Baalbeck, short and sweet

Il y a environ deux semaines, alors que je rentrais du travail dans mon appartement, le manteau encore sur le dos et le foulard à moitié enlevé, j’allume déjà mon ordinateur. Ok j’ai cette fâcheuse habitude d’allumer l’objet avant même d’allumer la lumière du salon. Cette fois c’est avec raison puisque je suis en mi session et que je dois absolument avancer dans mes travaux. Évidemment, je ne débute pas la rédaction de mon travail tout de suite. Je dois aller faire un tour sur mon facebook, vérifier mon solde de banque et vérifier mes courriels et ce, sur mes deux adresses électroniques. Je reste surprise. J’ai un message très bref d’un Libanais rencontré à Baalbeck en juin 2008.

Le message du genre «te souviens tu de moi, le gars du château à Baalbeck. Voici mon courriel et je voulais savoir si tu te souvenais bien de moi». C’est tout.

Bien sur que je me souviens de lui et d’ailleurs de toutes ces personnes rencontrées durant ce merveilleux voyage au Moyen-Orient. Je lui réponds de façon brève aussi. Puis, je reçois un commentaire sur mon blogue de ce même garçon qui me demande pourquoi je n’ai pas d’article sur le Liban et si je n’y avais pas eu de bons souvenirs.

Il est vrai que je n’ai jamais dédié un article sur ce pays. Je ne sais trop pourquoi. Peut-être le choc ne fut pas aussi marquant que dans les pays autours. Alors aujourd’hui, je me lance et je raconterai ce séjour à Baalbeck.

Baalbeck, Liban

Le Liban est un tout petit pays et je crois que de faire le trajet vertical d’un bout à l’autre prend seulement quatre heures. De villes en villes, je me promène en minibus. De la vallée de Bcharré, je me rends à Baalbeck. Il s’agit d’une petite ville où l’ancienne cité de Baalbeck est la mieux conservée que j’ai vu de ma vie. Elle date de 3 millénaires avant Jésus Christ et a subi des transformations au gré des périodes. Lors de la conquête arabe entre le règne de la dynastie des Umayyade et des Abbasides vers les 748, les arabes construisent une fortification autours des temples changés en citadelle.

J’arrive dans la ville sous le soleil plombant d’après midi, je trouve un hôtel bon marché dans lequel je fais la sieste avant d’aller explorer les ruines. Il fait trop chaud de toute façon pour être au beau milieu de ce lieu historique.

Baalbeck, Liban

Le temps passe et la température est bien, le soleil est moins fort et je pourrai prendre de plus belles photos qui ne seront pas «brûlées» par la lumière. Je marche à travers ces vestiges impressionnants et monte un escalier qui mène à un genre de musée. En entrant, j’aperçois un garde en habit militaire noir et blanc. Je monte et fais le tour du musé. Je le vois rôder autour et parler avec un autre des siens. En redescendant, les deux hommes me font la conversation. Je réponds à leurs questions sans trop en dire. Puis je continue ma visite. Près de la sortie, le jeune homme me retrouve et continue à me poser des questions dans un anglais douteux. Il est sympa et pas agressant. Je sors du site historique et commence à jaser avec le garde qui se trouve à la sortir avec sa carabine. C’est impressionnant de voir de jeunes hommes manier cette arme comme

Baalbeck, Liban

s’il s’agissait d’une branche d’arbre. Je décide de mettre fin à tout ça, mais le premier garde m’invite à prendre un café lorsqu’il finira son quart de travail. Je refuse, bien évidemment. Il insiste, je refuse et ce fut cela pendant plus de quinze minutes. Dans le fond, je n’ai absolument rien à faire et je passerai la nuit ici. Finalement j’accepte et je lui dis que je reviendrai plus tard, ce que je fis. Il m’invite pour manger un shawarma accompagné d’une boisson gazeuse. Je me sens toujours stupide de me promener au côté d’un local dans un pays arabe. Comme si j’étais son trophée occidental avec lequel est fier de se pavaner avec. J’essaie de passer par dessus cette image que je n’aime pas puisqu’il est vraiment sympathique. La nuit tombe et nous marchons dans les rues de cette belle ville. Nous rentrons dans un genre de bar où il y a des tables de billards. Il me présente à un de ces amis, Khaled, qui est franchement comique et qui se trouve à être le fils du propriétaire de l’hôtel où je loge. On convient de le rejoindre plus tard pour prendre un verre.

Khaled prend son auto et veux que je l’accompagne pour aller acheter une bouteille de vodka. Telle un trophée, je m’efforce d’y aller. On arrive devant une épicerie louche dans laquelle un ami à lui peut lui fournir l’alcool. Ce

Khaled et Mohammed ou Mahmoud à l'hôtel Suleyman à Baalbeck, Liban

dernier regarde dans l’auto et m’aperçoit puis parle en arabe avec Khaled. Je regrette de ne pas savoir le parler encore. Baalbeck est une ville plutôt conservatrice ainsi l’alcool n’est pas aussi bien vu qu’à Beyrouth. Puis il continue le chemin en s’arrêtant devant un kiosque à jus d’oranges fraichement pressés. Il demande un litre de jus sans sortir de son auto tel un service à l’auto chez McDonald. Le marchand lui remet un sac pour le jus et lui rajoute un paquet de carottes coupées. J’observe la scène en lâchant un commentaire sur la raison d’être des carottes. Khaled hausse les épaules et rit aussi.

De retour à l’hôtel Suleyman, nous allons sur le balcon d’où une belle vue nocturne s’offre à nous. Le policier du château arrive après toujours vêtu de son habit militaire. Je comprends qu’il est supposé travailler, mais qu’un de ses collègues le couvre le temps qu’il est à l’hôtel.

Khaled et moi...et les carottes

Je bois donc pour la première fois de ma vie un vodka jus d’oranges pressés ou plutôt quelques uns. Après quelques verres, quoi de mieux que…des carottes lorsque la faim nous prend. Eh voilà l’utilité des carottes! Celui que je croyais nommé Mohammed, le policier doit partir car son collègue l’appelle pour qu’il vienne monter la garde au château. Khaled et moi continuons à jaser sur les sujets habituels telles les différences entre le Canada et le Liban, ce que je fais dans la vie et comment est ma vie dans un pays si libre. Pour sa part, il travaille dans un salon de coiffure. Il est coiffeur dans son propre salon qui doit s’appeler quelque chose comme chez Khaled.

Tout d’un coup, les lumières de la ville au complet s’éteignent.  Je me demande pourquoi il en est ainsi. Mon nouvel ami me dit qu’à minuit, les lumières s’éteignent. Je suis prise d’un fou rire à l’idée de ce couvre feu.

Baalbeck, Liban

Je décide d’aller dormir en lui faisant rappeler sa promesse de me raidir les cheveux le lendemain avant mon départ.

Je me lève super excitée à l’idée d’avoir une tête qui a de l’allure. Je me présente à son salon. Son assistant me lave lescheveux et ne fait qu’un shampoing et aucun conditionner. Laisser moi juste vous spécifier que j’ai une permanente qui a abimée mes cheveux et qu’ils sont très secs à cause du soleil. Khaled commence à me sécher les cheveux. J’ai une tête en triangle. Ça tire. Il me passe le fer plat et là, ça tire pour vrai. On dirait de la laine d’acier, mais droite. Tout ça me fait beaucoup rire et je regrette presque de lui avoir fait promettre cette mise en plis. Le policier

Baalbeck, Liban

m’accompagne tout le long et veut me présenter ses collègues de son deuxième travail : vendeur de jeans dans une petite boutique du souq. Je passe un bon moment avec ses collègues avant de lui donner mon courriel puisque je devais quitter pour Zahlé, une ville non loin de Baalbeck.

Malgré mes cheveux de paille, lorsque j’ai quitté cette ville, j’ai eu un mini pincement au cœur. J’ai vécu deux belles journées en compagnie de deux jeunes hommes simples avec qui je n’ai eu aucune ambigüité et avec qui j’ai passé de bons moments. Si j’avais été comme à l’habitude plus sur mes gardes et avait refusé l’invitation du premier, j’aurais passé la soirée à l’hôtel, dans ma chambre, à lire ou écrire, ce qui n’est pas mal, mais c’est plus intéressant de vivre une expérience avec les locaux. Ce fut bref, mais au combien agréable. Baalbeck, short and sweet!

فانيسا

vanes

L’homme porte son destin attaché à son cou. (proverbe arabe)

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2 Réponses to “Baalbeck, short and sweet”

  1. Marie Brodeur Says:

    allo Vanessa, je t’ai rencontré au salon de coiffure Le Salon il y a de ça 2 mois. Je suis une cliente de Maryse. Je travaille sur un projet sur le voile. Je suis documentariste. Tu te souviens de moi? J’aimerais bien te rencontrer pour te jaser de tes voyages. As-tu un peu de temps à me consacrer? Tu peux me rejoindre sur mon cell 514-865-4704. À tantôt.
    Marie
    ps demande à Maryse, on se connait depuis 25 ans!!

    • Bonjour Marie! Je me souviens très bien de vous et notre conversation alors que vous étiez sur la chaise de Sylvie. Il me ferait un grand plaisir de vous rencontrer! Je vous contacterai sous peu et si j’omets de le faire, ne vous gêner pas pour m’appeler au salon!

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