Archive for the Maroc Category

Minimaliste

Posted in Maroc, Uncategorized with tags , , on 5 mai 2010 by vanes

2005, premier grand voyage. Je mets les pieds pour la première fois dans un pays arabe : le Maroc. Je n’ai aucune idée à quoi m’attendre. Je déniche un exemplaire du guide le petit futé édition 2003 dans une petite librairie près du musée Pompidou à Paris. Déjà très désuet, il s’agit de ma seule source d’information sur le pays mise à part quelques histoires de voyageurs.

Autant j’ai trouvé ce séjour en terre arabe difficile, autant il fut enrichissant et m’a fait réfléchir.

J’étais encore une « débutante » en matière de couchsurfing et j’ai opté plutôt pour la chambre d’hôtel. Je ne me promenais pas après la nuit tombée. Je n’acceptais pas les multiples invitations à prendre le thé ou quoi que ce soit en raison de ma grande méfiance. Un jour, à la pension Talal où je logeais à Fès, je passai une fin de journée à jaser avec un employé et son ami dans les marches de la pension. Puis l’heure du souper arriva et je décidai d’aller me chercher quelque chose à manger. Hicham, l’employé a insisté pour me diriger dans le souk vers un boucher. Je refuse, il insiste, j’accepte. Nous allons chez ce boucher où la viande entourée de moustiques est bien étalée au soleil. Il paraît que je ne dois pas craindre quoi que ce soit. Bref. Nous achetons la viande, ou plutôt il achète la viande et continu son chemin vers une autre place où l’on peut faire cuire notre achat. Le cuisinier forme de petits cylindres avec notre viande et y ajoute des épices. Une fois griller, il suffit de prendre place à la table basse avec la nappe grasse et d’apprécier à l’aide de pain, de beaucoup de pain. Puis, il m’invite à prendre le thé chez lui. Je refuse, il insiste. Je refuse à nouveau, il insiste toujours. J’accepte.

Une fois que nous avons frôlé tous les murs de ces ruelles étroites, nous voilà devant une porte qui se trouve à être la sienne. Hicham entre le premier et moi je suis. Il échange quelques mots avec sa sœur et sa mère qui m’aperçoivent après coup et s’exclament de ma visite. Je suis gênée et je ne cesse de sourire. Elles me parlent en arabe avec un enthousiasme incomparable alors que Hicham jouent au traducteur. Sa sœur prépare le thé avec de petits gâteaux et moi j’observe leur demeure. Je suis étonnée. Premièrement en raison du salon qui est à moitié à l’intérieur et à moitié dans la partie à ciel ouvert de la maison qui est la cour intérieur. Les maisons arabes sont bâties autour d’une cour centrale qui est caché par les murs extérieurs. Aussi, ce qui me marque le plus est la simplicité de leur demeure. De grands cousins en guise de sofa à l’extérieur avec une table à café, quelques arbres comme décoration. Puis dans le salon intérieur, je remarque qu’un seul cadre est accroché au mur, une photo de famille. Les murs bordés par des sofas de pleine longueur. J’aurais aimé voir le reste, mais je n’oserais jamais le demander.

Toujours au Maroc alors que je faisais partie d’une excursion pour dormir dans le désert du Sahara, nous nous sommes arrêté dans une ville du sud, Ouarzazate. C’est à cet endroit qu’ils ont tournés le film Gladiator si je ne m’abuse. Nous nous sommes promené dans ce village et sommes rentrés dans la demeure d’un habitant. Encore une fois, je fus choquée par la simplicité de celle-ci. C’était évident que cette fois, le facteur de la pauvreté jouait un peu sur les biens matériels. Cependant, de simple coussins colorés et des couvertures se trouvait dans ce qui faisait office de salon et quelques cadres de photos ornaient les murs.

Lorsque j’ai quitté le Maroc pour revenir en Espagne, j’ai beaucoup songé à cette simplicité. Moi, je garde tout. Je n’arrive pas à jeter. J’accumule inutilement et je ne suis pas la seule. Mon appartement est rempli de meubles qui sont remplis de choses pas toujours d’une grande utilité. Je me souviens être revenu chez moi après ces trois mois passés à l’étranger et avoir fait un ménage pour essayer de diminuer cette abondance de matériel que je possèdais. À l’époque je croyais en avoir enlevé pas mal, mais ce n’est que cette année, que j’ai vraiment appris à le faire. J’ai acquis une ouverture vers cette facilité ne pas tout garder, me débarrasser, mais surtout ne pas tout accepter ce que l’on me donne si je sais que je n’en ferai pas bon usage.

Au Canada, c’est l’abondance, toujours plus, jamais assez. On veut toujours obtenir LA dernière technologie même si la précédente est encore très fonctionnelle. Un Ipod, un cellulaire, un ordinateur, la liste est longue, l’année suivante ils sont désuets. On a tendance à avoir trop de meubles, de vaisselles, de bibelots, trop trop trop. Dans les pays arabo musulmans que j’ai visités, j’ai été choquée par le minimalisme dans les maisons. Souvent, il n’y a même pas de table pour manger. Sur le tapis du salon, on y étale des journaux ou encore une nappe et on s’assoit en cercle pour manger. C’est dans l’est de la Turquie que j’ai vécu cette expérience pour la première fois, puis en Iran et j’y ai pris goût. Aussi, pas besoin nécessairement de sofa, car de simples couvertures et matelas suffis à occuper la fonction de sofa ainsi que de lit dans les familles nombreuses. Évidemment ce n’est dans toutes les maisons que c’est comme ça, sauf que moi, c’était peut-être la première fois que je réalisais à quel point je vivais dans l’abondance, l’inutilité de biens matériels. J’ai eu une prise de conscience. Ça me libère la vue, me clarifie la tête et me permet de mettre mon argent dans d’autres voyages plus enrichissants les uns que les autres.

Cela dit, j’ai encore beaucoup de travaille à faire et j’en suis consciente.

فانيسا

vanes

«Une petite maison en ruine vaut mieux qu’un palais en commun.» (proverbe arabe)

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Deux secondes interminables à Fès

Posted in Maroc, Uncategorized with tags , , on 16 mars 2010 by vanes

Lundi matin je me réveille tôt. Nous avons changé d’heure la nuit d’avant et ça déstabilise toujours un peu. Il est 7h30 du matin et il fait clair dehors. Je me lève plus tôt que prévu puisque j’ai des prises de sang à faire. Je dois être à jeun et je n’ai aucune envie de poiroter dans la salle d’attente. Plus j’attends avant de quitter la maison, pire ce sera.

La dame qui s’occupe de moi porte le hijab, je souri puisque je pense à toutes ces histoires d’accommodements raisonnables.

Moi, ça m’est égale. Je sais ce que les gens pensent et disent, mais comme j’aime la culture, ça va au-delà des symboles religieux.

Alors cette infirmière porte le hijab et porte un tag avec son nom. Je me donne toujours le défi de déceler d’où vient la personne avant de le demander.Le trois-quarts du temps j’y arrive, mais là je me suis trompée sur toute la ligne. Je la croyais du Moyen Orient, de l’Irak, je ne sais trop pourquoi. Elle est marocaine de Casablanca. Nous discutons un peu de son pays, elle me parle de son mari. Les quelques minutes passées en sa compagnie m’ont plongées dans un souvenir lointain.

J’étais dans la ville de Fès et je logeais à la pension Talal dans la vieille médina. Un soir, je décide d’aller au restaurant non loin de cette pension puisque le menu semblait délicieux.

Fès, Maroc

Je prends place sur la terrasse devant le restaurant qui est en fait sur le passage de la rue. Je commande un plat de kefta servie dans un plat de terre cuite avec des petits œufs dessus. Je me régale. À côté, sur la table avoisinante, se trouve un groupe de quelques amis qui parlent anglais. J’attirais l’attention des gens autour dont un client qui est venu me parler. Il ne doit pas être normal d’être une femme mangeant seule dans un restaurant. Mon souvenir est vague quant à comment je me suis faite aborder par la table d’anglophones. Je crois qu’ils parlaient fort et plaisantaient. Cela a due me faire sourire etils ont dut l’apercevoir. Nous avons entamé la conversation. Ce sont quatre jeunes qui habitent Fès pour quelques mois le temps d’apprendre l’arabe. Le gars, un Américain qui semble le leader du groupe m’invite à me joindre à eux plus tard le soir même. À ce moment là, ça me fait du bien de parler avec des gens proches de ma culture, sans penser qu’il y a une intention derrière leur propos. Ils me donnent rendez-vous devant le restaurant quelques heures plus tard. Je rentre à ma chambre jusqu’à l’heure venue.

Le gars dont je ne me souviens plus du nom et une amie sont là avec un peu de retard. Nous allons à la chambre de l’étudiant qui loge sur le toit d’une maison. Il faut

Vue sur Fès, Maroc

passer par un escalier commun où on aperçoit la famille qui y demeure. Il dit bonjour et nous continuons la montée. Sur le toit, il y a une grande terrasse et une porte qui est son logement. Décorée de façon orientale bien sur. Nous sommes que troisfinalement. Il sort la bouteille de vodka sachant très bien que j’allais réagir. Il me dit : «It’s been a long time hun?». Oui en effet, en deux semaines j’ai eu droit qu’à une petite bière dans un hôtel de Marrakesh. Il me tend un vodka-orange et nous parlons un peu du pays  et de tout et de rien. Il dit m’avoir invité sachant très bien ce que c’est que d’être parfois seul, dans un pays si différent. J’en suis reconnaissante.

Il se fait tard et la nuit est tombée. Je dois quitter, mais je ne sais aucunement où je suis. Il dit que c’est proche du restaurant, donc de ma

pension. Je suis hésitante. Il me fait un plan sur un bout de papier avec le petit chemin à prendre. Je me sens d’attaque et je sors. Je marche d’un pas décidé, droit devant, puis arrivée au bout de la petite ruelle je tourne à droite. Il fait noir, très noir. Il y a une gang de marocains non loin qui font beaucoup qui parlent en arabe assez fort. Là, je ne reconnais rien du tout. Je saisque je suis dans la rue du souq, mais là que les magasins sont fermés, je n’ai plus aucun repère. Je ne veux pas m’avouer que je suis sur le bord de la panique. Je continue à marcher droit devant, pour ne pas montrer que je suis perdue. Ce n’est pas le temps à minuit de se perdre dans les souqs au Maroc. C’est un peu l’équivalent d’une promenade nocturne à Brooklyn. Le temps d’avoir la frousse deux interminables secondes et je repère un comptoir qui dans le jour, vendent des poulets vivants. Je sais exactement où je suis. Je tourne à gauche et hop je suis au restaurant du départ, à quelques pas de la pension. J’y rentre soulagée et monte à ma chambre qui est un vrai fourneau puisqu’elle se trouve sur le toit.

Vu du toit de mon hôtel à Fès, Maroc

فانيسا

vanes

Fais peur au lion avant qu’il ne te fasse peur. (proverbe arabe)

Dur à cuire

Posted in Maroc, syrie, Uncategorized with tags , , , , , , on 22 février 2010 by vanes

Quatre pattes, quatre estomacs, deux bosses, le camelus batriatrus communément appelé le chameau est d’origine asiatique. On mélange bien trop souvent le chameau avec le dromadaire et  moi-même je commets l’erreur.

mon dromadaire dans le Sahara

mon dromadaire dans le Sahara

Le chameau est d’origine asiatique et est utilisé plutôt en Asie centrale alors que le dromadaire, celui possédant qu’une seule bosse, se trouve en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Il s’agit d’un animal très étrange, mais au combien intéressant.

Premièrement la question des bosses. Qu’il en ait une ou deux, les bosses représentent des réserves d’énergie puisqu’elles sont des masses de gras. Il peut boire jusqu’à 130 litres d’eau en une dizaine de minutes et ainsi survivre sans boire pendant plusieurs jours. Ses longs cils servent à protéger leurs yeux du sable. Il en est de la même fonction pour ce qui est des poils de leur nez et de leurs oreilles. Le

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

Bob Marley, dromadaire de Palmyra

camelus ne possède pas de sabots, mais a plutôt des pattes molles comme des coussins pour faciliter la marche dans le sable. Cet animal peut facilement vivre dans de haute température atteignant les 50 degrés Celsius. Il ne faut pas oublier de mentionner leur grandeur impressionnante. Je les trouve si gracieux avec leur long cou et les pattes si hautes en plus de leur côté coquet puisque parés de décoration que les clameliers font porter à leur bête.

J’ai toujours aimé les animaux et en particulier les gros mammifères. Je préfère le chien au chat. Je trouve donc le chameau tout à fait adorable et rêvait d’en monter un dès que j’en aurais l’occasion.

Cette occasion est arrivée en 2005, au Maroc, pour la première fois. Je passais deux semaines dans

excursion dans le Sahara

excursion dans le Sahara

le pays et je désirais faire un tour dans le très connu désert du Sahara. Je suis à Marrakesh sous les 45 degrés quotidien et décide de me payer une visite dans le désert. Je me rends dans une agence de voyage dans laquelle ils organisent des excursions de deux à quatre jours dans le Sahara. Il s’agit d’un van d’environ huit personnes dont un Mexicain, un couple d’Italiens, un autre Anglais et surement des Américains. L’excursion comprend l’allée jusqu’au bord du Sahara à Zagora avec une heure de chameau dans le but de se rendre à la tente de bédouins, où nous auront un repas et où nous dormirons pour ensuite faire le trajet à l’envers.

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Dans les ruines de Palmyra, Syrie

Après avoir souffert à bord du van sur le chemin étroit et en serpentin des heures durant, nous arrivons à Zagora. J’ai l’estomac à l’envers et il fait très chaud. Il doit être dix-sept heure environ et le soleil est moins fort. Chacun se fait assigner un chameau. Les guides réussissent à nous faire tous acheter un foulard et nous l’enfile en turban. On a tous l’air totalement touriste et franchement on a tous mordu à l’hameçon. On nous montre comment monté sur un chameau, ce qui semble si simple, mis s’avère un peu épeurant. Peu importe ce qui arrive, il faut tenir fermement la barre. Le chameau est au sol, je monte sur son dos. Jusque là ça va. Je trouve ça plutôt comique jusqu’à ce que le guide dise un mot arabe en lui donnant un petit coup pour le faire lever. Étape par étape. Le chameau (dromadaire) commence en dépliant ses pattes arrière. Comprenez que c’est une bête de presque deux mètres de hauteur! J’ai l’impression que je vais basculer vers l’avant. Puis étape numéro deux: il déplie les pattes du devant et hop en lançant un petit cri nerveux, je suis dans les airs. Sentiment étrange. Il commence à

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

vers 5-6 heure du matin dans le Sahara

marcher. Je dois prendre son rythme tout comme à dos de cheval. Je n’ai encore jamais fait de cheval alors j’ai de la difficulté. Je dois porter mes lunettes de soleil et comme la mode est aux grosses lunettes, avec mon turban, j’ai l’air de Francine Grimaldi! On est en rang, un chameau derrière l’autre en avançant doucement. Les chameaux affrontent les dunes de sable qui me procure toujours une petite sensation puisque descendre des petites montagnes de sable à deux mètres de haut est assez impressionnant.

On s’arrête pour la nuit à la tente où un autre groupe est déjà. Le lendemain matin on se réveille à cinq heure du matin par les cris horribles que font ces animaux, en plus de voir leur affreuse dentition.

J’avais bien aimé mon expérience et lorsque j’étais à Palmyra en Syrie, les « camel boy » comme ils se font surnommés étaient après moi pour m’offrir des tours pas cher. Je continue mon chemin dans les ruines alors qu’un jeune homme à dos de chameau m’aborde en m’offrant un tour gratuit puisque je suis l’amie de Hany. Il m’avait surement vu avec la famille de ce dernier. Khalid, le « camel boy » me convainc et je monte sur la bête. Il me promène durant deux heures dans les ruines de l’ancienne cité et me montre aussi la magnifique oasis. Parfois il dirige l’animal, parfois il me laisse le faire. Je prends plaisir à lui dire ou plutôt crier des « yallah » pour le faire avancer. Le temps file et je dois retourner au restaurant familial pour le souper. Je descends de la même manière mais à l’inverse,

préparation à la descente

préparation à la descente

les pattes du devant qui se plient en premier, le derrière encore dans les airs, avant de descendre l’autre moitié du corps. Bien que je connaisse le processus, ça me surprend toujours autant. De nouveau au sol, j’ai l’impression d’être encore sur le chameau. Mes jambes me font mal tout comme après un entrainement si ce n’est pas pire. Je marche un peu tel la démarche d’un cowboy, rien à voir avec les deux jours qui suivirent. J’avais vraiment la démarche parfaite pour jouer dans un film du far west.

Cet hiver, lorsque je suis retournée à Palmyra, Hany me disant toujours de faire attention au camel boy : « Vanessa, please be safe and don’t talk to them ». Pas de danger que ça arrive, je ne veux absolument plus refaire de chameau.  Juste à y penser, j’ai la démarche d’un cowboy!

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

"camel rock" dans petite Pétra en Jordanie

فانيسا

vanes

Si le chameau pouvait voir sa bosse, il tomberait de honte. (proverbe arabe)

Les chameaux ne se moquent pas réciproquement de leurs bosses. (Proverbe touareg)