L’adhan (l’azan), l’appel à la prière

allāhu ākbar āš’hadu ānna lā ilaha illā-l-lāh

āš’hadu ānna mūḥammad ār-rasūlu-l-lāh

ḥayyā ʿalā-ṣ-ṣalāt

ḥayyā ʿalā-l-falāḥ

aṣ-ṣalātu ḫayru min an-naūm

allāhu ākbar

lā ilaha illā-l-lāh

Dieu est le plus grand

J’atteste qu’il n’y a de vraie divinité hormis Dieu

J’atteste que Mahomet est le messager de Dieu

Venez à la prière

Venez à la félicité,

La prière est meilleure que le sommeil.

Dieu est le plus grand.

Il n’y a de vraie divinité hormis Dieu

Ces quelques phrases résonnent dans toutes villes musulmanes cinq fois par jour et ce, sept jours sur sept. Il s’agit des paroles prononcées par un mu’adhdhin (prononcé muezzin) c’est-à-dire celui qui fait l’appel à la prière. L’adhan (prononcé azan) est ce qu’on appel l’appel à la prière pour les musulmans. Elle se fait entendre du haut de tous les minarets des mosquées, créant ainsi une chorale d’appels à la prière, puisqu’il ressemble à un chant produisant cet effet de sound surrounded. Quelques modifications s’appliquent pour l’adhan chiite avec le rajout de deux phrases.

La prière prend une place très importante chez les musulmans puisqu’il s’agit du deuxième des cinq piliers de l’Islam. Elle se traduit aussi par un acte de soumission envers Dieu, Allah. Elle doit être accomplie dans la pureté et ainsi tous musulmans ont recours aux ablutions avec de l’eau puis doivent l’exécuter en direction de la Mecque. Le premier appel à la prière se fait à l’aube, la deuxième lorsque le soleil est au zénith, c’est-à-dire à la mi–journée. Ensuite, celle de la mi-après-midi se fait à la fin de la descente du zénith, suivie de celle de la fin de journée, au coucher du soleil. La dernière et non la moindre puisqu’elle se fait durant la nuit, est celle qui demande le plus de dévotion de la part des croyants.

Bien que l’adhan résonne dans la ville cinq fois par jour, je ne me lasse jamais de l’entendre. Au contraire, souvent je prends le temps de m’assoir et de l’écouter. Une fois alors que j’étais à Istanbul pour la première fois si je ne me trompe pas, je me retrouvais  dans le quartier d’Eminönü, à côté du

Vue de Éminönü sur la tour Galata de l'autre côté du pont, Istanbul

pont Galata, celui auquel les piétonniers ont accès pour traverser d’une rive à l’autre et où les pêcheurs se postent pour attraper une foule de petits poissons. La première phrase de l’adhan résonne dans mes oreilles. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir sur un des bancs en bois qui bordent le Bosphore. Je me surprends à fermer les yeux en savourant ce merveilleux moment. L’écho est extraordinaire et ma tête se trouve au milieu de tous ces minarets qui m’entourent desquelles s’échappent l’adhan. Je fais le vide perdant mon regard au loin, l’ouïe stimulée. Cela peut paraître exagéré pour certain, mais laissez moi vous dire comment cette prière peut m’atteindre et résonner dans mon corps avec cette si belle langue qu’est l’arabe, bien que je ne  sois pas croyante plus qu’il le faut,. En bonus, la vue sur le Bosphore qui est à deux mètres de moi avec la tour de Galata ainsi que des jolies bâtisses.

En Syrie, alors que j’étais en visite dans la famille de Hany à Homs, je dormais paisiblement dans le salon sur le divan quand je sursautai en apercevant une silhouette blanche, tel un déguisement de fantôme à l’halloween. Effectivement la mère de Hany, plutôt pieuse, se lève la nuit pour prier dans le salon en installant son tapis de prière en direction de la Mecque.

Lors de mes premiers jours en terre musulmane, l’adhan de la nuit me réveille toujours puisqu’inhabituel. Par contre, avec le temps, je m’y habitue et ne l’entends plus telle une mélodie de circonstance.

Durant trois mois en 2008 ainsi que mes trois semaines en hiver 2009, j’ai pu entendre l’adhan à souhait.

Cependant, une chose étrange s’est produite alors que j’étais à Amman, en Jordanie.  La journée même de mon arrivée en provenance de la Syrie, Soha, la sœur de l’ami libanaise de mon frère m’accueilli à grands bras ouverts. Elle me fait part de ses plans pour la soirée tout en prenant soin de m’inviter à me joindre avec à elle et ses amis. Elle possède des billets pour un concert de musique classique présenté dans l’ancien amphithéâtre romain. J’accepte l’invitation malgré que je ne sois pas une fanatique de musique classique. Cela me permettra de vivre et voir autre chose dans un pays inconnu et ça, je ne peux le refuser. Telle est ma philosophie en voyage.

Le centre-ville d’Amman est paralysé par un trafic monstre. L’heure avance vite et le véhicule à pas de tortue. Nous décidons de stationner l’auto et de courir jusqu’à l’amphithéâtre. J’ai aucune idée où je me trouve et ne fait que suivre derrière. À notre arrivée à l’entrée, une marre de gens se bousculent pour rentrer dans le but de se trouver une place. Dès mon premier pas dans l’amphithéâtre, je suis estomaquée par l’immensité de l’endroit. Je réalise que j’ai les deux pieds dans l’histoire, tout en suivant les autres dans un escalier en pierre menant aux dernières marches de l’amphithéâtre. Nous prenons place et attendons que le concert débute. Un piano meuble le centre de la scène avec un orchestre derrière et des choristes, face au public, dos à la ville. Voilà que les premières notes font vibrer la foule. L’acoustique est incroyable. J’ai les yeux grands ouvert, la mâchoire quasi sur la marche du bas. Sentiment étrange que de se retrouver dans un endroit historique dans notre ère de l’an 2000, de réutiliser à sa juste valeur cet endroit singulier. Vraiment fort comme expérience, je vous l’assure. Puis tout d’un coup, en plein milieu d’une pièce musicale: silence. L’orchestre s’arrête de jouer, le pianiste aussi sans compter les choristes. Je me demande ce qui se passe. Perplexe, je questionne Soha sur la raison de cet arrêt brutal : L’adhan, l’appel à la prière du soir retentit dans la ville. Par respect, le concert doit être interrompu la durée de l’adhan, pour reprendre lorsque terminé. La musique reprend de plus belle pour se terminer par des feux d’artifices qui éclatent au dessus de l’entrée avec comme fond, la ville d’Amman de nuit et ses quelques lumières qui l’illumine.

Cette soirée que j’avais sous-estimée s’est avérée à être un moment inoubliable. Merci Soha.

فانيسا

vanes

« La clé du paradis est la prière, et la clé de la prière est la pureté. »

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9 Réponses to “L’adhan (l’azan), l’appel à la prière”

  1. sabrina ghermine Says:

    franchement vanessa, je te tire chapeau c fou quoi, sachant bien que t es jeune mais vraiment t as une sagesse incroyable, tu sais j ai la même sensation quand j ecoute ladhan il me transmet une presence que tu ne peux expliquer.
    merci ma belle
    une belle âme deriere un visage angelique.

  2. Benguetaieb Mehdi Says:

    Salam Alaykoum vanessa 🙂

    c’est Mehdi ;

    SOUBHAN ALLAH ! j’aurai jamais cru, qu’un occidental parlera un jour de notre humble Adhan aussi gentillement et méme plus je dirai admirablement que toi !!! 🙂
    que dieu te présèrve et il le fera Bi Idn Lah 🙂

    MERCI POUR TA PASSION ENVERS NOUS
    Paix à toi…

    Un arabe

  3. sabrina ghermine Says:

    slt vanessa
    c est sabrina une ami a mahdi, j adore tes pensées sur l adhen et sur le monde arabe, t as compris bcp de choses, que bcp de personne ignore
    ou plutôt qu ils veulent entendre et voir juste les mauvaises choses,
    t as cherché a comprendre et t as aimé, et c est ça le plus important
    bonne continuation Vanessa.

    • ce n’est qu’un début tout ça, merci pour ton commentaire ! J’ai tant de chose à raconter et à faire découvrir à ces gens qui ignore l’autre côté du monde arabo musulman: sa culture incroyable ainsi que c’est peuples et sa jeunesse!!! bisous et à bientôt!!

  4. C’est vraiment dépaysant! J’ai fais un voyage d’un mois au Maroc l’année dernière et je me rappelle comment c’était extraordinaire. Je vais toujours me rappeler la fois où on devait partir de très bonne heure mais qu’on s’est heurté à une porte barrée, pas possible de l’ouvrir, il faisait noir et on baignait dans cet environnement sonore! On a manqué notre bus mais on s’est bien démerdé! On devait initialement faire Casa-Essaouira mais on a dû faire un détour par Marrakech en train. Ce sont ces petits hasards de la vie qui font les meilleurs moments!
    +1

  5. Guillaume Blouin Says:

    C’est vraiment dépaysant! J’ai fais un voyage d’un mois au Maroc l’année dernière et je me rappelle comment c’était extraordinaire. Je vais toujours me rappeler la fois où on devait partir de très bonne heure mais qu’on s’est heurté à une porte barrée, pas possible de l’ouvrir, il faisait noir et on baignait dans cet environnement sonore! On a manqué notre bus mais on s’est bien démerdé! On devait initialement faire Casa-Essaouira mais on a dû faire un détour par Marrakech en train. Ce sont ces petits hasards de la vie qui font les meilleurs moments!

    • WAW merci de me lire! Ça me fait toujours un grand plaisir de rejoindre des gens par mon écriture!! Oui c’est dépaysant l’adhan, entre autre, mais moi, c’est ce que j’aime. Tu vois mon amour pour le monde arabe, qui l’eut cru? et que dire ses hasards, ce sont les plus beaux cadeaux du voyage!

  6. francine gagnon Says:

    Je me souviens de la première fois où j’ai entendue l’appel à la prière. C’était en 1976, à Denpassar, Indonésie! Je me suis précipitée à la fenêtre du petit hotel très très tôt le matin, émerveillée par ce chant arabe! Je ne savais pas à ce moment l’importance et le sacré de cet appel. Je crois aussi que toutes les formes de prières, mantras, rituels qui nous ramènent à l’essentiel, la recherche du mieux-être, afin de peut-être devenir de meilleurs humains . C’est ça aussi la pureté!

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