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L’adhan (l’azan), l’appel à la prière

Posted in jordanie, syrie, turquie, Uncategorized with tags , , , , , , on 31 mai 2010 by vanes

allāhu ākbar āš’hadu ānna lā ilaha illā-l-lāh

āš’hadu ānna mūḥammad ār-rasūlu-l-lāh

ḥayyā ʿalā-ṣ-ṣalāt

ḥayyā ʿalā-l-falāḥ

aṣ-ṣalātu ḫayru min an-naūm

allāhu ākbar

lā ilaha illā-l-lāh

Dieu est le plus grand

J’atteste qu’il n’y a de vraie divinité hormis Dieu

J’atteste que Mahomet est le messager de Dieu

Venez à la prière

Venez à la félicité,

La prière est meilleure que le sommeil.

Dieu est le plus grand.

Il n’y a de vraie divinité hormis Dieu

Ces quelques phrases résonnent dans toutes villes musulmanes cinq fois par jour et ce, sept jours sur sept. Il s’agit des paroles prononcées par un mu’adhdhin (prononcé muezzin) c’est-à-dire celui qui fait l’appel à la prière. L’adhan (prononcé azan) est ce qu’on appel l’appel à la prière pour les musulmans. Elle se fait entendre du haut de tous les minarets des mosquées, créant ainsi une chorale d’appels à la prière, puisqu’il ressemble à un chant produisant cet effet de sound surrounded. Quelques modifications s’appliquent pour l’adhan chiite avec le rajout de deux phrases.

La prière prend une place très importante chez les musulmans puisqu’il s’agit du deuxième des cinq piliers de l’Islam. Elle se traduit aussi par un acte de soumission envers Dieu, Allah. Elle doit être accomplie dans la pureté et ainsi tous musulmans ont recours aux ablutions avec de l’eau puis doivent l’exécuter en direction de la Mecque. Le premier appel à la prière se fait à l’aube, la deuxième lorsque le soleil est au zénith, c’est-à-dire à la mi–journée. Ensuite, celle de la mi-après-midi se fait à la fin de la descente du zénith, suivie de celle de la fin de journée, au coucher du soleil. La dernière et non la moindre puisqu’elle se fait durant la nuit, est celle qui demande le plus de dévotion de la part des croyants.

Bien que l’adhan résonne dans la ville cinq fois par jour, je ne me lasse jamais de l’entendre. Au contraire, souvent je prends le temps de m’assoir et de l’écouter. Une fois alors que j’étais à Istanbul pour la première fois si je ne me trompe pas, je me retrouvais  dans le quartier d’Eminönü, à côté du

Vue de Éminönü sur la tour Galata de l'autre côté du pont, Istanbul

pont Galata, celui auquel les piétonniers ont accès pour traverser d’une rive à l’autre et où les pêcheurs se postent pour attraper une foule de petits poissons. La première phrase de l’adhan résonne dans mes oreilles. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir sur un des bancs en bois qui bordent le Bosphore. Je me surprends à fermer les yeux en savourant ce merveilleux moment. L’écho est extraordinaire et ma tête se trouve au milieu de tous ces minarets qui m’entourent desquelles s’échappent l’adhan. Je fais le vide perdant mon regard au loin, l’ouïe stimulée. Cela peut paraître exagéré pour certain, mais laissez moi vous dire comment cette prière peut m’atteindre et résonner dans mon corps avec cette si belle langue qu’est l’arabe, bien que je ne  sois pas croyante plus qu’il le faut,. En bonus, la vue sur le Bosphore qui est à deux mètres de moi avec la tour de Galata ainsi que des jolies bâtisses.

En Syrie, alors que j’étais en visite dans la famille de Hany à Homs, je dormais paisiblement dans le salon sur le divan quand je sursautai en apercevant une silhouette blanche, tel un déguisement de fantôme à l’halloween. Effectivement la mère de Hany, plutôt pieuse, se lève la nuit pour prier dans le salon en installant son tapis de prière en direction de la Mecque.

Lors de mes premiers jours en terre musulmane, l’adhan de la nuit me réveille toujours puisqu’inhabituel. Par contre, avec le temps, je m’y habitue et ne l’entends plus telle une mélodie de circonstance.

Durant trois mois en 2008 ainsi que mes trois semaines en hiver 2009, j’ai pu entendre l’adhan à souhait.

Cependant, une chose étrange s’est produite alors que j’étais à Amman, en Jordanie.  La journée même de mon arrivée en provenance de la Syrie, Soha, la sœur de l’ami libanaise de mon frère m’accueilli à grands bras ouverts. Elle me fait part de ses plans pour la soirée tout en prenant soin de m’inviter à me joindre avec à elle et ses amis. Elle possède des billets pour un concert de musique classique présenté dans l’ancien amphithéâtre romain. J’accepte l’invitation malgré que je ne sois pas une fanatique de musique classique. Cela me permettra de vivre et voir autre chose dans un pays inconnu et ça, je ne peux le refuser. Telle est ma philosophie en voyage.

Le centre-ville d’Amman est paralysé par un trafic monstre. L’heure avance vite et le véhicule à pas de tortue. Nous décidons de stationner l’auto et de courir jusqu’à l’amphithéâtre. J’ai aucune idée où je me trouve et ne fait que suivre derrière. À notre arrivée à l’entrée, une marre de gens se bousculent pour rentrer dans le but de se trouver une place. Dès mon premier pas dans l’amphithéâtre, je suis estomaquée par l’immensité de l’endroit. Je réalise que j’ai les deux pieds dans l’histoire, tout en suivant les autres dans un escalier en pierre menant aux dernières marches de l’amphithéâtre. Nous prenons place et attendons que le concert débute. Un piano meuble le centre de la scène avec un orchestre derrière et des choristes, face au public, dos à la ville. Voilà que les premières notes font vibrer la foule. L’acoustique est incroyable. J’ai les yeux grands ouvert, la mâchoire quasi sur la marche du bas. Sentiment étrange que de se retrouver dans un endroit historique dans notre ère de l’an 2000, de réutiliser à sa juste valeur cet endroit singulier. Vraiment fort comme expérience, je vous l’assure. Puis tout d’un coup, en plein milieu d’une pièce musicale: silence. L’orchestre s’arrête de jouer, le pianiste aussi sans compter les choristes. Je me demande ce qui se passe. Perplexe, je questionne Soha sur la raison de cet arrêt brutal : L’adhan, l’appel à la prière du soir retentit dans la ville. Par respect, le concert doit être interrompu la durée de l’adhan, pour reprendre lorsque terminé. La musique reprend de plus belle pour se terminer par des feux d’artifices qui éclatent au dessus de l’entrée avec comme fond, la ville d’Amman de nuit et ses quelques lumières qui l’illumine.

Cette soirée que j’avais sous-estimée s’est avérée à être un moment inoubliable. Merci Soha.

فانيسا

vanes

« La clé du paradis est la prière, et la clé de la prière est la pureté. »

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Le Divertissement

Posted in Iran, syrie, turquie, Uncategorized with tags , on 20 mai 2010 by vanes

C’est l’été. Officiellement non, officieusement oui. Dans nos têtes c’est bel et bien arrivé et c’est ce qui compte. Le soleil brille. Il fait chaud. Les gens sont heureux. La session d’hiver est terminée et la combinaison de ce poids en moins avec l’été nous donne des ailes. Nous avons le goût d’en profiter sur une terrasse ou dans un parc. L’envie de se défouler et de sortir est omniprésente, du moins, c’est mon cas. Je bûche durant six mois pour obtenir de bons résultats à l’université et la température hivernale ne fait que me replier sur moi même. Un fois tout cela derrière moi, je revis. Je sors une fois par semaine dans un club dans le but de vraiment me défouler et je me promène sur les terrasses de mes amis, des bars ou des cafés. Le temps n’est plus un facteur prioritaire. Parla suite, ça se calme.

Ce que je fais ici, dans ma ville, à Montréal, je le fais dans les autres pays, en voyage, mais de  façon exponentielle. C’est-à-dire qu’il est fréquent après une matinée et un après midi de marche sans arrêt de prendre le temps de prendre un verre sur une terrasse afin d’écrire dans mon

Discothèque à Istanbul, Turquie

carnet de voyage ou simplement décompresser avant de reprendre un peu mes forces ou de me choisir un restaurant où j’irai manger. Ça, il s’agit plus d’une activité que j’ai faite en Europe et enEurope de l’Est qu’au Moyen-Orient. Cela n’a pas principalement en rapport avec le facteur alcool.

Je vous explique.

Cela diffère de pays en pays bien sûr. En Turquie, la partie de l’Ouest qui très

Vue du dessous le pont Galata, Istanbu

occidentalisée, tout dépendant des quartiers, il est fréquent d’aller prendre un verre pour se relaxer. J’aime bien prendre une bonne bière fraiche locale, la Efes, sous le pont de Galata sur lequel les habitants s’improvisent pêcheurs dans le Bosphore. Je vois alors les lignes des cannes à pêche remonter avec de tous petits poissons. Confortablement dans mon bean bag, bien que la bière soit au prix touriste comme je l’appelle, elle en vaut le coup.

Alors vient l’Iran..ouuuuu. LE pays qui fait peur! Je marche pendant des heures durant les premiers jours, car je suis si fascinée parle pays et je tente de prendre le pouls de la vie iranienne. Je me rends compte assez rapidement d’une chose; il n’y a aucun endroit à ma disposition pour m’arrêter et souffler. Bien évidemment il y a des cafés qui bordent les rues, des petits endroits qui semblent bien. Le seul hic, c’est que ce sont des endroits réservés aux hommes uniquement. Il reste alors les parcs et les restaurants familiaux.

En effet, depuis la révolution, l’Imam Khomeiny a fait fermer toutes les discothèques et lieux de divertissements mis à part ces cafés pour hommes seulement. Auparavant, les

Lieu réservé aux hommes iraniens, Tabriz

femmes n’étaient pas voilées par la loi et tous pouvaient fréquenter les lieux de plaisances.

Le temps devient plus long et les journées aussi. Je m’enfermais dans ma chambre pour lire en mangeant des douceurs après le repas du soir en attendant le sommeil.

De retour en Turquie, de l’est cette fois, il s’agit du même principe, mais moins rigoureux. Il n’y a toujours pas de lieux de divertissement pour les femmes, mais il y a tout de même des terrasses de café et de crèmerie auxquelles j’avais droit.

Pour ce qui est de la Syrie, c’est différent, tout comme pour le Liban. Certaines villes plus conservatrices ne contiennent pas de bars mis à part ceux dans les hôtels auxquels j’allais accompagnée de mes amis. De même qu’à Palmyra, dans la tente de bédouin où l’alcool coulait à flot que ce soit sous le prétexte que c’est pour les touristes, les Syriens s’en donnent à cœur joie. À Damascus par contre, la capitale de la Syrie, les bars sont répandus et la bière est facile à trouver. Le même phénomène se retrouve au Liban où les dépanneurs de Beyrouth vendent bières, vins et spiritueux. On y trouve les discothèques les plus huppées, rien à voir avec la rue St-Laurent à Montréal. Dans le nord, à Tripoli, ville musulmane et conservatrice, c’est moins bien vu.

En Jordanie, je me suis retrouvée dans un des rares restaurant où on sert de l’alcool et dans lequel les hommes musulmans en profitent pour prendre un pot, mais ça, ce sera une autre histoire.

La Palestine est aussi pur que l’est de la Turquie pour ce que j’ai eu le temps d’observer, mais l’Israël, aucun problème pour faire la fête là bas et fréquenter des lieux de divertissements.

Discothèque non loin de Haifa, Israël

Sans être attaché physiquement à l’Europe, ce pays est très occidentalisé et est de la partie pour la coupe de soccer en Europe malgré que ce soit un pays du Proche-Orient.

Quoi qu’il en soit que ce soit avec ou sans alcool si là est le problème, on a tous besoin de ces lieux de divertissements pour notre épanouissement. Par contre, la maison peut tout aussi bien faire l’affaire et les Iraniens arrivent très bien à trouver des alternatives pour pouvoir, tout comme nous, s’éclater et se laisser aller.

فانيسا

vanes

Le meilleur compagnon pour passer le temps est un livre. (proverbe algérien)

Le monde est petit

Posted in Iran, syrie, Uncategorized with tags on 11 mai 2010 by vanes

Un jour ou l‘autre, l’expression « le monde est petit » vous est sortie spontanément de la bouche. Le monde est plus petit qu’on le pense. On s’en étonne toujours. Moi, je m’en étonne toujours. Dans notre ville c’est plus normal, malgré le nombre de la population à Montréal, on croise des gens que l’on n’aurait jamais pensé revoir ou entendre leurs dernières nouvelles. En voyage, c’est presque incroyable, surréaliste même. Le monde est alors encore plus petit que l’on ne l’imaginait.

Avant de quitter le nid familial, j’ai toujours vécu dans le même quartier. Ce genre de quartier où tout le monde se connaît de proche ou de loin ou encore simplement de vue, du moins quand nous fréquentions le camp de jour du quartier: Le Parc Soleil. En 2005, alors que je n’habite plus chez ma mère depuis plus d’un an, je pars en Espagne où j’ai fait le tour du pays. À la fin de mon tour, je suis dans le nord du pays à San Sebastian d’où j’irai assister au festival San fermine de Pamplona. Ce festival épouvantable où tout le monde boit le plus qu’il peut jusqu’à saturation et débordement avec cette course matinale des taureaux à travers la ville pour finir à l’arène. À l’auberge de jeunesse je fais la rencontre de voyageurs avec qui je jase. L’auberge se trouve sur une montagne. On y pense deux fois si on veux se rendre en ville  lorsqu’on se souviens des longues marches à pic à monter pour retourner à l’auberge, puisque le bus est très irrégulier. Puis, un matin alors que je déjeune en compagnie des autres, une fille rousse apparaît les cheveux ébouriffés ce qui démontre la nuit terrible passée. Elle préfère installer sa tente dehors pour un prix plus avantageux qu’un lit en dortoir. Je la reconnais et elle aussi. Je ne la connais pas, mais je la reconnais. Elle demeure non loin de chez ma mère et nous nous sommes vu dans les rues du quartier durant toute notre enfance. Le monde est petit jusqu’en Espagne.

Ce n’est pas tout.

En préparant mon voyage en Iran, j’ai tenu à lire beaucoup de livres sur le pays pour savoir à quoi m’attendre et quel comportement adopter. Je m’inscris sur le site internet de Lonely planet et lis un peu sur les expériences de voyage en Iran. Suite à une question que j’ai posée sous l’onglet Iran, une femme entre en contact avec moi pour se rendre compte que nous y serons en même temps. On s’échange quelques courriels pour convenir qu’on devrait se rencontrer puisque l’on partage la même philosophie de voyage et les mêmes intérêts envers les mêmes pays. C’est une Chinoise d’une quarantaine d’années qui vit en Suisse. Je me rends en Iran en premier et tente de rentrer en contact avec elle. Elle ne répond pas. Je

Imam Khomeini square à Isfahan, Iran

poursuis mon chemin et je n’ai toujours aucune réponse. Un jour, j’arrive au Silk Road Hotel dans lequel je partage un dortoir mixte. Déjà je suis très étonnée puisque la ségrégation des sexes est encore très stricte dans les hôtels. Un grand jeune homme entre dans la pièce et me questionne sur mes origines. Puis s’exclame « oh you’re Vanassa the Canadian ». Là, je suis bouche bée! Se faisant un plaisir d’observer ma réaction, il m’explique qu’il a rencontré la dame plus tôt dans son voyage, qu’elle lui a parlé de moi. Je crois que ça avait rapport avec une conversation sur les femmes et le fait que j’étais une femme voyageant seule en Iran. Finalement, je ne la rencontrai jamais du à un obstacle rencontré sur son chemin, mais je suis toujours en contact avec elle jusqu’à ce jour.

La fois que j’ai été le plus étonnée fut la suivante. Je vais faire un tour sur le site du Lonely planet pour poser une question concernant le visa à la frontière sous l’onglet de la Syrie. J’en profite pour donner des réponses aux gens sur les sujets que j’ai vécus. Ce site est très bien pour partager nos expériences dans les pays moins connus. Un certain Bryan m’écrit en privé pour me demander conseil concernant le meilleur endroit pour célébrer son jour de l’an. Je lui propose la fête dans la tente bédouine à laquelle j’assisterai. Je lui dis

RDV manqué pour la veille du jour de l'an 2009 à Palmyra, Syrie

également que je serai là s’il a besoin de conseils en lui donnant mon emplacement dans la ville de Palmyra. La veille du jour de l’an et les jours qui suivirent, aucune trace de ce Bryan. Puis, un courriel disant qu’il n’a pas pu arriver à temps et qu’il est à Hama, dans une autre ville de la Syrie. Il rajoute en terminant qu’il a entendu parler de moi là bas alors qu’un homme prononça mon nom et lui s’est souvenu du mien en raison de notre échange de courriels. La mâchoire me tombe. Il m’explique qu’il est rentré dans un atelier de Hama dans lequel il s’est mis à jaser avec l’artiste peintre. Celui-ci a parlé de moi et de ma visite en 2008.

Je me souviens.

Je suis en transition de la ville de Homs pour me rendre à Palmyra via Hama. J’en profite pour prendre la journée pour visiter la ville et ses grandes roues qui font sa renommée. Tout est fermé, je crois qu’on est vendredi, jour de la prière. Je marche à travers la ville

Les fameuses roues de Hama, Syrie

désertique et découvre une rue d’artisans. J’entre dans le premier atelier et l’artiste m’offre le café arabe en me questionnant sur mes origines et ma profession. Je lui réponds que j’étudie en art, en peinture et dessin. Je lui montre mes œuvres alors que l’internet est si lent que nous n’avons pas accès facilement à ma page du site Myspace. Je lui parle de ma mère qui est artiste multidisciplinaire, que ma sœur est en histoire de l’art, que mon frère est en design interactif sans oublier que mon père enseigne la création. Il est étonné de l’ouverture de ma famille mais surtout de notre talent respectif. Bryan se rend dans le même atelier pour acheter un tableau qui lui aura tombé dans l’œil. L’artiste se mit à parler de moi et à lui montrer ma page qu’il avait sauvée dans ses favoris. Deux rendez-vous manqués qui m’auront plus que surprise. Le monde est petit même à travers les différents continents. Nul besoin de connaître la personne en chair et en os pour la croiser d’une manière ou d’une autre, sur notre chemin.

Alors oui, le monde est petit!

فانيسا

vanes

« Si tu veux être apprécié, meurs ou voyage » (proverbe persan)

www.myspace.com/vanessagpaquin

Dur à cuire

Posted in Maroc, syrie, Uncategorized with tags , , , , , , on 22 février 2010 by vanes

Quatre pattes, quatre estomacs, deux bosses, le camelus batriatrus communément appelé le chameau est d’origine asiatique. On mélange bien trop souvent le chameau avec le dromadaire et  moi-même je commets l’erreur.

mon dromadaire dans le Sahara

mon dromadaire dans le Sahara

Le chameau est d’origine asiatique et est utilisé plutôt en Asie centrale alors que le dromadaire, celui possédant qu’une seule bosse, se trouve en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Il s’agit d’un animal très étrange, mais au combien intéressant.

Premièrement la question des bosses. Qu’il en ait une ou deux, les bosses représentent des réserves d’énergie puisqu’elles sont des masses de gras. Il peut boire jusqu’à 130 litres d’eau en une dizaine de minutes et ainsi survivre sans boire pendant plusieurs jours. Ses longs cils servent à protéger leurs yeux du sable. Il en est de la même fonction pour ce qui est des poils de leur nez et de leurs oreilles. Le

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

camelus ne possède pas de sabots, mais a plutôt des pattes molles comme des coussins pour faciliter la marche dans le sable. Cet animal peut facilement vivre dans de haute température atteignant les 50 degrés Celsius. Il ne faut pas oublier de mentionner leur grandeur impressionnante. Je les trouve si gracieux avec leur long cou et les pattes si hautes en plus de leur côté coquet puisque parés de décoration que les clameliers font porter à leur bête.

J’ai toujours aimé les animaux et en particulier les gros mammifères. Je préfère le chien au chat. Je trouve donc le chameau tout à fait adorable et rêvait d’en monter un dès que j’en aurais l’occasion.

Cette occasion est arrivée en 2005, au Maroc, pour la première fois. Je passais deux semaines dans

excursion dans le Sahara

excursion dans le Sahara

le pays et je désirais faire un tour dans le très connu désert du Sahara. Je suis à Marrakesh sous les 45 degrés quotidien et décide de me payer une visite dans le désert. Je me rends dans une agence de voyage dans laquelle ils organisent des excursions de deux à quatre jours dans le Sahara. Il s’agit d’un van d’environ huit personnes dont un Mexicain, un couple d’Italiens, un autre Anglais et surement des Américains. L’excursion comprend l’allée jusqu’au bord du Sahara à Zagora avec une heure de chameau dans le but de se rendre à la tente de bédouins, où nous auront un repas et où nous dormirons pour ensuite faire le trajet à l’envers.

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Après avoir souffert à bord du van sur le chemin étroit et en serpentin des heures durant, nous arrivons à Zagora. J’ai l’estomac à l’envers et il fait très chaud. Il doit être dix-sept heure environ et le soleil est moins fort. Chacun se fait assigner un chameau. Les guides réussissent à nous faire tous acheter un foulard et nous l’enfile en turban. On a tous l’air totalement touriste et franchement on a tous mordu à l’hameçon. On nous montre comment monté sur un chameau, ce qui semble si simple, mis s’avère un peu épeurant. Peu importe ce qui arrive, il faut tenir fermement la barre. Le chameau est au sol, je monte sur son dos. Jusque là ça va. Je trouve ça plutôt comique jusqu’à ce que le guide dise un mot arabe en lui donnant un petit coup pour le faire lever. Étape par étape. Le chameau (dromadaire) commence en dépliant ses pattes arrière. Comprenez que c’est une bête de presque deux mètres de hauteur! J’ai l’impression que je vais basculer vers l’avant. Puis étape numéro deux: il déplie les pattes du devant et hop en lançant un petit cri nerveux, je suis dans les airs. Sentiment étrange. Il commence à

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

marcher. Je dois prendre son rythme tout comme à dos de cheval. Je n’ai encore jamais fait de cheval alors j’ai de la difficulté. Je dois porter mes lunettes de soleil et comme la mode est aux grosses lunettes, avec mon turban, j’ai l’air de Francine Grimaldi! On est en rang, un chameau derrière l’autre en avançant doucement. Les chameaux affrontent les dunes de sable qui me procure toujours une petite sensation puisque descendre des petites montagnes de sable à deux mètres de haut est assez impressionnant.

On s’arrête pour la nuit à la tente où un autre groupe est déjà. Le lendemain matin on se réveille à cinq heure du matin par les cris horribles que font ces animaux, en plus de voir leur affreuse dentition.

J’avais bien aimé mon expérience et lorsque j’étais à Palmyra en Syrie, les « camel boy » comme ils se font surnommés étaient après moi pour m’offrir des tours pas cher. Je continue mon chemin dans les ruines alors qu’un jeune homme à dos de chameau m’aborde en m’offrant un tour gratuit puisque je suis l’amie de Hany. Il m’avait surement vu avec la famille de ce dernier. Khalid, le « camel boy » me convainc et je monte sur la bête. Il me promène durant deux heures dans les ruines de l’ancienne cité et me montre aussi la magnifique oasis. Parfois il dirige l’animal, parfois il me laisse le faire. Je prends plaisir à lui dire ou plutôt crier des « yallah » pour le faire avancer. Le temps file et je dois retourner au restaurant familial pour le souper. Je descends de la même manière mais à l’inverse,

préparation à la descente

préparation à la descente

les pattes du devant qui se plient en premier, le derrière encore dans les airs, avant de descendre l’autre moitié du corps. Bien que je connaisse le processus, ça me surprend toujours autant. De nouveau au sol, j’ai l’impression d’être encore sur le chameau. Mes jambes me font mal tout comme après un entrainement si ce n’est pas pire. Je marche un peu tel la démarche d’un cowboy, rien à voir avec les deux jours qui suivirent. J’avais vraiment la démarche parfaite pour jouer dans un film du far west.

Cet hiver, lorsque je suis retournée à Palmyra, Hany me disant toujours de faire attention au camel boy : « Vanessa, please be safe and don’t talk to them ». Pas de danger que ça arrive, je ne veux absolument plus refaire de chameau.  Juste à y penser, j’ai la démarche d’un cowboy!

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

فانيسا

vanes

Si le chameau pouvait voir sa bosse, il tomberait de honte. (proverbe arabe)

Les chameaux ne se moquent pas réciproquement de leurs bosses. (Proverbe touareg)

Oui, je le veux

Posted in palestine, syrie, Uncategorized with tags , , , , , on 14 février 2010 by vanes

Mon meilleur ami se marie très bientôt. Je suis ses préparatifs et franchement il m’impressionne. Tellement de choses à penser et jusqu’aux petits détails. Le tout est fait sans énervement et sans stress apparent. Ça doit bouillonner en lui, j’en suis certaine. Je lui ai demandé si le tout le stressait et il m’a dit : je suis stressé de tout faire avant la fameuse date puisqu’il y a tant à faire, mais je ne suis pas stressé de me marier. Le geste en tant que tel est facile ou plutôt naturel. En d’autres mots, l’engagement pour la vie ne lui fait pas peur, mais la liste de préparatifs est longue. J’admire encore plus ça. De nos jours, il est plutôt rare que de se marier et à notre âge, encore moins. Au Canada, ce n’est pas une tradition qui a vraiment survécu avec le temps. Les couples se marient plus tardivement et pour les bonnes raisons en général.

Dans la tradition musulmane, les femmes se marient très jeunes et selon les pays, dès leur puberté. Pour un occidental il est outrant qu’une jeune femme de 15 ans soit mariée et encore plus lorsqu’il s’agit d’un mariage arrangé.

Les mariages se font aussi différemment, mais je ne pourrais pas vous en parler puisque je n’ai jamais eu la chance d’être invitée dans un mariage musulman et même pas dans un mariage tout court. Par contre, à deux reprises, durant mes voyages, j’ai assisté à des célébrations entourant le mariage.

La première fut en Palestine, en juillet 2008. J’étais hébergée par Amjad, un des fondateurs du camp de réfugiés Askar à Nablus. Sa première femme était invitée à la réception de l’après mariage d’une jeune femme du camp. Vu que je n’avais jamais été dans un mariage et que l’on me dit toujours que les mariages musulmans sont toujours colorés, Amjad me demanda si j’avais envie d’accompagner sa femme et ses deux filles à cette réception. Quelle question! N’importe quoi pour expérimenter la vraie culture en ayant accès aux maisons des locaux ainsi qu’à leurs célébrations!

Quoi porter? Une fois encore l’éternelle question que je me pose dans ma propre ville quand je sors et encore plus en Palestine. Je ne mettrai pas mon uniforme comme je l’appelle qui consiste en mon jean et ma blouse légère qui couvre mes fesses et mes bras brodée au collet pour une soirée spéciale. J’oublie la jupe puisqu’on verra mes jambes et j’ai un jogging, que j’oublie aussi. Il

Sur le chemin pour la célébration d'après mariage à Nablus, Palestine

Sur le chemin pour la célébration d'après mariage à Nablus, Palestine

reste mon éternel jean. Je l’agence avec un haut noir qui couvre aussi mes fesses que j’ai acheté plus tôt à Istanbul. J’avais aussi acheté une paire de sandales fermées et dorées à Eilat en Israël que j’ai mise. Un peu de fard à paupière, mais pas trop et quelques bijoux puisque ça, au moins, les femmes en portent toujours des dizaines sur elles. Nous marchons jusque la demeure de la famille. Nous tentons de nous frayer un chemin parmi la foule de femmes entassées dans le salon. Il fait si chaud à la base et avec toute cette population, c’est pire. Les femmes vêtues du Hijab doivent suffoquer! À ma grande surprise, les femmes sont bien habillées, moins conservatrice que normalement. Les jeunes filles sont en robes; pas celles qui couvrent les jambes. Bien au contraire, elles ont des robes courtes très serrées avec des décolletés que je ne porte même pas moi même! La femme de Amjad me fait signe que la jeune femme avec la robe verte est la nouvelle mariée. Elle doit avoir à peine 17 ans. Moi à 17 ans, je commençais à sortir dans les clubs, j’étais en secondaire 5 et me préparais pour partir en appartement. Pour sa part, elle devra penser à faire des enfants bientôt et vivre la vie de la femme au foyer.

Je balaie la pièce du regard et ne remarque aucun homme. C’est normal oui, mais en même temps je trouve ça étrange qu’après la cérémonie de mariage, l’homme et la femme célèbrent chacun de leur côté.

Je m’assois aux côtés de la femme d’Amjad et d’une de ses amies pendant que ses deux filles courent d’un côté et de l’autre avec d’autres enfants. La musique est si forte que l’on pouvait l’entendre de la rue. Les haut-parleurs grichent et laissent paraître qu’ils ne sont pas assez puissant pour le volume souhaité. Les jeunes dansent au centre sur la musique arabe. Évidemment la mère de la nouvelle mariée me prend la main et tente de m’entraîner sur la piste de danse, un classique. Je refuse en riant un peu jaune. Voire que moi, une canadienne je vais me lever et danser sur de la musique arabe auprès de ces Palestiniennes. Tous les ingrédients pour me ridiculiser! En même temps, je n’ai pas le choix. C’est insultant pour les hôtes si je ne leur fais pas le plaisir de participer à la célébration. Je me lève et me dandine un peu d’un côté à l’autre maladroitement en riant jaune encore une fois puis me rassois. C’est bon, on m’a vu, on me laissera en paix par la suite. Les femmes font leur célèbre youyou. Ce cri de joie très fort et aigu qui sert à manifester une joie collective dans des célébrations. Il suffit d’une seule qui part le bal et elles suivent toutes. Selon le livre Nadine Picaudou, Territoires palestiniens de mémoire, « Le terme zagharit signifie « youyous », youyous qui peuvent être entendus de très loin en raison du son aigu et clair qui est produit. Ils comportent de nombreuses variations en Palestine, des signes distinctifs qui sont souvent reconnus et mis en avant dans les fêtes. ». J’adore entendre les femmes faire des youyous. Je me surprise à pouvoir le faire un peu lorsque j’ai organisé l’enterrement de vie de garçon de mon ami qui se mariera bientôt alors que voulais en rire.

Vue sur le camp Askarà Nablus, Palestine

Vue sur le camp Askarà Nablus, Palestine

De mon coin, j’observe la mariée qui se changera plus d’une fois. Peut-être est-ce une tradition? Les robes sont aussi kitch les unes que les autres. Les rubans servant à accrocher la robe lui sort des dessous de bras et elle n’est pas bien ajustée. Son maquillage est de mauvais goût. Rien à voir avec la maquilleuse Francine Gagnon de chez LeSalon. Que dire de sa coiffure!? Je prends plaisir à la scruter tellement elle est cliché. Que voulez-vous, ça me fascine.

La deuxième fois fut les fiançailles de la sœur de Hany, mon ami de Palmyra. Je vous en avais déjà parlé dans mon article d’une veille du jour de l’an pas comme les autres. La ségrégation des sexes était aussi de mise alors que hommes et femmes se retrouvaient dans deux salons différents. De temps à autre, les youyous se faisaient entendre à mon plus grand plaisir. Après une longue attente nous avons eu droit à l’annonce des fiançailles par un homme dont j’ignorais le lien avec les fiancés. Je me suis demandée s’il y avait un moment précis où l’affirmation de cette déclaration devait être faite. Puis j’avais aussi trouvé étrange le fait qu’une fois réunies dans le même salon, celui des hommes, la sœur de Hany fit son entrée vêtue d’une autre robe. Toujours avec cette coiffure de mauvais goût qui semble être belle de face, mais terrible de profil. Les gens échangeaient entre eux, préparaient des assiettes de douceurs et de fruits alors que l’échange de bague de fiançailles se faisait. Étais-je la seule à en être témoin? Le père et la mère de Hany semblaient être occupés, lui à parler avec un autre homme, et elle à orchestrer la soirée.

Cela étant dit, j’espère pouvoir être témoin d’un mariage arabe puisque ça semble si différent si je me fie aux célébrations dont j’ai eu la chance de faire parti.

En cette journée de St Valentin , je dédie cet article à cet ami très cher qui se liera par les liens du mariage dans une semaine…même pas! Tous mes vœux de bonheur

فانيسا

vanes

Le Mariage est comme un salon où l’on trouve quatre-vingt-dix-neuf serpents et une anguille. Qui osera y mettre la main ?

Pour bien aimer une vivante, il faut l’aimer comme si elle devait mourir demain. (proverbe arabe)

LeSalon : 5358 St-Laurent, Montréal. 514.564-4990

Une veille du jour de l’an bien différente

Posted in syrie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , , , on 21 janvier 2010 by vanes

Chaque année la même question revient : Que faire pour fêter le nouvel an en grand. Cette année j’ai trouvé réponse à cette question. Je le fêterai d’une façon peu commune dans un environnement dépaysant. Je passerai le 31 décembre dans le désert de la Syrie, à Palmyra dans une tente de bédouin.  Cette année, tous se réuniront à Palmyra en provenance de Homs,

Ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Aleppo et Damascus pour fêter en grand. L’an passé le jour de l’an est passé inaperçu en raison des événements de Gaza en Palestine.

Palmyra est une petite ville au centre de la Syrie et une rue principale qui se rend aux ruines de l’ancienne cité de Palmyra la traverse. Il s’agit du centre ville. Tout le monde se connaît puisque tous possèdent une boutique de bijoux ou de souvenirs, un restaurant ou un café. Les enfants des propriétaires travaillent tous pour l’entreprise familiale et quelques uns d’entres eux ont tissé des liens d’amitié. Ainsi mon ami Hany a un ami Odi qui possède un restaurant dans une tente typique de bédouin où des soirées sont organisées. La dernière fois, j’ai eu droit à une expérience inoubliable qui sera détrônée par la plus récente.

Revenons au début de cette longue journée dans laquelle je m’étais arrêtée dans mon dernier article.

Nous arrivons à deux voitures de la ville de Homs à Palmyra et Hany me dit que sa sœur se fiance le soir même et qu’il

Moi devant les ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

Moi devant les ruines de Palmyra au mois de décembre 2009, Syrie

devra passer du temps avec sa famille. Parfait pour moi, j’aurai quelques heures de solitude pour faire une sieste, défaire un peu ma valise et me préparer tranquillement pour la soirée. En me déposant à l’hôtel où je séjournerai, on convient que je le rejoindrai pour 19h30 au restaurant familial.

Il est 17h lorsque je me réveille de ma sieste et m’apprête à prendre une douche alors que ça cogne à ma porte. J’enfile une serviette autour de mon corps et demande qui est là. Mohammad, le propriétaire me dit que Hany est au téléphone et il me passe son mobile à travers la mince ouverture que je fais avec la porte. Hany me dit que quelqu’un passera me chercher pour le rejoindre. Je lui demande de me donner vingt minutes pour me préparer. Je me presse et je ne sais pas où donner de la tête. Dois-je me préparer pour la soirée ou juste pour le souper. Connaissant Hany et ses tendances imprévisibles je me prépare pour la veillée du jour de l’an. Je n’ai pas apporté beaucoup de vêtement pour les sorties. J’hésite entre un haut noir un peu échancré que je mets pour sortir à Montréal et un nouveau t-shirt à manches longues et col bateau acheté à Istanbul quelques jours plus tôt. Malgré que Hany me dit que je peux porter ce que je veux, je me dis que je suis en Syrie, que j’ai des courbes et que Palmyra est un peu plus conservateur que Damas et opte pour le haut avec le plus de tissu. Je me maquille, mais pas trop. J’enfile un pantalon noir et de petites bottes plates. Rien à voir avec les autres jours de l’an. Quarante minutes plus tard j’appelle Hany qui m’envoie un chauffeur (Je suis l’heure arabe en prenant le double du temps convenu). J’arrive au restaurant et aperçois Hany assis à une grande table à laquelle toute sa famille est réunie. Je me félicite mentalement pour ma tenue en voyant les femmes voilées dont sa mère à côté de qui on m’assigne une place. Je suis ultra gênée puisque je ne m’attendais aucunement à cela. Merci Hany pour les infos! C’est le souper des fiançailles de sa sœur avec un Syrien qui demeure au Canada. Il me parle de l’autre bout de la table et je comprends qu’il demeure à Pierrefond. Il m’est étrange de parler de Montréal avec des étrangers mais de parler de quartiers, c’est encore plus étrange. Hany me sert mon premier whisky-coka de la soirée, assez fort pour me mettre à l’aise. Une fois gavée d’agneau de riz et d’un mélange fait avec de l’orge au goût exquis, nous nous rendons tous chez Hany où les hommes se trouvent dans le salon des invités et les femmes dans un autre salon plus petit. Là commence l’attente de je ne sais quoi. Une femme me parle de temps à autre d’un anglais assez bon. Elle est surement professeur d’anglais. Je suis assise dans un fauteuil qui prendra surement ma forme au cours de la soirée et je me contente de sourire. Puis, la tête d’un homme surgit de la porte et il déclare quelque chose en arabe que je ne saisie aucunement. La sœur de Hany se lève et fait le tour des invitées pour leur serrer la main et en embrasser quelques unes. Les unes après les autres lui disent quelques mots en finissant avec mabrouk (félicitation). Vient mon tour. Je me contente d’un simple mabrouk et elle sourit avec un air fraternel. Elle m’aime bien et me parle toujours en arabe. Hany me fais signe de changer de salon. Je repère un petit fauteuil. On attend toujours mais cette fois, devant une énorme table à café sur laquelle se trouvent des montagnes de douceurs telles des baklavas, des noix et des fruits. La professeure d’anglais me sert une assiette avec un baklava de chaque sorte soit environ cinq gros et trois petits puis, une assiette avec une clémentine, une pomme, une banane et une orange. Elle fait de même pour chaque invité. Pense-t-elle vraiment que je puisse manger le tout et ce, après une montagne de riz avec de l’agneau? Je me force à manger deux baklava et un morceau de pomme très lentement par politesse. Subitement, la musique arabe surgit de quelque part dans la pièce d’un son mauvais et extrêmement fort. Les jeunes se mettent à danser et Hany, évidemment, vient faire son spectacle.  Les futurs mariés prennent aussi part à la danse. Évidemment, ils essayent de me faire danser. Je déteste ce moment où je ne voudrais d’aucune façon mettre en valeur mon pays d’origine par mes mouvements de canadienne coincée dans un bloc de glace alors que les arabes sont gracieux. Je sais que je n’ai pas le choix. J’essaie de faire de la visualisation. Ça y est je ne peux plus résister, Iyad, son frère me tire le bras et je me lève. Quelle honte! La chanson termine juste quand je me dandine d’un côté à l’autre en faisant à semblant d’être très à l’aise. J’en profite pour me rassoir.

Il est 21h30 lorsque Hany et moi filons en douce après l’échange des anneaux.

Je suis contente de m’être préparée pour la soirée puisque Hany nous conduit à la tente de bédouin. C’est là que je vivrai un jour de l’an bien différent.

La tente est immense en forme de L. Nous prenons place à une table en face du Dj et du bar, car oui, ils boivent! Amer et un autre ami Wafi y sont déjà. S’en suit des deux Ahmed et de leur conquête ainsi que Naim et la sienne. Un troisième Ahmed se joint également à nous. Les gars prennent des bouteilles de vodka et de whisky et ça y est c’est parti.

Un groupe de bédouin se promènent d’un bout à l’autre de la tente en chantant, jouant de la musique et dansant. Ils s’arrêtent devant nous, Hany leur donne un billet et ils restent devant nous pour quelques instants, puis reviennent en chantant quelque chose en nommant Naim pour l’inciter à donner un autre billet, ce qu’il fit. Nous avons droit à un autre

Ahmed au Party du nouvel an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

Ahmed au Party du nouvel an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

moment de musique digne des mariachis, mais tellement plus agréable. Une troisième visite cette fois pour soutirer un billet de Ahmed. Le plateau avec l’agneau entouré de légumes et d’un mélange de riz est servi. Moi je n’arrive plus à prendre ne serait-ce qu’une bouchée.

Le Dj embarque et fait jouer de la musique arabe. Hany se lève pour danser devant notre table et je me lève subitement. J’adore la musique arabe. Tous mes amis vous le diront, je leur casse les oreilles avec ma musique. Je me lève j’en écoute, dans mon ipod, au travail parfois, sur le retour chez moi et chez moi jusqu’au coucher et je ne me tanne juste jamais. On se met à danser entre amis et ce n’est pas long qu’on se retrouve entourés de plein de touristes et plus tard, d’autres amis. Je ne me suis plus rassise jusqu’à la fin. Les flashs de photos se font voir de partout, des gens filment aussi. Un après l’autre m fait danser et c’est

Mohammad et moi au party du jour de l'an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

Mohammad et moi au party du jour de l'an dans la tente de bédouin à Palmyra, Syrie

grâce à tous ces flashs que j’ai pu retracer ma soirée. Une grosse caméra est souvent autour de moi, mais je n’y porte pas trop attention jusqu’à ce que le monsieur me demande une entrevue. euh c’est que c’est pas le bon moment là. Je ne peux pas vraiment refuser quand je vois que Hany ne le revire pas de bord. Il est deux heure trente du matin, je suis dans le désert avec quelques verres de Whisky dans le corps et la télévision syrienne, dans un pays musulman et une ville plus conservatrice me demande une entrevue? Je prie Hany de me suivre et de gérer le tout. Il en rit et me dit qu’il va me traduire les questions. Au début je réponds en arabe, un peu tout croche. Puis on reprend et cette fois j’abandonne et je réponds en anglais. Il me demande mon nom, ma nationalité, la raison de ma visite et surtout la raison d’être venu à Palmyra plus que dans une autre ville. Je lui sors la première réponse qu’il me vient en tête, mais c’est pénible. Non. C’est simplement absurde.

Le lendemain, sur la rue principale, chaque personne sur le cadre de porte de leur boutique me salue. Tout se sait dans cette petite ville. Ma réputation est faite. Party girl canadienne  qui adore la musique arabe. Le summum est les bédouins qui me reconnaissent de loin et me font signe de danser en m’offrant le hospitality tea. Si j’avais accepté tous les thés proposés, j’aurais bu mes 2 litres d’eau par jour pour les quatre prochains jours. Ceci étant dit, j’ai passé la plus merveilleuse des veilles du jour de l’an. L’expérience culturelle la plus amusante et je me dis que ce qui ce passe à Palmyra, reste à Palmyra!

فانيسا

vanes

La jeunesse, est une fraction de folie. (proverbe arabe)

Les retrouvailles

Posted in syrie, Uncategorized, Voyage 2009 Turquie-Syrie with tags , , on 17 janvier 2010 by vanes

Un an et demi s’est écoulé avant mon retour en Turquie et en Syrie.  Après ce faux départ grâce à la compagnie aérienne KLM, j’arrive une journée plus tard à Istanbul. Je suis accueillie par une turque avec qui j’avais passé une fin de semaine à faire la fête chez mes amis turcs avant mon retour à Montréal après trois mois de voyage au Moyen Orient. Nous avions gardé contact par l’Internet depuis juillet 2008. Ainsi nous avons développé des affinités durant ce laps de temps et elle m’a offert de rester chez elle durant mon séjour puisqu’avec mes amis, il semblait bien compliqué de s’organiser.

Digdem et moi dans un bar de Istanbul, Turquie

Digdem et moi dans un bar de Istanbul, Turquie

Il est dimanche et c’est le 27 Décembre 2009. Je suis devant l’hôtel Marmara qui se trouve à Taksim, l’endroit tendance pour les sorties et le magasinage. J’y suis enfin! Digdem arrive, c’est comme si je ne l’avais jamais quitté. On se sert dans les bras et prenons le chemin de la maison.

Sa mère m’accueille d’une façon digne de l’hospitalité turque. On prend le thé en se contant brièvement les dernières nouvelles. Sa mère, Tulay, ne parle pas du tout l’anglais, mais Digdem fait l’interprète. Elles décident de m’amener ainsi que l’ami de Digdem, Tylan au marché de poisson où se trouvent de petits restaurants. Je déguste mon poisson avec les petites entrées

Petit restaurant où nous avons mangé dehors, Yedikule, Istanbul

Petit restaurant où nous avons mangé dehors, Yedikule, Istanbul

style humus et aubergines à la tomate. Nous mangeons dehors sur la terrasse au mois de décembre et ce, en chandail et en souliers. Je suis tout simplement comblée.

Quelques jours s’écoulent et je quitte Digdem que je reverrai à la fin de mon voyage, puisque je pars pour la Syrie.

Après mon histoire de frontières et les quatre heures trente de trajet pour me rendre à Homs, je revois mon ami Hany. Cet arabe qui parle si fort avec qui j’ai passé à peu près une semaine avec à Palmyra ainsi que dans sa famille à Homs et également chez son ami Amer à Damascus, lors de ma visite précédente. Je

Hany et moi sur la colline de la citadelle de Palmyra en Juin 2008

Hany et moi sur la colline de la citadelle de Palmyra en Juin 2008

monte les marches de l’immeuble et son homme à tout faire monte mon bagage et me dirige à l’appartement. Je passe le cadre de porte et j’aperçois Hany dans le salon. Il est pareil sauf quelques livres en trop. On se serre dans les bras et commençons à délirer comme auparavant. On ne dirait pas à première vu que ça

Naim et moi au jour de l'an, Palmyra Syrie

Naim et moi au jour de l'an, Palmyra Syrie

fait un an et demi qu’on s’est vu, car rien n’a changé. Il est presque cinq heures de l’après midi et je suis épuisée de mon parcours qui dure depuis minuit. Hany me demande de deviner qui viendra ce soir. Je l’ignore, je suis sérieusement ultra fatiguée et je suis nulle aux devinettes! Il m’annonce que lorsqu’il a parlé avec ses amis que je connais et que lorsqu’ils ont su que j’arrivais le soir même ils ont décider de quitter Palmyra pour venir à Homs afin de souper tous ensemble.

Une heure plus tard, Naim et sa copine font leur entrée suivie de Amer avec qui j’ai une plus grande complicité. Hany, Naim et

Amer and I at the new year's eve party in Palmyra, Syria

Amer et moi au party du jour de l'an à Palmyra, Syrie

Amer sont trois gamins dans la mi- vingtaine avec qui je riais constamment et partais sur des délires. Ils m’accueillent avec nos blagues habituelles. C’est bon de les revoir. Encore une fois ils n’ont pas changé sauf qu’ils ont tous pris du poids. Amer était celui qui faisait tant attention à son apparence et passait plus de temps devant le miroir que moi. À l’opposé, ils me font la remarque que j’ai maigri. C’est surement du aux trois derniers mois de ma vie dans lesquels je courrais d’un bord à l’autre tous les jours.

L’homme à tout faire de Hany nous prépare un festin, un vrai! De l’agneau, du poulet frit, de la salade fatouch, des légumes avec des fines herbes, de la soupe et du pain. Les desserts suivent avec les incontournables cafés arabe et thés. Nous restons un moment dans la pièce centrale entourée de cousins dans laquelle se trouve le poêle. Plus tard, nous allons visiter Homs by night comme Hany ne cesse de dire. On se rend dans un resto-café où nous prenons une bière et fumons le narguilé.

Le lendemain, le 31 décembre nous partons à deux voitures vers Palmyra où nous fêterons le jour de l’an. Évidemment c’est la folie. La musique arabe à tue tête, les gars chantent et tappent des mains. Moi je regarde le paysage désertique et je suis si contente de retourner à Palmyra et passer quelques jours près des ruines, dans le désert. Un son retentit de temps à autre, puis pendant plus de trente minutes. Le genre de son que fait nos voitures ici lorsque la ceinture du conducteur n’est pas attachée. Je demande à Hany qu’est-ce que ce bruit. Il me répond tout bonnement que c’est le son que qui indique que la limite de vitesse est dépassée. Je regarde le cadran, il roule à 120 jusqu’à 130. Au cours de ce voyage on me répètera souvent cette phrase : « here nobody respects the rules », « no rules here ». Quel bordel que ces pays!

Hany me dépose à l’hôtel, puisque je ne peux être hébergée chez lui étant donné qu’il s’agit d’une ville très conservatrice et que bon il possède des connexions avec le milieu hôtelier. Je revois Mohammad, cet homme gras avec qui nous avions pris toute une cuite dans la tente de bédouin la

Mohammad, the own of Afares Hotel in Palmyra in June 2008

Mohammad le propriétaire de l'hôtel Afares à Palmyra en Syrie, Juin 2008

dernière fois. Puis plus tard, je revois la famille de Hany, sa sœur qui se fiancera le soir du 31, sa mère, son père et son frère. Tous se souviennent de moi et nous échangeons les politesses et cette fois, en arabe! Son frère comme je l’avais prédit à Hany, me parle en roumain alors que je lui répète à chaque fois que je ne parle pas la langue. Voyez vous il a épousé une roumaine qui vit maintenant à Palmyra avec qui il a eu deux enfants qui sont je dois dire très mal élevés. Depuis, il adore parler le roumain et même étant séparé de sa femme, continue à chatter sur l’Internet avec des femmes roumaines en Roumanie. Hany me regarde et rit lorsque je lui fais remarquer que son frère Iyad me parle toujours en roumain. Son père qui est intimidant et plutôt âgé me parle d’un arabe incompréhensible et lorsque les autres me font la traduction, ils rient toujours du fait qu’il me parle en langage très familier typique de Palmyra alors c’est normal que je ne comprenne rien.

Odi and I at the new years eve party in Palmyra, Syrie

Odi et moi au party du jour de l'an à Palmyra en Syrie

La dernière personne que je revois est Odi. Odi dont le père possède la tente de bédouins où les fêtes les plus folles se déroulent. Lui, il y travaille et gère les soirées. Odi se prononse Odaye et moi j’étais convaincu que son nom était Obayd. Ce fut un de nos running gag durant le reste de mon séjour.

C’est en revoyant tous ces gens que je réalise à quel point les choses peuvent rester telles quelles et stagner. Pour ma part, je suis contente d’évoluer, de changer et de me défaire des situations dans lesquelles je suis moins bien. Un an et demi plus tard, je vois la différence, je vois ma différence. J’ai grandi.

فانيسا

vanes

Quelque soit l’ami que vous preniez, il faudra vous en séparer un jour. (proverbe arabe)