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Phénomènes naturels

Posted in turquie, Uncategorized with tags , , , , , , on 21 juin 2010 by vanes

Le déluge du Saguenay en 1996, la crise du verglas au Québec en 1998, le tsunami  dans l’océan indien en 2004 et récemment le tremblement de terre qui toucha Haïti en 2010sont des phénomènes naturels qui sont passés certes à l’histoire. Des phénomènes naturels ne sont pas nécessairement transformés en catastrophe naturelles comme celles mentionnées plus haut, mais peuvent être également des phénomènes qui mènent à des merveilles.

En effet, si je pense à la Turquie, elle qui regorge de phénomènes naturels magnifiques desquels j’en ai sélectioné que trois.

Premièrement, lors de ma première visite en 2007, mon circuit fut celui que je qualifie comme celui du parfait touriste, ou presque. Un genre de trajet circulaire dans la partie occidentale dont le point de départ et d’arrivée est bien évidemment, Istanbul.  Donc de cette ville qui est bien trop souvent confondu pour la capitale, je prends le bus qui me mènera à la ville de Denizli qui est la correspondance pour ma destination : Pamukkale.

pamukkale, Turquie

J’arrive en fin de journée, épuisée et sollicitée par tous ces propriétaires de pension qui désire me soudoyer pour que je choisisse la leur. Tous déçus de savoir que j’ai déjà un endroit, le propriétaire de ma pension me conduit à cette dernière. Le temps est moche, il pleut. Je prends un repas copieux que sa femme prépare et ne tarde pas à me coucher.

Ce n’est que le lendemain que je vois au travers de cette ville peu intéressante, une montagne

Pamukkale, Turquie

blanche brillant sous les rayons du soleil. Bien évidemment, au lieu de prendre le chemin emprunté par les touristes, je décide de prendre le chemin qui contourne la structure rocheuse, donc un détour. Le soleil plombe sur moi, les voitures me klaxonnent et moi, je marche droit devant moi admirant le

paysage sans leur prêter une attention particulière. Arrivée au sommet, je suis bouche bée. Cette structure intéressante est formée de bassins de différentes grandeurs avec de l’eau qui y coule

Pamukkale, Turquie

tout le long de sa descente. Pieds nus, le simili courant se heurte à mes chevilles, se faufile entre mes orteils pour continuer son chemin. Les enfants jouent dans les bassins, moi comme tout

adulte, ne fait que marcher à travers ces bassins puisque l’eau atteint le niveau de mes genoux.

Cette splendeur naturelle est du au fait que des eaux chaudes provenant de plus d’une quinzaines de sources s’écoulantde l’intérieur de la montagne sont saturées de sels minéraux combinées de gaz carbonique. Cela provoque une réaction chimique formant une pâte qui en durcissant donne naissance à ces formes, ces bassins donnant une allure de chute d’eau glacée.

passerelle de la gorge du Seklikent, Turquie

En poursuivant mon chemin dans ce pays que j’affectionne particulièrement, je m’arrête à Fethiye. À Ferah pension, on offre différentes activités de groupe. Moi qui ne suis pas fervente d’activités organisées je décide de me rendre dans les gorges du Saklikent seule et une Taïwanaise avec qui je partage une chambre désire se joint à moi.

À l'entrée de la gorge du Seklikent

À l’entrée, nous devons troquer nos flip-flop pour des chaussures en caoutchouc. Nous commençons notre excursion, parfois les pieds dans l’eau, parfois les jambes au complet puis nous rencontrons sur notre chemin deux jeunes garçons qui nous aideront à grimper les rochers pour se rendre aux

petites chutes que nous aurons le plaisir de découvrir plus tard. Plus nous montons, plus le courant est fort et nous sommes complètement trempées et essayons de sauver nos sacs qui contiennent nos caméras. Nous marchons dans l’eau, les doigts

excursion dans le Seklikent, Turquie

complètement ratatinés en longeant les paroisrocheuses. En levant les yeux, on entrevoit le ciel de temps à autre puisque les structures rocheuses se touchent pratiquement au sommet ce qui nous donne une fraîcheur inespérée par cette journée

Seklikent, terminus: les petites chutes, impossible de monter plus haut!, Turquie

chaude d’été. Il s’agit d’un paysage surréaliste dans lequel je me promène durant une demi-journée. C’est peut-être anodin pour certain, mais cette journée restera gravée à jamais dans ma mémoire. Après quelques mois de voyage, rien de mieux qu’une activité physique agréable comme celle-ci.

De Fethiye, je prends le bus pour Olympos, reconnut pour ses habitations en bois perchées dans les arbres. Ces habitations se retrouvent un peu à l’écart de la ville et c’est ainsi que le concept de campement prend tout son sens. Le déjeuné et le souper sont fournit. On se croirait en camp de vacances lorsque des centaines de jeunes de tous âges font la file pour manger au buffet. Il y a des tables à pique-nique sur une grande surface et le camp est bordé par des

Cabanes d'Olympos, Turquie

compartiments à ciel ouvert où des cousins sont placés tout le tour et où il est bon de se reposer.

Encore une fois, j’ai droit à une petite passe droite. Pour le prix d’un lit dans ces cabanes dans les arbres, j’ai droit à un lit double avec ventilateur dans ma propre habitation qu’ils appellent bungalow. Je quitte le campement pour me rendre à la plage et apercevoir, à mon retour, ce jeune couple d’Australien rencontré à la pension de Fethiye. Nous décidons de partager le repas ensemble pour enchaîner avec des buck de bière locale la Efes. Ce couple aperçoit deux Américains rencontrés dans une autre ville. Ils se joignent à notre table pour échanger sur nos expériences en Turquie. Ils nous font part de leur curiosité pour le site Chimaera. Je saisi mal ce que nous nous apprêtons à faire, mais sur un coup de tête nous voilà en route sur le chemin du mont Olympos avec la

Chimaera, mont Olympos

voiture de location des deux Américains, à minuit le soir pour aller observer un phénomène étrange que nous avons peine à croire. Il paraît que des émanations de gaz naturel s’échappent des crevasses de la montagne et ainsi des flammes y brûle et ce, depuis l’antiquité. On s’est dit que ce sera plus impressionnant la nuit que le jour.

Une fois arrivé, il fait si noir qu’une seule lampe de poche suffit pour éclairer devant le groupe. Nous

Chimaera, mont Olympos

montons tranquillement la montagne, moi ayant la charge de la lampe de poche. Je dois avouer que ça faisait bien mon affaire! Puis, on entrevoit au loin des petites taches jaunes orange. Plus on s’en approche plus on estimpressionné. Certaines flammes sont imposantes, d’autres moins. Tous les cinq avons les yeux rivés sur ces flammes sortant du sol, l’air perplexe. C’est donc vrai, ce phénomène existe vraiment.  L’Australien fait son comique et crache

tentative pour rallumer la flamme

sur une petite crevasse et sa flamme s’éteint aussi rapidement. Surpris, il regrette son geste et se taille une branche afin d’y allumer l’extrémité. Il avance le bâton vers la crevasse et soulagement instantané. La flamme reprend vite le dessus.

La nature peut être féroce et s’abattre sur l’être humain et se qu’il bâtit, mais elle peut également créer de magnifiques et étrange phénomènes naturels. La nature nous surprendra toujours et ce, pas seulement négativement.

فانيسا

vanes

« Le monde est du côté de celui qui est debout ». (proverbe arabe)

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L’adhan (l’azan), l’appel à la prière

Posted in jordanie, syrie, turquie, Uncategorized with tags , , , , , , on 31 mai 2010 by vanes

allāhu ākbar āš’hadu ānna lā ilaha illā-l-lāh

āš’hadu ānna mūḥammad ār-rasūlu-l-lāh

ḥayyā ʿalā-ṣ-ṣalāt

ḥayyā ʿalā-l-falāḥ

aṣ-ṣalātu ḫayru min an-naūm

allāhu ākbar

lā ilaha illā-l-lāh

Dieu est le plus grand

J’atteste qu’il n’y a de vraie divinité hormis Dieu

J’atteste que Mahomet est le messager de Dieu

Venez à la prière

Venez à la félicité,

La prière est meilleure que le sommeil.

Dieu est le plus grand.

Il n’y a de vraie divinité hormis Dieu

Ces quelques phrases résonnent dans toutes villes musulmanes cinq fois par jour et ce, sept jours sur sept. Il s’agit des paroles prononcées par un mu’adhdhin (prononcé muezzin) c’est-à-dire celui qui fait l’appel à la prière. L’adhan (prononcé azan) est ce qu’on appel l’appel à la prière pour les musulmans. Elle se fait entendre du haut de tous les minarets des mosquées, créant ainsi une chorale d’appels à la prière, puisqu’il ressemble à un chant produisant cet effet de sound surrounded. Quelques modifications s’appliquent pour l’adhan chiite avec le rajout de deux phrases.

La prière prend une place très importante chez les musulmans puisqu’il s’agit du deuxième des cinq piliers de l’Islam. Elle se traduit aussi par un acte de soumission envers Dieu, Allah. Elle doit être accomplie dans la pureté et ainsi tous musulmans ont recours aux ablutions avec de l’eau puis doivent l’exécuter en direction de la Mecque. Le premier appel à la prière se fait à l’aube, la deuxième lorsque le soleil est au zénith, c’est-à-dire à la mi–journée. Ensuite, celle de la mi-après-midi se fait à la fin de la descente du zénith, suivie de celle de la fin de journée, au coucher du soleil. La dernière et non la moindre puisqu’elle se fait durant la nuit, est celle qui demande le plus de dévotion de la part des croyants.

Bien que l’adhan résonne dans la ville cinq fois par jour, je ne me lasse jamais de l’entendre. Au contraire, souvent je prends le temps de m’assoir et de l’écouter. Une fois alors que j’étais à Istanbul pour la première fois si je ne me trompe pas, je me retrouvais  dans le quartier d’Eminönü, à côté du

Vue de Éminönü sur la tour Galata de l'autre côté du pont, Istanbul

pont Galata, celui auquel les piétonniers ont accès pour traverser d’une rive à l’autre et où les pêcheurs se postent pour attraper une foule de petits poissons. La première phrase de l’adhan résonne dans mes oreilles. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir sur un des bancs en bois qui bordent le Bosphore. Je me surprends à fermer les yeux en savourant ce merveilleux moment. L’écho est extraordinaire et ma tête se trouve au milieu de tous ces minarets qui m’entourent desquelles s’échappent l’adhan. Je fais le vide perdant mon regard au loin, l’ouïe stimulée. Cela peut paraître exagéré pour certain, mais laissez moi vous dire comment cette prière peut m’atteindre et résonner dans mon corps avec cette si belle langue qu’est l’arabe, bien que je ne  sois pas croyante plus qu’il le faut,. En bonus, la vue sur le Bosphore qui est à deux mètres de moi avec la tour de Galata ainsi que des jolies bâtisses.

En Syrie, alors que j’étais en visite dans la famille de Hany à Homs, je dormais paisiblement dans le salon sur le divan quand je sursautai en apercevant une silhouette blanche, tel un déguisement de fantôme à l’halloween. Effectivement la mère de Hany, plutôt pieuse, se lève la nuit pour prier dans le salon en installant son tapis de prière en direction de la Mecque.

Lors de mes premiers jours en terre musulmane, l’adhan de la nuit me réveille toujours puisqu’inhabituel. Par contre, avec le temps, je m’y habitue et ne l’entends plus telle une mélodie de circonstance.

Durant trois mois en 2008 ainsi que mes trois semaines en hiver 2009, j’ai pu entendre l’adhan à souhait.

Cependant, une chose étrange s’est produite alors que j’étais à Amman, en Jordanie.  La journée même de mon arrivée en provenance de la Syrie, Soha, la sœur de l’ami libanaise de mon frère m’accueilli à grands bras ouverts. Elle me fait part de ses plans pour la soirée tout en prenant soin de m’inviter à me joindre avec à elle et ses amis. Elle possède des billets pour un concert de musique classique présenté dans l’ancien amphithéâtre romain. J’accepte l’invitation malgré que je ne sois pas une fanatique de musique classique. Cela me permettra de vivre et voir autre chose dans un pays inconnu et ça, je ne peux le refuser. Telle est ma philosophie en voyage.

Le centre-ville d’Amman est paralysé par un trafic monstre. L’heure avance vite et le véhicule à pas de tortue. Nous décidons de stationner l’auto et de courir jusqu’à l’amphithéâtre. J’ai aucune idée où je me trouve et ne fait que suivre derrière. À notre arrivée à l’entrée, une marre de gens se bousculent pour rentrer dans le but de se trouver une place. Dès mon premier pas dans l’amphithéâtre, je suis estomaquée par l’immensité de l’endroit. Je réalise que j’ai les deux pieds dans l’histoire, tout en suivant les autres dans un escalier en pierre menant aux dernières marches de l’amphithéâtre. Nous prenons place et attendons que le concert débute. Un piano meuble le centre de la scène avec un orchestre derrière et des choristes, face au public, dos à la ville. Voilà que les premières notes font vibrer la foule. L’acoustique est incroyable. J’ai les yeux grands ouvert, la mâchoire quasi sur la marche du bas. Sentiment étrange que de se retrouver dans un endroit historique dans notre ère de l’an 2000, de réutiliser à sa juste valeur cet endroit singulier. Vraiment fort comme expérience, je vous l’assure. Puis tout d’un coup, en plein milieu d’une pièce musicale: silence. L’orchestre s’arrête de jouer, le pianiste aussi sans compter les choristes. Je me demande ce qui se passe. Perplexe, je questionne Soha sur la raison de cet arrêt brutal : L’adhan, l’appel à la prière du soir retentit dans la ville. Par respect, le concert doit être interrompu la durée de l’adhan, pour reprendre lorsque terminé. La musique reprend de plus belle pour se terminer par des feux d’artifices qui éclatent au dessus de l’entrée avec comme fond, la ville d’Amman de nuit et ses quelques lumières qui l’illumine.

Cette soirée que j’avais sous-estimée s’est avérée à être un moment inoubliable. Merci Soha.

فانيسا

vanes

« La clé du paradis est la prière, et la clé de la prière est la pureté. »

Le Divertissement

Posted in Iran, syrie, turquie, Uncategorized with tags , on 20 mai 2010 by vanes

C’est l’été. Officiellement non, officieusement oui. Dans nos têtes c’est bel et bien arrivé et c’est ce qui compte. Le soleil brille. Il fait chaud. Les gens sont heureux. La session d’hiver est terminée et la combinaison de ce poids en moins avec l’été nous donne des ailes. Nous avons le goût d’en profiter sur une terrasse ou dans un parc. L’envie de se défouler et de sortir est omniprésente, du moins, c’est mon cas. Je bûche durant six mois pour obtenir de bons résultats à l’université et la température hivernale ne fait que me replier sur moi même. Un fois tout cela derrière moi, je revis. Je sors une fois par semaine dans un club dans le but de vraiment me défouler et je me promène sur les terrasses de mes amis, des bars ou des cafés. Le temps n’est plus un facteur prioritaire. Parla suite, ça se calme.

Ce que je fais ici, dans ma ville, à Montréal, je le fais dans les autres pays, en voyage, mais de  façon exponentielle. C’est-à-dire qu’il est fréquent après une matinée et un après midi de marche sans arrêt de prendre le temps de prendre un verre sur une terrasse afin d’écrire dans mon

Discothèque à Istanbul, Turquie

carnet de voyage ou simplement décompresser avant de reprendre un peu mes forces ou de me choisir un restaurant où j’irai manger. Ça, il s’agit plus d’une activité que j’ai faite en Europe et enEurope de l’Est qu’au Moyen-Orient. Cela n’a pas principalement en rapport avec le facteur alcool.

Je vous explique.

Cela diffère de pays en pays bien sûr. En Turquie, la partie de l’Ouest qui très

Vue du dessous le pont Galata, Istanbu

occidentalisée, tout dépendant des quartiers, il est fréquent d’aller prendre un verre pour se relaxer. J’aime bien prendre une bonne bière fraiche locale, la Efes, sous le pont de Galata sur lequel les habitants s’improvisent pêcheurs dans le Bosphore. Je vois alors les lignes des cannes à pêche remonter avec de tous petits poissons. Confortablement dans mon bean bag, bien que la bière soit au prix touriste comme je l’appelle, elle en vaut le coup.

Alors vient l’Iran..ouuuuu. LE pays qui fait peur! Je marche pendant des heures durant les premiers jours, car je suis si fascinée parle pays et je tente de prendre le pouls de la vie iranienne. Je me rends compte assez rapidement d’une chose; il n’y a aucun endroit à ma disposition pour m’arrêter et souffler. Bien évidemment il y a des cafés qui bordent les rues, des petits endroits qui semblent bien. Le seul hic, c’est que ce sont des endroits réservés aux hommes uniquement. Il reste alors les parcs et les restaurants familiaux.

En effet, depuis la révolution, l’Imam Khomeiny a fait fermer toutes les discothèques et lieux de divertissements mis à part ces cafés pour hommes seulement. Auparavant, les

Lieu réservé aux hommes iraniens, Tabriz

femmes n’étaient pas voilées par la loi et tous pouvaient fréquenter les lieux de plaisances.

Le temps devient plus long et les journées aussi. Je m’enfermais dans ma chambre pour lire en mangeant des douceurs après le repas du soir en attendant le sommeil.

De retour en Turquie, de l’est cette fois, il s’agit du même principe, mais moins rigoureux. Il n’y a toujours pas de lieux de divertissement pour les femmes, mais il y a tout de même des terrasses de café et de crèmerie auxquelles j’avais droit.

Pour ce qui est de la Syrie, c’est différent, tout comme pour le Liban. Certaines villes plus conservatrices ne contiennent pas de bars mis à part ceux dans les hôtels auxquels j’allais accompagnée de mes amis. De même qu’à Palmyra, dans la tente de bédouin où l’alcool coulait à flot que ce soit sous le prétexte que c’est pour les touristes, les Syriens s’en donnent à cœur joie. À Damascus par contre, la capitale de la Syrie, les bars sont répandus et la bière est facile à trouver. Le même phénomène se retrouve au Liban où les dépanneurs de Beyrouth vendent bières, vins et spiritueux. On y trouve les discothèques les plus huppées, rien à voir avec la rue St-Laurent à Montréal. Dans le nord, à Tripoli, ville musulmane et conservatrice, c’est moins bien vu.

En Jordanie, je me suis retrouvée dans un des rares restaurant où on sert de l’alcool et dans lequel les hommes musulmans en profitent pour prendre un pot, mais ça, ce sera une autre histoire.

La Palestine est aussi pur que l’est de la Turquie pour ce que j’ai eu le temps d’observer, mais l’Israël, aucun problème pour faire la fête là bas et fréquenter des lieux de divertissements.

Discothèque non loin de Haifa, Israël

Sans être attaché physiquement à l’Europe, ce pays est très occidentalisé et est de la partie pour la coupe de soccer en Europe malgré que ce soit un pays du Proche-Orient.

Quoi qu’il en soit que ce soit avec ou sans alcool si là est le problème, on a tous besoin de ces lieux de divertissements pour notre épanouissement. Par contre, la maison peut tout aussi bien faire l’affaire et les Iraniens arrivent très bien à trouver des alternatives pour pouvoir, tout comme nous, s’éclater et se laisser aller.

فانيسا

vanes

Le meilleur compagnon pour passer le temps est un livre. (proverbe algérien)

Au delà d’une peur

Posted in turquie, Uncategorized with tags , , , on 7 février 2010 by vanes

Tout le monde possède au moins une peur. Elles peuvent varier d’intensité selon les personnes. Moi j’ai le vertige. Un vertige que je peux heureusement contrôler.

Dès mon enfance et ce jusqu’à mes 18 ans, le simple fait de prendre l’avion me donnait ce genre de sensation tel un manège de parc d’attractions. Que ce soit au décollage ou à l’atterrissage, je ne pouvais absolument pas regarder par le hublot afin d’éviter de voir les villes de si haut. Sans parler du moment en plein vol où les signes de boucler notre ceinture s’illuminent en présence de turbulences. Avec le temps et surement avec la pratique, mon vertige en avion est disparu.

Église Sagrada familia à Barcelone, Espagne

Église Sagrada familia à Barcelone, Espagne

Je me souviens de mes deux visites à Barcelone à une dizaine d’années d’intervalle où j’ai visité l’église de la Sagrada Familia haute de 115 mètres. Lors de la montée des multiples escaliers, des trous en guise de fenêtres dans les murs laissent entrevoir la vue sur la ville et ce, à chaque étage. Afin de se rendre au sommet, on doit emprunter l’étroit escalier en colimaçon.  Une fois au sommet, l’espace est plutôt restreinte et il est possible de faire un 360 degré autour de soi-même à cette hauteur. C’est là que mon cœur me procure toujours des sensations comme s’il restait en haut alors que mon cœur descend.

En Grèce, cet été, mon meilleur ami et moi nous sommes retrouvés au bord d’une falaise qui entoure un

Épave de bateau à Zakynthos, Grèce

Épave de bateau à Zakynthos, Grèce

magnifique endroit où se trouve une plage d’eau turquoise pâle où se trouve une épave de bateau. Aucune clôture pour protéger les gens du bord de cette falaise n’était en place. Disons que j’ai du m’approchertranquillement de la limite et de m’accroupir doucement sans regarder en bas pour pouvoir prendre quelques clichés du magnifique paysage qui s’offrait à nous.

J’ai décidé d’affronter cette peur des hauteurs ou plutôt ce vertige mêlé à une sensation de descende rapide comme l’atterrissage en avion, en Turquie en 2007. J’étais dans les Balkans quand j’allais bientôt me rendre en Turquie par voie terrestre par la Bulgarie. Dans mon guide, on parlait d’une activité très populaireà Olüdeniz située dans le sud-ouest du pays. Il s’agit du parapente au dessus de la lagune impressionnante et reconnue de la plage de cette ville.

Avant le saut de parapente à Olüdeniz, Turquie

Avant le saut de parapente à Olüdeniz, Turquie

J’arrive à Fethiye dans une pension bien mignonne avec une propriétaire avec une joie de vivre et un sens de l’humour bien développé. La pension nous propose des activités qu’ils organisent tel le parapente. Sur un coup de tête, je décide de me rajouter à la liste du lendemain. Je paye mon activité la veille pour ne pas changer d’idée. Je passe la nuit à penser à ce qui m’attendra vu mon vertige. Le matin même, mon visage laisse paraitre la nuit mouvementée que j’ai passée à m’imaginer cette nouvelle expérience.

Un «pick-up» plutôt douteux doit nous conduire au sommet de la montagne. Le chemin est très étroit

 parapente à Olüdeniz, Turquie

parapente à Olüdeniz, Turquie

et j’ai l’impression que nous pourrions tomber dans le vide avec un petit faux mouvement. Les conducteurs de ces véhicules sont d’ailleur très habiles pour la conduite sur des chemins de terre étroits. Déjà là, je me demande vraiment ce que je m’apprête à faire. Les instructeurs parlent en turc entre eux et me regardent d’un air amusé. Ils voient bien mon inconfort et surtout que je le verbalise puisque c’est impressionnant.

Olüdeniz, Turquie

Olüdeniz, Turquie

L’estomac un peu à l’envers, nous arrivons au sommet où les instructeurs préparent les parapentes.Nous enfilons des habits plus pratiques que coquets. Je balaye du regard l’horizon, la mer, les montagnes et là c’est vrai, je ne peux absolument plus reculer par défi envers moi-même, mais également par orgueil de revenir avec le conducteur à la ville. Je plains mon instructeur qui s’envolera en tandem avec moi. Je refuse qu’il fasse des manœuvres spéciales et demande de suivre le vent naturellement. L’instructeur est derrière et moi devant, assise dans un genre de chaise attachée au premier. Pour s’envoler en parapente, il suffit de courir au décompte de notre instructeur et de s’asseoir sur la chaise afin de s’envoler dans un coup de vent. Sarkan me demande si je suis prête. Je réponds d’un oui moyennement assumé suivi de multiples «Oh my God». Je

Sarkan et moi en parapente à Olüdeniz, Turquie

Sarkan et moi en parapente à Olüdeniz, Turquie

n’ai pas le temps de penser que je suis dans les airs, à 900 mètre d’altitude au dessus des montagnes. L’instructeur contrôle le parapente pour me diriger au dessus de la mer. Je ne cesse de lâcher des «oh my God» et lui, me demande toujours si ça va croyant que c’était pour exprimer un malaise. Je ne peux pas croire que je suis si haut. Je prends des photos en tenant mon appareil si fort avec le cordon serré au poignet. Les pieds dans le vide, j’affronte une peur. Non seulement j’ai vécu une expérience hors du commun, mais ce jour là j’ai décidé de me surpasser. J’ai su pousser ma limite aux dépends d’une peur que j’ai depuis si longtemps.

Aujourd’hui encore, je peux ressentir le même sentiment de la descente légère dans l’air ou plutôt dans le vide, du haut de la montagne à l’atterrissage sur la plage d’Olüdeniz. Les jambes pendant dans le vide, l’unique bruit que j’entends est celui du vent doux dans mes oreilles et sur ma combinaison. Ce fut une descente paisible et lente ralentie par le parachute avec un contact direct avec l’air, tel un oiseau. Une sensation forte que je n’oublierai pas de sitôt et qui marquera un moment fort de mon voyage de l’année 2007.

فانيسا

vaness

«Qui tue le lion en mange, qui ne le tue pas est mangé». (proverbe arabe)

Istanbul, mon amour

Posted in turquie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 27 janvier 2010 by vanes

Ahh Istanbul, ma chère Istanbul! Mon premier amour du Moyen-Orient. Celle qui a fait chavirer mon cœur dès les premiers pas en terre musulmane. Depuis, elle est restée particulière à mes yeux. J’ai eu plus ou moins la même expérience les deux années passées pendant lesquelles j’ai fait quatre séjours en comptant les allers-retours. Par contre, le dernier séjour fut plutôt différent.

Au lendemain de mon arrivée, le 28 décembre, j’ai eu l’impression qu’elle avait changé, ou peut-être était-ce moi qui avait changé? J’avais l’impression d’avoir perdu mes quelques repères. Peut-être que c’était dû au fait que je n’habitais pas dans le même quartier que lorsque j’étais hébergée par mon ami Basar sur le côté anatolien d’Istanbul donc sur le continent de l’Asie. Par conséquent, pour me rendre sur le côté dit « européen » je prenais le traversier et j’arrivais sur la rive du Bosphore soit à Kabatas ou encore à Eminönü près du quadrilatère touristique. Cette habitude, je l’avais soit à l’aller ou au retour de mon voyage puisque Istanbul fut souvent ma plaque tournante.

Ainsi, mon chemin s’est tracé différemment dans cette immense ville qu’est Istanbul. Cette fois j’étais dans le quartier historique chez une amie que Basar m’avait présentée lors de ma dernière visite, Digdem. Elle fait aussi partie du réseau du couchsurfing, mais elle n’héberge pas. Elle ne fait que participer aux rencontres et événements organisés de temps à autre dans sa ville, comme j’ai également fait à une certaine époque dans la mienne. Je me retrouvai à Yedikule.

rue de Yedikule, Istanbul

rue de Yedikule, Istanbul

Il s’agit d’un super beau quartier comme je les aime. Un quartier délabré, avec des maisons aux façades magnifiques et marquées par le temps, quelques fois abandonnées, avec des rues étroites qui semblent sans fin et sans aucune logique. Il faut savoir où on va, c’est tout. C’est là que je prends plaisir à arpenter les rues et me perdre en me laissant guider par l’architecture et les belles mosquées que j’aperçois. Il y a beaucoup d’églises qui sont demeurées en place depuis que les chrétiens ont été défaits. C’est toujours intéressant de voir le christianisme, le judaïsme et et l’islam cohabiter dans une même ville dans ce coin du monde.

L’appartement de mon amie Digdem et sa mère est situé près du mur de la ville qui entourait la cité gréco-romaine initialement construit au VIIème siècle pour être détruit, puis reconstruit par Mehmed II, le 7ème sultan de l’Empire Ottoman en 1497. Alors que cet empire s’emparait de Constantinople en 1453, la chute de cette ville mit fin à l’empire Byzantin qui régna durant 1000 ans. Constantinople fut la capitale de cet l’empire et fut rebaptisée Istanbul en 1930. On ignore la signification réelle du nom Istanbul.

C’est le mois de décembre, c’est l’hiver ici aussi. Au lieu de la neige, c’est de la pluie, mais rien à voir avec nos précipitations habituelles de Montréal. La température est généralement autour de 15 degrés le jour. Les Turcs  se promènent en gros manteau d’hiver, chapeau, foulard avec un air replié comme nous avons vers la mi janvier à moins 30 degrés. Moi je suis en chandail et petits souliers avec le pashmina dans le sac au cas où j’aurais un frisson. On me regarde bizarrement. Je passe pour une folle c’est certain. Je me sens comme lorsqu’on est jeune et que l’on fait une connerie et que l’on risque de se faire prendre. Je suis vraiment mélangée dans le temps puisque je quitte toujours au mois d’avril et ce, pour deux trois mois et là c’est l’hiver et je me déconnecte enfin de ma session de fou.

Après les deux premiers jours à Istanbul, les choses se plaçaient peu à peu et je me retrouvais quand même très bien dans la ville. C’est normal d’être déstabilisé au début puisque le décalage horaire joue pour beaucoup et parce que la pression du quotidien redescend en plus d’un changement de température. Je compris plus tard que ce que j’attendais le plus, était mon séjour en Syrie, pour parler arabe et être entourée de cette culture. Par conséquent, je n’arrivais pas à apprécier la ville à sa juste valeur. Puisqu’en revenant à Istanbul quelques jour avant le grand retour à Montréal, j’ai retrouvé ce sentiment que j’avais depuis la première visite. Cet espèce de sentiment d’être invincible, de respirer, de bonheur de marcher dans une ville si riche en histoire, si magnifique où il y a tout, comme un Montréal oriental. Je me suis donné comme but de découvrir d’autres endroits que je n’ai jamais visités. C’est ainsi que je rentrai enfin dans le palais Dolmabahce. Je suis passée devant à mainte et maintes reprises. Je l’ai même pris en photos plusieurs fois sans jamais y mettre les pieds. Les attractions touristiques sont très chères soit une quinzaines de dollars chacune et elles sont nombreuses. Jouer les touristes à longueur de journée n’est pas mon fort et j’ai privilégié certaines lors de mes visites antérieures.

Palais Dolmabahce Juillet 2008

Palais Dolmabahce Juillet 2008

Palais Dolmabahce, Janvier 2010

Palais Dolmabahce, Janvier 2010

Le Dolmabahce est un des deux  palais les plus splendides que j’ai vu dans ma vie avec le palais présidentiel du dictateur de la Roumanie Ceaucescu. Commencé en 1842, la construction s’acheva en 1853, soit treize ans après. Il fut utilisé comme centre administratif de l’empire Ottoman de 1853 à 1922 pour par la suite, être utilisé comme palais présidentiel et résidence d’été par le fondateur de la république moderne, Moustafa Kemal Attatük. Le palais comporte plus de 285 pièces, 44 salles, 6 hammams et 68 toilettes. Sa décoration est magnifique. Des lustres impressionnants s’y retrouve dont un de quatre tonnes qui est le plus grand au monde. On y trouve aussi un escalier de cristal que j’ai pu monter. La visite est d’une durée d’une heure et on ne nous montre que quelques pièces du palais. Il est interdit de prendre des photos de l’intérieur et mes descriptions ne rendent aucunement justice à la beauté de ce palais. Comment ais-je pu ignorer aussi longtemps ce palais au détriment de Taksim où sont tous les magasins?

Hall de cérémonie du palais Dolmabahçe

Hall de cérémonie du palais Dolmabahçe

Pour ma dernière journée, je me suis payée la traite : magasinage intensif dans Takism y compris cet entrepôt de vêtements qu’un Turc m’a fait découvrir où on trouve des trésors vraiment pas cher. Puis, je suis retournée dans Sultanahmet où tous les touristes sont condensés pour revoir sa mosquée surnommée la mosquée bleue. Elle est décorée de fond en comble. Je m’assoie sur le tapis avec mes sacs et mes souliers en mains. J’observe les musulmans prier. Il s’agit

d’un moment précieux de silence intemporel. Il se fait tard et le grand bazar ferme assez tôt. J’abandonne cet endroit culte pour une dernière visite aux souq pour acheter du tabac arabe à shisha, des petits cadeaux et une lampe magnifique en verre que je désirais depuis 2007. Les sacs pleins et les bras tirant vers le bas, la nuit tombe peu à peu, je balaye du regard la ville en faisant un 360 degrés sur moi même. Je me dis à ce moment que je l’ai retrouvé mon premier amour oriental, il n’était pas si loin. Il fallait simplement le faire ressurgir. J’ai le coeur gros et ma gorge se noue.

Mosquée Sultanahmet, Istanbul

Mosquée Sultanahmet, Istanbul

Je dois partir dans la nuit pour Montréal et je sais à ce moment, que je ne reviendrai peut-être pas de sitôt.

J’ai fait le tour de cette ville et de ce pays. J’y ai visité une vingtaines de villes autant à l’est que l’ouest. J’y ai vécue une panoplie d’aventures plus folles les unes que les autres. J’y ai fait de merveilleuses rencontres qui ont duré depuis trois ans, d’autres un moment, pour s’éteindre ensuite. Mes souvenirs sont gravés à jamais dans ma mémoire.

Il est temps de passer à autre chose pour mieux y revenir. Peut-être dans le but de m’y installer un moment ou encore pour un projet. Qui sait?

فانيسا

vanes

Crois, si tu veux, que des montagnes ont changés de place ; mais ne crois pas que des hommes puissent changer de caractère

(proverbe arabe)

Histoire de frontière III (Turquie-Syrie 2009)

Posted in Histoires de frontières, syrie, turquie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 13 janvier 2010 by vanes

Mon choix de passer une semaine en Syrie s’est décidé plutôt à la dernière minute. Un ami de couchsurfing rencontré en juin 2008 me lança l’invitation au début du mois de décembre. Je ne pouvais faire autrement que de l’accepter. Normalement, tout citoyen de quelque soit le pays se doit d’obtenir un visa et ce par l’entremise de l’ambassade du pays dans lequel on vit. Puisque par manque de temps je n’ai pas pu appliquer la norme, je me suis renseignée quand à la possibilité d’avoir le visa à la frontière. C’est possible, par contre pour ce qui est du temps d’attente à la frontière pour le visa il varie selon l’expérience de chacun. Certains ont passé une dizaine d’heures à la frontière. Pour ma part, je ne peux me permettre d’attendre puisque Hany m’envoi un chauffeur me chercher du côté syrien afin de me conduire dans sa ville d’origine, Homs.

Je prends un avion d’Istanbul à Gaziantep, une ville de transition les voyageurs puisqu’elle se trouve à une heure de la frontière de la Syrie. C’est là que mon histoire de frontière débutera.

Il est 7h30 du matin lorsque mon avion atterrit à l’aéroport de Gaziantep. De là je prends la navette qui se rend au centre ville. Personne ne parle anglais sauf cet homme qui demeure à Killis où je dois me rendre. Je me considère chanceuse puisqu’il m’indiquera le chemin pour m’y rendre. Au centre ville de Gaziantep, nous prenons un taxi pour nous rendre à l’otogar. Il règle la note en refusant mon argent. Nous montons à bord du Dolmus, un mini bus pour en direction de KiFrontière de Kilislis. Pour que le dolmus démarre, il doit être plein. Je me dis ça y est nous sommes ici pour un bon moment. Eh bien quinze minutes plus tard, le dolmus est plein. Une fois à Kilis, je dois trouver un moyen de me rendre de l’autre côté de la frontière et contrairement à celle que j’ai franchie la fois précédente, je dois absolument être dans un véhicule. Un Turc veut également aller en Syrie alors il me fait signe de le suivre. Un taxi syrien nous aborde. Je n’arrive pas à expliquer que je veux seulement qu’il me conduise de l’autre côté et non dans une autre ville telle que Aleppo. Je clique que son taxi a une écriture arabe. Et voilà enfin que je pourrai vérifier mon niveau de connaissance de la langue. Je lui bredouille en arabe saccadé ce que je veux. Je lui explique qu’un ami m’attendra. Il désire lui parler. Il prend le numéro et parle avec Hany pour discuter du prix de la course. Il s’agit toujours de l’endroit où on se fait le plus avoir car nous n’avons juste pas le choix d’accepter. On s’en tient à 10 US qui est une grande somme pour le trajet. Je monte à bord et un couple de syrien s’y trouve déjà. On échange les politesses et arrivons même à plaisanter en arabe avec le langage des signes et quelques mots d’anglais, bien sûr. Je suis prise en sandwich au milieu écrasée sur la femme qui sent la ferme.

Nous arrivons à la frontière. Du côté turc, tout se passe bien. Je suis la seule femme avec la dame avec qui je fais le trajet et j’attire beaucoup l’attention parmi ces hommes arabes et turcs.

Nous arrivons du côté syrien. Les choses se corsent. Je fais la queue pour présenter mon passeport. Les hommes me regardent comme si j’étais une extra terrestre. L’officier me pose des questions et moi je tente de répondre en arabe le plus possible puisque ça jouera en ma faveur. Il me dit de le suivre dans une autre pièce à l’arrière où un homme téléphonera à Damas, la capitale au bureau d’immigration. Encore une fois il me pose les questions habituelles : « what’s your job », « why you come to Syria », etc. Quand je réponds « arabic studies » je vois qu’ils aiment beaucoup. Il me dit de patienter. J’ignore qu’est-ce que j’attends. On me dit qu’on attend le téléphone de Damas pour le ok pour mon visa et ça, ça peut durer. Je retourne voir les officiers à l’avant et leur dit que j’ai un contact, un ami qui vient me chercher à la frontière et chez qui je serai hébergée. Bingo. Il appelle Hany, puis le chauffeur et discute avec eux. Tous deux travaillent dans le tourisme et ainsi les choses seront accélérées. J’utilise leurs expressions habituelles quand je leur

Frontière de la Syrie

Frontière de la Syrie

parle en usant de leur gestuelle. C’est une situation absurde. Je suis devant des officiers  de la frontière syrienne à plaisanter et bredouiller l’arabe. C’est un vrai bordel. Ils me font attendre, le chauffeur du taxi, Ibrahim continue à leur parler pour que je puisse avoir le visa. Tout le monde parle fort et moi je souris. Quel plaisir que de me retrouver dans cette culture que j’aime tant. Vive la bureaucratie arabe! Ils nous font encore attendre et sérieusement là ça n’a plus rapport. Nous faire attendre pour nous faire attendre, c’est tout. Finalement les agents me font signe que tout est beau. Ils m’octroient le visa pour quinze jours. Un d’entre eux étampe monpasseport en récoltant le coût du fameux visa et me dit : Ahlan wa Sahlan (Bienvenue) et moi : shukran jazilan, Ma’a assalama (merci beaucoup et que la paix soit sur vous).

Nous nous précipitons à la voiture où le couple nous attendait. De loin je lève les bras au ciel en criant wallah! Une de leur expression dont ils abusent pour dire je te jure ou pour mettre l’emphase sur une situation. Il nous reste 5 km à parcourir jusqu’à la voiture du chauffeur. Vient le temps de payer Ibrahim, le chauffeur du taxi. Je lui remets 10 euro pour son aide soit 15US. Il me demande encore plus pour avoir fait les téléphones et m’avoir aidé. Là nous nous énervons puisque je tente de lui faire comprendre que je lui ai déjà donné un extra sur le prix convenu au départ et que je n’accepterai pas de revenir sur le prix décidé, puisque dans la situation inverse un arabe ne revient jamais sur le prix négocié.

La traversée de la frontière a duré seulement 45 minutes. Il est maintenant midi et j’ai encore quatre heures de trajet à faire avant d’arriver à Homs et rejoindre mon ami.

فانيسا

vanes

L’attente est plus dure à supporter que le feu. (proverbe arabe)

2100m d’altitude et ce qui vient avec

Posted in turquie, Uncategorized with tags , , , on 11 octobre 2009 by vanes

Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour voir une de ces raretés qui s’offrent à nous dans les autres pays? Même si parfois ceelles-ci sont difficilement accessibles.

J’ai l’habitude de voyager à partir de la mi avril à la mi juillet. J’échappe donc de justesse à la période de l’affluence touristique. Ce point est positif puisque je n’ai aucun problème à me trouver un endroit où dormir et ce, même à la dernière minute. Aussi, les habitants locaux ne sont pas saturés par le tourisme et sont plus agréables à aborder, mais aussi je bénéficie de la tranquillité des sites plus touristiques et je peux prendre des photos sans avoir de délégations françaises, asiatiques ou américaines à l’arrière plan de mes photos. Par contre il est plus difficile de réserver des excursions dans les endroits difficilement accessibles sans l’aide d’une agence et le manque de touristes durant cette période provoque un ralentissement des activités et ainsi les excursions sont souvent annulées par manque d’inscriptions.

C’est parfois frustrant puisque je n’ai pas toujours le temps d’attendre que d’autres touristes manifestent leur intérêt pour la même excursion. Le temps est un facteur important qui parfois créée des situations cocasses.

L’une d’entre elles qui fut toute une aventure fut mon excursion au Mont Nemrut dans le Sud est de la Turquie en mai 2008.

Mont Nemrut, Turquie

Mont Nemrut, Turquie

Je vous avais déjà mentionné que j’avais été hébergée d’un ami à l’autre, de ville en ville dans l’est de la Turquie. Je commencerai mon histoire par cela.

J’étais dans la ville de Diyarbakir chez un couple de kurdes dont un ami à eux m’avait trouvé un logis chez un ami à Malatya d’où je pouvais faire l’excursion jusqu’au mont célèbre.

Fumant le narguilé à Malatya, Turquie

Fumant le narguilé à Malatya, Turquie

J’arrive à la station de bus où ce jeune turc dont j’ai oublié le nom m’accueille et commence à me parler très vite en Turc. Je lui réponds en Anglais que je ne comprends rien de ce qu’il me dit car je ne parle pas sa langue. Fou rire entre nous, on se rend compte qu’il ne parle ni anglais, ni français. Moi, pour ma part, je ne connais que quelques mots clés en Turcs appris durant mon séjour. Je m’en suis tirée avec trois mots durant le temps que j’ai passé chez lui. Malgré la barrière linguistique, nous avons pu discuter dans un genre de bar sans alcool, bien sûr, où nous avons bu quelques thés et fumé le narguilé, agrémenté de rires et de malentendus.

Je me retrouvais donc seule à essayer de trouver une agence qui fait l’allée retour pour le mont Nemrut alors que je n’étais là que

Le Turc qui parle uniquement le Turc!, Malatya, Turquie

Le Turc qui parle uniquement le Turc!, Malatya, Turquie

pour deux nuit et trois jours. Évidemment le Lonely planet n’étais pas utile, ni leur centre d’information aux touristes qui n’est qu’une parure. Je finis tant bien que mal à avoir une information. Un monsieur un peu bizarre organise des tours, mais il ignore quand  sera le prochain  vu le manque de touriste. Il me dit qu’une taïwanaise aussi attend pour la même chose. Après une longue discussion les trois ensemble, il accepte de nous vendre l’excursion au prix de trois têtes pour nous deux. C’est à prendre ou à laisser. Impossible de refuser, il s’agit d’un site historique et je ne reviendrai probablement pas làde sitôt. Il nous donne rendez vous le lendemain matin où un chauffeur nous amènera.

Le Mont Nemrut est une montagne de 2150 mètres d’altitude reconnue pour ses statues de Dieux érigées à son sommet. Le roi Antiochus Theos du royaume de Commagène aurait bâti son mausolée entouré de statues géantes à son effigie ainsi qu’à celle d’autres dieux grecs et perses pouvant atteindre jusqu’à neuf mètres de hauteur, créant ainsi un genre de centre des Dieux. Cela faisait de la Commagène et de ses rois un centre spirituel pour le Moyen-Orient. Malheureusement, le sanctuaire des Dieux aurait été détruit par les Romain et tombé dans l’oubli jusqu’à sa redécouverte au 19ème siècle. Je ne m’y connais pas trop dans l’histoire de la région, mais il reste que c’est un endroit assez impressionnant.

Montée en Van du Mont Nemrut, Turquie

Montée en Van du Mont Nemrut, Turquie

Alors voilà que nous arrivons le matin d’une journée pluvieuse pour notre départ pour ce mont où nous verrons ces grandes têtes mystiques. Je quitte la maison du Turc qui parle que le Turc avec mon gros sac à dos car je prévoie repartir directement après mon excursion pour Urfa, une ville près de la frontière de la Syrie, mon prochain pays sur la liste. Le monsieur qui nous organise le tour reste à Malatya. Je dois cependant vous le décrire, cela en vaut la peine. Il semble sortir tout droit de Asterix avec ses cheveux longs d’acier couleur douteuse entre blond bleaché, gris et un fond de brun. Il porte des

Montée en Van du Mont Nemrut, Turquie

Montée en Van du Mont Nemrut, Turquie

bijoux à n’en plus finir et ses doigts sont parés de bagues avec l’ongle du petit doigt très long. Assez petit mais corpulent, il nous parle de ses aventures avec les touristes en attendant notre chauffeur. Il est à la limite de me dégoûter lorsque le van arrive. Nous montons à bord avec le chauffeur, un Turc typique et sa femme. On prend la route sous cette pluie pour se rendre dans les montagnes. Il fait de plus en plus froid dans le van et le chauffage semble ne pas exister du tout en Turquie. Plus nous montons, plus je suis heureuse d’avoir ma manie de ne pas être capable de rien jeter. J’avais gardé mon manteau chaud islamique en cas de besoin! Je l’enfilai par dessus mon chandail. Il pleuvait toujours lorsque nous sommes arrivés à l’hôtel qui nous accueillera pour la nuit. Quelle surprise, nos chambre n’ont aucunement de chauffage et il fait si humide que le froid a pénétré jusqu’à nos os. La Taïwanaise et moi ne sommes pas du tout contentes et personne ne comprend notre désarroi. On leur demande d’aller visiter le sommet à l’instant en planifiant leur demander de retourner le soir même puisque nous refusions de rester dans ces conditions là. On prend donc le van et on commence à rouler, toujours dans la pluie, sur le chemin en serpentin boueux qui mène au sommet. Évidemment, le van reste bloquée dans cette boue alors que nous étions dans une pente.

Tête de Dieu à 2100m, Mont Nemrut Turquie

Tête de Dieu à 2100m, Mont Nemrut Turquie

Rien à faire, le van roule dans la boue, sans avancer. Le conducteur sort du van avec un autre homme du côté passager dont j’ignore la fonction et tous deux sortent des chaines pour mettre sur les roues. Je vous avoue que mon cœur battait assez fort. Nous étions là, dans le milieu de nulle part, dans une courbe boueuse à presque 2100 mètres d’altitude. Il n’est pas nécessaire de vous dire à quel point le chemin était étroit en plus de tout ça! Après plusieurs tentatives, le van part d’un coup et hop on est de nouveau sur la montée.

Tête de Dieu à 2100m, Mont Nemrut Turquie

Têtes de Dieux à 2100m, Mont Nemrut Turquie

Nous arrivons saines et saufs au sommet. Il fait très froid. Le vent est glacial, la pluie a cessé, mais l’humidité est à son meilleur. Toutes deux prenons des photos du mieux que nous le pouvions. L’une de l’autre, à côté des statues. Nous essayons de faire vite car le froid nous empêche d’apprécier plus qu’il faut cette beauté qui s’offre à nous. Nous remontons à bord pour la descente vers l’hôtel en insistant pour retourner à Malatya de suite. Le chauffeur se sent obligé et sa femme qui devait nous cuisiner le repas monte à bord, abandonnant les chaudrons. Fière de notre coup, nous arrivons lorsqu’il commence à faire nuit à la ville. Le chauffeur s’arrête devant la maison du monsieur « gaulois » pour régler le tout.

Ça ne pouvait pas être si simple. Il descendit de son appartement et entra dans le van. Voilà qu’on commença à se chicaner sérieusement au point où ma compagne de voyage avait un peu peur du gaulois. Nous voulions payer moins cher puisque nous n’étions pas resté ni pour le souper le soir, ni pour la nuit

Tête de Dieu à 2100m, Mont Nemrut Turquie

Tête de Dieu à 2100m, Mont Nemrut Turquie

à l’hôtel. Avec toutes mes expériences de voyage, j’étais assez confiante que même avec ses menaces d’appeler la police, ce n’est en aucun cas son intérêt. Je lui dis donc de l’appeler la police, qu’on attendra avec plaisir de s’expliquer avec elle. Bref après s’être crié l’un après l’autre, j’indique à la taïwanaise de suivre mes consignes, de prendre son sac sur son dos et de se préparer à sortir. J’ignorais totalement où nous étions dans la ville de Malatya et le gaulois ne cessait de dire que nous ne saurions pas se retrouver sans lui, que nous étions loin du centre. Nous lui balançons notre dû qui était la moitié de ce qu’il demandait et nous sommes sortis du van alors qu’il s’apprêtait à rouler. On se serait cru dans un film, je vous assure. Nous reprenons notre calme et je pris mon guide avec le plan de la ville pour tenter de me retrouver. Un passant nous aide à nous situer sur la carte et en fin de compte nous ne sommes qu’à quelques mètres du centre. La taïwanaise me suit d’un air ébahi et admire mon calme. Évidemment si cela avait été mon premier voyage, jamais je n’aurais su comment réagir avec cette confiance. On se trouva une chambre à deux pour se remettre de nos émotions avant se séparer pour suivre nos routes respectives le lendemain.

فانيسا

vanes

Mesure la profondeur de l’eau avant de t’y plonger. (proverbe arabe)