Le monde est petit

Un jour ou l‘autre, l’expression « le monde est petit » vous est sortie spontanément de la bouche. Le monde est plus petit qu’on le pense. On s’en étonne toujours. Moi, je m’en étonne toujours. Dans notre ville c’est plus normal, malgré le nombre de la population à Montréal, on croise des gens que l’on n’aurait jamais pensé revoir ou entendre leurs dernières nouvelles. En voyage, c’est presque incroyable, surréaliste même. Le monde est alors encore plus petit que l’on ne l’imaginait.

Avant de quitter le nid familial, j’ai toujours vécu dans le même quartier. Ce genre de quartier où tout le monde se connaît de proche ou de loin ou encore simplement de vue, du moins quand nous fréquentions le camp de jour du quartier: Le Parc Soleil. En 2005, alors que je n’habite plus chez ma mère depuis plus d’un an, je pars en Espagne où j’ai fait le tour du pays. À la fin de mon tour, je suis dans le nord du pays à San Sebastian d’où j’irai assister au festival San fermine de Pamplona. Ce festival épouvantable où tout le monde boit le plus qu’il peut jusqu’à saturation et débordement avec cette course matinale des taureaux à travers la ville pour finir à l’arène. À l’auberge de jeunesse je fais la rencontre de voyageurs avec qui je jase. L’auberge se trouve sur une montagne. On y pense deux fois si on veux se rendre en ville  lorsqu’on se souviens des longues marches à pic à monter pour retourner à l’auberge, puisque le bus est très irrégulier. Puis, un matin alors que je déjeune en compagnie des autres, une fille rousse apparaît les cheveux ébouriffés ce qui démontre la nuit terrible passée. Elle préfère installer sa tente dehors pour un prix plus avantageux qu’un lit en dortoir. Je la reconnais et elle aussi. Je ne la connais pas, mais je la reconnais. Elle demeure non loin de chez ma mère et nous nous sommes vu dans les rues du quartier durant toute notre enfance. Le monde est petit jusqu’en Espagne.

Ce n’est pas tout.

En préparant mon voyage en Iran, j’ai tenu à lire beaucoup de livres sur le pays pour savoir à quoi m’attendre et quel comportement adopter. Je m’inscris sur le site internet de Lonely planet et lis un peu sur les expériences de voyage en Iran. Suite à une question que j’ai posée sous l’onglet Iran, une femme entre en contact avec moi pour se rendre compte que nous y serons en même temps. On s’échange quelques courriels pour convenir qu’on devrait se rencontrer puisque l’on partage la même philosophie de voyage et les mêmes intérêts envers les mêmes pays. C’est une Chinoise d’une quarantaine d’années qui vit en Suisse. Je me rends en Iran en premier et tente de rentrer en contact avec elle. Elle ne répond pas. Je

Imam Khomeini square à Isfahan, Iran

poursuis mon chemin et je n’ai toujours aucune réponse. Un jour, j’arrive au Silk Road Hotel dans lequel je partage un dortoir mixte. Déjà je suis très étonnée puisque la ségrégation des sexes est encore très stricte dans les hôtels. Un grand jeune homme entre dans la pièce et me questionne sur mes origines. Puis s’exclame « oh you’re Vanassa the Canadian ». Là, je suis bouche bée! Se faisant un plaisir d’observer ma réaction, il m’explique qu’il a rencontré la dame plus tôt dans son voyage, qu’elle lui a parlé de moi. Je crois que ça avait rapport avec une conversation sur les femmes et le fait que j’étais une femme voyageant seule en Iran. Finalement, je ne la rencontrai jamais du à un obstacle rencontré sur son chemin, mais je suis toujours en contact avec elle jusqu’à ce jour.

La fois que j’ai été le plus étonnée fut la suivante. Je vais faire un tour sur le site du Lonely planet pour poser une question concernant le visa à la frontière sous l’onglet de la Syrie. J’en profite pour donner des réponses aux gens sur les sujets que j’ai vécus. Ce site est très bien pour partager nos expériences dans les pays moins connus. Un certain Bryan m’écrit en privé pour me demander conseil concernant le meilleur endroit pour célébrer son jour de l’an. Je lui propose la fête dans la tente bédouine à laquelle j’assisterai. Je lui dis

RDV manqué pour la veille du jour de l'an 2009 à Palmyra, Syrie

également que je serai là s’il a besoin de conseils en lui donnant mon emplacement dans la ville de Palmyra. La veille du jour de l’an et les jours qui suivirent, aucune trace de ce Bryan. Puis, un courriel disant qu’il n’a pas pu arriver à temps et qu’il est à Hama, dans une autre ville de la Syrie. Il rajoute en terminant qu’il a entendu parler de moi là bas alors qu’un homme prononça mon nom et lui s’est souvenu du mien en raison de notre échange de courriels. La mâchoire me tombe. Il m’explique qu’il est rentré dans un atelier de Hama dans lequel il s’est mis à jaser avec l’artiste peintre. Celui-ci a parlé de moi et de ma visite en 2008.

Je me souviens.

Je suis en transition de la ville de Homs pour me rendre à Palmyra via Hama. J’en profite pour prendre la journée pour visiter la ville et ses grandes roues qui font sa renommée. Tout est fermé, je crois qu’on est vendredi, jour de la prière. Je marche à travers la ville

Les fameuses roues de Hama, Syrie

désertique et découvre une rue d’artisans. J’entre dans le premier atelier et l’artiste m’offre le café arabe en me questionnant sur mes origines et ma profession. Je lui réponds que j’étudie en art, en peinture et dessin. Je lui montre mes œuvres alors que l’internet est si lent que nous n’avons pas accès facilement à ma page du site Myspace. Je lui parle de ma mère qui est artiste multidisciplinaire, que ma sœur est en histoire de l’art, que mon frère est en design interactif sans oublier que mon père enseigne la création. Il est étonné de l’ouverture de ma famille mais surtout de notre talent respectif. Bryan se rend dans le même atelier pour acheter un tableau qui lui aura tombé dans l’œil. L’artiste se mit à parler de moi et à lui montrer ma page qu’il avait sauvée dans ses favoris. Deux rendez-vous manqués qui m’auront plus que surprise. Le monde est petit même à travers les différents continents. Nul besoin de connaître la personne en chair et en os pour la croiser d’une manière ou d’une autre, sur notre chemin.

Alors oui, le monde est petit!

فانيسا

vanes

« Si tu veux être apprécié, meurs ou voyage » (proverbe persan)

www.myspace.com/vanessagpaquin

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