Talal Hotel à Beyrouth

Je quitte Damascus pour me rendre à Beyrouth. Un bus voyageur fait le trajet entre les deux capitales qui s’avèrera très lent, mais prendra que quatre heures. Je n’aurai pas besoin de ma casser la tête avec les taxis, le visa etc. Évidemment, je suis la seule touriste parmi tous ces arabes libanais retournant dans leur pays ou encore ces Syriens désirant faire un tour au Liban pour X raison. Un homme décide de me prendre sous son aile. J’ai l’habitude. Ce n’est pas le chauffeur de l’autobus qui aidera, ça je le sais. L’homme m’aide à la frontière pour obtenir mon visa de séjour. Cela n’a rien à voir avec les autres expériences de frontières et de visas d’entrée des pays que j’avais visité. Je prends celui de quinze jours. Il faut payer en lire libanaise. Je me rends au bureau de change. On m’offre l’éternel thé de bienvenu. Il est extrêmement sucré et je prends deux trois mini gorgées devant les officiers pour leur montrer mon appréciation. Mon accompagnateur aussi le trouve sucré et nous le mettons aux vidanges dès que nous avons l’occasion.

Arrivée au terminus d’autobus, mon hôtel se trouve non loin de là. Je tourne tout de même en rond à sa recherche pour me rendre compte qu’il était devant mes yeux au troisième étage.

Je monte les trois étages et je suis accueillie par Zaher le propriétaire et son frère Wissam. Je suis toujours un peu énervée et fatiguée lorsque j’arrive d’un trajet de bus, ils me disent de me poser et de prendre ça cool. On règle les formalités de passeport et réservation des prochains jours et ils me pose les questions habituelles : D’où je viens, quels pays ai-je visité avant, etc. Évidemment, ça dégénère en plaisanterie et Zaher m’offre un « Welcome drink ». Le frigidaire est pleins de bières, bouteilles d’eau et boissons gazeuses. Je prends une bière locale, une 500ml. Tranquille nous discutons. Tous deux sont très sympathiques.

Zaher me montre mon lit dans la chambre d’à côté. Je prends la douche qui fait le plus de bien après avoir transporté un sac d’une quinzaine de kilos sous la chaleur accablante du Proche Orient en juin. Je me prépare et m’apprête à sortir lorsque les deux frères sont en plein lunch. Wissam a préparé quelques shish-taouk et Zaher m’en offre un. Je ne peux refuser à la vue de mon premier shish-taouk fait maison. Rien à voir avec ceux vendu chez les libanais à Montréal. J’ai rendez vous avec mon ami rencontré en Iran un mois plus tôt. Zaher m’avait avisé qu’il donne un double des clés pour ceux qui rentrent plus tard que 23h. Je lui demande donc cette clé au cas. Il sourit et se demande ce que je ferai étant donné que je suis seule.

Le Liban étant un tout petit pays, le plus facile est de s’établir une base et de faire des excursions d’une journée de là. Bien entendu Beyrouth est donc un point central et donc je m’installais à l’hôtel Talal quelques jours, puis j’allais au nord m’établir quelques jours dans une autre villes, pour revenir quelques jours plus tard à l’hôtel Talal. Chaque fois, c’était un plaisir de revoir les frères. Chaque fois, je réclamais mon « welcome drink! ».

Wissam et Jullian sur le balcon, Beyrouth

Wissam et Jullian sur le balcon, Beyrouth

Le soir, à l’hôtel, les voyageurs se regroupent dans l’espace commun de la réception pour échanger, prendre un coup et donner des nouvelles sur l’ordinateur mit à notre disposition.  Il y avait un Japonais assez bizarre qui semblait se faire un plaisir de jouer le rôle d’un weirdo; un Américain assez âgé qui voyage depuis beaucoup d’années et qui devient déplaisant avec quelques bières en trop; un autre Américain assez jeune qui croit tout connaître sur les conflits politique du Moyen Orient et avec qui il est impossible d’avoir raison; ainsi quelques personnages secondaires. J’y rencontrai Jullian, un français ou plutôt un Breton. Il se payait le trip d’une vie : voyager presque deux ans du Proche Orient jusqu’en Asie du Sud est. Il n’était pas comme les autres. Un gars sympatique avec qui j’ai pu avoir des conversations intéressantes autant que plaisanter et sortir. Le soir, on faisait les commissions et je faisais à manger pour lui et un autre touriste. Puis, les bières se vidaient du frigidaire en échange d’une barre à côté de notre nom sur une feuille. Un genre de « Boit maintenant et paye plus

Wissam, Jullian et moi sur le balcon de l'hôtel, Beyrouth

tard ». Équivalent à deux ou trois dollars la bière, nous devons régler à la fin en même temps que pour les nuits.

Tous les jours Wissam fume son narguilé et tous les soirs il le fait sur le mini balcon. Zaher le rejoins parfois lorsque les discussions entre touristes touchent le sujet délicat de l’Israël et le Liban ou sur les religions. Jullian et moi sommes privilégiés, on a accès au balcon et ils partagent leur narguilé avec nous. Nous avons d’autres sujets de conversations et tous sommes tannées des conversations de touristes alors que nous déconnons un peu.

Devant le dépanneur pour immortaliser le moment!

Jullian et moi voulons aller danser. On se ramasse deux autres touristes avec qui nous sortons sur la rue Milot qui est la rue des clubs, non loin de l’hôtel. Le red carpet est toute une expérience! Nous prenons une bière au bar. Tout est dix dollars. La musique c’est un peu n’importe quoi et les gens se croient beaucoup. Nous observons la scène qui s’offre à nous. Jullian et moi s’entendons bien et les deux autres nous délaisse pour retourner à l’hôtel. Nous décidons de bouger un peu, et puisque nous sommes un peu sur un budget, nous allons acheter une bière dans un dépanneur pour finir par jaser avec le commerçant avant de voir une bataille éclater devant nous. Des Libanais un peu soul en sortie de club, rien que je n’ai jamais vu à Montréal. Puis, nous décidons de continuer la tournée. On se fait payer des verres si on rentre dans les clubs, on joue le jeu.

Le lendemain, je me promène dans Beyrouth et je vais un peu à la plage avec mon ami islandais. Puis, le soir, le même

sur la fin de la soirée, Jounieh

scénario. Bonne bouffe entre nous, quelques bières et cette fois, Wissam nous propose de nous sortir. Nous allons à Jounieh, une autre ville à quelques kilomètres de Beyrouth pour festoyer. On rentre dans un club. Nous sommes les seuls touristes évidemment. Bien souvent, leur clubs sont des restaurant qui se transforment en clubs. Personne ne danse. Jullian et moi, avec l’encouragement de Wissam, partons le bail. Les autres suivent un peu et hop, la soirée démarre. Une chanson déclenche la frénésie chez les Libanais. Ils se mettent tous en rond en se tenant la main pour danser la danse traditionnelle. Je suis heureuse d’avoir eu une prestation dequelques amis un mois plus tôt à Diyarbakir.

Danse traditionnelle, Liban

Je sais donc un peu comment suivre. Jullian s’y met aussi et de toute façon nous n’avions pas le choix, on se fait prendre la main par les locaux pendant que moi je ris.

Nous ne tardons pas trop par la suite, il se fait tard et Wissam travaille très tôt, dans quelques heures seulement.

Cet hôtel me rappelle beaucoup de souvenir. C’est toujours agréable de se sentir bienvenue dans un endroit et de pouvoir faire parti de leur projet, car ces deux frères là, ne sont pas juste là pour faire de l’argent, mais ils choisissent de se mêler aux voyageurs. Ainsi, ils m’ont fait gouter à plusieurs plats qu’ils ont fait, m’ont offert à boire et on été très accommodant avec les différentes devises, autres hôtel dans le pays ou tous renseignements liés au transport. Ce genre d’hôtel est très commun en Europe, mais au Proche Orient, il est rare d’avoir autant de convivialité. Je les remercie d’avoir fait de mon séjour, un souvenir encore plus agréable. Je souhaite de tout cœur pouvoir avoir la chance d’y retourner!

فانيسا

vanes

«Si tu as de nombreuses richesses, donne de ton bien ; si tu possèdes peu, donne de ton coeur». (proverbe arabe)

Tala’s New Hotel

Avenue Chales Helou

+961 01 562567

Publicités

3 Réponses to “Talal Hotel à Beyrouth”

  1. C’est avec plaisir que j’ai lu ton récit il y a 8 ans je suis allée aussi dans le talal hotel où je me sentie comme chez moi je vois que ton séjour date de 2010 tu sais si il est toujour ouvert et as tu des nouvelles de zaher

    • Salut!!
      Waw je suis touchée que des gens me lisent deux ans après la rédaction de mon blog. J’y était en 2008 en fait et j’ai décidé de partager mon expérience qu’en 2010 avec ce blog. Talal Hotel existe toujours et Zaher y est toujours! Une amie à moi rencontrée en Égypte alors que nous partagions un appartement est allée cette année et a beaucoup aimé. Donc oui notre hotel sympa y est toujours!!!

  2. francine gagnon Says:

    Ah que ça fait du bien de voyager avec tes récits et de presqu’être là! C’est très vivant et on a envie d’y être. Et une fois de plus j’adorrrre les proverbes. Merci xxx

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :