Il m’encourage avec amour dans cette direction et l’autre dimanche alors que nous partagions une bière, oui oui, j’ai atteins l’âge nécessaire depuis plus d’un an pour que mon grand-père prenne plaisir à en partager une avec sa petite fille. Ce dimanche là, il m’a prêté une vidéocassette. Qui, en 2010 écoute encore des vidéocassettes? Eh bien mon grand père enregistre des documentaires de la télévision sur des merveilles du monde et

Pétra, Jordanie

Pétra, Jordanie

sur des pays qu’il juge intéressant pour lui et pour ses trois petits enfants. C’est alors qu’il m’en prête un sur la Jordanie. Sachant très bien que j’y suis allée et que je parle toujours de ce coin du monde, il pensa à moi! Je me suis surprise à l’écouter un vendredi soir. Normalement je l’aurais gardé longtemps sur la table sans y toucher et finir par l’oublier, car je me serais perdu dans un tourbillon d’évènements du quotidien.

La vidéocassette m’a franchement bouleversée. Le simple fait de voir Pétra de la vision d’une caméra alors que moi je l’ai vu de mes propres yeux, m’a donné un moment de nostalgie. Cette magnifique cité, je l’ai malheureusement sous estimée. Il faut comprendre que lorsqu’on voyage dans le

Pétra, Jordanie

Pétra, Jordanie

même coin du monde que ce soit en Asie pour les temples, en Europe de l’est pour les monastères, en Europe de l’Ouest pour les nombreuses cathédrales, non seulement le Moyen Orient est parsemé de mosquées, mais également de ruines puisque l’empire romain qui est devenu l’empire byzantin a laissé ses traces avant la conquête arabe. De plus, les arabes ont également construits des cités et des palais qui sont maintenant, des sites historiques. Il est immanquable de visiter des ruines dans chaque pays puisque les unes sont plus prestigieuses que les autres. J’en ai donc vu des ruines dans ma vie et encore plus dans les deux dernières années. Par conséquent, j’ai vite jugé Petra comme étant oui magnifique, mais pas plus que d’autres que j’ai vu dans ma courte vie. Malheureusement, la Jordanie était mon cinquième pays de ce voyage et j’étais blasée de voir des ruines. Avec le recul, je change d’idée. En revoyant la grandeur de cette beauté qu’est Petra dans la vidéocassette, j’ai été émue; émue d’avoir eu cette chance d’avoir mis les pieds dans cet endroit unique. Construite au moins il y a 3000 ans,  elle représente une des merveilles du monde. L’angle du documentaire était différent de celui auquel j’ai eu accès. Le simple fait de voir Pétra vu d’en haut donne une tout autre dimension que celle que j’ai vu de la hauteur de mes yeux, donc pas très haut.

Pétra, Jordanie

Pétra, Jordanie

Ce qui est comique est que dans ce même documentaire, les deux jeunes étaient invités par des Jordaniens dans ce qu’on appelle la petite Pétra qui est annexée à Pétra elle-même. Ils allaient manger du poulet grillé sur un feu de camp au milieu des montagnes ou si je me permet de dire, dans le milieu de nul part. J’ai fait la même chose, mais différemment. Un homme m’avait prise sous son ailes en quelque sorte à la vue mon découragement à mon arrivée à Pétra que j’ai raconté dans mon article sur ma frustration jordanienne. Il me conduit à la cité de Pétra le lendemain en me montrant grossièrement en quatre heures l’ancienne cité. Il me fait rencontrer pleins de gens sur la route qu’il connaît puisqu’il est guide dans la Jordanie. Le soir, avant le coucher du soleil, il me propose de me montrer Pétra en voiture. Cela se termine

coucher de soleil à Pétra, Jordanie

coucher de soleil à Pétra, Jordanie

par la vue d’un coucher du soleil auquel je ne peux accorder aucun qualificatif pour lui rendre justice. Puis la nuit tomba peu à peu et il me proposa d’aller rejoindre deux amis dans petite Pétra. Évidemment je dis oui. Dans le noir total, nous arrivons au milieu de nul part où cet ami faisait cuire des poulets très plats comme les poulets

Petite Pétra, Jordanie

Petite Pétra, Jordanie

portugais et ce, entre des grilles sur un feu improvisé. Je mangeai pour la deuxième fois étant donné que je ne pouvais refuser cet appétissant poulet grillé. Nous sommes restés là quelques temps avant que la situation se revivre un peu contre moi et que l’homme en question tente sa chance avec moi. En réaction à mon refus, probablement un des rares qu’il eut dans sa vie, s’offusqua et moi, j’exigeai qu’il me ramène à ma chambre d’hôtel. Rassurez-vous, tout est rentré dans

Je suis la troisième! Wadi Rum, Jordanie

Je suis la troisième! Wadi Rum, Jordanie

l’ordre puisqu’il exécuta mon ordre, bien qu’il aurait pu décider de me laisser là, au beau milieu de nul part en guise de punition.

Plus tard dans le documentaire, on montrait les deux jeunes voyageurs, narrateurs de la première partie du documentaire se rendre dans le désert de la Jordanie, le Wadi Rum. Cette fois, j’ai revécu mon expérience extraordinaire que fut cette visite dans un désert différent. Les deux jeunes ont été aux mêmes endroits dans le désert que mes compagnons de voyage et moi avions visités, dont ce genre de pont en roche tenant entre deux structures de roche. Autant impressionnant

Wadi Rum, Jordanie

Wadi Rum, Jordanie

de la vue d’en bas que de celle d’en haut! J’ai revécu cette journée chaude en compagnie de Soha, la sœur d’une amie libanaise à mon frère. J’aperçu la même dune de sable menant à une magnifique structure de roche texturée que nous avions monté si rapidement, les pieds nus dans le sable rose rouge chaud.

Le soir, nous avions eu droit au repas traditionnel de bédouin cuit dans le sable. Le

Notre hote Suleymann qui sort le repas du sol, Jordanie

Notre hote Suleymann qui sort le repas du sol, Jordanie

processus de cuisson est de quelques heures et ils enfouissent la nourriture dans un contenant de métal entouré de charbon dans un trou creusé, puis recouvert de sable. La viande est si tendre et les légumes très goûteux. S’en suit de la musique jouée par les bédouins dans la pénombre du désert. Un moment fort de mon voyage que je

Musique et thé pour la soirée, Jordanie

Musique et thé en fin de la soirée, Jordanie

revivais par cette soirée d’hiver très froide de Montréal, qui me réchauffa le cœur.

J’ai toujours dit que la chance ça se prend. Aujourd’hui je vous avoue que moi, je suis fière et chanceuse d’avoir vu Pétra, une des sept nouvelles merveilles du monde, en fait deux avec le colisée de Rome.

Dans le désert de Wadi Rum, Jordanie

Dans le désert de Wadi Rum, Jordanie

فانيسا

vanes

« S’il n’y avait de bonheur qu’éternel, Les hommes n’en goûteraient pas ». (proverbe algérien)

Un vide bien rempli

Posted in Uncategorized with tags , , , , on 4 octobre 2009 by vanes

Tous les jours nous sommes bombardés par le bruit. Il s’agit d’un aspect dans nos vies pratiquement inévitable. Que ce soit avec le bruit des automobiles et autres moyens de transport ou encore avec les bribes de conversations qu’on capte des passants dans la rue, il suffit de mettre le pied hors de chez soi pour y être confronté.

Palmyra, Syrie

Palmyra, Syrie

Nous sommes dans une société très active dans laquelle tout bouge rapidement et dans laquelle beaucoup d’informations circulent et c’est une tâche difficile que de réussir à se déconnecter de tout ça. L’internet, la télévision, le téléphone et la radio ne nous aident certainement pas. Parfois je me surprends à être chez moi pendant de longues heures soit à travailler sur mon blog, à faire du ménage ou à faire mes devoirs et ce, sans aucune musique. Comme si j’étais saturée de cette pollution visuelle et auditive.

Wadi Rum, Jordanie

Wadi Rum, Jordanie

Mon fond d’écran d’ordinateur est une photo de moi dans le désert de la Jordanie. Chaque jour je la regarde et je retrouve une parcelle de ce sentiment que j’ai eu la chance de vivre à trois reprises dans des déserts du monde arabe.

Le désert regroupe un septième de la surface de la terre dont 35% de la surface terrestre. Il s’agit du seul endroit dans lequel l’évaporation excède les précipitations. Recevant très peu de précipitation, les nuits sont plutôt fraîches dû au manque d’humidité dans l’air, alors que le jour la température peu devenir extrêmement chaude, jusqu’à 60 degrés Celsius.

Le désert est devenu pour moi, un endroit rare que je convoite durant mes voyages. Il s’agit d’un genre de cure du silence, d’un endroit dans lequel j’adore errer. C’est un vaste territoire où je me retrouve seule au beau milieu de nulle part, sans artifices. Même en  balayant du regard l’horizon à 360 degrés , je n’y vois que du sable, des dunes ou des structures de roches assez impressionnantes et ce à l’infini.

Sahara, Maroc

Sahara, Maroc

La première fois que j’ai eu la chance d’aller dans le désert fut lors de mon voyage au Maroc. Je m’étais offert ce petit luxe de deux jours d’excursion dont une nuit dans le désert. Un classique quoi! Nous étions un groupe de touristes partant de la ville de Marrakesh  pour  Zagora, à l’entrée du désert, près de la frontière de l’Algérie. Nous avions donc un van et nous devions être à peu près une dizaines de touristes.

Palmyra, Syrie

Palmyra, Syrie

Le Maroc comprends des chaines de montagnes assez importantes et ainsi pour se rendre dans le désert, nous avons dû les contourner par des petits chemins en serpentin. Je dois vous dire que j’ai toujours eu le mal des transports et avec l’âge ça s’atténue. Par contre, encore aujourd’hui de longs trajets de minibus en serpentin au bord de falaises, me donne encore quelques sensations. Ce fut un trajet assez pénible et mon comprimé Gravol fut le bienvenu! Le chauffeur arrêta le van à plusieurs reprises afin que nous puissions prendre des photos en cours de route. Tout comme un troupeau, nous sortions un par un du van pour prendre des clichés et remonter par la suite. Un peu absurde comme situation, mais il faut se mettre dans le contexte d’une excursion touristique et on oublie presque que de quoi nous avons l’air. De plus, aujourd’hui, je suis bien contente d’avoir ces photos en souvenirs.

Palmyra, Syrie

Palmyra, Syrie

À notre arrivée à Zagora, nous avons eu droit au tour de chameau pour nous rendre au campement bédouin. Ceux qui dirigent nos chameaux nous font acheter des foulards pour notre tête afin de se protéger du soleil. Encore un attrape touriste et en revoyant les photos je vous assure que nous avions vraiment l’air niaiseux. Je me sentais comme Francine Grimaldi avec mes grosses lunettes de soleil et ce turban bidon.

Étant donné que c’était un tour organisé, nous avions évidemment droit au repas traditionnel préparé par les bédouins à côté d’une tente dans laquelle nous allions dormir tous ensemble avec un autre groupe de touriste. Après le repas, le thé fut servi et voilà les bédouins qui tentent d’amuser les touristes avec des tamtams et des chants. J’étais la plus jeune, blanche et voyageuse solo alors pas besoin de vous dire que j’attirais l’attention de ces bédouins qui me surnommèrent Fatima! (Fatima fut la fille unique du Prophète Mohammad qui reçu la révélation coranique de l’an 610 à 632).

Wadi Rum, Jordanie

Wadi Rum, Jordanie

La tente était très chaude puisqu’elle renfermait encore la chaleur du jour et nous avons tous décidé de sortir les petits matelas et couvertures et de dormir à la belle étoile. C’est le cas de le dire, la belle étoile, les belles étoiles.

J’étais couchée de mon côté, sur le dos, bien emmitouflée dans ma couverture et j’observais les étoiles qui semblaient si loin et si proches à la fois. Elles étaient radieuses et je les voyais toutes clairement. C’était un moment magique malgré ma fatigue. Malheureusement je n’avais personne avec qui partager mon extase envers cette beauté naturelle et peut-être une bonne chose, car ça fait partie de moi  et uniquement de moi. J’ai vu des tas d’étoiles filantes et je me suis endormie comme ça, avec cette image incroyable en ayant l’esprit tranquille et en paix.

Wadi Rum, Jordanie

Wadi Rum, Jordanie

Après cette expérience, j’étais toujours restée avec ce désir d’y retourner et ce fut à Palmyra, dans le centre de la Syrie que j’ai assouvi mon désir. Ce fut une expérience différente de la première, puisque Palmyra est une ville qui se situe dans un oasis du désert de la Syrie. Je résidais donc chez un couchsurfer qui demeurait au bord du site archéologique de cette ancienne cité des plus impressionnants que j’ai vu. À quelques heures de Damas seulement, on se retrouve dans un tout autre contexte. Mon couchsurfer Hany qui travaille dans le domaine touristique puisqu’il possède un café internet dans le restaurant de son père, m’a amené dans une fête qui était organisée par son ami Obayd dans une tente bédouine. Nous avons mangé, fumé le narguilé et bu l’incontournable arak, boisson de la Syrie du même principe que le Ricard, pendant que des bédouins jouaient des instruments et chantaient. Puis, le lendemain, puisque je voulais visiter l’ancienne cité, mais un léger mal de tête m’empêcha de m’exhiber sous ce soleil tapant de 50 degrés et j’y allai plus tard avant le coucher du soleil. Le fait que j’aie été hébergé chez Hany, les gens me voyaient avec lui dans les rues de Palmyra et j’eu droit à certains privilèges. Alors que je me promenais dans les ruines, un chamelier m’intercepta pour me donner un tour de chameau. Je refusai bien évidemment puisque les attrapes touristes, très peu pour moi. Il insiste en me disant qu’il me fait un tour gratuit car je suis l’invitée de Hany. J’accepte enfin après quelques refus et le chamelier me fit un tour de deux heures. Puis-je vous dire que j’en ai ressenti les effets pendant les deux jours qui suivirent! Ces privilèges qui ont fait de ma visite, des moments inoubliables sont encore une fois grâce à la générosité et le concept du couchsurfing.

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

Je pense que ma meilleure expérience demeure la troisième et la dernière : le désert de Wadi Rum. Situé dans le sud de la Jordanie, à la frontière de l’Arabie saoudite, ce fut un moment magique. Nous étions cinq à descendre de Amman à Wadi Rum en voiture : Soha, la sœur de l’amie de mon frère Libanaise, deux amis expatriés qu’elle s’est fait à Amman ainsi que son amie Elsie du Liban également et moi, bien sûr. Nous partagions le campement avec une petite famille fort sympathique où Suleyman, le chef du campement nous a reçus. À notre arrivée, nous avons troqué la voiture de Soha pour leur jeep afin de faire un tour du désert qui est époustouflant. Les pieds dans le sable chaud d’une couleur rougeâtre rose avec ses rochers verticaux de même couleur avec des reliefs magnifiques et organiques, j’étais au paradis. Nous avions beaucoup de temps avant que le repas soit servi. C’est là que nous nous dispersions de temps à autres pour nous regrouper à deux ou trois en observant l’horizon. La chaleur parfaite sur la peau, l’absence totale de bruit, le vent soufflant et toujours présent, difficile de décrire le tout en un mot. Je suis restée de longs moments à apprécier ce vide si plein, savourer l’absence de son qui possède étrangement un son. Il s’agissait d’un moment intemporel de déconnection avec la réalité et recentré sur moi-même. Je vous le conseille à tous. C’est indescriptible, il faut absolument le vivre.

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

Soirée dans la tente de bédouin, Palmyra Syrie

À Montréal, souvent, je pense au désert, un genre d’échappatoire dans ma vie courante si bousculée par tout ce qui passe à 100 miles à l’heure. Dans le désert, aucun événement ne nous dépasse. On savoure le moment présent et je retrouve un peu le sentiment que j’avais en regardant mes photos. Je me console en me disant que dans un an, presque jour pour jour, j’y serai à nouveau.

فانيسا

vanes

Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi. (proverbe arabe)