Frustration jordanienne

Si on considère que l’opposé de l’amour est la haine, alors en voyage l’opposé de vivre de beaux moments, est la frustration. On éprouve souvent cette dernière malgré nous, du moins je la rencontre de temps à autre. Il s’agit d’un genre de test que la vie nous envoie ou plutôt un test pour nous montrer qu’en voyage aussi, la vie n’est pas parfaite. Je vous avais déjà mentionné que je ne vivais, à un certain moment, que pour les voyages. C’est une affirmation qui tient toujours malgré qu’il y ait enfin autre chose qui me nourrit également. Je n’ai jamais non plus dit, que voyager était facile. J’en ai vécu la preuve en Jordanie à la mi-juin 2008.

Entrée de Petra, Jordanie

Entrée de Petra, Jordanie

Aaaah la Jordanie! Bien que ce soit un pays arabe et que je suis une amoureuse inconditionnelle des pays arabes, je dois avouer que ce ne fut pas évident pour moi d’y voyager. Je ne devrais pas généraliser, car j’ai passé quelques jours merveilleux en compagnie de la sœur d’une amie libanaise de mon frère, avec qui il a étudié à Milan en Italie, il y a de cela plusieurs années. Alors que je passais quelques jours dans la capitale de la Jordanie, Amman, en compagnie de cette Libanaise, nous avons fait une escapade dans le plus beau désert que j’ai visité ainsi qu’un détour à la mer morte. Puis, arrive le temps où je suis laissée à moi même, ou plutôt le moment où je décide de continuer mon chemin afin de visiter Pétra. Pétra est une ancienne cité de la Jordanie crée au IIIe siècle par les Nabétéens, qui se retrouve à l’opposé de Amman, donc au Sud du pays. De plus, elle fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985 et l’alentour du site est proclamé parc national archéologique en 1993. Cette cité se trouve donc à trois heures de route de Amman, mon point de départ, et le trajet en autobus est supposé être d’une durée de maximum de quatre heures selon le guide de voyage Lonely Planet. Eh bien

Al-Khazneh, trésorie de Petra, Jordanie

Al-Khazneh, trésorie de Petra, Jordanie

moi, ça m’en a pris huit, plus que le double du temps réel. Vous comprendrez que c’est durant ces huit longues heures, que la frustration s’est manifestée en moi.

C’était un dimanche matin toujours aussi ensoleillé et chaud que les autres. J’étais à Amman, dans l’appartement luxueux où demeurait la Libanaise durant son séjour. Évidemment, en tant que backpacker, lorsque nous avons une chambre, nous en profitons et autant plus lorsque la salle de bain y est reliée. Je pris donc mon temps pour faire ma toilette et préparer mon immense sac pour le trajet. J’ai même pu raidir mes cheveux avec le fer plat de mon amie et ça, c’est merveilleux comme moment en voyage après plus de deux mois de voyage. Dans mon guide, c’est indiqué comment me rendre à l’intersection ou se trouve l’agence

 Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

où je dois acheter mon billet. Je m’y rends en taxi pour me rendre compte que l’agence est située plus loin. Évidemment tous se parlent en Arabe et moi je ne comprends rien. On me dit qu’il n’y a plus de bus et qu’il faudra attendre au lendemain. Habituée à ce genre d’information, je tourne les talons et me rends dans une agence de voyage où un agent m’indique la vraie station de bus. Je prends un autre taxi pour m’y rendre. La station se situe tout près d’un marché du style du marché Jean Talon avec pleins d’autobus qui arrivent ou partent. Je tente de demander de l’information, je dis bien je tente de demander de l’information, mais il ne s’agit pas des bonnes personnes. Les messieurs se bousculent pour me parler en même temps dans un anglais très douteux pour me dire de prendre un taxi privé pour y aller : ma fii bus ma fii servis (il n’y a pas de bus ni de taxi partagé, seulement privé, donc plus cher). Attendez là, il s’agit d’un des sites les plus populaires du Moyen Orient et nous sommes en pleine saison et on me dit qu’il n’y a pas de bus? Je ne suis pas dupe quand même. La Jordanie est un pays du Proche Orient assez dispendieux d’autant plus après la Syrie où le coût de la vie est plus que minime. Je ne peux me permettre de prendre un autre taxi jusqu’à Petra. On m’indique alors la queue pour le bus direct vers Petra. Une file de personnes s’y retrouvent en position d’attente. Toutes sont assises contre leurs bagages ou encore mangent, comme si elles savaient que le bus ne sera pas là de sitôt. J’aborde quelques passagers mais en vain. Personne ne

 Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

veut me dire quand le bus viendra. On me dit 30 minutes, une heure, deux heures insh’allah (si Dieu le veut) aujourd’hui. Les gens me regardent me promener d’un bord à l’autre avec mon immense sac sans vouloir me répondre. J’ai l’impression qu’ils se sont tous passés le mot avec un seul regard, un genre de solidarité entre eux pour faire suer les voyageurs. Là, je commence à perdre le peu de patience que je peux peut-être avoir. Les hommes du début prennent plaisir à me voir fulminer. Après un moment de désespoir, un jeune homme m’indique qu’il est possible de me rendre à Petra avec un autobus qui se rend dans la ville de Ma’han d’où un taxi partagé ou un minibus m’amènera au bord de cette cité. Je suis enfin soulagée et je vais au marché m’approvisionner de quelques fruits délicieux pour la route.

Arrivée à Ma’han, le conducteur, toujours avec aucune connaissance d’anglais, me fait comprendre qu’il n’y a pas de minibus, ni de taxi service jusqu’à Petra.

Here we go again!

 Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

Là, vraiment, je lui ai fait comprendre de m’amener directement avec son méga bus jusqu’à Petra et qu’il n’avait pas le choix. Cependant il doit retourner à Amman. Je ne veux pas débarquer et il voit mon désespoir. Il reprend la route alors que moi j’ignore où il me mène. Il s’arrête sur l’autoroute et me dit d’attendre que le bus de Amman arrive et de faire signe pour que je puisse monter et continuer avec celui-ci. Il en n’est absolument pas question. Il se fait tard et je ne veux pas me faire avoir pour une millième fois. Il descend et intercepte une automobile où il discute avec deux jeunes hommes Jordaniens afin de les convaincre de me conduire là où j’aurais dû être conduite. Ceux-ci accepte mais veulent un bakshish, un pourboire. Je refuse de débourser un sous de plus vu qu’on m’a mal informé à Amman, comme pour se débarrasser de moi. Le chauffeur se décide à les payer et les Jordaniens m’amènent. Encore une fois, qui aurait accepté une telle situation? Moi! Ce n’est pas tout, car ça ne pouvait pas être si simple. Les gars ne parlaient pas un mot d’anglais et me faisait comprendre par les signes que celui coté passager voulait s’asseoir auprès de moi, sur la banquette arrière. Je mets la main dans mon sac et heureusement j’avais négligé d’y faire le ménage et j’y j’avais laissé une fausse bague de mariage acheté chez Ardene à Montréal en cas de besoin, que j’enfilai à mon doigt. Je leur montre que je suis mariée et que non, il ne peut pas s’asseoir à mes côté puisque le chauffeur l’a payé pour me rendre service. Je ne vous cache pas que j’avais la main droite sur la poignée de la portière et l’autre sur mon sac, prête à sauter hors du véhicule!

Il est huit heures du soir quand j’arrive à Petra. Épuisée et surtout irritée d’avoir dû me battre pour visiter un des sites les plus touristiques du pays. Que de frustration!

Encore aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi ces Jordaniens sont aussi désagréables envers les touristes. Ils ne semblent pas vouloir nous aider mais plutôt nous soutirer le plus de sous possible. Aussi, ils pensent peut-être que nous sommes riches, mais la valeur de leur monnaie est aussi forte sinon plus que la nôtre.

 Petra, Jordanie

Petra, Jordanie

Plusieurs voyageurs m’ont confirmé cette affirmation et même des arabes des pays voisins. Peut-être que ces sites sont pourris par le tourisme, mais les Jordaniens nous offrent nullement une expérience agréable dans leur pays et c’est dommage. Pour ma part, j’ai fait le tour et je n’y retournerais probablement pas en  grande partie à cause de leur comportement envers les touristes.

Ces frustrations ne perdurent que rarement, car il y toujours un événement qui survient par la suite, pour les dédramatiser, voire les effacer. Par contre ça, c’est une autre histoire!

فانيسا

vanes

Ne fais jamais rien dans la colère: hisserais-tu les voiles dans la tempête. (proverbe arabe)


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5 Réponses to “Frustration jordanienne”

  1. Bonjour,
    Je trouve ton commentaire parfois bien vu mais surtout un peu exagéré… Je vis en Jordanie depuis 4 ans et eje suis d’accord avec toi, il est assez surprenant de ne pas avoir d ebus direction pétra… En fait, il y a des minibus qui mettent 4 h 30… Je crois surtout que tu as joué de malchance… Les touristes ici sont plutôt en général bien accaueillis et les jordaniens très gentils avec eux… Donc ne généralise pas trop vite et ne sois pas fachée avec un si beau pays pour cette mauvaise expérience!

    • Bonjour Cécile!
      Merci énormément pour ton commentaire, tu es la première à m’écrire et confronter un peu ce que j’ai écris! Ça me fais plaisir et j’ai le goût de te répondre que ce blog est mon expérience et que je ne suis pas là pour démolir un pays ou faire une mauvaise publicité, mais je rapporte ce que moi, j’ai vécue. De plus, j’ai eu de très beaux moments en Jordanie et j’en parlerai certainement dans d »autres article. J’ai beaucoup à dire sur cette région que j’ai tant aimée et qui a changée le cours de ma vie et mes études surtout. J’espère que tu les liras aussi!! Il ne faut pas se cacher que de vivre là et d’être touriste est deux choses très distinctes comme dans tout autre pays. Ils vivent probablement beaucoup du tourisme et voilà pourquoi, parfois, certains en profite. Comme j’ai écris à la fin de mon article, après toutes les frustrations que j’ai eues dans mes voyages, il y avait toujours un évènement positif qui l’a dédramatisée!. Bref, j’ai jamais été aussi bien acceuillis qu’au Moyen Orient, sauf en Jordanie où j’ai eu l’impresssion d’être un signe de dollar plus qu’ailleurs! ah non il y avait aussi le Maroc, mais bon. J’ai seulement fait une comparaison avec les autres pays du Moyen Orient que j’ai visité.
      J’espère que tu continueras à me lire. Si jamais ça t’intéresse de recevoir un message quand je publie un nouvel article tu peux t’ajouter à mon groupe sur facebook ou pour discuter tout simplement! http://www.facebook.com/home.php?#/group.php?gid=129446931036&ref=ts
      merci!

  2. Ça me fait plaisir de te lire, toi la grande voyageuse qui nous impressionne tous beaucoup depuis ton premier voyage à New York! Ta soeur nous a toujours fait les récits de tes périples et ce avec grande fierté.

    Je pense à vous qui êtes ces jours-ci de vrais anges pour votre yaya. Courage…
    Bisous,
    eva

  3. j adore te lire!

    • Merci Sylvie! C’est un plaisr de savoir qu’il y a des gens qui me suivent via mon blog. Bravo pour le votre!!. J’ai mis votre lien sur ma page, ça fera de la pub!! bisous et à bientôt!

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