Le hasard fait bien les choses

Selon le nouveau petit Robert le mot HASARD signifie:

Cas, événement fortuit; concours de circonstances inattendu et  inexplicable. Quel hasard! – coïncidence.

Être là au bon moment, au bon endroit et parler avec la bonne personne n’est pas toujours évident. Qu’est ce qu’il fait bien les choses ce hasard! Lorsqu’on le rencontre, il rend notre expérience plus enrichissante ou plus amusante selon le cas. En voyage le hasard est toujours présent, car oui nous échappons à certaines choses, mais de toute façon, celles-ci nous donnent droit à d’autres choses. Enfin bref, vous comprenez le principe.

Je ne peux pas vous affirmer que je suis une personne de particulièrement chanceuse ou que j’attire les hasards, mais il m’est arrivé de belles surprises durant mes voyages. Une histoire en particulier retient mon attention et restera à jamais gravée dans ma mémoire et dans mon cœur.

Je ne vous parlerai pas du fait que j’ai rencontré un touriste à la frontière d’un pays difficile avec qui j’ai eu la chance de faire le trajet, mais plutôt d’une occasion rêvée dont j’ai bénéficiée par l’entremise d’une rencontre sur mon chemin.

Cette rencontre que j’ai réellement envie de partager avec vous a participé fortement à ma décision d’apprendre l’arabe ainsi que l’histoire qui se cache derrière cette région du monde qui me passionne tant qu’est le Moyen Orient.

Egill et moi à Beyrouth au Liban

Egill et moi à Beyrouth au Liban

C’était durant mon séjour en Iran en avril 2008 et ça devait faire une semaine que j’avais mis les pieds dans le pays. Je suivais le trajet soi-disant touristique bien que j’ai dû en rencontrer une dizaine tout au plus durant mes deux semaines et demie et ce, uniquement des hommes. Je partais de Esfahan pour la ville de Yazd où j’avais été hébergée par un frère et une sœur iraniens du site de couchsurfing avec deux Islandais et une Anglaise. Nous avons passé quelques jours ensemble et partagé beaucoup d’histoires de voyage entre nous. Les Islandais me parlaient d’un autre Islandais qu’ils avaient rencontré à un moment ou un autre durant leur voyage. Ce troisième Islandais était allé en Afghanistan pour une durée de six semaines et je me rappelle avoir été impressionnée. Du coup parce que je n’avais jamais rencontré un Islandais et voilà que trois se promenaient en Iran, mais aussi parce que ce jeune homme de dix-neuf ans à l’époque, avait été en Afghanistan, un des deux pays redoutables avec l’Arabie saoudite que j’aimerais bien visiter avant de mourir.

Je prends donc le bus pour Yazd, où je me trouve une « auberge de jeunesse » près de la belle mosquée Jameh. Dès mon arrivée, c’est inévitable, j’entends encore parler de ce jeune Islandais par d’autres backpacker qui eux, m’invite à me joindre à eux dans l’auberge d’en face afin de partager un narguilé. C’est là que je fais la rencontre de cet étrange garçon, Egill, l’Islandais. Il travaillait afin de ramasser des sous ou plutôt dans le but de ne pas payer son logement. Rien de particulier, nous échangeons tous ensemble entre touristes sur notre expérience en Iran et les autres sont curieux d’entendre ma version, celle d’une femme seule voyageant en Iran. Je passe deux jours dans cette ville avant de continuer mon chemin vers Shiraz, pour ensuite retourner à Téhéran d’où je prendrai le bus ou le train vers la Turquie.

Arrivée à l’auberge de Téhéran, je recroise Egill avec qui, cette fois, je discute seul à seul et véritablement. Je lui fais part de mes plans pour le reste de mon voyage : la Syrie, le Liban, la Jordanie et l’Israël. Il me demanda si j’allais visiter la Palestine et moi sans plan précis et en ignorant un peu la situation de l’Israël, je n’avais pas pensé de le faire. Il me déclara que si j’allais en Palestine, je ne voudrais plus rien savoir de l’Israël. Il finit en me disant qu’il sera au Liban en même temps que moi et on s’échangea nos adresses électroniques pour peut-être inch’allah, se revoir à Beyrouth. Eh bien Dieu l’a voulut!

On s’est revu, sans mon hijab, pendant deux jours à faire la fête, aller à la plage et déambuler dans les rues de la capitale du Liban.

L’année précédente, Egill avait participé à un camp international d’une durée de deux semaines à Nablus en Palestine. Ce camp consistait à venir en aide à un camp de réfugiés en organisant des activités pour les jeunes réfugiés. Egill me remit les coordonnés du fondateur du camp en me disant que j’allais être bien accueillie.

enfants du camp de réfugiés Askar en Palestine

enfants du camp de réfugiés Askar en Palestine

Comme de fait, bien que j’étais un peu gênée au début, Amjad, un des fondateurs du camp de refugiés Askar s’organisa pour que quelqu’un vienne me chercher ainsi que je sois hébergée par une famille du camp pour la première nuit. Puis les deux autres jours, Amjad m’hébergea dans sa maison et me traîna partout pour me montrer les différents centres que ce camp renferme. Ces centres s’apparentent à de petites écoles avec des salles de motricité, de thérapeute, d’art thérapie etc.

Raed et moi du haut du camp de réfugiés Askar, Palestine

Raed et moi du haut du camp de réfugiés Askar, Palestine

Ma première journée fut extra! Raed, Khalil, Mohammad et Samii me firent visiter la ville de Nablus à pied avec deux autres touristes. Un moment merveilleux et très émouvant, car ces jeunes nous ont raconté des histoires par rapport à la ville et les israéliens. Par exemple, une maison a été détruite par un bulldozer conduit par un Israélien, puisque l’entrée dans la ville est trop petite pour que cet engin puisse passer. En commémoration de l’événement qu’ils qualifient de massacre, une plaque avec le nom des membres de la famille a été érigée et la maison n’a pas été restaurée. Aussi, ce chemin où les petits palestiniens marchent pour se rendre à l’école qu’ils surnomment the jewish road, car il est fréquent qu’un enfant palestinien se fasse tirer par un Israélien sur ce

Plaque commémorative du massacre

Plaque commémorative du massacre

chemin, comme ça.

Maison de Nablus défoncée par un bulldozer

Maison de Nablus défoncée par un bulldozer

Puis, la deuxième journée je la passai dans les centres où les enfants font des activités soit de danse, d’art plastique, de musique, etc. J’ai eu cette chance inouïe de voir ces jeunes de 16 à 24 ans, amuser les plus jeunes en leur transmettant leur savoir. Ces jeunes animateurs bénévoles m’ont beaucoup touché puisque tous les jours, ils se rendent dans les centres afin de donner de leur temps et de leur énergie en sachant très bien que ce n’est pas pour l’argent qu’ils le font, mais pour aider ces jeunes à se développer malgré leur situation de vie difficile. Mohammed doit avoir deux ans de moins que moi et il enseigne la danse traditionnelle palestinienne, la Dabkah à ces jeunes réfugiés depuis quelques années, ce qui les amène à voyager en Europe afin de participer à des concours dans plusieurs pays. C’est une chance incroyable pour eux de voir le monde à l’extérieur de la Palestine à travers leur dance. Vu l’intérêt que j’avais pour l’arabe, ce même Mohammad prenait plaisir à m’apprendre quelques mots et expressions lors de mon passage que j’utilisais par la suite avec les autres du camp qui bien évidemment en furent ravis.

J’ai beau essayer de vous transmettre l’énergie que tous ces Palestiniens possèdent, la gentillesse, la générosité et de vous décrire la grandeur de leur cœur, malgré que ce soit des gens pauvres vivant dans une situation difficile, je ne sens aucunement que je leur rends justice. Ils m’ont offert une expérience inoubliable et j’en suis très reconnaissante. J’en ai les larmes aux yeux juste à y penser. J’ai vraiment compris ce que Egill voulait dire.

Mohammad mon professeur d'arabe en Palestine

Mohammad mon professeur d'arabe en Palestine

En partant, j’ai eu le cœur gros, le cœur plein d’amour et cette profonde envie de connaître leur histoire et leur langue qui pour moi, est plus profonde, plus romantique, plus mélodieuse que l’Italien. Je me suis donc inscrite à un programme en langue et culture arabe et j’ai gardé contact avec beaucoup d’entre eux avec qui je communique sur une base hebdomadaire afin de partager nos différences de cultures et combler notre curiosité mutuelle sur nos pays

Ces jeunes me suivent dans mon apprentissage de la langue arabe et sont toujours prêts à m’offrir de leur temps pour répondre à mes questions et m’aider dans mes devoirs d’arabe. Je les remercie toujours du fond de mon cœur et si seulement ils comprenaient le français ils pourraient lire mon blogue et ce que j’écris sur eux.

Diner à Nablus avec les fondateurs du camp Askar

Diner à Nablus avec les fondateurs du camp Askar

Alors voilà que j’ai rencontré Egill à Yazd en Iran, recroisé à Téhéran pour se revoir à Beyrouth durant le même voyage et finalement en juin de cette année, à New York alors qu’il réalisait un stage de photo chez le photographe connu grâce à la photo de l’Afghane du National Géographic.

Un an plus tard Egill et moi à New York

Un an plus tard Egill et moi à New York

C’est incroyable ce que le hasard de ces rencontres anodines de voyage peut faire. Je remercie toutes ces personnes qui m’ont permis de vivre des expériences au delà de ce que j’espérais vivre! Moi, en revanche, j’essaie de faire la même chose, afin que d’autres bénéficient de mes expériences pour qu’ils puissent créer les leurs!

Merci encore de me lire, merci pour votre curiosité et votre volonté d’en apprendre davantage sur ce monde, sur mon monde!

فانيسا

vanes

Le hasard est le voyage de l’incognito. (proverbe arabe)

Voici le site web du Camp Askar, pour plus d’informations: http://www.darna-nablus.ps

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3 Réponses to “Le hasard fait bien les choses”

  1. francine gagnon Says:

    Si Dieu le veut! (traduit de In’chalah) J’aime tellement cette expression, surtout quand on a vraiment tout fait pour que quelque chose se passe et que le hasard choisit autrement, c’est que l’on avait probablement quelque chose à découvrir, à apprendre! Merci Vane de nous le rappeler, aujourd’hui en cette Action de grâce, je dis merci au hasard des belles rencontres , merci à la vie et la santé.

  2. j ai aime ton article!!!!!!!

  3. Ghislain Says:

    excellent! Tu sais que je voyage par toi, a defaut de le faire moi-meme.

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