Archive pour apprendre

Prendre le temps

Posted in Uncategorized with tags , , on 29 avril 2010 by vanes

La session d’hiver est terminée. Un moment tant attendu, malgré que j’adore ce que j’étudie. Un moment que j’associe avec les mots légèreté et relaxer. Cependant, il s’agit simplement d’une association verbale qui ne se transforme pas en action. Tout au long de la session d’hiver, j’ai hâte au printemps, à l’été, à la fin pour enfin avoir du temps. Durant la session universitaire, rien ne change, je travaille toujours autant que si je n’allais pas à l’école, donc à temps plein, paiement de compte et le loyer obligent. Je dois par conséquent combiner ma vie d’adulte avec un emploi à temps plein ainsi que celle d’une étudiante avec trois cours universitaires.

Lorsque je rentre chez moi après le travail, pas question de me reposer. Je dois faire soit des travaux, soit de l’étude. Si j’ose être rebelle une soirée et ne pas toucher à mes cahiers, je me sens coupable de ne pas avoir maximisé mon temps pour l’université. Je me dis toujours que lorsque ce sera finit, je pourrai prendre du temps.

…Du temps :

Milieu où parraissent se dérouler irréversiblement les existances dans leur changement, les évènements et les phénomènents dans leur succession. loisir :-temps d’arrêt- pause -trouver, prendre le temps de se reposer. glander : prendre [tout] son temps : ne pas se presser

Hélas, je fais partie de ceux qui ne sont pas arrêtable. J’aime quand ça bouge et j’accepte toute opportunité qui s’offre à moi. Ainsi prendre le temps de me reposer ne fait pas trop partie de mes activités. J’ai une pile de livres que j’aimerais lire, des dizaines de films que j’aimerais voir, et des idées de peinture que j’aimerais réaliser. Prendre le temps, j’y travaille.

Dimanche, c’était une journée magnifique et le soleil était de la partie. Il faisait assez chaud pour que je porte qu’un simple chandail, les orteils à l’air. Je sors ma bicyclette, sa première sortie de la saison. Après avoir fait les courses, je me force de prendre un peu de soleil sur mon balcon et lire un peu. Bière froide à la main, livre sur le récit de voyage de Marie-Ève Martel : Sous le soleil Syrien, je lis, sous notre soleil montréalais. Lisant son deuxième récit après celui sur l’Iran, je me mets à penser au style de vie, là bas, à mon voyage, à mes voyages. Je laisse le livre de côté pour me mettre à rêvasser un peu. Non seulement les Syrien, mais dans les pays arabo-musulmans en général, ils ont un rythme plus lent. Je n’écarte pas l’Espagne de la liste puisqu’on a du me répéter 150 fois tranquilla, de prendre ça relaxe. Mais enfin, ce dont je parlerai est bien évidemment, le monde arabo-musulman.

Autant lorsque je débarque dans un pays, je me précipite à le visiter, marcher le plus que je peux, car je veux tout voir, tout faire. La fatigue me rattrape vite et les locaux aussi. Quand on voyage, il est aussi important de s’imprégner du rythme des gens. Voilà qu’ils nous trouvent trop stressé, ils ne comprennent pas trop notre rythme de fou, notre folie. Je suis habituée à cette vie trop occupée de haute performance dans laquelle il faut être le meilleur pour percer. Cette vie dans laquelle chaque journée représente une semaine entière! À l’opposer, les gens du Proche et Moyen Orient ont tendance a profiter réellement de leur temps. Non seulement ils travaillent d’arrache pied parfois durant 12 heures chaque jours, mais durant cette même journée ils feront la sieste, iront prendre le thé ou le café à l’heure du repos, l’après midi.

Souvent, lors de mes périples dans une ville, il est courant qu’un passant, un commerçant m’invite à prendre le thé ou le café avec lui pour simplement jaser. Les locaux semblent toujours avoir le temps de s’arrêter. Rien ne presse. Pour ça, je les envie. Mes journées sont pratiquement programmées à la minute afin de maximiser mon temps et ainsi je ne prends aucunement le temps de prendre le temps. En voyage, je prends ce temps parfois. Je me promène et m’arrête quand bon me semble. L’instant d’écrire un peu mes expériences pour éviter de les oublier à tous jamais.

En Bosnie, en 2007, c’est le repos forcé. Tout est fermé du au congé pour la fête du travail du premier mai. Je me promenais de café en café pour prendre cette boisson chaude dans le vieux quartier qui était en fait, le quartier turc. Je vagabondais un peu dans la ville, prenant quelques clichés de temps à autres, pour finir sur une terrasse avec cette Anglaise rencontrée à l’auberge. Nos horaires étaient vides, il suffisait juste d’apprécier le moment présent.

En Turquie, à Istanbul, alors que j’étais hébergée par des turcs devenus mes amis par l’entremise du site internet couchsurfing, nous prenions le thé en attendant l’un ou l’autre, ne sachant pas trop quand il nous rejoindrait. De toute façon, quelle fut l’urgence de se rejoindre tout de suite après le travail, à la minute près? Pourquoi ne pas souffler un peu et séparer le travail avec le social du soir? Pourquoi devoir à ce point suivre un horaire? Eux, ils l’ont compris. Moi, j’y travaille encore.

Relaxant dans la demeure familiale de Hany, Homs, Syrie 2008

Avec le temps, durant ce voyage de 2008, j’ai un peu compris. La journée est longue et les invitations sont multiples. En accepter une parmi quelques unes ne fait que m’apprendre sur la culture et me permet de faire des connexions avec les locaux. Ainsi lors de mon plus récent voyage à l’hiver 2009-2010, j’ai pris ce temps, ces moments que j’oublie trop souvent de savourer. En Syrie, mon ami Hany travaillait durant l’après midi et la soirée et moi, je m’assoyais à une table de la terrasse, sirotant café ou thé offert par l’un ou l’autre qui s’assoyait à mes côtés. Moi j’écrivais, réfléchissais, relaxais. Puis, je marchais un peu dans la ville en l’occurrence Palmyra où je connaissait plusieurs de ses amis qui me faisait signe de loin de les rejoindre pour fumer la narguilé dans une boutique ou tout simplement jaser sur un cadre de porte avant de faire un énième tour dans les ruines magnifiques que je ne me lassais pas de voir. Je ne me demandais pas quel était le plan de la journée ou de la soirée, je suivais le rythme, c’est tout.

Apprendre à se décontracter, arrêter de courir après tout et rien, savourer le moment présent, se laisser guider au gré du vent, prendre le temps, voilà ce nous, les occidentaux doivent apprendre à faire, et moi, en particulier. C’est bien beau vouloir être le meilleur et regarder son nmbril, mais il ne faut pas oublier de vivre aussi et surtout, de prendre le temps!

فانيسا

vanes

« Demain, après demain, le temps ne compte pas» (proverbe arabe)

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Problème d’identité?

Posted in Uncategorized with tags , , , , , , , , , on 30 août 2009 by vanes

Je suis étudiante à L’université du Québec à Montréal en langue et culture arabes. Vous êtes surpris?! Au grand désespoir de ma grand-mère maternelle roumaine, j’ai mis de coté mon projet d’apprendre le Roumain au profit de l’Arabe. Je vous explique.

Je suis Roumaine. Non, je suis née au Québec, mais je ne suis pas Québécoise. Je suis donc une jeune femme née au Québec d’un père québécois et d’une mère roumaine. Je ne sais pas trop ce que je suis vraiment, mais je m’identifie au peu de la culture que je connais et celle qu’on m’a inculqué. J’ai une famille et c’est les Georgescu. Les parents de mon père étant décédés dès mon jeune âge, je n’ai pratiquement eu aucun contact avec eux.  Mon côté roumain s’est développé beaucoup plus étant en contact direct avec mes grands parents roumains et les traditions roumaines. À Montréal, je me sens plus Roumaine, en Voyage, Canadienne Française, donc Québécoise. Il s’agit d’un sentiment quelque peu étrange puisque j’ai été dans une école secondaire non seulement bilingue mais fréquentée par des enfants d’immigrants en grande partie.  Les Québécois pur laine n’étaient pas la majorité. En conséquence, mon entourage, des Argentines, une Polonaise, une pakistanaise, des Canadiens anglais etc. ont joué un rôle plus important que je ne le croyais. Je vivais au quotidien dans la différence des cultures et je m’y plaisais bien. Probablement que si j’avais fréquenté des institutions totalement québécoises y compris le Cégep et en partie l’Université, probablement que m’indentifierais plus à la culture québécoise.

Canada

Canada

Dès l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne en janvier 2007, j’entamai les procédures pour obtenir la citoyenneté roumaine. Ce n’est que deux ans plus tard et des centaines de dollars investis que je suis officiellement à la fois citoyenne Roumaine et Canadienne! Quelle honte d’avoir la citoyenneté d’un pays sans parler la langue officielle de celui-ci. J’éprouve toujours un pincement au cœur lorsque je réponds aux gens qui me posent la question, que bien que je sois moitié Roumaine, moitié Québécoise, non, je ne parle pas la langue. Ce n’est pas parce que je ne veux pas, au contraire, mais dans le passé, des circonstances que j’ignore encore font que ma mère nous l’a pas enseigné.

Roumanie

Roumanie

Malgré que Montréal soit une ville merveilleuse et multiculturelle, aucun cours de roumain officiel n’est offert. Il faut donc se déplacer en Roumanie, ce qui engendre des coûts et un temps qu’il faut s’allouer pour partir et s’y dédier à temps plein. Un plan que j’ai considéré jusqu’à ce que ce désir d’apprendre l’Arabe, suite à mon voyage au Moyen Orient, entrent en conflit avec l’importance d’apprendre le Roumain. Je me suis inscrite pour le temps d’une session dans un programme bidon pour nier ce souhait d’apprendre l’Arabe. Ce genre de comportement ne dure jamais très longtemps pour moi car je suis passionnée. Quand une passion me frappe, je ne peux faire autrement que de la vivre. À la mi session d’automne 2008 j’ai décidé de cesser de dénier mon envie profonde d’apprendre l’Arabe qui va au delà du Roumain, pour l’instant et de m’inscrire dans le certificat de langue et culture arabe de l’UQAM.

On me disait que cette langue est l’une des plus difficiles à apprendre, mais moi, non, j’y arriverai. Inutile de spécifier que j’ai la tête dure et que je suis déterminée! Ma conclusion après treize cours, interrompus par une grève des professeurs, je dois admettre que ce n’est certes pas une langue qui s’apprend en tâtonnant et en changeant la lettre finale d’un mot par un « o » ou un « a », ce qui la rend encore plus mystique et intéressante. Il s’agit d’une langue des plus complexe par sa calligraphie magnifique et par sa structure totalement différente de la langue française. La calligraphie arabe est un art de l’écriture que seuls ceux qui se donnent le défi de l’apprendre peuvent avoir le privilège de comprendre. Elle est un art à part entière. Un art du trait qui s’écrit de droite à gauche et son alphabet contient 29 lettres dont seulement 19 sont différentes, puisque les autres se différencient par des points. Voici un bon exemple de deux son distincts ayant trois points comme seul différence à l’écriture : lettre « s » elle s’écrit ainsi : س  et le son « sh » : ش . De plus, la majuscule n’existe pas en arabe et la façon d’écrire les lettres est différente selon leur position dans le mot. En arabe, la plupart des mots dérivent d’une racine composée généralement de trois lettes et parfois de quatre. Si on prend par exemple la racine « b,h,r », on obtient le mot « bahr » signifiant mer, « buhayra » se traduisant par lac ou encore « ibhâr » signifiant embarquement. Ces trois mots ont une racine commune et un son commun en arabe, alors qu’en français, il n’y a aucun lien phonétique entre eux. La langue arabe compte plus de vingt mille racines et chacune est à l’origine d’une centaine de mots. Contrairement à l’écriture en Occident où il est possible de couper un mot en deux et d’user du trait d’union afin de ramener la deuxième partie du mot à la ligne suivante, en arabe, on doit reporter le mot entier à la ligne suivante. Cependant, les mots seront étirés de manière à remplir la ligne et donner l’esthétisme recherché. Si je désire écrire mon nom, Vanessa, il s’agit d’une tâche ardue car la lettre V et E n’existe pas en Arabe. Mon nom se prononce Fanissa, Banissa ou Wanissa selon les pays arabes. Lors de mon voyage, j’étais toujours amusé d’entendre les Arabes prononcer mon nom d’une façon différente à chaque fois même si je tentais de les faire répéter doucement comme on fait avec bébé qui commence à parler. Alors que j’étais de passage dans camp de réfugier Askar à Nablus, en Palestine, on me rebaptisa Jamila (جَميل) pour la durée de quelques jours. Il faut savoir que chez les Arabes et les Iraniens, tous les prénoms possèdent une signification. Jamila se traduit par belle, nom très commun dans le monde arabe.

De savoir l’écrire et de pouvoir commencer à lire l’arabe est, selon moi, un privilège que je m’accorde. Seul l’amour de cette langue nous permet de persévérer.

فانيسا

Vaness

Jamila

Toutes choses sont difficiles avant que d’être faciles. (Proverbe arabe)