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Tout est une question de négociation

Posted in liban, Uncategorized with tags , , on 31 mars 2010 by vanes

Négocier :  1. Action de faire du négoce, du commerce.

Négociation : 1. Série d’entretiens, d’échanges de vues, de démarches qu’on entreprend pour parvenir à un accord, pour conclure une affaire.

À chaque fois que je voyage, je ne peux m’empêcher de me ramener des souvenirs. Je me dis toujours que c’est peut-être la seule chance que j’ai de visiter le pays ainsi je dois le faire là ou ce ne sera peut-être jamais. En Europe, c’est si simple. Je magasine et lorsque j’aime, j’achète Dans les pays arabes, il y a une étape de plus : la négociation.

Commerce à Antioche (Hatay), Turquie

Cette étape supplémentaire peut s’avérer longue tout dépendant de votre ténacité. Le principe est simple. Il suffit de faire le tour de la boutique, de demander le prix de l’objet qui vous intéresse.Puis le vendeur vous donne un prix, bien sûr exorbitant. Une petite exclamation telle « ouf » accompagnée d’un mouvement de tête avec les yeux qui grossissent légèrement démontrent à votre interlocuteur que son prix est exagéré. Il vous demandera combien vous désirez payer. Là est la question piège. Il faut tout de suite couper le prix en deux et parfois même inférieur à la demi pour laisser assez de jeu pour la négociation,  de la même façon que lui avec son prix exorbitant. Voilà qu’il se reprend avec sa nouvelle proposition. Il faut la refuser et renchérir légèrement avec votre propre proposition. Rare sont les fois qu’il acceptera. Le marchant vous donnera ensuite un autre prix et vous dira que c’est le meilleur prix «bess price». Parfois il vous donnera son dernier prix en rajoutant, «ok ok juss for you my friend» comme si vraiment, il fait une exceptionpour moi. Pour les dures à cuire, c’est plus corsé. La négociation peut se poursuivre de la même façon en montant les offres de très peu. Souvent, le marchand offrira le thé ou le café pour faire avancer les choses. Il s’agit peut-être d’une tactique de gentillesse pour que le client ait envie de lui remettre la somme demandée. Une autre façon aussi est de mettre l’objet dans un sac et vous le tendre, comme si l’affaire était conclue. Pour ma part, je suis une dure à cuire. Avec le temps, j’ai acquis beaucoup d’expériences et j’arrive à faire baisser les prix de beaucoup la plus part du temps. Je rajoute

Istanbul, Turquie

toujours quelques mots d’arabe, de turc ou de perse que je connais pour démontrer mon intérêt. Évidemment si c’est dans un pays arabe, je lance les quelques phrases que j’ai apprise avec leurs expressions locales et tente de converser et marchander un peu dans leur langue. À cela je rajoute quelques blagues et un beau sourire et leur raconte un peu mon parcours dans les pays arabo-musulmans. Ça, c’est un bon truc. Si mon prix n’est pas accepté et que le marchand refuse de baisser, je leur dis au revoir et feins de quitter la boutique. S’il ne me retient pas, je sais que son prix était vraiment son dernier prix. Je quitte quand même et fais le tour des autres places. Souvent ils me disent d’aller comparer les prix ailleurs et que je reviendrai, car c’est moins cher. C’est souvent vrai! Je reviens donc au commerce avec un grand sourire, j’essaie de repartir la négociation sinon j’accepte son prix.

Commerce sur Imam Khomeini squarre à Esfahan, Iran

Le processus peu être fatiguant à la longue. Parfois j’aurais juste le goût de dire ok et de payer leur prix, mais je refuse de me faire avoir de la sorte. Ils font beaucoup d’argent avec ces touristes naïfs, moi, je ne veux pas être de ceux là. C’est certain qu’en tant que touriste, il est impossible d’avoir le même prix qu’un local. Mes amis de voyage se font toujours un plaisir de me demander combien j’ai payé pour mes souvenirs. Pour eux, c’est exorbitant, pour moi, c’est convenable. Le but de l’exercise est de trouver un compromit entre le vendeur et l’acheteur. Les deux partis doivent être contents du prix final peu importe s’il s’agit de la valeur réelle ou pas. C’est surement comme ça que roule leur économie! En tous cas, moi j’ai du la faire rouler leur économie avec tous mes achats!

Partout, il faut marchander son trajet de taxi, il faut alors être au courant des distances et des coûts pour éviter l’arnaque.

Tout est négociable, c’est dans leur culture, c’est dans leur sang!

Au Liban, alors que j’étais à l’Hôtel Talal à Beyrouth, je me suis retrouvée avec quelques voyageurs à échanger nos expériences et anecdotes. Un gars me disait qu’il avait marchandé son visa d’entrée pour le Liban. Il avait ainsi payé moins cher que moi aux douanes. J’ai souvent négocié les prix de mes hébergements mais de là à le faire aux douanes, ça c’était fort.

J’utilise maintenant cette culture du marchandage dans ma vie quotidienne. L’été dernier, après m’être entrainée dans un gym rue Ste-Catherine, je remarque une boutique de chaussures. J’y entre et le vendeur est Arabe. Je regarde une paire de chaussure et il me

Commerce à Tabriz, Iran

dit qu’elles sont en super réduction. Il me donne deux trois phrases pour me les faire acheter. Je lui demande s’il est Marocain. Il me répond oui avec un air surprit. Il me demande ma nationalité. Je lui dis que je suis allée au Maroc et que j’étudie l’arabe. Je m’assois et on jase un peu. Je lui demande de me faire un prix. Il le fait mais c’est toujours trop cher pour cette paire de sandales que je ne porterai pas souvent. D’ailleurs, je ne les ai toujours pas mise! Finalement il me dit 30$ et elles sont à toi. Il les prend et les amène à la caisse sans que je le lui demande. J’ai ma visa en main et lui demande 30 pas de taxe? Il fait signe ok et prends ma carte.

Cet hiver j’ai quitté pour trois semaines en Syrie et en Turquie pour les fêtes. J’ai sous-loué mon appartement sur un site internet. La personne la plus intéressée me contacte par courriel et je vois que son nom est d’origine arabe. Il me propose un autre prix. Je refuse et lui en donne un autre. Il me revient avec un autre prix plus élevé que le premier. Connaissant très bien le stratagème je lui propose un autre prix qui s’adonne à être le juste milieu entre nos premières propositions sachant très bien que là, il acceptera, ce qu’il fit!

Ce lien entre vendeur et acheteur est bien souvent un plaisir. J’ai souvent passé de bon moment dans les boutiques avec les locaux. Le temps d’un thé pour discuter de leur pays, du mien, de nos différences ou simplement à déconner et rire. C’est une culture que j’aime bien, mais parfois ça peut être lassant de toujours devoir d’ostiner avec les commerçants.

فانيسا

vanes

«Pour vendre dit du bien, et pour acheter dit du mal» (proverbe arabe)

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Talal Hotel à Beyrouth

Posted in liban, Uncategorized with tags , , , on 22 mars 2010 by vanes

Je quitte Damascus pour me rendre à Beyrouth. Un bus voyageur fait le trajet entre les deux capitales qui s’avèrera très lent, mais prendra que quatre heures. Je n’aurai pas besoin de ma casser la tête avec les taxis, le visa etc. Évidemment, je suis la seule touriste parmi tous ces arabes libanais retournant dans leur pays ou encore ces Syriens désirant faire un tour au Liban pour X raison. Un homme décide de me prendre sous son aile. J’ai l’habitude. Ce n’est pas le chauffeur de l’autobus qui aidera, ça je le sais. L’homme m’aide à la frontière pour obtenir mon visa de séjour. Cela n’a rien à voir avec les autres expériences de frontières et de visas d’entrée des pays que j’avais visité. Je prends celui de quinze jours. Il faut payer en lire libanaise. Je me rends au bureau de change. On m’offre l’éternel thé de bienvenu. Il est extrêmement sucré et je prends deux trois mini gorgées devant les officiers pour leur montrer mon appréciation. Mon accompagnateur aussi le trouve sucré et nous le mettons aux vidanges dès que nous avons l’occasion.

Arrivée au terminus d’autobus, mon hôtel se trouve non loin de là. Je tourne tout de même en rond à sa recherche pour me rendre compte qu’il était devant mes yeux au troisième étage.

Je monte les trois étages et je suis accueillie par Zaher le propriétaire et son frère Wissam. Je suis toujours un peu énervée et fatiguée lorsque j’arrive d’un trajet de bus, ils me disent de me poser et de prendre ça cool. On règle les formalités de passeport et réservation des prochains jours et ils me pose les questions habituelles : D’où je viens, quels pays ai-je visité avant, etc. Évidemment, ça dégénère en plaisanterie et Zaher m’offre un « Welcome drink ». Le frigidaire est pleins de bières, bouteilles d’eau et boissons gazeuses. Je prends une bière locale, une 500ml. Tranquille nous discutons. Tous deux sont très sympathiques.

Zaher me montre mon lit dans la chambre d’à côté. Je prends la douche qui fait le plus de bien après avoir transporté un sac d’une quinzaine de kilos sous la chaleur accablante du Proche Orient en juin. Je me prépare et m’apprête à sortir lorsque les deux frères sont en plein lunch. Wissam a préparé quelques shish-taouk et Zaher m’en offre un. Je ne peux refuser à la vue de mon premier shish-taouk fait maison. Rien à voir avec ceux vendu chez les libanais à Montréal. J’ai rendez vous avec mon ami rencontré en Iran un mois plus tôt. Zaher m’avait avisé qu’il donne un double des clés pour ceux qui rentrent plus tard que 23h. Je lui demande donc cette clé au cas. Il sourit et se demande ce que je ferai étant donné que je suis seule.

Le Liban étant un tout petit pays, le plus facile est de s’établir une base et de faire des excursions d’une journée de là. Bien entendu Beyrouth est donc un point central et donc je m’installais à l’hôtel Talal quelques jours, puis j’allais au nord m’établir quelques jours dans une autre villes, pour revenir quelques jours plus tard à l’hôtel Talal. Chaque fois, c’était un plaisir de revoir les frères. Chaque fois, je réclamais mon « welcome drink! ».

Wissam et Jullian sur le balcon, Beyrouth

Wissam et Jullian sur le balcon, Beyrouth

Le soir, à l’hôtel, les voyageurs se regroupent dans l’espace commun de la réception pour échanger, prendre un coup et donner des nouvelles sur l’ordinateur mit à notre disposition.  Il y avait un Japonais assez bizarre qui semblait se faire un plaisir de jouer le rôle d’un weirdo; un Américain assez âgé qui voyage depuis beaucoup d’années et qui devient déplaisant avec quelques bières en trop; un autre Américain assez jeune qui croit tout connaître sur les conflits politique du Moyen Orient et avec qui il est impossible d’avoir raison; ainsi quelques personnages secondaires. J’y rencontrai Jullian, un français ou plutôt un Breton. Il se payait le trip d’une vie : voyager presque deux ans du Proche Orient jusqu’en Asie du Sud est. Il n’était pas comme les autres. Un gars sympatique avec qui j’ai pu avoir des conversations intéressantes autant que plaisanter et sortir. Le soir, on faisait les commissions et je faisais à manger pour lui et un autre touriste. Puis, les bières se vidaient du frigidaire en échange d’une barre à côté de notre nom sur une feuille. Un genre de « Boit maintenant et paye plus

Wissam, Jullian et moi sur le balcon de l'hôtel, Beyrouth

tard ». Équivalent à deux ou trois dollars la bière, nous devons régler à la fin en même temps que pour les nuits.

Tous les jours Wissam fume son narguilé et tous les soirs il le fait sur le mini balcon. Zaher le rejoins parfois lorsque les discussions entre touristes touchent le sujet délicat de l’Israël et le Liban ou sur les religions. Jullian et moi sommes privilégiés, on a accès au balcon et ils partagent leur narguilé avec nous. Nous avons d’autres sujets de conversations et tous sommes tannées des conversations de touristes alors que nous déconnons un peu.

Devant le dépanneur pour immortaliser le moment!

Jullian et moi voulons aller danser. On se ramasse deux autres touristes avec qui nous sortons sur la rue Milot qui est la rue des clubs, non loin de l’hôtel. Le red carpet est toute une expérience! Nous prenons une bière au bar. Tout est dix dollars. La musique c’est un peu n’importe quoi et les gens se croient beaucoup. Nous observons la scène qui s’offre à nous. Jullian et moi s’entendons bien et les deux autres nous délaisse pour retourner à l’hôtel. Nous décidons de bouger un peu, et puisque nous sommes un peu sur un budget, nous allons acheter une bière dans un dépanneur pour finir par jaser avec le commerçant avant de voir une bataille éclater devant nous. Des Libanais un peu soul en sortie de club, rien que je n’ai jamais vu à Montréal. Puis, nous décidons de continuer la tournée. On se fait payer des verres si on rentre dans les clubs, on joue le jeu.

Le lendemain, je me promène dans Beyrouth et je vais un peu à la plage avec mon ami islandais. Puis, le soir, le même

sur la fin de la soirée, Jounieh

scénario. Bonne bouffe entre nous, quelques bières et cette fois, Wissam nous propose de nous sortir. Nous allons à Jounieh, une autre ville à quelques kilomètres de Beyrouth pour festoyer. On rentre dans un club. Nous sommes les seuls touristes évidemment. Bien souvent, leur clubs sont des restaurant qui se transforment en clubs. Personne ne danse. Jullian et moi, avec l’encouragement de Wissam, partons le bail. Les autres suivent un peu et hop, la soirée démarre. Une chanson déclenche la frénésie chez les Libanais. Ils se mettent tous en rond en se tenant la main pour danser la danse traditionnelle. Je suis heureuse d’avoir eu une prestation dequelques amis un mois plus tôt à Diyarbakir.

Danse traditionnelle, Liban

Je sais donc un peu comment suivre. Jullian s’y met aussi et de toute façon nous n’avions pas le choix, on se fait prendre la main par les locaux pendant que moi je ris.

Nous ne tardons pas trop par la suite, il se fait tard et Wissam travaille très tôt, dans quelques heures seulement.

Cet hôtel me rappelle beaucoup de souvenir. C’est toujours agréable de se sentir bienvenue dans un endroit et de pouvoir faire parti de leur projet, car ces deux frères là, ne sont pas juste là pour faire de l’argent, mais ils choisissent de se mêler aux voyageurs. Ainsi, ils m’ont fait gouter à plusieurs plats qu’ils ont fait, m’ont offert à boire et on été très accommodant avec les différentes devises, autres hôtel dans le pays ou tous renseignements liés au transport. Ce genre d’hôtel est très commun en Europe, mais au Proche Orient, il est rare d’avoir autant de convivialité. Je les remercie d’avoir fait de mon séjour, un souvenir encore plus agréable. Je souhaite de tout cœur pouvoir avoir la chance d’y retourner!

فانيسا

vanes

«Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien ; si tu possèdes peu, donne de ton coeur». (proverbe arabe)

Tala’s New Hotel

Avenue Chales Helou

+961 01 562567

Baalbeck, short and sweet

Posted in liban, Uncategorized with tags , , on 13 mars 2010 by vanes

Il y a environ deux semaines, alors que je rentrais du travail dans mon appartement, le manteau encore sur le dos et le foulard à moitié enlevé, j’allume déjà mon ordinateur. Ok j’ai cette fâcheuse habitude d’allumer l’objet avant même d’allumer la lumière du salon. Cette fois c’est avec raison puisque je suis en mi session et que je dois absolument avancer dans mes travaux. Évidemment, je ne débute pas la rédaction de mon travail tout de suite. Je dois aller faire un tour sur mon facebook, vérifier mon solde de banque et vérifier mes courriels et ce, sur mes deux adresses électroniques. Je reste surprise. J’ai un message très bref d’un Libanais rencontré à Baalbeck en juin 2008.

Le message du genre «te souviens tu de moi, le gars du château à Baalbeck. Voici mon courriel et je voulais savoir si tu te souvenais bien de moi». C’est tout.

Bien sur que je me souviens de lui et d’ailleurs de toutes ces personnes rencontrées durant ce merveilleux voyage au Moyen-Orient. Je lui réponds de façon brève aussi. Puis, je reçois un commentaire sur mon blogue de ce même garçon qui me demande pourquoi je n’ai pas d’article sur le Liban et si je n’y avais pas eu de bons souvenirs.

Il est vrai que je n’ai jamais dédié un article sur ce pays. Je ne sais trop pourquoi. Peut-être le choc ne fut pas aussi marquant que dans les pays autours. Alors aujourd’hui, je me lance et je raconterai ce séjour à Baalbeck.

Baalbeck, Liban

Le Liban est un tout petit pays et je crois que de faire le trajet vertical d’un bout à l’autre prend seulement quatre heures. De villes en villes, je me promène en minibus. De la vallée de Bcharré, je me rends à Baalbeck. Il s’agit d’une petite ville où l’ancienne cité de Baalbeck est la mieux conservée que j’ai vu de ma vie. Elle date de 3 millénaires avant Jésus Christ et a subi des transformations au gré des périodes. Lors de la conquête arabe entre le règne de la dynastie des Umayyade et des Abbasides vers les 748, les arabes construisent une fortification autours des temples changés en citadelle.

J’arrive dans la ville sous le soleil plombant d’après midi, je trouve un hôtel bon marché dans lequel je fais la sieste avant d’aller explorer les ruines. Il fait trop chaud de toute façon pour être au beau milieu de ce lieu historique.

Baalbeck, Liban

Le temps passe et la température est bien, le soleil est moins fort et je pourrai prendre de plus belles photos qui ne seront pas «brûlées» par la lumière. Je marche à travers ces vestiges impressionnants et monte un escalier qui mène à un genre de musée. En entrant, j’aperçois un garde en habit militaire noir et blanc. Je monte et fais le tour du musé. Je le vois rôder autour et parler avec un autre des siens. En redescendant, les deux hommes me font la conversation. Je réponds à leurs questions sans trop en dire. Puis je continue ma visite. Près de la sortie, le jeune homme me retrouve et continue à me poser des questions dans un anglais douteux. Il est sympa et pas agressant. Je sors du site historique et commence à jaser avec le garde qui se trouve à la sortir avec sa carabine. C’est impressionnant de voir de jeunes hommes manier cette arme comme

Baalbeck, Liban

s’il s’agissait d’une branche d’arbre. Je décide de mettre fin à tout ça, mais le premier garde m’invite à prendre un café lorsqu’il finira son quart de travail. Je refuse, bien évidemment. Il insiste, je refuse et ce fut cela pendant plus de quinze minutes. Dans le fond, je n’ai absolument rien à faire et je passerai la nuit ici. Finalement j’accepte et je lui dis que je reviendrai plus tard, ce que je fis. Il m’invite pour manger un shawarma accompagné d’une boisson gazeuse. Je me sens toujours stupide de me promener au côté d’un local dans un pays arabe. Comme si j’étais son trophée occidental avec lequel est fier de se pavaner avec. J’essaie de passer par dessus cette image que je n’aime pas puisqu’il est vraiment sympathique. La nuit tombe et nous marchons dans les rues de cette belle ville. Nous rentrons dans un genre de bar où il y a des tables de billards. Il me présente à un de ces amis, Khaled, qui est franchement comique et qui se trouve à être le fils du propriétaire de l’hôtel où je loge. On convient de le rejoindre plus tard pour prendre un verre.

Khaled prend son auto et veux que je l’accompagne pour aller acheter une bouteille de vodka. Telle un trophée, je m’efforce d’y aller. On arrive devant une épicerie louche dans laquelle un ami à lui peut lui fournir l’alcool. Ce

Khaled et Mohammed ou Mahmoud à l'hôtel Suleyman à Baalbeck, Liban

dernier regarde dans l’auto et m’aperçoit puis parle en arabe avec Khaled. Je regrette de ne pas savoir le parler encore. Baalbeck est une ville plutôt conservatrice ainsi l’alcool n’est pas aussi bien vu qu’à Beyrouth. Puis il continue le chemin en s’arrêtant devant un kiosque à jus d’oranges fraichement pressés. Il demande un litre de jus sans sortir de son auto tel un service à l’auto chez McDonald. Le marchand lui remet un sac pour le jus et lui rajoute un paquet de carottes coupées. J’observe la scène en lâchant un commentaire sur la raison d’être des carottes. Khaled hausse les épaules et rit aussi.

De retour à l’hôtel Suleyman, nous allons sur le balcon d’où une belle vue nocturne s’offre à nous. Le policier du château arrive après toujours vêtu de son habit militaire. Je comprends qu’il est supposé travailler, mais qu’un de ses collègues le couvre le temps qu’il est à l’hôtel.

Khaled et moi...et les carottes

Je bois donc pour la première fois de ma vie un vodka jus d’oranges pressés ou plutôt quelques uns. Après quelques verres, quoi de mieux que…des carottes lorsque la faim nous prend. Eh voilà l’utilité des carottes! Celui que je croyais nommé Mohammed, le policier doit partir car son collègue l’appelle pour qu’il vienne monter la garde au château. Khaled et moi continuons à jaser sur les sujets habituels telles les différences entre le Canada et le Liban, ce que je fais dans la vie et comment est ma vie dans un pays si libre. Pour sa part, il travaille dans un salon de coiffure. Il est coiffeur dans son propre salon qui doit s’appeler quelque chose comme chez Khaled.

Tout d’un coup, les lumières de la ville au complet s’éteignent.  Je me demande pourquoi il en est ainsi. Mon nouvel ami me dit qu’à minuit, les lumières s’éteignent. Je suis prise d’un fou rire à l’idée de ce couvre feu.

Baalbeck, Liban

Je décide d’aller dormir en lui faisant rappeler sa promesse de me raidir les cheveux le lendemain avant mon départ.

Je me lève super excitée à l’idée d’avoir une tête qui a de l’allure. Je me présente à son salon. Son assistant me lave lescheveux et ne fait qu’un shampoing et aucun conditionner. Laisser moi juste vous spécifier que j’ai une permanente qui a abimée mes cheveux et qu’ils sont très secs à cause du soleil. Khaled commence à me sécher les cheveux. J’ai une tête en triangle. Ça tire. Il me passe le fer plat et là, ça tire pour vrai. On dirait de la laine d’acier, mais droite. Tout ça me fait beaucoup rire et je regrette presque de lui avoir fait promettre cette mise en plis. Le policier

Baalbeck, Liban

m’accompagne tout le long et veut me présenter ses collègues de son deuxième travail : vendeur de jeans dans une petite boutique du souq. Je passe un bon moment avec ses collègues avant de lui donner mon courriel puisque je devais quitter pour Zahlé, une ville non loin de Baalbeck.

Malgré mes cheveux de paille, lorsque j’ai quitté cette ville, j’ai eu un mini pincement au cœur. J’ai vécu deux belles journées en compagnie de deux jeunes hommes simples avec qui je n’ai eu aucune ambigüité et avec qui j’ai passé de bons moments. Si j’avais été comme à l’habitude plus sur mes gardes et avait refusé l’invitation du premier, j’aurais passé la soirée à l’hôtel, dans ma chambre, à lire ou écrire, ce qui n’est pas mal, mais c’est plus intéressant de vivre une expérience avec les locaux. Ce fut bref, mais au combien agréable. Baalbeck, short and sweet!

فانيسا

vanes

L’homme porte son destin attaché à son cou. (proverbe arabe)